ROUTE 29. — ROME. — FORUMS
rium se composait de 240 voiles; 480 gommes, marins pour la plupart, étaient chargés de la manœuvre. » — On pouvait aussi remplir d'eau l'intérieur du Colisée, et y donner des jeux et des com- \)^l9 nautiques *.
Description des antîquStéf de Rome en dehors du Forum romain.
Forums. — Dans les petites villes un seul Forum suffîsait pour les différents marchés; mais dans les- grandes villes, comme Romo, presque chaque
* En 1812, les Français, en creusant l'arène, découvrirent des mur^ en<buis dans le sol. L'envahissement étu e»ux força de reboucher le tout. Uéme aventure survint, en 1875, a M. Ro>a , quand il entreprit de nouveau de fouiller le Oolisée ; il dut établir une machina à vapeur pour épuiser l'eau. Nous en voyions sortir (juin 1875) un ruisseau assez fort qui allait se jeter au Tibre. Malgré les obstacles, M. Rosa réussit à découvrir l'antique pavé en briques de Tsirène ensevelie, et le véritible Podium, présentant une rangée d'arcades. Le pavé de cette arène antique est à plus de 8 met. de profondeur. Par suite de cet encaissement, les spectateurs «lu Podium étaient réellement à l'abri de l'élan des bêles féroces ; mais, d'un autre côté, certaine» parties du spectacle, se passant, au pied du Podium, devaient être soustrsiiies à la vue des spectateurs des gradins élevés placés du même côté. — l-cs fouilles de M. Rosa ont rais à jour, sous l'arène moderne, de massives subsiructions.
des couloirs entre de hautes murailles diri-
§ées dans tous les sens. On a voulu voir là es restes enfouii de monuments antérieurs u la construction du Collsée. Mais ces maçonneries reposent sur le pavé de briques ; elles .«iont donc relativement modernos. On a supposé que c'étaient peut-être des fortifications élevées au moyen Age par les Frangipani; d'autres archéologues pensent que, le chri.«tianisme ayant mis fia aux combats de ffladiateurs, le Cotisée ne servait plus qu'a des spectacles récréatifs pour la curiosité ; \Pi réseau des substructions exhumées représenterait alors un de&sous de théâtre, destiné à machiner la scène et à faire surgir du sol dos décors ou des personnages. (A l'appui de cette dernière exp'ication, voir : Amphithé;Ure de Pouzzoles). Dans une des galeries souterraines, on a aussi découvert une sorte de pont en bois carbonisé, armé de cramf)ons destinés sans doute à l'élever. — Quoi au'il en soit de ces diverses explications, il faut, à notre avis, jusqu'à de nouvelles découvertes, considérer le problème comme inexpliqué.
classe de marchands pour TapprovisioD* nement avait un marché à elle :
Le FORUM BoABiuM — (marché aqx bœufs), était au Yélahre, au pietl du Pb> latin, près de l'arc de Jamis Quadrifrons (p. 179) et de l'église San Giorgio in Ve* labro.
Le FORUM Olitorium — (marché aux légumes), près la place Montanara, au pied du mont Capitolin. — 11 ne fairtpas confondre ces emplacements publics avec les différents lieux do réunion, -consacrés aux assemblées du peuple, à la discussion des affaires politiques et au i^glement dos affaires judiciaires et corn- : merciales. Ces forums étaient construits avec magnificence II y en avait à Komc un certain nombre; leur emplacement est occupe par des con<:truclions moder- < n?s. Plusieurs ven lient aboutir au Fo- \ rum roinanum, proprement dit; comme le suivant :
- Le FORUM DE Jules César* fut fondé par lui, après la bataille de Pbarsale, avec l'argent de ses rapines; l'achat du terrain seul coûta une somme énorme. , C'était une extension du grand forum ;, il s'ouvrait à l'angle N. du Forum romain, derrière remplacement actuel de réalise Santa Martina (PI. du Forum).
Plusieurs années auparavant César avait fait acheter les terrains nécessaires. Cicérori s'employa pour celte affaire. Voici à ce sujet ce qu'il écrit : « Les amis de ^ César (Appius et moi; dussiez^ vous en crever de rire), nous avons p.iyé soixante millions de sesterces (près de 6 millions. . — Suétone dit 100 millions et Pline 120 millions de sesterces.). On n'a pu tran- ' siger à moins avec les propriétaires. Ce sera une très-belle chose, » (Ad. Atlic., lY, i6). César fit élever au milieu un temple à Vénus Genitrix.
