TOUS
Au revoir, Georgino.
Ils sortent.
GEORGINO , seul.
Au revoir. — Ils ont de ces figures qu'on n'aime pas trop à revoir. — Mais voici notre maître.
DEUXIEME TABLE\U. ."ÎO
VERNERl , rentrant.
Tu disais donc , Gcorgino ?
GEORGINO.
Je disais que le seigneur s'en va venir loger ici.
VERNERl .
Mais encore quelqu'un. (Entre Taradan.) C'est l'étranger.
TARUDAN.
Messire , avez-vous assez de place en cette hôtellerie, pour loger un seigneur et sa suite.
VERNERl.
Son altesse viendrait loger ici.... une misérable hôtellerie !
TARUDAN.
Il a manque tout à l'heure de loger dans une plus misérable encore.
VERNERl.
Comment se porte-t-il, maintenant ?
TARUDAN.
Mieux... mieux.... Faites pre'parer tout.
Il s^assicd.
VERNERl , appelant.
Hermann... Lorenzo... Jaci... écoutez.
Il leur donne des ordres.
'lO ITALIK, DIUIMK.
TARUDAN, ù part , Tnir soiiihrr ri |irn$if.
En le sauvant , je ne sais ce qui s'est passé en moi... tout mon vSang s'est glacé... il m'a semblé entendre bruire à mon oreille une voix qui me disait : « Tu as tort. » Mais non, de par ISoIre- Dame de Lorelle! je n'ai pas eu tort. — Défendre un homme qu'on assassinait, j'ai fait mon devoir. — Mais non, je n'ai pas eu tori Pourtant!
Hermann, Lorcnzo, Jaci, Gcorgino sortent. VERNERI, iiTarudaii.
Dites donc , messire , étes-vous sûr que son altesse vienne loger ici?... Sans cela vous comprenez , n'est-ce pas ? les frais...
Tenez , prenez d'avance cette bourse.
VERNERI.
Et son nom , à ce seigneur, messire ?
TARUDAN.
Je l'ignore.
VERNERI.
Et vous lui avez sauvé la vie sans le connaître !
TARUDAN.
Il y en a beaucoup que je connais, et pour
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lesquels je n'eusse pas pris la même peine, je vous assure.
VKUNKKI.
Mais qu'entends-je ? un bruit de voilure?... N'apercevez-vous point, inessire , la lueiu" des torches.^... Ne voulez-vous pas m'accompagner pour lui présenter vos humbles respects ?
TARUDAN.
Non , merci.
VERNERF.
Alors, adieu.
Il sort.
TARUDAN , seul , et le suivant do IVil.
Allez maintenant, vous autres, lui présenter vos respects. Moi je lui ai présenté les miens dans un moment où il les eût volontiers payés d'une baronie ; lorsque tous ses varlets étaient à prendre la fuite, en criant : «Au secours »; je lui ai présenté mes respects , moi , au moment où la dague d'un lazzarone frôlait son pourpoint de satin.... A présent il n'est plus en danger, allez lui offrir vos services... allez lui faire un marche-pied de votre dos , pour qu'il descende de sa voiture... allez lui parler de zèle, de dévouement... Pilié!... pitié î... — Ah! les voilà tous.
il s'assied.