Cançon ditta la Bertat, fatla sur la guerra cTEspagnu
ESPAGNE
• A Pey, lou rey de Leon,
Non d’avoir égorgé ses frères, ni épousé trois femmes à la fois; mais bien d’avoir abandonné Blanche, fllle du duc de Bourbon, pour se marier à une jeune Mauresque :
Blaiica filha
Del bon seignor, duc de Bourbou,
Et espoiisat la Sarrazina Filha de roy Bellamarina Et quittât la ley du bon Déu.
Pierre n’avait pas plus quitté la loi du bon Dieu qu’il n’avait épousé la fllle du roi Bellemarine; mais Urbain V, le roi de France et Henri de Transtamare étaient ligués pour le détrôner; on excitait les peuples contre lui, et pour cela on le métamorphosait en mahométan. Aussi, dit encore le rhapsode, « si les enfants quittaient leurs « mères, et les époux leurs femmes, et les clercs leurs « livres, c’était pour la foi : »
Le tout se fasia per la fé.
Combattre Pierre, c’était combattre les infidèles.
Guesdin couronnée rey d'Espagna Henry noun pas san gran magnana,
El cassée touts les Sarrazis.
« Guesclin, non sans peine, couronna Henri et le flt « roi d’Espagne, et tous les Sarrasins furent battus. » ,
Voltaire, et avant lui quelques Espagnols, ont entrevu
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Ja vérité, mais ils n’ont ni dévoilé le vrai caractère de don Pèdre, ni éclairci l’histoire orageuse et sanglante de 'son règne. Selon Zuniga, cet homme qui fît tuer sous ses yeux cinq de ses sept frères, n’était qu’un roi juste et vengeur. Voltaire, qui soulève le problème, avoue l’impossibilité de le résoudre.
Il nous reste un document précieux et authentique, la Chronique contemporaine écrite par le chancelier de Castille, don Lopez de Ayala, qui eût suffi pour lever tous les doutes et expliquer l’énigme. Don Lopez avait servi tour à tour sous les bannières de don Pèdre et de son frère. C’était un homme de sens et d’esprit, éprouvé par le malheur; poète remarquable, écrivain consciencieux. Sa chronique, justement appréciée des Espagnols, et qui n’a été traduite en aucune langue, révèle non-seulement les secrets de cette âme sanguinaire et vindicative, mais les. mœurs de l’Espagne au xiv* siècle.
Ouvrez-la : vous êtes transporté près de Pierre le Cruel ; vous voyez à ses côtés la belle Padilla, sa maîtresse, petite de corps et de bon entendement, peguegna de cuerpo et di buen seso. Étudiez ce viepx style castillan, déjà sonore, ûer et pompeux ; il respire l’énergie ardente et concentrée de ces hommes et de ces temps. Entrez avec le roi dans la chambre de fer, el palacio de yeno; montez avec lui l’escalier del caracol (du limaçon), dans l’Alcazar de Séville, où il avait logé sa maîtresse, et où ^ il passait la belle saison avec elle : admirez ce mélange incroyable de sentiments tendres et mélancoliques, d’habitudes meurtrières et de voluptés : puis voyez-le en butte à toutes les conjurations de ses grands, marchant au combat contre eux, monté sur un cheval noir, précédé^ sa bannière armoriée de Castille. Après cette lecture, Wus verrez s’élever devant vous, non plus vague
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et indécise, mais complète, sombre, sanglante, dans sa réalité, cette figure historique. Vous pourrez suivre, de son adolescence ù son dernier moment, les progrès de cet' homme dans la cruauté, compter tous les sentiments de cette âme, que le malheur endurcit et enflamma sans la tremper. Rien ne justifiera le meurtrier : mais en voyant à combien de crimes il a répondu par des crimes, vous vous étonnerez vous-même de plaindre sa destinée; peut-être aussi vous laisserez-vous surprendre par un sentiment d’admiration et d’effroi pour cette volonté de fer, que tes résistances n’ont jamais lassée, que les fou dres de Rome n’ont pas étonnée, et qui, n’ayant que des ennemis dans son royaume et au dehors, luttera seule contre le sort et contre les hommes. En un mot, c’est dans la Chronique d’Ayala, et là seulement, qu’il faut étudier don Pèdre. Là se dessine cette volonté terrible et isolée dans un siècle barbare, comme on voit se détacher sur un ciel de feu te rocher des Algarves, avec ses cactus africains et les arêtes noires de ses granits.
Ayala n’est ni un Hérodote ni un Froissart. 11 porte l’empreinte ibérique dans sa pureté. Il est diffus en paroles, comme les enfants et les gens du peuple; la langue qu’il manie est jeune, il craint de ne pas se faire entendre : mais pas un mot ambitieux ou hors d’œuvre.
