ROUTE 29. — ROME. — SAINT-JEAN DE LATRAN
à Athènes, ou du temple de Jupiter Gapitolin, et auraient été fondues par Auguste avec les proues des navires après la victoire d Actium. Au-dessus de l'autel est une Ascension, par le chev. Cetari d'Àrpino. — Entre celte chapelle et l'abside est le chœur d'hiver DES CHANOINES *. On y voit un portrait de Martin Y par Gaeiani.
La voûte de I'abside a une mosaïque, de i29'i, par frk Jacopo da Torrita (V. S*'-Marie-Majeure), moine franciscain, aidé de frà Jacopo da Camerino, moine du même ordre, et terminée par Gaddo Gaddi ; elle a subi de légères altérations. — . Derrière l'abside tourne une petite nef demi-circulaire (Portico Leonino)j autrefois un portique ouvert. Là sont placés plusieurs tombeaux, et, entre autres, ceux des peintres Cesa^^i d*Arpino, A. Sacchiy de l'architecte Al. Galilei. — A g., une porte fermée, devant laquelle brûlent continuellement des lampes, s'ouvre, moyennant rétribution, pour laisser voir une table en bois de cèdre, qu'on dit être celle qui aurait servi à la Cène de J.-C. (M. de Rossi a démontré que cette table a servi d'autel dans les catacombes.) Près de là on voit l'indication des nombreuses reliques appartenant à Saint-Jean de Latran : (la. verge avec laquelle Moïse sépara les eaux de la mer Rouge : l'encensoir d'Aaron ; du sang de J.-C. et l'eau qui coula de son côté ; sa robe ; la toile avec laquelle il essuya les pieds des Apôtres; quelques pains d'orge et deux poissons de la multiplication miraculeuse , etc . ) . —
^ « Les souverains de France font partie de ce corps par droit de naissance, depuis qu'après sa conversion Henri lY fit don à la basilique de la riche abbaye de Clérac, enGas^ cogne. La Révolution ayant foulé ce droit, les Bourbons le revendiquèrent sous la Restauration ; Louis-Philippe le méprisa; INapo- Icon 111 le revendiqua, et il fut remis en pleine possession de cette dignité avec les privilèges adhérents. En échange, il rétablit en faveur de la basilique la rente annuelle
3 ne les rois de France lui payaient. » (De léser.)
Au centre, de cette nef tournante el adossée à Tabside est un petit autel dont les statues de saint Pierre et de saint Paul seraient du x* siècle. — Un petit passage (où sont des inscriptions et un bas-relief curieux) conduit aux deux SACRISTIES des chanoines et des bénéficiaires. La porte en bronze est due à Célestin liï (1196). On voit dans la sacristie le carton original (mais retravaillé) de la madone de la maison d'Albe, de Raphaël^ qui est à Saint- Pétersbourg ; et une Annonciation, dessinée par Michel-Ange et peinte par Marcello Venusti. — Les fresques des transsepts sont de Nogari^ Nebbiay B. Cesari, du Pomerancio (Baptême de Constantin). — On remarquera les colonnes de Numidie, dites de jaune antique, qui soutiennent l'orgue sur la porte latérale. — Du transsept de droite on peut sortir sûr la place Saint-Jean de Latran par le portique bâti par D. Fontana, sous Sixte V ; on y voit une statue en bronze de Henri lY, roi de France, par Nie, Cordieri. — A g. du transsept s'étend un :
Cloître intéressant (xiii* siècle), à colonnes accouplées de formes et de décorations diverses. On y conserve des fragments antiques et diverses reliques consacrées par une pieuse crédulité : des colonnes du temple de Jérusalem, de la maison de Pilate ; la margelle du Puits de la Samaritaine ; une table de marbre, portée par 4 colonnes indiquant la taille du Christ (\ met. 85) ; la pierre sur laquelle les soldats ont joué ses vêtements, etc..
