LA TECHNIQUE DU CORRÈGE
la note dominante, quoiqu'il sût au besoin exprimer aussi la douleur et l'austérité. Mais il cherchait autant que possible à échapper à la tristesse et à la mélancolie pour s'abandonner aux plus suaves, aux plus joyeuses expressions de la vie. De là, la grâce indescriptible de ses créations souriantes, en particulier des enfants.
Quant à la technique, elle atteint chez lui le dernier et le plus haut développement de la peinture ita-
Fig. 596. — Le Parmesan.
La Vierge et Sainte
Marguerite.
(Bologne, Pinacothèque.)
(Cliché Dell' Emilia.)
FlG. 597. — P. TlBALDI.
Adoration des Bergers.
(Rome, Galerie Borghèse.)
(Cliché Gargiolli.)
lienne, tant pour la perfection idéale du clair-obscur que pour la répartition de la lumière et la vivacité du coloris.
Le cer-
cle de son influence directe immédiate fut restreint, comme le nombre de ses disciples. Il faut reconnaître des qualités de coloris et de dessin à Giorgio Gandini del Grano (1480 ?-1518; fig. 591), quoique ses compositions soient un peu lourdes et confuses ; Francesco Maria Rondani (1490- 1 549 ? fig. 590) pèche par une certaine négligence dans l'exécution, mais ses tableaux ont de la vivacité et une belle lumière ; Michelangelo Anselmi ( 1 49 1 - 1 554) est le plus agréable des disciples du Corrège pour l'animation des
Fig. 598. — Raffaele da
Reggio. — Tobie et l'Ange.
(Rome, Galerie Borghèse.)
(Cliché Gargiolli.)
Fig. 599. — L. Sabbâtini.
Assomption de la Vierge.
(Bologne, Pinacothèque.)
(Cliché Dell Emilia.)
figures, les tons chauds et lumineux et la dextérité de la technique (fig. 594). Né à Lucques, il avait étudié dans sa jeunesse à Sienne avec le Sodoma; en 1518, il se rendit à Parme, ville natale de son père, et se mit à travailler sous la direction d'Allegri. Les peintures de Girolamo Mazzola-Bedoli (1500-1569) se distinguent aussi par des qualités d'élégance peu communes. Son coloris est suave et transparent, mais quelquefois affaibli par l'abus des teintes légères et changeantes (fig. 595). Inférieur seulement au Corrège lui-même, Francesco Mazzola, dit " le Parmesan" ( 1 503- 1540), est supérieur à tous les artistes précédents. Fils de Filippo, il débuta dans l'atelier de ses oncles Ilario Mazzola ( TJ 1 545) et Michèle Mazzola (f 1 520), peintres très médiocres. Sa carrière artistique prit une direction nouvelle lors de l'arrivée du Corrège à Parme; mais il n'en posséda pas moins une note très personnelle, qui résista aux cinq années passées à Rome, en contact avec les œuvres de Raphaël et de Michel-Ange. Comme tant d'autres artistes, il quitta Rome à la suite du sac de 1 527 et se rendit à Bologne où il exécuta divers tableaux, notamment la très belle toile de Sainte Marguerite (fig. 596). Après le couronnement de Charles-Quint, il rentra dans sa patrie et entreprit de décorer l'église de la Steccata ; mais son tempérament fantasque l'entraîna dans des querelles, à la suite desquelles il dut se réfugier dans la forteresse de Fontanellato, où il peignit à fresque la fable de Diane et d'Actéon. Rentré à Parme, il se remit à travailler à l'église de la Steccata, mais sans grand résultat, car il fut impliqué
Fig. 600. — Calvart.
La Vigilance.
(Bologne, Pinacothèque.)
(Cliché Anderson.)