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LES DISCIPLES DE PALMA LE JEUNE

défaut de mesure et la rapidité simple négligence. Cependant la fraîcheur de son coloris, le sens de la décoration et surtout la beauté de ses portraits de Doges lui valurent des admirateurs, des imitateurs et des élèves. Au nombre de ces derniers, on a l'habitude de compter Marco Boschini (1613-1 678), poète en même temps qu auteur de la Caria del navegar pittoresco (Carte de navigation pittoresque) ; mais il n'avait que quinze ans quand Palma mourut. Parmi ceux qui, de près ou de loin, directement ou indirectement, s'inspirèrent de la manière de Jacopo Negretti, il convient de nommer plusieurs bons artistes : au premier rang, Andréa Micheli, dit le Vicentin (1539-1914), doué d'une imagination

Fig. 145. — Giovanni

Contarini. — Nativité

de la Vierge.

(Venise, Église des Saints-Apôtres.)

(Cliché Alinari.)

vigoureuse.

Ses vastes toiles, la Bataille de Curzola et le Débarquement d'Henri III, au Palais des Doges, ont clos dignement le cycle de la grande peinture vénitienne.

Au nombre des disciples de Palma, il faut encore mentionner Leonardo Corona de Murano (1561-1605), fort apprécié par Alessandro Vittoria, et qui, dans certaines œuvres, imita le Tintoret.

Corona eut, à son tour, pour élève le Dalmate Matteo Ponzone (vers 1633, fig. 146). Giovanni Carboncino, dont l'activité se prolongea jusque vers la fin du XVIIe siècle, se forma dans l'atelier de Ponzone.

Pietro Damini de Castelfranco (né en 1592, mort de la peste en 1631) copia souvent les grands maîtres du XVP siècle ; son coloris est vigoureux,

Fig. 146. — M. Ponzone.

Saint Georges, Saint Jérôme

ET Sain r CLÉMENT.

(Venise, Église Santa Maria del!' Orto.) (Cliché Alinari.)

FlG. I47. — G.-B. PlTTONI.

La Madeleine.

LE NORD DE L'ITALIE

comme aussi celui de Pietro Muttoni, dit délia Vecchia (1 605- 1 678), auteur de nombreux cartons pour les mosaïquesde Saint- Marc, tels que \ Enlèvement et X Arrivée à Venise du Corps de Saint Marc. Il eut la prétention d'imiter le coloris de Giorgione dans des têtes de guerriers ; mais il tomba souvent dans l'exagération.

Il est aisé de voir que la grande école vénitienne, de Giorgione au Tintoret, comprenait trop de maîtres fameux pour que les peintres secondaires et les artistes postérieurs fussent formés sous une seule influence ; tout au plus peut-on dire que Carlo Ridolfi de Lonigo (1594-1658), remarquable surtout comme historien de la peinture, suivit les traces du Tintoret (fig. 150) ; Giovanni Contarini (1549-1606), auteur de la Bataille de Vérone, au Palais ducal, et de la Nativité de la Vierge, aux Saints- Apôtres (fig. 145), se réclamait de Titien, et Tiberio Tinelli (1586-1638) de Leandro Bassano ; Tinelli se consacra avec succès au portrait (fig. 1 52) ; dans les dernières années de sa vie, il imita Van Dyck.

Bernardo Strozzi, dit le Capucin, ou "il Prête Genovese" (le prêtre génois), apporta de Gênes à Venise la manière pleine et forte de Rubens ; rejetant tout élément ténébreux, il tint à se

montrer brillant et gai ; ces qualités se manifestent dans le Saint Sébastien blessé, à San Benedetlo, et dans Y Ange gardien, aux Saints- Apôtres. Strozzi était en outre un portraitiste vigoureux, capable de lutter avec les meil-

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