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ROME, — SAINT-JEAN DE LATRAN

mille ans, à l'aide de restaurations successives. Deux incendies, causés par des ouvriers plombiers, la détruisirent par deux fois (1308-1561).

Plusieurs papes reprirent sa construction : Pie IV fit élever les deux clochers qui existent encore. Sixte V lit ajouter par Dont. Fontana le double portique sur la façade duN., construite par Pie IV; Clément VIII chargea Giac, délia Porta de reconstruire toute la nef transversale. Cependant le corps de la basilique menaçait ruine :

il fut question de la démolir entièrement. Mais Innocent X chargea, à la suite d*un concours, Borromini de consolider et de renouveler les nefs ; celui-ci enveloppa les anciennes colonnes de granit de la grande nef, très-endommagées par l'incendie, de forts piliers comme d'une gaine. — Clém'^^nt XII compléta la basilique en faisant construire la façade principale par Alessandro Galilei, Cette façade, à 4 colonnes et 6 pilastres, bâtie en travertin, est d'un effet imposant, mais d'un style théâtral. C'est le triomphe de l'ordre colossal , qui fausse le juste sentiment des proportions. « Toutes ces différentes parties, exécutées à des époques si éloignées les unes des autres, dit Letarouilly, par des artistes de doctrines si diverses, devaient amener bien des discordances, et il y a lieu de s'étonner qu'elles ne soient pas plus marquées. (La partie la plus ancienne se borne à l'abside et au portique qui l'enveloppe.) — Lorsqu'on pénètre à l'intérieur, on est d'abord frappé de la magnificence et de la majesté de la grande nef, mais l'œil plus attentif ne rencontre que bizan*erie dans les détails (des frises et des architraves interrompues, des croisées mesquines et incorrectes, des niches à frontons anguleux, arrondis et déversés) . Quelque répulsion que l'on ait pour ces extravagances, on ne peut cependant s'empêcner de reconnaître que si l'étude des détails eut répondu au gran-

diose de la disposition, Tœuvre de Borromini eut été justement classée parmi les monuments dont Rome peut s'enorgueillir. »

Malgré les altérations successives de l'édifice, M. Didron (Ann. arch., xv, 56) a retrouvé des traces d'architecture ogivale dans Tabside, à l'extérieur des transsepls, dans l'entablement à arcatures aiguës ou trilobées, etc..

Cinq PORTES introduisent, par la façade principale, dans un grand portique. Au-dessus de la porte du milieu est la loggia d'où le pape donne la bénédiction le jour de l'Ascension. A l'extrémité g. de ce portique est l:i statîie colossale de Constantin, trouvée dans ses Thennes.

Cinq portes donnent entrée dans U basilique. La grande porte du milieu a des panneaux en bronze qui proviennent de l'église Sauf Adriano, et l'on croit qu'ils ont appartenu dans l'origine à la basilique iEmilia, au Forum ; elle fut transportée ici par Alexandre VII. — La porte murée (!'* à dr.) est nommée sainte, parce qu'elle ne s'ouvre que l'année du Jubilé.

L'iNTÉhiEUR, qui offre une magnifique perspective, a perdu son caractère de basilique sous la main de Botromini. 11 y a cinq nefs. Cinq arcades, corrospondantà autant de chapelles, s'ouvrent de chaque côté de lu nef du milieu, entre les gros piliers, ornés de pilastres composites, dont Borromini a enveloppé les anciennes colonnes de granit. Ces pilastres supportent un entablement et le beau plafond, à caissons dorés, de Pie IV, que Borromini eut le bon esprit de conserver *. On remarquera le beau pavement (en opus Alexandrinum) de la nef; Didron pense qu'il est du xiii* ou xiv* siècle, exécuté aux frais d'un cardinal Colonna.

On a attribué ce beau plafond à JUtc^/- Ange ; mais il fut exécuté en 1564, Tanuée de »a mort. Accablé sous le poids de l'âge et d«i la SDiiffrance, il pouvait suffire à peiae a la direction des traVjUjx de Saint-l'ierre.

KOMB.

— BOUE, — SAINTWEAN DE LÀTRAN.