Le BAPTISTÈRE DE CONSTANTIN — OU
San Giovanni in Fonte del Laterano (sur la place de l'ObéUsque et vis-s^vis du palais de Latran), est attribué à Constantin, et a été rebâti par plusieurs papes. Il est octogone et couronné d une coupole, élevée sur deux ordres de colonnes superposées ; les
RODIfi 29. — fiOME. — SAlKTE-MARlJi-JIAJKUR£.
imif colonnes du bas, eh porphyre rouge, portent une architra?e antique :
au-dessus sont huit petites colonnes de marbre blanc ; au milieu, les fonts baptismaux, formés d*un grand bassin de basalte vert avec couvercle en bronze, sont placés dans un enfoncement autrefois rempli d'eau. Les peintures du tambour de la coupole, a une composition harmonieuse et d'un bel effet, sont à' And. Sacchi, celles des murs, de GenUgnani, de Camassei, de C. Maratta (Destruction des idoles). - Le baptistère était précédé, sur la cour intérieure, d'un portique çfui a été noyé dans la maçonnerie et converti en chapelles ; les riches détails qui restent de ce monument antique sont d'un goût irréprochable. — Du baptistère on entre à dr. dans la
CHAPELLE DE SaINT-JeaM-BaPTISTE ; SUT
l'autel est une copie en bronze de la statue en bois du ^^auveur, par Dona idlo. La chapelle de Saint-Jean l'E- Tangéliste (à g.) a, à sa Yoùle, une mosaïque du V* siècle. — Attenant au baptistère est I'ouatoire de saint Vcnance, évéque ; on y voit une mosaïque faite sous Jean IV (659-42) : le (Sbrist bénissant et la Vierge en adoration. Cette ûgure est intéressante comme manifestation du style grec.
SciLÀ Santa — (sur la place au nord de Saint-Jean-de-Latran). — Le Saint- Escalier est formé de vingt-huit marches de marbre blanc, que la tradition de l'Ëglise donne comme ayant appartenu au palais de Pilate à Jérusalem, et que Jésus monta et descendit plusieurs fois. La mère de Constantin les apporta, dit-on, de Jérusalem. Les dévots ne montent cet escalier qu'à genoux ; pour le préserver de l'usure on l'a recouvert de madriers de noyer. On descend ensuite par un des quatre escaliers latéraux. Dom, FoTûana le disposa dans l'état actuel, par ordre de Sixte V. Dans la chapelle (Sancla-Sanctorum) au haut doTcs-
ITALIE DU SUD
cnlier, seule partie subsistante de l'ancien palais de Latran, résidence des papes pendant mille ans, on voit une ancienne peinture grecque, ima^e en grande vénération, représentant J.'G. à l'âge de douze ans; on la dit peinte par saint Luc et achevée parles anges. Elle fut placée par Etienne III (752). Pie IX a fait restaurer le portique de Fonlana et Ta fait décorer de statues par GiacomeUi, — Adossé à ce monument et vis-à-vis do la place de Porta San Giovanni, est le :
TaicuMiUM de Léon lU, grande abside disposée par Ferd, Fuga (1745), qui y a placé une reproduction de la mosaïque de la fin du viu* siècle, provenant du réfectoire que ce pape avait fait bâtir au palais de Latran.
flMBte-Marie-Hajetira.
Une ra<> droite (via Murulana) roDduit de la place de Suiat-Jean-de Litran à celle do Sainte-Marie-Majeure (Plan H, A).
