‹ Italie et Espagne [Texto impreso]Chapitre 31 sur 37 · Fuera tnenos p... y ganara mas, senora mia, etc · texte numérisé non relu

Fuera tnenos p... y ganara mas, senora mia, etc

QL’EVEDO.

venir à bout de cette femme ; vous avez pour cela plus de ressources que personne, n

La vipère se repentit, mais il était trop tard; et la persécution la plus effroyable tomba sur l’un des plus brillants esprits, sur l’un des plus remarquables écrivains de l’Espagne. Il faut lire ces détails à faire pitié et à faire horreur; une cave humide, un ruisseau infect sous l’oreiller, quatre années passées ainsi, le martyre le plus complet, le plus imperturbable courage. Enfin le roi mourut, Olivarès tomba. C’était le nœud de l’affaire. Dans ces décadences d’empires, le sentiment du bien moral étant abîmé etdisparu, il ne s’agit plus dejustice; il s’agit de prudence, de bien jouer, et ne pas déplaire aux forts. On fait un simulacre d’enquête : Quevedo, naguère criminel, redevient blanc comme neige. On ouvre son cachot; il en sort comme une ombre, débris de luimême, à peine capable de se traîner, et pense à publier toutes ses œuvres ; les libraires ont peur de ce revenant, refusent de l’écouter ; et il va aux champs respirer un peu d’air pur et prier Dieu, dans la Sierra Morena, où s’élève sa tour solitaire de Jean l’Abbé *.

Imaginez une tour mauresque, rouge, ruinée, chevelue, aux longues tresses de buissons pendants, et flanquée d’aloès qui poussent dans les creux de pierre jaune et étalent au soleil leurs couronnes, rouges comme du sang :

Tour désolée et solitaire Où Pbébus, mon propriétaire,

Se prélasse en toute saison ;

Elle n’a ni toit ni fenêtre ;

Le soleil en est le seul maître.

Et c’est bien la tour d’Apollon *.

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