‹ Italie et Espagne [Texto impreso]Chapitre 35 sur 37 · I. Chronique, p · texte numérisé non relu

I. Chronique, p

ESPAGNE

Beaumarchais ; héros dont les métamorphoses sont peu connues.

Nous reviendrons sur ce détail intéressant et neuf en examinant le développement progressif de la race espagnole et de sa vie intellectuelle, tel que le manifestent la monographie curieuse publiée récemment à Madrid, en espagnol, par don José Amador de los Bios, et le grand ouvrage auquel un Américain d’une profonde et très-spéciale érudition, M. Ticknor, a consacré vingt années de sa vie.

lUISTOIRE DE LA LITTERATURE ESPAGNOLE, par George Ticknor, en anglais.

L’étude de la langue et de la littérature espagnoles en France date, comme je l’ai dit, du secrétaire de Philippe II, Anionio Ferez, qui, après avoir servi les amours de son maître et lui avoir pris sa maîtresse, se sauva en France, parut d’abord avec succès à la cour de Henri IV, et mourut obscurément à Paris en 1611. Sa première publication (Pedaços de historiay Morceaux d’histoire) fut imprimée à Lyon sans date, probablement ver» 1598 ; depuis cette époque, un peu intrigant, hâbleur et vindicatif comme il était, ce qui ne diminue ni son éloquence ni son courage, il ne cessa pas d’entretenir le public de lui, en imprimant et répandant de droite et de gauche les fruits de sa plume. Relations, Maximes politiques et Lettres. Il écrivait à tout le monde : au duc

de Mayenne sur de nouveaux cure-dents, à lady Rich sur une paire de gants, au comte d’Essex sur la politique. Nul ne savait mieux tourner la sentence espagnole; et il produisit une certaine impression qui, jointe au grand plaisir causé par la traduction française de Don Quichotte (publiée en 1618), attira les esprits du côté de l’Espagne. Anne d’Autriche l’Espagnole, mariée en 1615 à Louis XIU, servait le même mouvement, qui néanmoins ne dépassait pas encore en 1622 les plus hautes sphères de la cour.

Dans cette année 1622 le docteur Carlos Garcia, dont J’ai parlé précédemment ', propagateur aussi enthousiaste que dévoué de son idiome et de sa littérature parmi nous, fit son entrée à Paris ; événement grotesque, mais important par ses suites ; je n’en exagère pas la valeur, on le reconnaîtra bientôt. Si je reviens à ce Garcia, ce n’est pas seulement parce qu’il est original et bizarre, titre équivoque à la considération, mais parce que je ne l’ai vu signalé (sauf erreur) dans aucune histoire littéraire ; qu’il a déterminé après Ferez, et d’une manière définitive, le mouvement d’imitation espagnole en France ; qu’il est bon de rendre justice même aux morts; — et que cet écrivain espagnol qui adorait sa terre natale est peut-être le seul dont le très -exact M. Ticknor n’ait pas fait mention dans son curieux et excellent livre.

Ce personnage qui ne jouait pas de bonheur et dont Büuterweck, Sismondi, Antonio, don Eugenio de Ochoa, tous les annalistes littéraires, n’ont jamais parlé, était, ainsi que ses ouvrages, encore plus comique que je ne l’ai dit Ma description de son entrée à Paris, qui sans

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