G. B. Pi az/ in a La Devini ri ssr
(Venise, Académie.) (Cliché Alinari.)
LE NORD DE L'ITALIE
lente tradition. Dès le temps de Jacopo Bellini, on remarque un goût très vif pour les cadres naturels ou les décors d'architecture; Gentile Bellini, Vittore Carpaccio et bien d'autres nous ont conservé avec une exactitude toute moderne l'aspect des places, des rues, des églises ou des canaux de Venise. Chez Giorgione et chez le Titien, la fantaisie large et poétique reprend le dessus, pendant que le Véronèse développe les motifs architectoniques qui continuent à s'enrichir d'effets nouveaux à travers le XVIIe siècle. Si les perspectives d'architectures furent assez recherchées parles anciennes écoles, il est très rare, dans le reste de l'Italie, de trouver des tableaux qui reproduisent des vues de villes réelles. Luca Carlevaris (d'Udine) ( 1 665- 1 7 1 8 ; fig. 1 64), Michèle Marieschi (mort en 1 743) et Antonio Visentini (1688-1 782), à la fois peintres
et graveurs, les plus anciens représentants de la nouvelle école, n'en furent pas les plus célèbres, quoique leurs œuvres soient aimables et faciles. Mais leur renommée est éclipsée par l'admirable trio de Canal, Guardi et Bellotto. Antonio Canal, dit le Canaletto (1697- 1 768), fils d'un certain Bernardo, décorateur de théâtres, se consacra tout jeune à l'étude du paysage et de la perspective. Il se rendit à Rome, où il dessina des ruines antiques ; à son retour à Venise, il se mit avec passion à en peindre les parties les plus belles et les plus pittoresques, sous les lumières infinies de ses eaux miroitantes. Ses deux tableaux, appartenant à la collection Sormani, à Milan (fig. 161), et la Scuola di San Rocco, à la Galerie Nationale de Londres, suffiraient à sa gloire. Le soleil éclatant, les brumes délicates, les ombres légères de ses toiles sont la réalité même. Francesco Guardi (1712-1793) eut au contraire une pâte nacrée. Sous son pinceau, tout est vivant et irisé (fig. 162). Il n'a besoin ni de l'exactitude
Fig. iôi. — Canaletto. — L'Ambassadeur
impérial, Comte de Bologne, se rend a la première
audience au palais des doges.
(Milan, Palais Sormani.)