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PŒSTUM

massives constructions s'élèvent à l'horizon du milieu de la plaine basse qui s'étend au bord de la mer, et où errent des troupeaux de buffles. La voiture s'arrête à une maison isolée où quelques habitants de Capacclo, à mine fiévreuse, descendent passer la journée et reçoivent les voyageurs.

On croit que Pœstum fut une colonie de Sybaris, et fondée six siècles avant l'ère chrétienne.

— Depuis Auguste jusqu'à l'invasion des Sarrasins, en 915, l'histoire se tait sur Pœstum.

En 1080, Robert Guiscard achève de le ruiner; il démolit les édifices, enlève les colonnes pour les transporter à Salerne. Depuis, Pœstum ne fit plus que languir. Les eaux stagnantes envahirent le sol. Les digues de sable, élevées par la mer, s'opposant à l'écoulement des petits ruisseaux, contribuèrent à leur extension. En 1580, les habitants se décidèrent à abandonner cette ville maudite et allèrent s'établir à Capacclo. — On a trouvé les traces d'aqueducs aboutissant à la ville du côté de la montagne. La difficulté de se procurer de l'eau potable dut, dés l'origine, se faire sentir aux habitants de Pœstum. Strabon signale d^à cette situation comme malsaine.

Les MURAILLES formaient autour de la ville une sorte de pentagone et étaient bâties en blocs irréguliers; quelques portions, encore debout, ont environ 5 met. 1/2. Des 4 portes

élevées aux points cardinaux , partaient 2 voies qui se coupaient au centre de la ville. Une de ces portes, à l'E., est encore conservée.

Temple de Veptone. — Ce temple, qui, après ceux d'Athènes, est considéré comme le plus el exemple du génie manifesté par les Grecs en architecture, forme de l'E. à 1*0. un parallélogramme de 60 met. 70 cent, sur 35 met. 60 cent., compris les degrés. 56 colonnes d'ordre dorique, élevées sur 3 degrés, forment à son pourtour un portique continu. Elles ont 2 met.

7 cent, à leur diamètre inférieur, et 4 met. 1/2 de hauteur, d'où résulte une apparence plus massive qu'au Parthènon et au temple de Thésée à Athènes.

Elles n'ont pas de base, sont cannelées et sont formées de 5 ou 6 tambours ou cylindres de hauteur variable et parfaitement jointoyés. Ce qui donne à l'architecture du temple de Neptune un caractère tout particulier, c'est la grande saillie des deux pièces principales du chapiteau : le tailloir, grande dalle carrée portant l'architrave , et l'échiné, moulure placée immédiatementau-dessousdu tailloir.

Cette saillie et le grand volume du chapiteau couronnent admirablement le fût massif des colonnes, et contribuent à donner au monument une apparence de force extraordinaire. A l'intérieur règne un double rang de colonnes de dimensions moindres que celles de l'extérieur et

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supportant une architrave audessus de laquelle était posé un deuxième rang de colonnes plus petites encore destinées à soutenir la toiture des péristyles latéraux. Le milieu du temple était à ciel ouvert.

L'architrave est composée de grosses poutres de pierre ayant toute sa hauteur et toute son épaisseur et allant du milieu d'une colonne à l'autre. — Les combinaisons ingénieuses qui brillent dans les détails de cette architecture attestent la science et la sagacité des artistes grecs à qui elle est due.

Bashjque. — Désignation, non justifiée, d'un édifice entouré de 50 colonnes doriques, et différant entièrement par sa disposition des autres édifices de la Grèce et de la Sicile. D' un aspect bien moins élégant que le temple de Neptune.

Presque en face de la maison où s'arrêtent les voitures, est à peu de distance un 3* temple, dit temple de Vesta, ou :

Temple de G£rês.— Le plus petit des trois. H est composé de ZA colonnes. Les colonnes intérieures ont des bases, et c'est un des rares exemples que l'on en connaisse dans l'architecture dorique.

Il y a encore les restes d'un Amphitdéatrb entre les grands temples et le petit, et de quelques autres édifices. Le sol de Pœstum contient sans doute encore bien des trésors que des fouilles pourront un jour exhumer.

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