Tout est à sa place. 11 n’a pas le désir de bien conter : l’austère passion de la justice et de la piété l’anime. Il réunit d’étranges contrastes, naïveté, grandeur, ardeur ^ et calme. Froissart, dans ses aimables et curieux récits, commet plus d’une injustice par bonhomie ou bonté d’âme : celui-ci est peintre; les spectacles le frappent : il est surtout curieux ; il aime à répéter combien les pennons sont beaux, et comment- l’oriflamm^rille au soleil. Un mouvement vif prête du charme à #1 diction.
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Les belles emprises le ravissent, et quelquefois il oublie un fait .peu favorable à ses amis. Ayala, moins pittoresque, émeut plus vivement les passions; il est plus dramatique et plus tragique. Une énergie profonde, une ardeur et une force se cachent sous la tranquillité de ses récits. C’est une atmosphère calme, ardente; la foudre n’est pas loin. Je ne me rappelle pas un seul endroit où il fasse, comme le pénétrant Comines, concession de la vertu au succès, ni où il se fâche et s’indigne eomme il arrive quelquefois à notré^ Froissart. Mais si cet homme dit d’un roi : Il fit mal, la gravité de sa parole tombe de tout son poids, et 1a sentence paraît irrévocable. Froissart peint. Comines observe, Ayala juge.
La première scène à laquelle Ayala nous fait assister se passe au camp d’Alphonse XI, devant Gibraltar. Ce roi meurt, et les honneurs funèbres que ses ennemis lui rendent nous placent au milieu de ces chevaliers chrétiens et maures, rivaux de gloire, d’héroïsme et de barbarie. Don Pèdre règne; sa mère se hâte de faire assassiner son ancienne rivale, Léonor de Gusman, maîtresse d’Alphonse; acte qui n’appartient point à don Pèdre, et qui lui fait sept ennemis mortels des sept fils de Léonor. Après cette leçon de meurtre donnée à un roi de quinze ans par sa mère, Alhuqucrque, son gouverneur, ennemi de Garcilasso de la Vega, lui donne la seconde leçon sanglarite, en faisant tuer son ennemi dans le palais du roi.
Don Pèdre eut le tort de céder aux volontés de sa mère et de son gouverneur, et ces deux assassinats, qu’il souffrit sans les ordonner, furent la double source de tous les maux de son règne. Nous allons assister à ce terrible spectacle ; don Lopez va nous introduire dans le palais ensanglanté de don Pèdre.
Il faut se souvenir d’abord que la Vengeance, Némésis
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des temps féodaux, divinité qui inspira.au Dante son grand hymne de haine et d’amour, régnait surtout en Espagne, et qu’aujourd’hui même, après quatre cents ans révolus, elle est puissante dans la Péninsule. Il faut se rappeler ces mœurs des Celtihères, profonde indiffé* rence pour la vie des hommes et pour sa propre vie, croyances austères, plaisirs cruels; caractères indélébiles du génie national, caractères empreints, et dans le théâtre espagnol, semé de cadavres immolés au point d’honneur, et dans les annales de la Péninsule, plus sanglantes que celles des rois d’Israël. Pendant le xiv® siècle : anarchie perpétuelle; père, fils et frères s’entr’égorgeant; trônes sans bases, vassaux tyrans de leurs rois; reines adultères ; un chaos afi’reux.
Écoutons le chroniqueur, dont nous reproduirons le vieux style avec ses redites, ses longueurs, et chargé de St rouille:
« La reine eut pitié du malheureux Garcilasso, et lui envoya dire qu’il eût à se garder et à ne pas venir au palais. Quand il fut entré, don Juan Albuquerque dit à un alcade du roi qui était présent et qui se nommait Domingo Juan de Salamanque : « Alcade, vous savez ce « que vous avez à faire.» Et l’alcade alla vers le roi et lui dit : « Seigneur, ordonnez vous-même, je ne puis l’or- « donner.» Et alors le roi dit très-bas: « Archers, arrêtez « Garcilasso. » Et don Juan avait amené avec lui trois écuyers, élevés chez lui, armés de poignards, d’épées et de dagues; et quand le roi eut dit ces paroles, d’arrêter Garcilasso, les trois écuyers s’avancèrent très-intrépidement vers lui. Et Garcilasso dit au roi : « Seigneur, que (( ce soit votre plaisir de m’envoyer un prêtre à qui je « puisse me confesser. Et vous, Rui Ferrandez, mon ami, je vous prie d’aller trouver dona Léonor, ma femme, et
