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LA DECORATION DE LA GALERIE EARNESE

Fig. 6n. — Giov. Lanfranco.

Assomption.

(Florence, Musée Pitti.) (Cliché Alinari.)

certain moment, vouloir s'y adonner exclusivement pour éviter, assurent les uns, la jalousie de son frère Annibal, peintre lui aussi et doué d'une nature ardente, irritable, querelleuse. D'autres, au contraire, ne cachent pas qu'Augustin, timide quand il s'agissait de son art, indisposait lui-même ses compagnons par son caractère méticuleux et s'échauffait facilement à la moindre discussion. Tandis qu'il travaillait avec Annibal à Rome, au Palais Farnèse, des querelles éclatèrent entre eux, avec une telle violence qu'Augustin, dégoûté, dut s'en retourner dans sa patrie. Le cardinal Odoardo Farnèse le recommanda au duc de Parme, son frère, qui faisait décorer le Palais du Jardin. Mais là aussi le peintre eut des ennuis à faire éclater le cœur dans une poitrine de bronze!". A son tour Annibal (1560-1609; fig. 608) travailla a Venise et à Parme. Revenu à Bologne, il se voua au développement de l'école de peinture avec toute l'énergie de son tempérament, qui était, comme nous l'avons vu, très vif et passionné ". Son activité s'exerça dans les principales villes de l'Emilie, puis à Rome, où il exécuta de très nombreux travaux ; le plus important est la fameuse décoration de la Galerie Farnèse. A la fin, il fut pris d'un ennui mortel, dont Francesco Albani cherchait en vain à le consoler, en s'efforçant, comme un fils, de l'aider dans ses travaux et de lui relever le moral. Cette bonté et cet heureux naturel éclatent dans les œuvres de Y " Alba-

FlG. 6l2. -. LlONELLO SPADA.

Détaii de la Vision de Si François (Modène, Musée.) (Cliché inderson.)

LE NORD DE L'ITALIE

Fig. 6i3. — Bart. Schedoni.

La Vierge et l'Enfant.

(Parme, Musée.) (Cliché Anderson.)

ne " ( 1 578- 1 660), un peu dénuées d'expression, mais dont le sujet est toujours aimable, grâce à la présence de nombreux enfants, comme chez le Corrége (fig. 604). Il avait une prédilection pour les tableaux mythologiques et champêtres, ce qui lui valut le surnom de l'Anacréon delà peinture". Riche,. heureux, comblé par les princes de commandes et d'éloges, sa vie fut assombrie par des conflits avec Guido Reni (1575-1642); celuici était en butte à l'envie de ses confrères à cause de la lumière qu'il réussissait à répandre dans ses tableaux, lumière qui dégénérait quelquefois en mollesse, mais qui produisait souvent des effets d'une réelle poésie.

C'est à l'atelier de Calvart qu'il apprit les rudiments de son art, puis il travailla sous la direction de Ludovic Carrache. Outre les œuvres qu'il exécuta dans sa patrie, Guido Reni en composa de très célèbres à Rome ; mais l'abondance des commandes l'amenait à se répéter. Cependant il avait de son art une conception si haute qu'il préférait rembourser les avances qu'on lui avait faites plutôt que de livrer des travaux négligés. Dans l'étude de l'antique, il rechercha la beauté de préférence à la force. Niobé lui fournit le type de la jeune femme, Apollon celui du jeune homme. Parmi ses plus belles toiles, citons l'allégorie de X Aurore (fig. 603) et Atalante et Hippomene, qui se disputent le prix de la course. Mais sa manière essentiellement correcte était peu faite

Fig. 614. — Le Guerchin.

Saint Bruno.

(Bologne, Pinacothèque.)

(Cliché Anderson.)

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