RUBENS ET VAN DYCK A GENES
Fig. 458. — Valerio Castello.
L'Enlèvement des Sabines.
(Florence, Musée des Offices.) (Cliché Pera^o.)
de Luca Cambiaso ; mais, à la suite de provocations réitérées, il tua un de ses concitoyens, encourut une condamnation capitale et ne dut son salut qu'à la fuite.
Après avoir erré quelque temps çà et là, il se réfugia à Florence. La Cour grand - ducale l'accueillit avec faveur ; il devint l'ami de Jean Bologne, exécuta d'importants travaux à Sainte-Marie-Nouvelle, au monastère degli Angioli, à TAnnunziata, etc., et resta au moins vingt ans à Florence, jusqu'à l'époque où il put retourner en Ligurie, d'abord à Savone, et enfin à Gènes.
Dans l'intervalle, le monde artistique génois reçut la visite de deux très grands peintres, qui y exercèrent une influence extraordinaire, Pierre- Paul Rubens et Antoine Van Dyck. Le premier s'y rendit pendant l'été de 1608, y peignit des portraits pleins de vie, des sujets sacrés et des scènes de genre, et fit de divers palais des dessins qu'il publia ensuite en Flandre. Le second alla une première fois à Gênes, en automne 1621, et y retourna plus tard ; il n'y exécuta guère moins de cinquante tableaux, dont une quantité de portraits, admirables pour la beauté de la forme, l'exécution et le sentiment. Mais Rubens et Van Dyck ne furent pas les seuls peintres flamands qui s'arrêtèrent à Gênes. Plusieurs élèves de Rubens, de Jordaens, de David Téniers l'Ancien et de Frantz Snyders, encouragés par les fréquents rapports commerciaux et attirés par Fig. 459. — Orazio Lonri. 1 1 • »-i • j Annonciation.
la gloire qu 1 s entrevoyaient auprès de . . ,.
,f . . ... 1» (Turin. Pinacothèque.)
1 aristocratie génoise, passionnée dart (Cliché AUnari.)
LE NORD DE L'ITALIE
Fig. 460. — G. de Ferrari.
Voûte de la Salle du Printemps
(Gênes, Galerie Brignole-Sale.)
(Cliché Noack.J
et de splendeur, accoururent en Ligurie, et quelques-uns s'y établirent. Les tableaux les plus variés abondèrent alors ; ce ne furent plus uniquement des représentations de sujets sacrés, mais des décorations d'appartements, des toiles de genre, des batailles, des animaux, des paysages, des portraits. L'activité de ces Flamands, auxquels se joignirent quelques Français, comme Simon Vouet, et quelques Allemands, comme Gottfried Wals, dura une vingtaine d'années à peine ; elle se prolongea davantage dans d'autres parties de l'Italie, notamment à Parme, à Florence et surtout à Rome ; mais elle y fut sans doute moins intense, moins efficace qu'à Gènes, où rien ne s'opposait à ses progrès, ni écoles locales, ni puissantes traditions.
Les Génois, d'ailleurs, se rendaient aussi à Florence, à Rome et, à la suite des maîtres bolonais, à Parme, où resplendissaient les chefs-d'œuvre du Corrège ; mais, à leur retour dans leur patrie, la vivacité flamande finissait par les attirer dans son orbite. Paggi lui-même, qui s'était assagi au contact sévère des Florentins, se mit à apprécier Rubens, Van Dyck et les autres, à les fêter, à rechercher leur amitié, incitant par son exemple ses propres disciples et ses étudiants à l'imiter. Ceux-ci formèrent ainsi une école intermédiaire entre la peinture raisonnable et méticuleuse du XVIe siècle florentin et l'impétuosité des naturalistes. Castellino Castello (1579-1649) faisait des portraits assez beaux pour s'attirer l'approbation de Van Dyck lui-même ; Giulio Benso ( 1 60 1 - 1 668) délaissa la peinture de personnages pour représenter des monuments et des perspectives et réussit à souhait, notamment dans sa fresque à l'Annunziata del Vastato (fig. 462), tout près de laquelle son grand rival et émule Andréa Ansaldo (1584-1638) décora une coupole où l'on reconnaît l'élève de Cambiaso, dont la palette a emprunté les tons dorés de Rubens. Domenico Fiasella, dit le Sarzana, du lieu de sa naissance (1589-1669), fut un artiste paisible et poétique, adroit et prompt, non seulement dans la conception