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« de lui demander un écrit du Pape où se trouve une ab- « solution. » Rui Ferrandez s’en excusa. Et on lui donna un prêtre qui se trouvait là par aventure ; et Garcilasso le prit à part, et causant avec lui sous un portail donnant sur la rue, il commença à lui parler de pénitence. Et le prêtre dit par la suite qu’il avait tâté les habits de Garcilasso pour savoir s’il n’avait pas de dague sur lui. Et alors les amis de Garcilasso se retirèrent ensemble en un coin. Albuquerque dit au roi : « Seigneur, ordon- « nez ce qu’il vous plaît que l’on fasse de lui. » Le roi n’osait répondre, et il dit : « Faites I » Et deux chevaliers furent chargés de porter cet ordre aux archers, et ces derniers n’osaient pas; l’un d’eux alla vers le roi et dit: « Seigneur, qiie faut-il faire de Garcilasso? » — « Albu- « querque dit que vous le tuiez, » reprit le roi. Alors l’archer donna un coup de massue sur la tête de Garcilasso, et on lui donna beaucoup de coups jusqu’à ce qu’il mourût. Le roi voulut qu’on le jetât dans la rue, ce que l’on fit. Et ce jour de dimanche il y avait devant le palais une course de taureaux, à cause de la récente arrivée du roi ; le corps qui était là devant le palais ne fut pas enlevé; et le roi, voyant comment le corps était étendu par terre, et comment les taureaux le foulaient aux pieds, le fit poser sur un banc devant le palais, et là il resta tout le jour. »
Un roi de quinze ans débutait ainsi. Ameutés et soutenus par Henri, frère bâtard de Pierre, ils soulevèrent la plupart des villes; les amis du mort se fortifièrent dans leurs châteaux, et annoncèrent le désir de couronner Transtamare.
Albuquerque conseillait au jeune homme une sévérité inflexible. Tous ceux qui avaient pris part à la révolte, et que le roi put saisir, furent égorgés. « Jusqu’à ce mo-
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ment, dit Voltaire, on peut nommer don Pèdre sévère, mais non cruel. » Don Fcrrandez Coronel avait soulevé Tolède. Voici comment don Lopez Ayala raconte sa mort : '
« Guticr Ferrandez rencontra don Alphonse Ferrandez Coronel, et lui dit : « Compère mon ami, combien (( il me peine de la querelle que vous avez soulevée ! » Et don Alphonse lui répondit : « Gutier Ferrandez,
« croyez-vous qu’il y ait quelque remède? — En vérité,
« je ne le pense pas, lui répondit Gutier, dans l’état où « sont les choses. » Et don Alphonse dit : « Pour moi, «j’y vois un remède. — Lequel, don Alphonse? » Et celui-ci reprit : «Gutier Ferrandez, mon ami, 1e remède « à tout ceci, c’est de mourir aussi bravement que je « pourrai, comme chevalier. » Et il s’arma d’une cuirasse, et d’un heaume, et d’une épée, et il alla ainsi pour ouïr la messe ; et étant dans l’église, un de ses écuyers vint lui dire : « Que faites-vous, don Alphonse « Ferrandez ! Le mur de la ville est tombé et on entre « par la brèche, et don Pèdre Estebanez Carpentero, « commandeur de Calalrava, est entré dans la ville avec « beaucoup de gens d’armes. » Et don Alphonse répondit ; « Quoi qu’il en puisse être, je commencerai par « aller voir Dieu. » Et il resta tranquille jusqu’au moment où le prêtre éleva le corps de Dieu; puis il sortit de l’église, et vit que les gens du roi étaient déjà entrés dans la ville, et se retira dans une tour, armé comme il était. Là vint le prendre Dia Gomez de Tolède, chef des gardes du corps du roi. Et quand don Alphonse le vit, il lui dit : «Dia Gomez mon ami, pouvez-vous me mettre « vivant en présence du roi mon seigneur? » Et Dia Gomez lui dit : « Je ne sais si je le pourrai faire; mais « soyez assuré, don Alphonse, que je ferai tout mon
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« possible pour cela. — Eh bien ! menez-moi avec vous,
« Dia Gomez mon ami, et dites à vos hommes qu’ils « fassent ce qu’ils pourront pour préserver mes enfants « qui sont en ma maison , et empêcher qu’il ne leur « advienne mal. » Alors il fut désarmé et conduit au roi, et don Alphonse d’Alhuquerque le rencontrant, lui dit :
« Quelle querelle avez-vous soulevée sans raison, étant «si bien venu et considéré en ce royaume?» Et don Alphonse lui dit : « Nous sommes en Castille, et vous « savez ce que l’on dit communément : Castille fait les « hommes et Castille les perd. Ma destinée n’a pas été a d’échapper à ce malheur, et je ne vous demande pour « grâce que de me faire donner aujourd’hui cette même « mort que j’ai fait donner, au même jour et à la nàltoe « heure, à don Gonzalo Martinez d’Oviédo, maitre*^Âl- « cantara. » En effet, il avait été chargé par Alphonse XI ' de donner la mort à ce seigneur, qui avait déplu à Léonor de Gusman, la riche dame (la rica dona). » '
