GUIDO RENI
Fig. 6i5. — Amidano.
Vierge et Saints.
(Parme, Musée.) (Cliché Anderson.)
pour exprimer la vigueur et les situations dramatiques. Son Samson n'est qu'un Apollon, et les mères hurlantes du Massacre des Innocents ne sont que des modèles qui posent la bouche ouverte. Dans ses portraits, il sut exprimer le naturel et la sérénité, notamment dans le merveilleux portrait qu'il fit de sa mère, et dans celui du Bénédictin aux Offices.
Cependant, Guido Reni fut peutêtre le seul artiste qui ait réussi à arracher un cri d'admiration à Domenico Zampieri, dit le Dominiquin (1582- 1641 ; fig. 605), très réservé d'ordinaire dans ses éloges, élevé lui aussi à l'école de Calvart, puis à celle des Carraches. A ses débuts, la critique qui s'acharne contre qui se dérobe" s'attaqua sans mesure à son tempérament timide : mais peu à peu on lui rendit justice, et il fut comblé de louanges ; on finit même par le tenir pour un des plus beaux ornements de l'école bolonaise. Nous aimons à citer ces paroles de Bellori : * Que les autres peintres se vantent à leur aise de leur facilité, de leur grâce, de leur coloris et de toutes les qualités de la peinture : à lui revient la gloire plus grande de dessiner des âmes et de colorer la vie. " 11 travailla non seulement à Bologne, mais aussi à Rome et à Naples ; s'il manque d'invention, ses nombreux ouvrages présentent néanmoins des qualités sérieuses ; son dessin est remarquable ; une harmonie parfaite coordonne les divers éléments de ses tableaux ; les types représeni tés ont chacun leur personnalité ; enfin ce j peintre possède un sentiment de sincérité et Bartolomeo de ferveur, on pourrait presque dire de candeur, qui lui a valu d'être appelé avec raison un quattrocentiste égaré au XVIIe siècle".
Fig. 6i6. ■ Cesi. — Crucifixion (Bologne, Chartreuse.) (Cliché Dell' Emilia.)
LE NORD DE L'ITALIE
Nous parlerons plus tard du Guerchin et du groupe de Cento ; bornonsnous ici à mentionner les autres artistes bolonais de la même époque ; si leur renommée ne fut pas aussi grande que celle du Guerchin, des Carraches, de l'Albane, du Guide, du Dominiquin, ils les égalèrent par certains de leurs travaux ; ce sont Antoine Carrache (1583-1618), vigoureux mais incorrect ; François Carrache (1595- 1 622), Alessandro Tiarini ( 1 577- 1 668 ; fig. 610), un des plus robustes talents de l'école, qui emprunta à Bartolomeo Cesi (1556-1629; fig. 616) des types calmes et distingués, un coloris chaud et reposant, et n'atteignit pas à la perfection, uniquement parce qu'il produisit trop et trop vite; Lionello Spada (1576-1622), à côté de détails charmants (fig. 612), a des compositions trop monumentales et des contrastes trop violents de lumière crue et d'ombres profondes, à l'exemple de son ami le fantasque Michel- Ange de Caravage. Le Dominiquin, le Guerchin et même le suave Guide ne furent pas exempts
de ces défauts, dans certaines de leurs œuvres.
Cependant, la réputation toujours croissante de l'Académie de Bologne avait attiré un grand nombre d'artistes des autres cités émiliennes. Giacomo Cavedoni (de Modène) (1577-1660), ne a Sassuolo, peignit d'abord avec une largeur toute vénitienne (fig. 617); la mort
vie 618. — Le Guerchin. — Venus, -, rl -, v
Cup.don et Mars. de son fils Ie rendlt P^sque
(Modène, Musée.) (Cliché Anderson.) fou, et son talent déclina
Fig 617. — Giac. Cavedoni.
Vierge avec les Saints Eligio
et Petronio.
(Bologne, Pinacothèqxie.)
(Cliché Dell' Emilia.)
Fig. 619. — Carlo Cignani.
Joseph et la Femme de Putiphar.
(Dresde, Musée.) (Cliché Alinari.)