Le FORUM Traksitorium — [Palladium (de Minerve), parce qu'il y avait un temple de Pallas Minerva au milieu; ou de Nervà), était appelé Transilorium parce qu'il servait de passage pour aller aux forums de César et d'Âu<!uste. U fut commencé par Domilien et achevé par Nerva. On appelle vulgairement : le co-
* Pour les Forums de César, d'Auguste et de Nerva, V. ci-joint : le Plan du Forum RESTITUÉ (Canina).
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iormacce les deui colonnes restées debout aa coin des rues Alessandrina et Croce Bianca, entre la place Trajane et la basilique de Constantin. Ces deux colonnes, un des plus beaux fragments de Home, enteri'ées aux deux tiers, sont d'ordre corintlnen, cannelées, et ont 3 met. 83 de circonférence et 9 mpt. 42 de haut. L'entablement est fort riche et les ornements sont d'un beau tra- Tail. Les bas- reliefs de la frise représentent les arts de Pallas; au milieu de l'attique e^tt la fifçure de Pallas. On considère aujourd'hui ce fragment comme une portion du portique faisant partie de la décoration intérieure de ce forum. On peut voir dans Vasi [délie Magnificenze di Roma, t. Yill, planche 25) une vue curieuse des restes antiques du forum de Nerva , antérieure a l'époque où Paul V fit enlever du temple de Minerve cinq colonnes pour en orner la fontaine Pauline.
Le FORuii d'Auguste — (entre le forum de J. César et celui de Trajan). Au milieu était le temple de Mars VUor [Mars vengeur), Lâti par Auguste en mémoire d'un vœu de venger la mort de César : le premier temple élevé au dieu de la guerre a Rome. Il en reste trois colonnes corinthiennes debout avec un pilastre soutenant une architrave d'un très-beau style. Ces colonnes, de 17 met. de haut, sont réputées des modèles »i*ordre corinthien pour Ja beauté des proportions. — A côté de ces restes antiques est (via de' tor* dei Conti) une des arcades d'entrée du forum d'Auguste, désivEuée sous le nom d'arco de' Pantani (du mot pantano, bourbier, marécage).
Le FORUM DE Trajaw — (PI. de Rome, F, 4), dont la place de la colonne Trajane n'est qu'une partie, surpassait tous les autres en magnificence. Pour l'établir, il fallut procéder à de grands travaux de terrassements. 11 fut construit Car le célèbre architecte Apollodore [V . emple de Vénus et de Rome). Il éiait entouré de portiques, décoré de statues en bronze doré ; on entrait au Forum pnr trois portes triomphales; il contenait une basilique, un temple dédié à Trajnn après sa mort, une colonne, une statue équestre de Trajan , et la célèbre ÉiblioUièque Ulpienne^ ainsi désignée d'après son nom de famille. Der-
rière les deux petits portiques, à côté de la grande colonne, on a trouvé les restes de la bibliothèque partagée en deux salles, l'une pour les livres jrrecs, l'autre pour les latins; ils furent transportés dans la suite aux thermes de Dioclétien ; on voit encore les restes d'une de ces deux salles, consistant en une des niches qui contenaient les livres. M.ilgré les invasions des barbares, les monumcnls de ce forum étaient encore debout vers l'an 600. — Le piédestal de la colunne était dans une sorte de puits. L'aHministralion française déblaya une partie du forum en 1812, en abattant plusieurs maisons.
Des restes du f«»rum de Trajan sont encore enfouis sous les maisons. Une portion de mur en héniicyde, formant une de ses extrémités (S.-E.) , peut se voir dans une cour n* 6, via del Grillo.
Forum d'Artoniw — (F. place Qolonna).
