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L'ECOLE BOLONAISE

avaient imité aveuglément Ludovic Carrache, comme cela s'était vu pour Michel- Ange, cet art aurait eu la vie très courte et aurait exercé peu d'influence. Tout au contraire, les plus grands d'entre eux ajoutèrent toujours à l'enseignement du maître une note personnelle et écartèrent ainsi les dangers d'une imitation trop directe et servile.

\J éclectisme, dont se vante l'école des Carra-

Fig. 606. — Lodovico Carracci.

Madone degli Sgalzi.

(Bologne, Pinacothèque.)

(Cliché Bolognesi.)

Ftg. 607. — Agostino

Carracci. — Communion

de Saint Jérôme.

(Bologne, Pinacothèque.)

(Cliché Alinari).

Corrège, la symétrie de Raphaël, la noblesse et la solidité de Tibaldi, l'invention du Primatice, la grâce du Parmesan, les qualités d'ensemble de Niccolô dell' Abate, pour n'en pas dire davantage. Mais il est clair que tout cela n'est que de la rhétorique fausse et creuse, et qu'un véritable artiste peint selon le talent qu'il a su acquérir, et non d'après des principes

ches, doit être consi déré comme l'impression que produit leur art, et non comme la cause même de son caractère. Augustin écrivait qu'un bon peintre devait posséder le dessin des Romains, le mouvement et le clair-obscur vénitien, le coloris des Lombards, la grandeur terrible de Michel- Ange, le naturel du Titien, le style pur du

ùoti. Annibale Carracci,

Vierge et Saints.

(liolognc. Pinacothèque I

;< 'liché Mi na ri )

LE NORD DE L'ITALIE

Fig. 609. — Sisto Badalocchio

Saint François.

(Parme, Musée.) (Cliché Alinari.)

pareils! Ludovic Carrache (1555- 1619) fit son apprentissage d'abord à Bologne avec Prospero Fontana, puis à Venise dans l'atelier du Tintoret, qui ne sut pas reconnaître ses dons et lui déconseilla de se vouer à la peinture. Doué d'une volonté de fer et d'une grande faculté d'assimilation, il réussit pourtant à percer : il étudia successivement les compositions du Titien, du Primatice et surtout du Corrège. Fortifié par ces illustres maîtres, il ne tarda pas à produire des œuvres qui lui valurent le titre de réformateur de la peinture. Sa Madone degli Scalzi (fig. 606) et celle délie Con~ vertite, aujourd'hui à la Pinacothèque de Bologne, sont deux œuvres d'une

rare beauté, très bien composées, enveloppées d'une atmosphère

idéale. Dans la toile qui représente Saint Dominique, le saint paraît

regarder le spectateur ; d'un geste ample, il tend les mains pour

montrer le divin Enfant ; cette figure, quoique déjà conçue par le

Corrège, a, dans le tableau, un aspect

nouveau, sous lequel on la retrouvera

dans beaucoup d'autres peintures de

l'école bolonaise. Ce fut aussi Ludovic

qui, avec d'autres excellents artistes de

sa famille, fonda une académie où les

élèves affluèrent ; plusieurs d'entre eux

acquirent une vraie célébrité.

Augustin Carrache (1557-1 602 ;

fig. 607) étudia aussi avec Fontana et

avec Tiburzio Passarotti ; mais son

talent s'éveilla surtout grâce à l'impulsion de son cousin Ludovic. Son esprit,

prompt à l'enthousiasme, évolua d'abord

en divers sens ; puis sa manière se

transforma sous l'influence des œuvres

du Corrège et du Titien. Il cultiva

souvent la gravure et parut même, à „ 332 __

Fig. 610. — Aless. Tiarini.

Déposition de Croix.

(Bologne, Pinacothèque.)

(Cliché Alinari.)

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