Place. — Colonne corinthienne en marbre blanc, la seule restée entière de celles qui soutenaient la voûte de la basilique de Constantin. (Hauteur, compris la base et le chapiteau, 19 m.) ( F. p. 162). Paul V la lit dresser sur cette place par C. Maderno,
Basilique de Santa Maria Mag- GioRE. — Une des quatre basiliques ayant porte sainte (fermée et ne s'ouvrant qu'au Jubilé) ; nommée Mag- GiOKE, parce qu'elle est la principale et la plus ancienne des églises consacrées à Rome à la Vierge ; dite aussi : Basilique Libérienne, parce qu'elle fut fondée en 352 par le pape Liberius I" (la Vierge lui étant apparue eu songe et lui ayant ordonné de lui élever une église au lieu même où l'on trouverait de la neige fraîchement tombée, bien qu'on fût au mois d'août ; légende reproduite dans les mosaïques de la façade). Elle fut entièrement reconstruite par Sixte tl( (452-40), en 452, sur le plan qu'elle a conservé depuis. Nicolas IV refit et agrandit
RODTE 29. — ROME.
Tabside (xiii* siècle). Benoit XIV fit renouveler Tinlérieur et reconstruire par F. Fu^a la façade principale, percée d'immenses ouvertui'es, écrasée et d'un petit effet, à la place du portique construit au xii* siècle par Eugène III, et qui fut démoli. Fuga conserva cependant les mosaïques de Tancienne façade d'Eujjène III, qui étaient au-dessus de ce portique. La composition supérieure est signée du nom de Philippe Rusuii. On attribue les compositions infériem^es à Gaddo Gaddi, Ces mosaïques sont du xiii' et (lu xiT' siècle. C*est de la loggia consîruite dcTant ces mosaïques que le pape donne sa bénédiction le jour de l'Ascension. — L'édifice présente deux façades : La façade antérieure, décoration incorrecte et à ressauts multipliés, se développe, sans liaison avec eux, entre deux corps d'édifices syniéti'iques, dont celui de dr., comprenant la sacristie, a été construit par Flaminio Ponzio sous Paul V. — Sous le portique, à dr., statue de Philippe IV, roi d'Espagne (les roisd^Ëspagne font partie du chapitre de cette église). — La façade postérieure, du même architecte et de Carlo Rainaldi^ offre une masse solide, des li ,n«îs mouvementées et une disposition pittoresque. C'est de ce côté que s'élève l'obélisque provenant du maucolée d'Auguste (K p. 181), et qu'on Toit, du haut de la rampe, la belle perspective de la rue délie Quattro Fontane. — Les fenêtres de la basilique sont en verre blanc. — Le clocher (le plus éleyé de la ville) est une construction des mieux conservées du moyen âge. Il fut bâti par Grégoire XI, à son retour d'Avignon.
L'intérieur de cette magnifique église est d'un efiet gi^andiose et monumental ; il mesure 85 met. de longueur. 11 est composé de trois nefs, divisées par 56 colonnes ioniques en marbre blanc veiné (on croit qu'elles proviennent du temple de Junon Lucine qui était situé près de là) et 4
SAWTE-MARIE-BIAJEURE.
colonnes de franit soutenant les deux grands ai*cs latéraux de la nef; elles supportent un entablement continu, brisé malheureusement par les arcades ouvertes par Sixte V et Benoit XIY, et destinées à servir d'entrées aux chapelles latérales. — La nef du milieu ])résente de belles lignes droites, une riche et belle ordonnance. Le magnifique plafond à caissons, redorés en 1825, a été dessiné par GiuL da San Gallo. — Le pavement en mai^ bre et mosaïque (xii* siècle) mérite d'éti'e remarqué. — Des mosaïques sur les parois latérales de la grande nef sont du vm' siècle, et, selon quelques auteurs, du v* siècle ; celles du grand arc triomphal, qui précède le maitre-autel, furent exécutées par ordre de Sixte lU (452-440). CeUes de Tabside représentant le couronnement de la Vierge sont de Jacopo da Torrita ^ et celles entre les fenêtres, de Gaddo Gaddi. — En entrant on voit deux tombeaux: à dr., celui de Clémont IX ; la statue du pape est de Gttidi, la Foi, de Fancelliy la Gbai'ité, d'Ere. Ferrata : à g., celui de Nicolas IV, dessiné par Dont. Fontana ; les statues sont de Léonard de Sarzane. — Le MAiiRE-AUTEL est isolé ; il est formé par un grand tombeau de porphyre et couvert d'un riche baldaquin, de Ftuja^ porté par quatre colonnes de poi^hyre d'ordre coriur thien, entourées de pahnes dorées :
en haut les anges de marbre sont de P. Bracci. t- Pie IX a fait renouveler, en 1865, en avant du maîtreautel, la chapelle souteiTaine qui a
' On lit sur celte mosaïque l'inscription suivante : Jacob. 'fonaiTi. Pictor. hoc. opus. MosAic. PEC. Les derniers annotateurs de Vasari (t. I*', p. 289 et seq.^ pensent que c'est Î>ar erreur qu'on dit : da Torrita au lieu de acopo Torriti» ou fils de Torrito. Ils croient de même que c'e!i4 à tort qu'on a confondu le frère franciscain Jacopo, un des mosaîstca du baptistère de Florence, avec Jacopo Torrili, qui exécutait à la lin du zii* siècle les mosaïques bien supérieures do l'abside de S:iinie-Nnrie-Mageure, par ordre du pape Nicolas IV.
