NAISSANCE DE VENISE
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FlG. 20.
Venise. — Vue intérieure de Saint-Marc.
(Cliché Alinari.)
libre, se donner des lois à sa guise, choisir ses représentants, nouer des alliances et traiter à son gré.
Bientôt la jeune nation fut en butte aux menaces du dehors et aux dissensions du dedans, ce qui entraîna la première élection du Doge, l'émigration du gouvernement d'Héraclée à Malamocco, puis de Malamocco au Rialto. Semblable au Palatin de Rome, le Rialto fut le centre autour duquel Venise grandit et se fixa. Le nom s'appliqua d'abord à la ville tout entière, et Dante l'employait encore dans ce sens. Là se trouvaient réunis le port principal, le siège des magistrats et celui des évêques.
La cité ne subit pas de lentes transformations comme Rome et tant d'autres grandes villes de l'antiquité ; quand Venise s'éleva, tous les genres d'architecture étaient déjà représentés en Italie : il y avait Vérone la romaine, Ravenne la byzantine et plus près encore Grado (Dôme et église des Grâces) et Aquilée. Dès l'origine, des magistrats spéciaux soumirent à des règles fixes les
canaux, les ponts et les quais ; les petites anses marécageuses furent nettoyées, des digues solides, des places, des maisons furent construites, et bientôt la ville s'égaya d'arbres et de pelouses.
Le doge Pietro Orseolo II est un des héros de cette période.
Fig. 21. — Venise. — Palais des Doges. Grâce à lui, le pays
(Cliché Alinari.) acquit sa solidité maté-
LE NORD DE L'ITALIE
Fig. 22. — Venise. — Ca' d'Oro.
(Cliché Al in a ri.)
nelle et morale ; alors s'ouvrit une ère de conquêtes qui atteignit son apogée sous Enrico Dandolo. La véritable gloire monumentale et artistique de Venise commença vers Tan mille ; à cette époque, la ville comptait déjà des églises importantes, transformées ou détruites plus tard, tandis que celles de la lagune subsistent encore, en partie du moins, dans leur état primitif (abside du dôme de Torcello, ruine de Jesolo, etc.).
Au nombre des églises transformées, il faut rappeler San Zaccaria, et surtout Saint-Marc, fondée en 829, un an après que le saint eut été transporté secrètement d'Alexandrie à Venise. L'église, du type ravennate, divisée en trois nefs, à deux rangées de colonnes, avec une seule abside et un vestibule ou pronaos, fut brûlée en 976, au cours de l'insurrection contre le doge Pietro Candiano IV. Réparée presque aussitôt, sous le doge Pietro Orseolo I (976-978), elle ne parut bientôt plus digne de la cité grandissante, et Domenico Selvo ( 1 063) décida de la reconstruire sur un plan plus vaste et plus somptueux. Il en dirigea l'exécution et eut la satisfaction de voir le monument en partie revêtu de ses marbres et de ses mosaïques (fig. 19 et 20).
Les architectes, semblet-il, en furent des Byzantins, aidés d'artistes vénitiens et lombards. Pas
Fig. 23. — Venise. — Entrepôt des Turcs. (" Fondaco dei Turchi ", avant la restauration.}