‹ Italie; itinéraire descriptifChapitre 131 sur 422 · ROUTE 29. — ROME. — TOMBEAU DES · texte numérisé non relu

ROUTE 29. — ROME. — TOMBEAU DES

jetée bouillante sur les assaillants. — Ed 1626, Urbain VIII fit compléter la défense du cbâteau Saint-Ange par des travaux extérieurs. Benoît XIV fit placer en haut Tange en bronze, modelé par un Flamand, à Tendroit où ayait été élevée, au vn* siècle, une petite chapelle à Saint- Michel, qui lui a £iit donner le nom de Coêtel Sont* Angelo. — A la fête de saint Pierre et saint Paul, on tirait du haut de ce château, un grand feu d'artifice.

Tombeau des Sgipioms — (Plan H, 8, — via di San Sebastiano, ancienne voie Appia, dans une vigne n* 13, à «?. et un peu avant la porte San Sebastiano). — Il fut découvert sous des décombres en 1780. Il ne reste que le souterrain creusé dans le tuf; Fédifice qui existait au-dessus a disparu. On voit encore les bases des colonnes qui décoraient la façade. On y a trouvé les objets suivants, conservés dans le musée du Vatican (Museo Pio- Clementuio) : le célèbre sarcophage, en péperin ou pierre d'Albano, ae Lucius Scipion Barbatus, vainqueur desSamnites et de la Lucanie, avant la première guerre punique ; un buste couronné de lauriers, en péperin ; cpielqoes-uns ont voulu y voir celui du poète Ennius (?), qui fut enterré près de ses patrons ; enfin un grand nombre d'inscriptions se rapportant à divers membres de la famille des Scipions, et où, suivant la remarque faite par Ampère, le style d'oraison funèbre prévaut sur le langage vrai, quand la grandeur des Scipions diminue. Le plus grand des bcipions, l'Africain, n'est pas dans cette sépulture de famflle. On sait qu'il fut enterré k Litenram. Sa statue fut placée dans le tombeau de sa famille à Rome, — Les os des Scipions furent recueillis par le sénateur vénitien Ange Quirmi, qui les fit déposer dans un modeste Dunniinent éngé à cette intention dans sa maison de campagne d'Altichiero, près de Padoue. — A côté du tom-

beau des Scipions, on devra visiter les trois :

Columharia découverts dans la Vigna Codini, yin S. Sebastiano, 14 (PI. H, 8.— Se méfier des exigences du custode.) Us contiennent principalement les urnes de personnes attachées à la famille des Césars. Un escalier escarpé descend dans une chambre carrée avec un pilier au milieu, soutenant la voûte. Ce pilier n'existe pas dans un des columbaria. Les murs étaient couverts de fresques et d'arabesques.

Dans chaque niche disposée autour du caveau, sont des urnes (oUœ cinerarise) contenant les cendres des morts dont les noms sont inscrits sur des tablettes audessus. Un de ces columbaria est faussement désigné s<fus le nom de Columbarium des affranchis de Pompée. Dans le troisième columbarium les inscriptions semblent être du temps de Tibère. Une urne contient les cendres d'un chien favori (delicium, comme porte Pinscription) de sa maîtresse, Synoris Glauconia. De sombres couloirs autour de la salle servaient de sépulture aux esclaves.

Tombeau de MarcusYibgilius Edrysacès, — boulanger, fournisseur des derniers temps de la République (près et en dehors de la porta Maggiore).

On trouvera à l'article Environs l'énumération des autres mordments antiques trouvés autour de Rome.

Monument du moyen Age. —

Maison de Rienzi ou de Grescentius vis-à-vis du ponte Rotto, — (Plan E, 5). Cette maison, assemblage bizarre de fragments divers, qui prouve la décadence de l'art en Italie à cette époque, aurait été bâtie, selon quelquesuns, au XI* siècle, par le consul Grescentius, qui chercna à rendre la liberté à sa patrie, et habitée, environ trois siècles après, ou même rebâtie, par Cola di Rienzi, le dernier tribim romain.

Rome moderne.

V. pour les déUiils topographiques : Collines,—Tibre, — ponil,— portes,— division par quartiers, — rues, — places, — fontaines (p. 141 et suiv.):

ftOOTE 29. — ROME. — BASIUQUES.

pRnciPAtrx MONOMBirrs dk Romb moseriie : A basiliques patriarcales : Saint-Jean de Latran, Saint-Pierre, Sainte-Marie-Majeure, Saint-Paul; — 6 basiliques secondaire»; — 330 ég]i!«es; — 1U collégiales ou chapitres, — Il bibliothèques; — 14 galeries de Ubleaux : Spada. Colonna, Chigi, Borgh<îsc, Barberinî, Rospigliosi, Doria, Farnese, Corsini, Sciarra, Torlonia, et les galeries de San Luca, du Capilole et du Vatican. — 5 galerie^ ou musées de statues : le Vatican, le Capitole, Saint-Jean de Lalran. Aibahi, Borghese; — 84 palais; — 3 aqueducs: acqua Felice, acqua Paola et acqua Vergino ; — 36 fontaines. Plus de 100 autres fontaines sont situées dans les cours des différents palais; — 22 villas : l'Albani, la Panfili, la Ludovisi, la Borghese, la Torlonia, la Mattei, etc.; — 12 obélisques, etc.