ROUTE i9, — HOUE. — 6A1M£-1UKIE-«AJ£URE.
Si!
été richement décorée de marbres et ornée de fresques par Podesli. On y conseiTe le corps ae saint Matthieu, éfangéiiste, et la crèche^ véritable suivant une pieuse croyance, où fut déposé Fenfant Jésus. Les cinq petites planches qui la formaient sont réunies ensemble dans un magnifique reliquaire. — La grande arcade à droite est ouverte en face de la riche et belle:
CSAPELLE DU SaINT-SaCREMENT (oU
del Presepio, de la crèche), commandée à Fontana par le cardmal de Montalte, depuis Sixte V. (Grégoire Xlll, le supposant riche, d*après une telle dépense, lui supprima sa pension, et rentreprisO'fùt restée interrompue si Tartiste lui-même n'avait avancé mille écus romains. Gela fut la source de sa fortune auprès de Sixte Y.) Gette cha-
Êslle serait à elle seule une église.
Ue a sa coupole, ses chaiteiles, sa sacristie, sa confession. A droite, tombeau de ^>ixte Y, orné de quatre colonnes de vert antique provenant du Mausolée d'Adrien ; il fut dessiné par Fontana; statue du pontife par Val" 9oldo, auteur des deux bas-rdiefs latéraux. Les statues latérales sont de FUummo Vacca (S* François) et de P. Olivieri (S' Antoine). Yis-à-vis, tombeau de Pie Y. Son corps est conservé dans un beau sarcophage de vert antique. Sa statue est de Léonard de Sarzane. Au milieu de la chapelle est lautel du S'-Sacrement, décoré d'un tabernacle soutenu par quatre anges de bronze doré, modelés par Riccio.
— Un escalier descend à la chapelle dite DE LA CRECHE, transportée d'une seule pièce et établie sur un sol inférieur par Fontana, Au bas de l'escalier, dans une niche, une statue de &^ Gaétan tenant l'enfant Jésus, que les cuslodi attribuent à Bernin, est de Cecchinô de Pietra Santa. — Près de l'entrée et à dr. de la chapelle est la petite chapelle de Sainte-Lucie, dont l'autel est formé d'un tombeau curieux pour ses sculptures du iv' siècle. —
De l'autre coté, en face, est la petite chapelle de Saint-Jérôme. Le tanleau du saint est attribué à r£spaj/no/e(.
La richesse de la chapelle de Sixle-Ouinl est dépassée par la belle :
GUÂPELLE BORGHÈSB OU PaULIRE, —
du côté opposé, construite sous Paul V, par F/aminio Ponzio (1611). 11 y répéta l'ordonnance générale de la chapelle de Sixte V, mais en variant avec goût les détails. Dans les arcades latérales sont deux tombeaux décorés de colonnes de vert antique, de statues et de bas-reliefs. Gelui de dr., érigé à Clément YIII; bas-reliefs du milieu en haut par Pietro Bernini, Le tombeau de g. est celui de Paul V.