Telles étaient ces épouvantables mœurs. Ce roi enfant, après une année et demie de règne, se trouve avoir pour ennemis les partisans de Garcilasso, ceux de ses frères bâtards, et les Communes que l’on soulève, c’està-dire tout son royaume. Albuquerque, pour assurer sa propre puissance, lui donne une maîtresse, cette Padilla qu’il a tant aimée ; puis il envoie demander en mariage pour le roi la fille du duc de Bourbon. Quand la jeune épouse du roi arrive à Séville, don Pèdre, vivement épris de Padilla, refuse de l’accepter pour femme; on le presse, on le fait consentir malgré lui. Ses frères, entourés de leurs vassaux armés, refusent d’assister à ses noces ; il traite avec eux et leur pardonne ; trois jours après la célébration du mariage, il retourne à sa maîtresse. Albuquerque, son gouverneur, irrité de cette
(fésobéissance, le quitte, et va se fortifier dans ses châteaux. Don Pèdre ne trouve plus de tous côtés que résistance et inimitié : ce fougueux jeune homme s’en irrite; guerrier infatigable, il soumet pied à pied son royaume révolté : cependant on le fait captif, on l’enferme dans le château de Toro. Sa mère et les grands le gardent à vue. Il se voit privé de tout pouvoir, dévore silencieusement son affront, et médite celte longue vengeance que toute sa vie a cherchée et accomplie, et que sa mort a expiée.
Jusqu’à ce moment, don Pèdre fut seulement malheureux ; de sa captivité date cette fureur de sang qui a marqué le reste de sa carrière. Abandonné de tout le monde, et dans l’agitation d’un constant effort, il change de nature; entraîné au meurtre par la nécessité de sa défense, il en prend l’habitude et le besoin : l’homme devient tigre, la frénésie de tuer passe comme une fièvre dans son sang. Toute espérance de paix et de réconciliation l’abandonne ; il se débat dans le crime, et ne trouve plus de sûreté pour lui que dans l’effroi qu’il fait naître. Quand de fidèles serviteurs lui donnent des avis salutaires, il les punit en les tuant. Ainsi mourut Gutier Perrandez, dont Lopez Ayala rapporte une lettre sublime.
« Quand on vint avertir Gutier Perrandez qu’il avait à mourir, il demanda qu’on lui permît d’adresser une lettre au roi, et il envoya chercher un écrivain qui fit cette lettre sous sa dictée. Elle était conçue en ces termes :
a Seigneur, moi Gutier Perrandez, de Tolède, je vous « baise les mains, et me dégage de ma foi envers vous; « car je m’en vais chez un autre Seigneur qui est plus « grand que non pas vous. Et, Seigneur, Votre Grâce sait
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« bien comment mon père et mes frères et moi fûmes « toujours, depuis votre naissance, en votre foi et vasse- « lage; et avons souffert beaucoup de maux et périls pour « votre service, au temps où donaLéonor de Gusman avait « pouvoir dans ce royaume. Seigneur, je vous ai toujours « servi, et je crois que les vérités que je vous ai dites pour « votre bien et utilité sont la cause pour laquelle vous me (t faites tuer. En cela. Seigneur, vous agissez selon votre «volonté; mais moi j’ai fait mon devoir de loyal sujet, et « je demande que Dieu vous le pardonne ; car jamais je ne « méritai rien de tel; et maintenant. Seigneur, je vous dis, « étant à l’heure de la mort, et n’ayant que ce dernier « conseil à vous donner, que si vous ne rengainez votre « dague et ne cessez de faire tant de carnage que vous « en avez fait, votre royaume est perdu, votre personne « en grand péril; et je vous prie en grâce de vous en gar- « der; car je parle loyalement avec vous, étant à cette « heure où je ne peux et veux dire que vérité. »
Depuis cet instant. Don Pèdre n’a pour sujets que des rebelles et ne vit plus que dans le meurtre. Tous ceux qu’il frappe sont coupables, et plus il trouve de coupables, plus il frappe. Il veut enfin assassiner don Fadrique, son frère, soupçonné d’une intrigue avec Blanche de Bourbon.
« Le roi avait envoyé chercher don Fadrique (Frédéric), son frère, qu’il avait résolu de tuer. Il fit appeler de bon matin, dans sa chambre, l’infant don Juan d’Aragon, son cousin *, et lui fit faire serment sur la croix et l’Évangile, ainsi qu’à Diégo Ferez Sarmiento, adelantado major de Castille, de tenir secret ce qu’il leur dirait. Ils le jurèrent, et le roi dit à l’infant : « Cousin, je' sais