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LE XIX* SIÈCLE : RETOUR A L'ART CLASSIQUE : A. CANOVA

LE ROMANTISME : F. HAYEZ.

APRÈS la mort du Véronèse et du Tintoret, s'ouvre dans l'art vénitien une période médiocre — arrêt plutôt que décadence, puisqu'au XVIIIe siècle d'autres gloires apparaîtront à Venise. Les peintres du XVIIe siècle restent figés dans la tradition ; ici moins qu'ailleurs ils subissent l'influence du naturalisme violent du Caravage ou de l'éclectisme des artistes bolonais, qui se répandent à cette époque dans toute l'Italie. L'art de ceux-ci, dans sa sobriété, devait paraître bien pauvre et simple, pour ne pas dire rustique, aux Vénitiens habitués aux splendeurs de leurs grands maîtres ; aussi préférèrent-ils les toiles vastes et encombrées de Domenico Robusti, fils du Tintoret (1562-1637), de Jacopo Negretti, dit Palma le Jeune, ou des disciples de Paul Véronèse. Mais le génie n'animait plus ces œuvres ; la magnificence y devient de l'ostentation, l'abondance des compositions un entassement confus, la rapidité de la technique une hâte qui n'est plus soutenue par la pensée. L'art vénitien m'a pas perdu toutes ses qualités, car l'ampleur, le luxe, la vaillance subsistent et conservent vivants les germes d'où sortiront la peinture de Piazzetta et celle de Tiepolo.

Chez Domenico, fils du Tintoret, on retrouve la vigueur du coloris paternel et un juste esprit d'observation. La Madeleine, de Domenico, au Musée du Capitole à Rome (fig. 149), est plutôt

LE NORD DE L'ITALIE

Fig. 143. — Palma le Jeune. — Allégorie

de la Ligue de Cambrai.

(Venise, Palais des Doges.) (Cliché Alinari.)

un vigoureux portrait, mais elle retient plus les regards que les immenses toiles historiques si tourmentées du Palais ducal de Venise.

Domenico demeura, malgré tout, le seul véritable élève du Tintoret, car l'étincelant et fantasque Theotocopoulo, dit " il Greco H (fig. 144), devint un disciple infidèle, en 1 575, lors de son départ pour l'Espagne, où il devait mourir en 1625.

Jacopo Negretti, dit Palma le Jeune (1544-1628), petit-neveu de Palma Vecchio, était fils de Julie (nièce de Bonifazio, de Vérone) et d'Antonio Palma, dont nous avons déjà parlé. Il fut d'abord élève de son père et commença par copier Giorgione et Titien ; puis il se rendit à Urbin et à Rome, où il demeura huit ans, étudiant Michel-Ange, Raphaël et Polydore de Caravage. Son style se modifia au contact de l'art romain ; à son retour, il parut froid et languissant auprès du Véronèse et du Tintoret, et le public se détourna de lui. Il releva son prestige en s'associant à Alessandro

Vittoria, qui lui confia les travaux de peinture dans les nombreuses commandes dont il était chargé. Peu à peu, l'influence du milieu natal reprit le dessus ; Palma le Jeune abandonna les formules romaines et revint à la manière grandiose et rapide de l'école vénitienne (fig. 1 42 et 143). Quant il travaillait seul, il manquait d'envergure : souvent la grandeur ne fut chez lui que

Fig. 144. — Domenico Theotocopoulo,

dit •• il Greco ". — Guérison de l'Aveugle.

(Parme, Musée.) (Cliché Alinari.)

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