Temples. — Le premier des temples de Rome était celui oie Jupiter CapUolin, dont il ne reste plus de traces [V, p. 146). Il s'éleviit sur un terre-plein que les Tarqiiins n'avaient pu faire exécuter qu'à l'aide d'énormes murs de terrasse, et il occupait une partie de l'emplacement actuel de l'église d'Ara Cœli. Sa façade était tournée vers le Forum. A Textcrieur, il était enveloppé de plusieurs rangs de colonnes, à. iiilérieur du tcmule était divisé en 3 sanctuaires (cellaeL Jupiter occupait la cella du centre. Minerve la droite et Junon la gauche. La statue primitive de Jupiter, fuite par un artiste volsque, était en terre cuite peinte (comme sont les statues du musée étrusque au Vatican). Plus tard, ces statues furent dorées. Ce temple ayant été brûlé l'an 83 av. J.-C, Sylla le rebâtit et l'orna de colonnes en marbre pentéiique, provenant du T. de Jupiter Olympien, à Athènes, et le couvrit de tuiles de bronze qui furent dorées. 11 fut brûlé de nouveau dans la lui le des partisans de Vileiliiis contre Vespasien. Ce dernier et son fils Domitien le reconstruisirent. 11 fut dWaî-té par Gcnseric (455). Il était en ruines au vni« siècle. Sur la place (area) , devant le temple, s'élevaient deux statues colossales en airain, celle de Jupiter et celle du fameux Hercule de Lysipp , amortée de Ta-
rente par Fabius Maximus, vers l'an 543. — A l'endroit où était la citadelle [arx] est le palais GafTarelli ; au-dessus du Tabularium {V. p. 157 ) s'élève le palais sénatorial.
Nous avons parlé précédemment des Temples de la Concorde, de Saturne, de Vespasien, de Jupiter tonnant, de Castor ET PoLLux ; de Minerva Chalcidjca, de la Fortune, de Vénus et Rome, de Ro-
MDLU8 ET I^MUS, d'ANTONIX ET FaUSTINE,
du prétendu Temple de la Paix; nous allons passer en revue les autres temples antiques dont il y a encore des restes.
Temple de Vesta — (PI. de Rome E, 5; — sur les bords du Tibre, place de la Bocca délia Verità, p. 150). Les archéologues de nos jours veulent y voir un TEMPLE d'Hercule; H. Caninaun tempie de Mat^r Matuta. Mais la dénomination consacrée et populaire persistera*.
Il est de forme circulaire, entouré d*un portique soutenu par vingt colonnes corinthiennes cannelées, en marbre de Car j are; il en manque une. Les murs de la cella sont formés de gros blocs de marbre blanc, parfaitement joints; la partie supérieure a été détruite. On le croit du u« siècle de l'empire. — Cetem-
Sle, dédié d'abord à saint Etienne, dit elle Carrozze, est aujourd'hui sous le vocable de Santa Maria dcl Sole.
Nous placerons ici, à cause du voisinage, les deux temples suivants :
Temple de Cérès et de Proserpinb — JPl. E, 5; — aujourd'hui Sauta Maria in Cosmedin, place de la Bocca délia Verità). On l'a pris aussi pour le Temple de la Pudicité patricienne; pour celui de la Fortune; de Matuta. On pense
Jue les colonnes d'ordre composite sont e l'époque de Tibère. — Sous le portique est le masque qui a fait donner le nom à la place (K. p. 150).
* Ce temple n'est pas celui dont parle Horace, à l'occasion d'une inondation du Tibre :
Vidimusflavum Tiberiin...
Ire dejectum monumenta Regum Templaque Vestae.
C«lui>là était situé près du Forum.
Temple de la Fortune viru^e* — (au N. du temple de Vesta : — PI. de Rome E, 5). L'origme en remonte à Servius Tullius ; il fut rebâti sous la république. Belle ordonnance de colonnes ioniques, de près de 9 met.» recouvertes de stuc ; entablement admiré. Les matrones romaines avaient grande dévotion à cette déesse, qui avait la réputation de dissimuler aux yeux des hommes leurs défauts corporels. A la fin du x* siècle, le temple de cette complaisante déesse fut consacré à la Vierge; depuis le xvi*, il l'est à Sainte-Marie ÉGTPTiEifNE.
Temple d'Escuupe — (île du Tibre], élevé à la suite d'une peste. On pense qu'il occupait au milieu de Tile l'enoplacement de l'hôpital San Giovanni Calabita. Les colonnes de l'église San Barlolommeo proviendraient de ce temple. On donna à l'ile, fortifiée de quartiers de travertin, la forme d'un vaisseau. Un obélisque qui s'élevait au milieu de Tile figurait un mât.