Basiliques. — On compte huit basiliques principales : quatre dans les murs ; (trois majeures) : Saint- Pierre, Saint- Jean de Latran, Sainte -M arie-Ma.jeure; [une mineure) : Santa Croce in Gerusalemme ; et quatre bors des murs; (deux majeures) : Saint-Paul, Saint- Laurent; (deux mineurf s): Saint-Sébastien et Sainte-Agnès. II faut y joindre la basilique de Samte-Pélronille, nouvellement découverte; enfin on compte géralement aussi au nombre des basiliques les églises Sainte-Cécile et Saint-Clément (F. sur les basiliques, Histoire de l'art, p. 124).

Bai Uîque de Saint-Pîerre — (Plan B, 3J. L'église de Saint-Pierre, la granae magnificence de Rome, n*a aucun rapport, par sa disposition architecturale, avec les basiliques ; mais elle relient ce nom de la basilique primitive bâtie par Constantin. — Œuvre secondaire, si on ne considère que l'originalité et la piu^lé du style, elle est, par la hardiesse de la conception, par son ensemble grandiose, par son imposante magnificence, un des premiers édifices du monde ; c'est une des grandes émotions, un des grands souvenirs dans la vie que de l'avoir vue. En présence d'un monument de cette importance, les limites restreintes de notre cadre doivent céder k la nécessité de développements plus étendus. Nous tracerons d'abord Thistorique du monument.

Historique. — A la pUce où est la basilique de Saint-Pierre s'étendaient les jardins et le cirque de Néron. Des chrétiens y reçurent le martyre. La tradition veut que snint Pierre y ait été enterré. Le pape saint Anaclct bâtit un oratoire sur son tombeau. En 326, Constantin y éleva une basilique qui dura plus dé onze siècles. (La façade en est à peu près reproduite dans l'Incendie du bourg de Raphaël). En 1450, Nicolas V, voulant ériger un temple plus vaste, fit commencer une nouvelle tribune, derrière celle qui existait, sur les dessins de Bernardo Rossellini et L. Bat. Alberti. A sa mort, les travaux n'étaient qu*à quelques pieds au-dessus du sol. — Jules II, qui avait le génie des grandes choses, forrna avec son énergique résolution le projet d'un nouveau Saint-Pierre. Michel-Ange lui avait demandé 100,000 écus romains pour son mausolée : « Peux cent mille, s'il le faut » lui répondit Jules H. Déjà ^ les plans de Nicolas V ne lui convenaient plus ; il fit étudier de nouveau le plan de l'église à élever par les plus habiles architectes. Il ne cherchait d'abord pour son tombeau qu'un emplacement dans une église; il en vint à créer une église pour son tombeau (qui cependant devait être placé ailleurs. V. San Pietro in VincoH). Il cboisit le projet de Bramante, Ce pian a été complètement dénaturé par ses successeurs, qui toutefois ont suivi sa conception générale. Cette partie de l'histoire de la construction de Saint-Pierre mérite une attention particulière, parce

Qu'elle a été obscurcie par l'admiration e routine mise en circulation par les poètes. Le grand nom de Michel-Ange semble avoir effacé tous les autres, et rester seul. Saint-Pierre est l'œuvre de

Plusieurs; à chacun sa part ! — ^A Bramante idée première; c'est lui qui eut la pensée de réunir en un tout l'imitation des grandes voûtes de la basilique de Constantin pour ses nefs, et du Panthéon avec sa coupole, devant servir de point de centre aux quatre nefs. < Cette pensée, dit Quatremère de Quincy, est donc la propriété de Bramante, bien que depuis on en ait fait honneur à Michel-Ange. > Dans le plan de Bramante, l'église avait la fonne d'une croix grecque. On abattit plus de la moitié de l ancienne basilique, et, en 1506, la première pierre fut posée. Les quatre piliers destines à soutenir la coupole s'élevèrent, les quatre grands arcs

RODTB 29. — ROME. — BASILIQUE DB SAIIfT-PIERRE.

