LE STYLE FLORENTIN A FAENZA
FlG. 502.
• Rimini. — San Francesco.
(Cliché Aïinari.)
Jean de Médias. Il y reste encore de la Renaissance le palais du Podestà (fig. 498), construit en 1 459 par Matteo di Riceputo, et une partie de San Biagio, décorée de fresques par Palmezzano et de sculptures par Francesco di Simone Ferrucci de h îesole ; mais il en resterait bien davantage si, au XVIIe et au XVIIIe siècle, on n'avait prétendu tout transformer et remettre à neuf. Des spécimens importants du style florentin se trouvent au Dôme de Faenza, commencé en 1 474 par Giulio da Maiano, et au palais Sforza d'Imola (fig. 500), à côté de constructions dans le style de Bramante, comme la tribune de Jules II, ou de type bolonais, comme le palais Sersanti, remarquable par l'introduction du portique et l'emploi des ornements en terre cuite. Ravenne, sujette de Venise, reçut de cette dernière le souffle de la Renaissance ; Pietro Lombardi y travailla avec ses fils et y exécuta les colonnes de la place et le tombeau de Dante (1483). Peut-être lui doit-on aussi le dessin des cloîtres et de la loggia du jardin de Santa Maria in Porto (1502-1518; fig. 503). Plus tard, son fils Tullio modela la statue de Guidarello Guidarelli,
à l'expression si douloureuse (1525), et en 1562 l'auteur de la cour de l'Université de Padoue, Andréa da Valle, construisit le cloître à colonnes accouplées du monastère de San Vitale.
A Ferrare, la Renaissance brilla d'un bien plus vif éclat, surtout sous Leonello d'Esté, esprit fin, élevé à la discipline de la beauté", et sous Borso, son aîné, qui
Ravenne. — Loggia w Jardin
DES "' PORTUENSl ".
(Cliché Ranieri. )
Fig. 504. — Ferrare. — Porte
du Palais Sacrati
(Cliché Alinari.)
LE NORD DE L'ITALIE
lui succéda en 1 450, alors que déjà travaillaient dans la ville des peintres distingués et une foule d'artisans, fabricants de tapisseries, brodeurs venus de Flandre et de France, orfèvres lombards, médaillistes, sculpteurs sur bois, etc.
Hercule F1 (1471-1505) trouva la ville trop étroite et l'agrandit en y faisant tracer les longues rues droites qui lui ont valu d'être tenue pour la première en date des cités modernes d'Europe. Cet énorme travail fut effectué par Biagio Rossetti, à qui Ferrare doit, entre autres constructions (fig. 501), le Palais des Diamants, pour lequel il fut secondé par le sculpteur Gabriele Fnsoni (de Mantoue), et le palais de Ludovic le More, toujours superbe, malgré l'abandon et le délabrement, car 4 un pauvre vêtement n'éclipse pas une noble lumière ".
On ne connaît pas les auteurs du palais Sacrati, aujourd'hui palais Prospen, ni de sa porte, exemplaire admirable de mesure architectonique et de grâce décorative (fig. 504), ni du palais Roverella, qui se distingue par une profusion de terres cuites rougeâtres. On sait, par contre, que l'escalier du Palazzo Civico est dû à Benvenuti, et la logg ia voisine à Anton Francesco Sardi (1503).
Hercule F1 réussit à maintenir cette vie artistique intense, malgré les conjurations, les famines, les incendies, les pestes, les inondations ; si l'élan se ralentit un peu au milieu des guerres qui sévirent sous Alphonse Ier et Lucrèce Borgia, il ne s'arrêta pas cependant, et le château gigantesque, fondé dès 1385 par Bartolino Ploti (de
Fig.5o5. — Ferrare. — Château.
(Cliché Alinari.)