Temple de Minerva Meuica — (Plan de Rome I, J, 4). Encore une fausse dénomination. Selon quelques antiquaires, ces ruines pittoresques seraient les thermes de Caïus et de Lucius, ùls adoptits d'Auguste, ou un Temple d'Hercule Gallaicus. Nibby pense que c'est plutôt une salle appartenant â des jardins du m' siècle. On croit que ce temple est du temps de Gallien. On y a trouvé des statues d'Esculape, de Pomone, d'Adonis, de Vénus, d'un Faune, d'Hercule, d'Antinous... La voûte de cet édifice décagone s'écroula en 1828. Des murs ont
' < Malgré les témoignages les plus positifs, ceux d'Ovide , de Varron, celui d'un calendrier antique, on a voulu reconnaître dans un édifice du temps de la république, situé sur la rive g. , près du ponte Rotto, un temple de la FoRTONB virilb, d'après une mauvaise traduction de Fors Fortuna, donnée par Denys d'Halicarnasse et Plutarque (Fort., Borne, 5), qui ont pensé que /brtem fortunam voulait dire la Fortune courageuse, virile. Cette dénomination, bien qu'elle ait cours parmi les Guides et les voyageurs, renferme une confusion topographique et un contre-sens grammatical. Le temple attribué à Servius, sur la rive g., dans le marché aux. bœufs, n'a jamais été dédié à Fors Fortuna. Même en admettant rinterprétation vicieuse de Fortune virtUt on ne pourrait en faire le nom de ce tample, » (Ampère, 11, lOl*
— ROME
PANTHéON.
été tdoesés extérieurement à cette constniction. La coupole qui couvrait ce temple était en pierres ponces et en briques formant oes chaînes aux angles reotnnts.
PiBTHÉoii — (Plan de Rome E, 3 :
placedeliRotonda, entre le Corso et la place Navooe). Ce magnifique monument, Je plus insigne que nous ait transmis J'astique Rome, soit par son style, soit par sa consenration, a été érigé par Apppa, gendre d'Auguste, 26 ans avant l'ère Tuigaire. On lit sur la frise : — m.
A61IPPA. L. F. COS. TERTrVM HOT. G'est-à-
dire : fait par Marcus A^ippa, fils de Lacius, consul pour la troisième fois. — Brûlé sous Titus et sous Trajan, cet édifice fut restauré par Adrien, et ensuite Sr Antonin le Pieux, Septime Sévère et racalla. On lit sur l'architrave : mi». CAES. L. SEpmrrs. sevebvs. pivs. perti-
KAI. AlifilCVS. ADIABENICVS. PARTHIGVS.
lAUMTS. PORTIF. MAX. TRIB. POTEST. X.
1». H. COS. m. P. P. PROCOS. ET. IMP. CAES. M. AVRELIVS. ANTONINVS. PPTS. f^- LIX. AT6. TRIB. POTEST. V. COS. PROOOS. PAJITflBVÏ. VETVSTATE. CORRVPTVM. CVM.
OWI. CVLTV. RESTlTVERVÏiT. — CottC res-
lauration est de l'an 202 de l'ère vulgaire. — En avant du Panthéon s'ouvre au noble portique ayant 33 met. 45 de lareeur et 19 met. 81 de profondeur, présentant de front huit colonnes corinthiennes. On y montait anciennement par sept degrés; aujourd'hui, par suite de l'exhaussement du sol, il n'y a que deux marches. Les seize colonnes qui le décorent sont toutes d'un seul bloc de granit oriental; elles ont 4 met. 54 de ciiconîérencc et 12 met. 60 de hauteur, sans y comprendre la base et le chapiteau de marbre blanc. Ces chapiteaux sont les plus beaux que nous ayons de l'antiquité. Les entre-colonnemeuts vont en diminuant à partir de celui du milieu ; lescolonnes des extrémités ont au contraire un diamètre un peu plus fort que celles du milieu. — On pense que le portique est une addition postérieure.