Les neintures des grandes arcades sont du ôuide. Au fond de cette chapelle est un magnifique aulel de la Yiergc, dessiné par Rainaldi, décoré de quatre colonnes de jaspe oriental, cannelées, bases et chapiteaux de bronze doré; la frise du fronton est d'agate, ainsi que les piédestaux des colonnes ; l'image de la Yierge , attribuée à saint Luc, est entourée de pierres pré-% cieuses et soutenue par quatre anges de bronze doré. Les fresques de l'arcade et des pendentifs de la coupole sont du chevalier d'Arpino ; celles de la coupole sont de L. Ùigoli*. Dans la crypte : sépultures de la famille liorghèse. — A dr., au fond de la chapelle, s'ouvre un vestibule communiquant avec la sacristie particulière de cette chapelle. — Dans la 1" chapelle à dr., ouvrant dans la nef latérale, est le BAPTISTÈRE séparé du vestibule par deux colonnes de granit oriental. Peintures des voûtes par Passignani. Grand bas-relief de l'autel, par le Bernin , représentant l'Assomption de la Yierge. On lui attribue aussi le buste en marbre de couleur d'un ambassadeur du roi de Congo. Celle chapelle est l'œuvre de Léon XII ; elle communique avec la sacristie.
* Une ioscription au-dessous de la coupole porte ces mots : Mari£ Curisti UkiKif
SËMPKtt YlKClM PaULC: QtlMUS V, U^
1I0UI£ 29. — ROME. — fiÀlKT-PAUL.
Uns aTenue droite mène de oelte basilique à celle de :
Santa Groge in Gbrusalemmiî. — (Plan J, 5.) Cette 4* basilique de Rome a été érigée par sainte Hélène, mère de Constantin, sur les jardins d'Héliogabale. Elle y déposa une partie de la sainte croix, trouvée par elle à Jérusalem. Cette église a perdu 1 empreinte de son antiquité; elle fut rebâtie en 1144 et refaite à neuf sous Benoit XIY (1743). Elle est précédée d'un vestibule ovale. Ses 5 nefs sont divisées par des piliers massifs, entre lesquels sont disposées 8 colonnes de granit architravées. Maitre-autel isolé décoré de 4 colonnes de brèche (corallina) portant un baldaquin; au-dessous est une urne antique de basalte, ornée de 4 têtes de lion, renfermant des corps de martyrs. A la voûte de Tabside sont des fresques repeintes, attribuées au Pinturicchio (?), la seule chose d'art un peu intéressante de cette église. Ce qui mérite une excursion dans cette partie lointaine de Rome, c'est la vue pittoresque des vieux murs, du temple de Vénus, des montagnes à Thorizon et, dans une autre direction, de la longue allée gazonnée et déserte qui mène à Saint-Jean de Latran. — Derrière Tabside, chapelle souterraine de Sainte-Hélène (les femmes n'y peuvent entrer qu'une fois par an, le 20 mars) ; mosaïques attribuées à Balt.
Peruzzi (?). La statue de la sainte sur l'autel raopelle, par son attitude, la Junon Baroerini de la salle Ronde (Vatican). Les tableaux de Rubens ont été vendus par les moines. Es vendent aux voyageurs des clous faits à l'imitation du Clou de la Sainte Croix qu'ils prétendent posséder. Parmi leurs autres reliques, on cite : une bouteille du sang de J.-C.; la planchette avec la fameuse inscription en hébreu, en grec et en latin, clouée au haut de la croix (V. p. 216}. Les grandes reliques sont exposées le vendredi saint et le 3 mai.
Pour compléter la dettcription des bastlique;* romaines, nous réunirons ici plusieur» basiliques situées hors de Rome.