Derrière le deuiième pilier à dr. , on conserve sous verre une frcsqun attribuée à Giotto : Boniface Vlli çi-oclamant du haut du balcon de Saint- Jean le Jubilé de 1500. (Dante assistait à la cérémonie.) — Dans les entre-pilastres il y a douze niches, à frontons supportés par des coiomics de vert antique de Tancienne basilique. Elles sont occupées par les statues colossales des apôtres, en marbre (4 met. 68 de haut). — Le prix de chacune s^éleva à près de 27,000 fr., qui équivaudraient à plus du double aujouni'hui. Au-dessus des niches sont des bas-reliefs diaprés VAlgarde, Hagni et Rossi; et, au-dessus de ceux-ci, des médaillons où sont peints les principaux prophètes. Les statues colossales des apôtres sont caractéristiques du style extravagant mis à la mode par Tecole du Bernin. On remarquera celles de saint Matthieu , par Rusconi; de saint Thomas et de saint Barthélemi, par Lfgrot; de saint Pierre et saint Paul, par Monot. — Plusieurs tombeaux, entre autres ceux des papes Sylvestre 11(999) et Sergius lY, sont placés dans les nefs latérales de dr. — Du même côté, deux piliers placés en diagonales sont signalés aux curieux à cause de Técho qui s*y répercute.

— La deuxième chapelle à dr. en entrant est la :

Chapelle Torlonia, toute en marbre blanc et en or. Cette chapelle, achevée en 1850, est un splendide spécimen de la vanité d'un nche particulier. Sur Tautel : Descente de iToix, bel ouvrage du sculpteur Tenelani. — La chapelle suivante, des nncBS Massimi, est de l'architecte Cioc. délia Porta. Le tableau de J.-C.

en croix est du Siciolanie (Sermow/a). — La partie la plus remarfiable de la basilique est la :

Chapelle Cormki (!'* à g., en entrant). — Elle est d'une rare élégance et une des plus magnifiques de Home.

Clément XU la fit ériger à saint André Cuisini, son ancêtre, par AL Galilei,

dont elle est le principal ouvrage.

Sur le maitre-autel, mosaïque représentant le saint, d'après le Guide. — A g. est un tonilM>au de Clément XII : le sarcoph.ige de poi-phyre provient du portique du Panthéon .La statue en bronze du pontife est de Maini^ les figures latérales, de MonaUU. En &ce de ce tombeau est celui d'un cardinal, oncle de Clément Xll. — Dans le caveau de cette chapelle, où l'on descend par un escalier tournant, est une Pietà, bel ouvrage d'And. Montauti^ élève du Bernin. auquel on l'altrilme.

[Le corps du Christ est bien étudié ; les membres bien affaissés. La Vierge est vulgaire et mal posée.]

MaItke-autel. — Quatre colonnes (trois de granit) soutiennent un ciborium gothique, élevé aux iVais communs du pape Urbain Y et du roi de Frimce, Charles V, et que Pie IX a fait réparer. Dans la partie supérieure do CM tal)emacle, dont les pemtures sont de Berna ^ de Sienne (xiv* siècle), on garde dans des reliquaires en forme do bustes en orfèvrerie, les têtes des apôtres Pierre et Paul, que l'on dit avoir été retrouvées en i5t57. On conserve dans le maitre-autel une table en bois sur laquelle on a prétendu que saint Pierre célébrait les saints mystères dans la maison de Pudens, converti par lui, et chez qui, selon la tradition, il logea. — Près de là, au palier inférieur de l'escalier, est le tombeau en bronze de Martin Y, bon ouvrage de Simone, frère de Donatello. — A g. du maitre-autel et dans le transsept de g. (adossé au cloître) est la magnifique :

Chapelle dd S\i\t-Sackinemt, dessinée par P. Olivirri et érigée sous Clément YIII. Le tabernacle, formé de pierres précieuse?, est placé entre deux anges do bi'iize et quatre colonnes de vert antique. Les colonnes cannelées de bronzs qui portent le grand fronto.i proviendraient, selon les uns, du temple de Jérusalem, selon d'autres du te nple de Jupiter

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