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INFLUENCE DE LA TECHNIQUE FLAMANDE

FlG. I49. — DOMENICO TlNTORETTO.

La Madeleine.

(Rome, Musée du Capitule.) (Cl. Alinari.)

leurs peintres flamands et espagnols ; hautement apprécié à Venise, il eut l'honneur d'achever avec Padovanino la décoration picturale de la Bibliothèque. Nicolas Renier, de Maubeuge, bon portraitiste, qui vécut à Venise jusqu'en 1641, et Jean Lys, né à Oldenbourg et mort à Venise en 1629, qui excellait dans les nus, introduisirent des éléments nouveaux de technique flamande et hollandaise ; le dernier surtout, grâce au fameux Saint Jérôme de l'église des Tolentini, contribua beaucoup à la renaissance de la peinture vénitienne au XVIIIe siècle. Le naturalisme ténébreux de Michel-Ange de Caravage et l'éclectisme grave et habile des Bolonais tentèrent de conquérir Venise, comme ils avaient conquis le reste de l'Italie. Vers le milieu du XVIIe siècle, toute une pléiade d'artistes vinrent s'établir et travailler dans la cité des doges : parmi ces sombres naturalistes, le meilleur fut peut-être Carlo Loth (1632-1698) (de Munich), très estimé de son temps ; on raconte qu'un de ses tableaux, la Nativité, de San Silvestro, lui fut payé " 100 écus hongrois" d'or. Luca Giordano a laissé dans la ville de la lagune des souvenirs de son beau talent, notamment les peintures de la Salute, et beaucoup de décorations de palais particuliers ; son style, d'une hardiesse fastueuse, eut de nombreux imitateurs ; le plus célèbre de ceux-ci fut Federico Crivelli (de ^/Iilan), qui travailla de i 663 à 1690 et fut le maître de Sebastiano Ricci.

Mais, en général, les

Fig. i5o

Adoration

Carlo Ridolfi.

des Mages.

(Venise, Église San (ii<>>\ Elemosinario.)

(Cliché Mi 11a ri.)

LE NORD DE VITALÎE

Fig. i5i. — Rosalba Carriera.

Portrait d'Henriette de Modène

(Florence, Musée des Offices.)

(Cliché Giani.)

Vénitiens restèrent étrangers, hostiles même aux tentatives souvent opposées de rajeunir les traditions locales, sauf peut-être Sebastiano Bombelli (né en 1625, mort après 1716), qui commença par être disciple du Guerchin, puis le quitta pour revenir au Véronèse, dont l'influence, jointe à celle du Tintoret, finissait toujours par subjuguer les étrangers établis à Venise.

Vers 1 650 mourut à Venise, âgé de soixante ans, un artiste qui se distinguait de ses contemporains par le savoir, la souplesse et un retour plus sincère à l'inspiration du Titien.

Ce fut Alessandro Varotari, dit le Padovanino ; il était né à Padoue d'un peintre véronais, nommé Dario. On a dit du Padovanino qu'il réussissait dans tous les genres abordés par le Titien ; il traitait avec grâce les sujets aimables (fig. 1 54) et mettait de la grandeur dans les peintures héroïques. La variété, la vivacité, la science technique de son œuvre sont surtout remarquables dans les Noces de Cana, à l'Académie, et dans Saint Libéral sauvant les Condamnés, à l'église

des Carmes ; ces précieuses qualités semblaient presque faire revivre à Venise les grands maîtres du passé et préparer ceux de l'avenir. La svelte élégance des formes, le moelleux de l'exécution, les raccourcis variés des personnages et l'architecture savante annoncent déjà les procédés nouveaux d'où sortirent, cent ans plus tard, les merveilleuses qualités de Tiepolo.

Ces qualités, on en devine l'éclosion prochaine en étudiant les élèves du Padovanino, et notamment les œuvres de Pietro Liberi ( 1 605- 1687) (de Padoue), dont on

Fig. i52. — Tiberio Tinelli.

Portrait de Luigi Molin.

(Venise, Académie.) (Cliché Alinari.)

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