On a aussi supposé que la rotonde n'é- ^t qu'une vaste salle des Thermes avant d'être consacrée comme un temple. La ^^tion intérieure fut renouvelée par Adrien. — D y avait autrefois, au milieu du frontoii, un bas-relief de bronze doré exécuté par Diogenes d'Athène?, — Ur-
bain YIII, en 1632, fit enlever les poutres et les clous de bronze de la toiture du portique, qui servirent en partie à faire les quatre colonnes du baldaquin de la basilique de Saint-Pierre. Avec ce métal, on fondit encore quatre-vingts
Eièces de caik>n pour le fort Saint- Ange. [ ne reste de bronze que la porte qui est antique et le cercle couvrant le rebord de l'ouverture de la voûte. — A ces dévastations, Deseine, dans sa Dei~ cription de Home (1090). oppose un sin^lier moyen de consolation. « Il est vrai, dit-il, que, par compensation, Urbain YIII fit réparer l'église et élever deux clochers aux deux côtés. » Ces deux clochers, ajoutés par le Bemin, ont été comparés i deux oreilles d'âne. — Benoit XIV lui-même, bien qu'un pape éclairé, enleva les porphyres , les marbres de couleur qui formaient une décoration polychromique à l'intérieur, pour en décorer des églises. Une seule porte servait d'entrée au temple. A dr. et à g., dans deux niches, étaient les statues d'Auguste et d'A^ippa. Celle-ci a été transportée à Venise (F. t. !•'. Venise : Palais Grimani).
L'intérieur du temple es( de l'aspect le plus imposant; et ce dut être une grande émotion pour les antiques habitants de Rome quand ils virent pour la première fois cette voûte hardie projetée sur le vide, a 11 n'y a pas ici , comme dans les édifices grecs, dit M. VioUet-le- Duc, une alliance intime, forcée, entre la construction et le vêtement qu'elle reçoit. A mon sens, la décoration intérieure, qui d'ailleurs a été modifiée k plusieurs reprises, enlève quelque chose plutôt qu'elle n'ajoute à la grandeur de l'effet produit par la conception purement romaine [du monument]... A mon avis, l'ordre inférieur qui vient couper les niches aux deux tiers de leur hauteur, cet attique qui masque leur cintre, cette division en deux zones, d'une construction homogène, s'élevant du pavé jusqu'à la naissance de la coupole, diminuent l'effet de cette belle composition au lieu d'y ajouter de la grandeur. — Ce qui cause la plus vive impression, c'est cette voûte immense qui emprunte toute sa décoration à sa structure même, c'est ce jour unique de 8 met. de diamètre percé à son sommet. »
La forme circulaire du Panthéon, à rintérieur, lui a fait donner le nom de
ROUTE 29. — ROME. — PiCTTHÉON.
Rotonde. Son diamètre intérieur est de 42 met. 87 (43 met. 40 selon la mesure donnée par H. YioUet-le-Duc). Le mur circulaire qui porte la voûte a 5 met. 40 d'épaisseur. La hauteur de rédifice, du pavé au sommet de la voûte, est de 44 met. 40 (le diamètre et la hauteur intérieurs de rédifice sont ainsi, à peu do chose près, égaux.) H n'y a pas de fenêtres; la lumière n'entre dans le temple que par une seule ouverture circulaire pratiquée dans la voûte ; on y monte par un escalier de 190 marches *. — En 1536, Charles-Quint, étant à Rome, se fit conduire à celle ouverture. Un jeune gentilhomme romain, qui l'accompagna, avoua à son père qu'il avait eu la pensée de le précipiter dans l'intérieur, afin de venger sa Satrie du sac de 1527. « Mon fils, lui it le vieillard, ce sont là de ces choses que l'on fait et qu'on ne dit point. » — Autour du temple, à l'intérieur, entre les chapelles, sont huit niches (sediculsiB), ornées d'un fronton soutenu par deux colonnes, la majeure partie en marbre jaune antique, spécimens précieux par leur dimension de ce marbre si rare, même pour les anciens ; ces niches étaient encore intactes au xyi* siècle. On les a transformées en autels, en altérant un peu leur forme primitive. — Le pavé, qui t été surélevé, composé de marbres et de porphyre, et di\ a Septime Sévère, présente une dépression au milieu et des ouvertures par lesquelles s'écoule l'eau tombant du haut.
