‹ Italie et Espagne [Texto impreso]Chapitre 17 sur 37 · Part. IV, chap · texte numérisé non relu

Part. IV, chap

3. Dans la chronique écrite en langue catalane, sous les yeux de ce prince et par son ordre.

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PIERRE LE CRUEL

Un peu de vérité ressort de cet aveu du bon Froissart. L’impie excommunié par Urbain V, l’ennemi des prêtres et des seigneurs est condamné par lui. A une époque où tous les trônes étaient souillés de sang humain, les meurtres commandés par le fils d’Alphonse n’avaient point le droit d’étonner les hommes. Alors Pierre d’Aragon faisait massacrer son frère dans son palais; le roi de Portugal assassinait la maîtresse de son fils; le Prince Noir, le héros de ces temps, faisait passer au fil de l’épée toute la population d’une ville qui avait résisté à ses armes. Des rois qui n’avaient pas, comme Pierre le Cruel, une révolte perpétuelle à étouffer, faisaient du meurtre le premier instrument de leur politique. Environnés de périls, pressés de tous côtés par cette aristocratie féodale qui resserrait leur pouvoir dans d’étroites limites, ils se débattaient dans ces liens qu’ils ne pouvaient briser; et leur glaive, qui frappait toujours et toujours au hasard, était le seul insigne et le dernier appui de leur autorité inquiète et précaire.

Aussi dénué de sentiment moral et de pitié que les rois ses contemporains, Pierre de Castille, doué d’un caractère plus inflexible, et placé dans des circonstances plus périlleuses, abusa jusqu’à un excès épouvantable de ce prétendu droit d’homicide et de vengeance que s’arrogeaient alors les puissants. Son imprudent dédain menaça le pape, foula aux pieds les arrêts du saint-siège, osa correspondre avec les Maures d’Espagne; le roi impie fut anathème. Une ancienne ballade, en idiome languedocien, renferme l’expression des opinions vulgaires qui rendaient Pierre de Castille odieux aux peuples '. Le rhapsode de Toulouse reproche à Don Pèdre,

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