forent cintrés, mais des tassements et des lézardes se manifestèrent dans ces constructions fuites trop précipitamment; elles menaçaient déjà rume avant d'avoir atteint leur élévation et reçu la charge qu'elles étaient destinées à porter. Le plan de Bramante était d'une harmonieuse et belle unité ; mais le constructeur fit défaut à Tarchitecte. L'ardeur impatiente de Jules et l'incohérence de celle vaste bâtisse, faite par morceaux détachés, au lieu de monter tout à la fois, incohérence due à ce que Ton ne voulut point abattre en entier la vieille basilique, dont le bas fut provisoirement conservé pour l'usage du culte, servent à le justifier en partie et ne laissent àlui imputer que l'insuffisance de ses poinls d'appui, bramante mourut sur ces entrefaites. Raphaël lui succéda, en 1515, comme ordonnateur en chef, a Le pape m'a mis un grand fardeau su ries épaules, écrit-il à Balthaznr Castiglionc. j espère ne pas y succomber. Mon modèle a eu les suffrages de beaucoup d'habiles gens (molti belli ingegni). Mais je porte mes vues plus haut : je voudrais retrouver les belles formes des édifices antiques. Mon vol sera-t-il celui d'Icare ? Vitruve me donne de grandes lumières, mais pas autant qu'il m'en faudrait. » Un secret pressentiment semblait le pousser vers la Grèce, il envoyait jusc[ue-là des dessinateurs. Qui pourrait dire ce que l'architecture de Saint -Pierre serait devenue sous sa direction, s'il avait eu une longue existence à lui consacrer ? Le modèle en relier de Raphaël a disparu. Serlio nous a conservé seulement le dessin de son plan en croix latine, et, à part les raisons qui dans la suite forcèrent d'augmenter le volume des piliers de la coupole, la disposition en est très-supérieure, dit Quatremère, à cellequi l'a remplacée. Les architectes frà Giocondo, de Vérone, qui bâtit à Paris le pont Notre-Dame, et Giuliano da San Gallo, adjoints à Raphaël, s'occupèrent déjà de fortifier les piliers. — Balthazar Peruzzi succéda à Raphaël, il ramena le plan à celui d'une croix grecque. Cette belle et harmonieuse conception ne fut pas non plus exécutée, et la construction de Î^aint-Pierre, sans doute à cause des circonstances, ne fit que languir sous sa direction indécise. — Antonio da San Gallo fut mis à la tête des travaux sous Paul III. Il conçut un plan tout nouveau, en croix latine, et

d'une complication extrême ; agglomération de dispositions architecturales diverses, où il semblait qu'il eût voulu faire une sorte de résumé, d'après les monuments antiques, de tout ce que l'architecture peut produire. Michel-Ange reprocha à cet amas de clochers, de pyramides, d'être entaché d'un goût gothique. San Gallo en fit exécuter un modèle qui coûta 4,184 écus (il est conservé dans l'octogone, dit de San Gregorio, situé à la partie supérieure de la basilique. Pour voir ce plan et celui de la coupole de Michel-Âuçe, il faut en demander par écrit la permission à Monsign. Giraud, chef de l'administration de la Basilique). Michel- Ange fit faire le sien pour 25 écus, et c'est d'après celui-là que Saint- Pierre fut construit. Si le projet de San Gallo ne fut pas mis à exécution, la direction exercée par lui sur les travaux ei^t capitale dans l'histoire de cet édifice. Ce grand architecte était en même temps très-habile constructeur : préoccupé de Tidée de consolider les assises sur lesquelles il voulait appuyer son église, il enfouit des carrières de pierre dans les fondations, et prépara ainsi la voie à Michel- Ange, à qui était réservé l'honneur de faire triompher en grande partie ses pro* près projets. Yasari, lui-même, parle avec admiration de ce travail : il dit que, s'il était au-dessus de terre au lieu d'etrp enfoui et caché, farebbe sbigotlire ogrii terribile ingegno. La grande quantité de dessins laissés par San Gallo atteste avec quelle conscience il étudiait les diverses parties de cette immense construction.

Après sa mort, Paul III nomma Jtftc^e/-i4n^« architecte (1547), l'autorisant à réformer l'ouvraçe de ses prédécesseurs. Il lui assignait un traitement qu'il refusa. Il travailla pendant dix-sept ans sans aucun émolument à cet édifice.

Désintéressé pour lui-même, il put réformer les abus que la cupidité avait introduits dans cette longue entreprise. Il avait alors soixante-douze ans et n'accepta que par soumission un fardeau aussi rude pour son âge. Il résuma de nouveau le plan de Balthazar Peruzzi en croix grecque. Il faisait servir la même ordonnance coriuthienne eu dedanset au dehors, n'usant extérieurement que d'un seul ordre au lieu de trois, employés par son prédécesseur. Il voulait donner à son temple une façade de colonnes isolées, dans le style du portique du Panthéon.

LÉGENDE

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