Le l'anthéon, le reste le plus parfait de Tarchitecture romaine, renferme la
* « Le mur circulaire n'est pas plein, il est, outre la porte d'entrée, évidé a l'intérieur par quatre renfoncements barlongs et trois grandes niches semi-circulaires. À. la hauteur de la naissance de la voûte, l'architecte a pratiqué seize vides. 11 n'est pas de constniclion mieux raisonnée au pointue vue de la durée et de la solidité. La voûte prend naissance à 2^ met. 30 au-dessus du sol intérieur, c'est-5-dire à la moitié environ de la hauteur tolale du dans-œuvre. La voûte semi-sphérique qui couronne le tambour évidé, formant la muraille du monument, esitbAtie en briçiues et en blocages. Les briques tiennent lieu de nervures noyées dans l'épais seur de celle voûle, rendue légère par cinq rangs de caissons évidés dans la concaviic intérieure. Ce mur circulaire, grâce aux vides ménagés dans son épaisseur, n'e^l, à tout prendre, qu'un compo>é d'arcs de décharge, reponant toutes bcs pesanteurs sur seize massifs principaux. » (Viollet-le-Duc, Entretien* sur V architecture.)
dépouille mortelle du plus grand artiste des temps modernes : llaphaêl y est enterré dans It troisième chapelle à ^., dans un des renfoncements derrière les colonnes (à dr. du 4' autel, à planche de l'entrée). La statue de la Vierge (dite : Madonna del ^asso),qiii devait surnfK>nter le tombeau, fut exécutée, selon la volonté du défunt, par Lorenzo LoUo*. I/inscription latine, composée par P.
Bembo, se termine par ce distique subtil, si connu :
nie hic est Raphaël timuit quo sospite vhici Rerum magna parens et morieale mori.
De l'autre cûté de l'autel est le tombeau d'Annibal Garrache, qui est à Raphaël, dit l'inscription :
Ut arte, ingénie, ^ma. sic tumulo proximus. I
À côté est la nièce du cardinal Bibbiena, fiancée à Raphaël, et qui le précéda de trois mois dans la tombe. — D'autres grands artistes sont aussi enterrés au Panthéon, comme pour lui faire cortège : Ballhazar Peruzzi, Jean dIJdinc, Perino del Vaga, Th.nd. Zucchero. — Les ossements de Raphaël , découverts en septembre 1833, y furent replacés en cérémonie, le 18 octobre, dans un sarcopliage antique de marbre, provenant du musée du Vatican. En 1821, le zèle dévot avait fait enlever les bustes de Raphaël et des autres artistes. On ne voit J plus que des bustes de cardinaux. j
* Les restes de Raphaël reposaient depuis plus de trois siècles dans celte sépulture, quand s'éleva un débat étrange entre les archéologues de Rome, au sujet de b tête conservée à l'Académie de Saint-Lac comme étant celle de Raphaël, et même concernant l'église où il aurait été enlerré, malgré les indications précises à cet égard. Les recherches commencèrent au Panthéon et son tombeau fut ouvert le 14 septembre 1833. Le célèbre peintre Overbeck, témoin oculaire, donne les détails suivants : « Le squelette, qui était intact, avait presque 5 pieds 2 pouces de Tancicnne rae»ure de France. D après le moule en plâtre que nous avons vu chez le sculpteur Faliris, la tôle devait être d'une beauté parfaite; le Tront s'avance en saillie au-dessus des yeux; mais il n'est pas large et n'offre pas une hauteur consif!éi*able. Lesdeuts, 14 en haut, 15 en ba>) parfaitement conservées sont d'une admirable blancheur. Le larynx &<t remarquable par son volume. » Une inscription placée à cété de l'autel consacre la mémoire de cet événement*
— BOUE. — PALAIS DES césARS.
