L'ARCHITECTURE A VICENCE
Fig. 210. — Cavazzola.
La Descente de Croix.
(Vérone, Musée Municipal.)
(Cliché Brogi.)
faudrait pas oublier d'y faire figurer quelques architectes.
Comme Vérone, Vicence fut une ville importante à l'époque romaine, mais elle ne conserve de cette période glorieuse que des restes insignifiants.
Au Moyen Age, elle fut ou ravagée ou négligée. Elle se releva sous la domination de ses évêques et lors des revendications communales, à l'exemple des principales villes de la Haute- Italie. De bonne heure, on transforma et on agrandit l'église San Vito et San Modesto, aujourd'hui sous l'invocation de San Felice et San Fortunato ; puis furent construites, en un style de transition romano-ogival, les églises San Lorenzo (fig. 219), Santa Corona et San Michèle, ainsi que le Dôme (fig. 2 1 8) plusieurs fois remanié, tandis que la ville elle-même passait du joug des Carrara (de Padoue) à celui des Scaliger (de Vérone), puis des Visconti (de Milan) et enfin, de 1 404 à 1 796, devenait sujette de la République de Venise.
La gloire artistique de Vicence ne date que de la période vénitienne ; cette ville produisit alors des architectes et des peintres remarquables.
Le plus illustre est aussi celui qu'on appela le fondateur de l'architecture moderne ", Andréa Palladio (1518- 1 580). Cette " modernité ", qu'on se plaît à lui reconnaître, était surtout un renouvellement génial des styles antiques ; il voulait que la beauté et la splendeur des édifices fussent dues à leurs proportions parfaitement équi- Fig. 2ii. — Antonio Badile. librées, sans l'abus des décorations La Vierge sur le Trône qu; ne servent bien souvent qu'à mas-
(VérTne!mLSMlTclpal.) <ïuer leS de/ aUts' U suivait en ce)a les
(Cliché Ander son.) préceptes de Bramante et de Michel-
FlG. 212. — F. TORBIDO.
Portrait d'Homme.
(Milan, Pinacothèque de Brera.)
(Cliché Anderson.)
LE NORD DE L'ITALIE
Ange, ses précurseurs dans la longue étude et le grand amour qui les retinrent à Rome. Mais il appliqua ces principes avec plus de rigueur, jusqu'à paraître sec et froid. L'architecture antique ne lui fournit pas seulement des inspirations artistiques ; il se préoccupait aussi des problèmes de la construction et de la disposition intérieure des édifices. De même que Michel-Ange et, plus tard, le Bernin donnèrent un aspect, un caractère définitifs à Rome, il laissa son empreinte à Vicence, qu'on a pu nommer la Ville de Palladio. La noblesse de son architecture finit par s'imposer comme un modèle et supplanta entièrement le style gothico-vénitien des beaux palais anciens de Vicence. C'est donc là qu'il convient d'étudier l'architecture de Palladio, devant les édifices variés où ses qualités s'affirment mieux que dans des spécimens isolés, ne s'harmomsant pas toujours avec leur milieu. Le temple du Redentore et le Palais Ruini ont une apparence froidement académique au milieu de la richesse et du décor brillant de Venise et de Bologne.
Andréa Palladio réussit à faire de Vicence une petite Rome ; il
y construisit la célèbre Basilique (fig. 220), le pont San Michèle, la Rotonde et toute une série de palais, la Loggia del Capitanio, le Théâtre Olympique (fig. 217), etc. Grâce à lui, la voie était tracée à ses successeurs, parmi lesquels nous trouvons tout de suite un artiste de grande
valeur, Vincenzo Scamozzi
Fig. 2i3. — Paolo Farinati. — Jésus /ic/io i/:i/:\ - - •>
montré au Peuple. * ' 5É>^ ' 6J 6^tres apprécie
(Vérone, Musée Municipal.) (Cliché Brogi.) aUSSl à Gènes, à Rome, et,