CHAPITRE XXIV
L'EMILIE
LA PEINTURE AU XVIe SIÈCLE. - LE CORRÈGE
LE DÉBUT DU XVIe SIÈCLE : L'INFLUENCE DE RAPHAËL ET CELLE DES VÉNITIENS. — FERRARE : DOSSO DOSSI. — PARME : LE CORRÈGE ; SON ÉCOLE : LE PARMESAN.
SI Ton en croit Vasari, Michel- Ange aurait traité Francia de lourdaud. Un jour, rencontrant un fils du maître de Bologne, qui était fort joli garçon, il lui aurait dit: "Ton père réussit mieux les figures vivantes que les figures peintes. " Le même Vasari raconte comment Francia reçut de Raphaël la Sainte Cécile : en ouvrant la caisse qui la renfermait, ' il fut si émerveillé qu'il reconnut son erreur et la folle présomption qui l'avait égaré. La douleur s'empara de lui et il mourut peu après. " Qu'elles soient vraies ou non, et l'examen des dates prouve que la seconde est fausse, ces anecdotes de Vasari font comprendre les sentiments éprouvés par les vieux artistes de la fin du XVe siècle en présence des œuvres de la nouvelle génération. On se rappelle Verrocchio jetant son pinceau devant l'ange peint par Léonard ; Luca Moser de Weil n'écrivait-il pas sous un de ses tableaux : " C'est de l'art dont personne ne veut plus entendre parler. " Dans toute l'Emilie et surtout à Bologne, il n'était bruit que des miracles accomplis par Raphaël au Vatican. Sa renommée ne fit que s'accroître quand, en 1516 et en 1517, deux de ses œuvres 3ï6 — r-
DE L'EMILIE
Fig. 577. — Gtrolamo.
marchesi, dit '• le cotignola ".
Saint Bernard.
(Berlin, Musée.)