La partie cireoltire de l'édifice n'a éfidemment point de rapports avec le portique qui a été ajoute postérieurement. Cela a donné Heu à He longues controverses sans conclusion certaine. On ne sait M le tout a été construit par A«rr<ppa. Lh rotonde, en premier lieu. Taisait peutêtre partie des thermes d^ Agrippa, auxquels elle est adossée, mais sans communication directe. Dans le principe, toute ia construction, qui est conposée de briques, fut recouverte de stuc, et le portique fut ajouté quand ou voulut la transfonner en temple. — Le Panthéon resta fermé, comme temple païen, de 391 à 608. BonifHce IV le consacra comme église. En 66'^, l'empereur Constant II enleva les tuiles en bronze de la coupole et les statues qui avaient échappé aux barbart«; ces objets furent pris par les Sirrasins, qui les tran«porlèrent à Alexandrie. Grégoire III (731) fit couvrir le Panthéon de plaques de plomb. Les troubles des xiii* et xiv* siècles y causèrent beaucoup de dommages. La terre encombrait le portique i une hauteur telle qu'on descendait par plusieurs marches dans le tcm|>le; dos habitnlions avaient été construites entre les colonnes. Eugène IV fit dégager le porliaue.
Avant lui, Martin V avait restaure le toit, qui avait perdu sa couverture de plomb. En 1627, Urbain YIII fit rcmplaeer h colonne de granit qui manqiiait à l'angle oriental du portique. On la reconnaît à l'abeille (arrooirie des Barlierini)mise fur le chapiteau. Deux autres furent Ajout'cs en 168*2 par Alexandre Yni (avec l'étoile des Chigi). En 1662, on débirrassa le portique des masures qui l'obstruaient. En 1852, on a commencé à démolir les maisons adossées au côté E. de rédifice.
Tbmplb bb Trajan — (K. Forum de Trajan, p. 167).
Temple d'Antonin le Pieox — (PI. de Rome, E, 3; — place di Pietra, nu S. de la place Colonna). Dénomination abandonnée par les antiquaires. Aujourd'hui ces restes sont considérés comnne appartenant au TEMPLE DE Neptrne, élevé en forme de basilique par Agrippa en mémoire de ses victoires navales. Il en reste onze colonnes corinthiefmes en marfare, ti'ès-endommagées par les incendies. Elles forment la façade de la douane {dogana di terra). — Les anti-
ouaires allemands, qui, sur les pas de Niebuhr , cherchent à renouveler les connaissances admises sur la vieille Rome, font de cet édifice un temple de Marciana, sœur de Trajan.
Falais. — Palais des Cisins*. — Sur le mont Palatin (F. p. 147).
De premières fouilles furent faites dans la vigne Nusiner, acquise, en 1848,
fiar la cour de Russie, puis coniinu'^es par e Pape à qui celte vigne fut cédée. En 1860. Napoléon III acquit du roi de Naplcs les Jardim Famèse (p. 147), et depuis, les fouillas, dirigées par M. Piètre Rosa, ont été poussées avec activité, et continuées sous le gouvernement du roi Yictur-Emmanuel, qui acheta de Na*-
frdéon, en 1H70, les Jardins Farnèse et es ruines exhumées pour le p»*ix de 650 mille francs. Les r^tes du Palais des Césai^s, sortis de la terre où ils étaient depuis si longtemps enfouis, sont pour tous les étrangers qui viennent à Rome un objet de grande curiosité. Si cette vaste entreprise de fouilles n'a point fait découvrir des œuvres d'art importantes sur ce sol précédemment dévasté pendant des siècles, elle a permis aux archéologues de reconstituer la toposraphie des temples et des paNis des Césars, lopogr.iphie sur laquelle les amplifications et les changements faits par les divers empereurs laisseront longtemps encore planorbien des obscurités.
Après avoT franchi la porte de Yi-
?:nolc, on jrravit une rampe d'escalier, lordée de jardins, et on arrive au Cnfino, construit par les Farnèse. — Si l'on tourne à droite, on arrive bientôt à un pavillon oA est le musée (PI. A), renfermant les fragments de sculpture découverts dans les ruines :
Sur un piédestal un fragment de statue d'Éphèbe, en basalte vert, finement modelée ; plâtre d'une statue de Cupidon, dont l'original a été envoyé au Louvre, à Paris; plusieurs torses; plusieurs bustes (une tête de Sénèque couronnée de lierre); des basreliefs; des monnaies; des lampes; des verres; de menus objets en bronze, en ivoire, en bois. Une collection d'échantillons de pierres ft de marbres divers employés dans les édifices.
* Les ruines sont visibles les jeudis et dimanches dp 9 II. du matin au coucher du soleil dans la belle saison. On entre par le i'orum vis-à-vis de la basilique de Constantin. La porte d'entrée a été construite par Yignole pour les OrU FanugianU
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