Basiliqub de S^-Paul hors les murs {S. Paolo fi^oH délie nwra). — (A près de 2 kil. hors de la porte San Paolo, sur la route d'Ostie et près du Tibre. — Onmibus partant toutes les demiheures de l'après-midi du palais de Venise, 30 c.) Une première basilique, fondée par Constantin dans un ancien cimetière où avait été enterré saint Paul, fut reconstruite, sur un plan beaucoup plus vaste, en 386, par les empereurs Valentinien II, Théodose, Arcadius, et terminée par Uonorius (I 423). Plusieurs papes la restaurèrent et l'ornèrent. 11 y avait en avant de la basilique un a'trium entouré de portiques à colonnes, qui, à moitié ruiné, existait encore au milieu du xvu' siècle. On doit le réédifier.
L'affluenee de la foule avait fait établir un autre portique qui se prolongeait jusqu'à la porte San Paolo^ et dont il restait des traces au x* siècle. Cette basilique, une des merveilles de l'art chrétien, conservant le caractère antique de ce genre d'édifices, a été détruite en 1825, dans la nuit du 15 au 16 juillet, par un incendie, causé par l'mcurie des plombiers. C'était pendant les derniers jours de Pie VII, à qui on cacha ce désastreux accident. La longueur de la basilique était de 140 met. 65.
La grande nef avait 26 mètres 63 de largeur et 34 met. 43 de hauteur.
Léon XII invita le monde catholique à contribuer à sa réédification ; les dons aftluèrent. Suivant l'opinion émise par l'académie romaine de Saint-Luc et le désir des savants, la reconstruction devait avoir lieu dans les mêmes proportions et dans la même forme. « Cependant, dans l'exécution, on dérogea en partie à ces prescriptions afin de rendre le nouveau temple plus somptueux et plus surprenant que l'anciep. » Peut-être y a-t-il lieu de regretter, avec Valéry, celte énorme
— aOME. — SAlNT-PàUL.
dépense fiai te au milieu d*an désert* qu'il faut fuir tous les étés à cause de la mararia. Léon XI( entreprit la reconstruction de la basilique; Tarchitecte Poletti dirigea les travaux.
L'église nouvelle fut ouverte par Pie IX en 1H54. Le portail principal n'est pas achevé. — On entre par une porte latérale sur la gauche, derrière le campanile. Dans la salle où Ton pénètre est une statue colossale de Grégoire XYI et des Iragments de mosaïques sauvés de rincendie. A gauche est la sacristie. En face, avant d'entrer dans la salle du baptistère, on trouve à gauche une porte par laquelle on peut aller dans le cloitre; et, à dr., on entre dans la partie ahsidiale de la basilique. Pour bien contempler son vaisseau, il faut se reporter, à Tautre extrémité, au commencement de la nef. — L'immense vaisseau de la basilique est divisé en 5 nefs par quatre rangs de colonnes corinthiennes (80 colonnes}, eo granit de Baveno, bases et chapiteaux de marbre blanc, constituant la plus splendide ordonnance. — [Cette nef, qui af^arait tout entière à travers la forêt de colonnes qui soutiennent le plafond, est d'un ^rand effet, mais toute cette magnificence improvisée étonne plus qu'elle n'émeut. Les détails perdent à être examinés attentivement.] — Le plafond est à caissons, riche d ornements dorés sur un fond d'argent. — Les fenêtres cintrées des bas col es ont des vitraux de couleur représentant des figures de saints. — Sur les murs de la nef, entre les fenêtres du haut, des peintures à fresque ont été exécutées par des artistes modernes. — Deux colonnes immenses (provenant de Montorfano, près de Baveno) supportent le grand arc triomphal de Placidie, sœur d'ilonorius, qui sépare la nef du transsept et dont les mosaïques sont des restaurations de celles du v* siècle. — Au-dessous est le MAÎTRË-AUTEL, dont l'ancien ciborium, par Amolfo di CambiOy a été conservé ; il est couvert d'un lourd et
Îi5
riche baldaquin soutenu par 4 colon* nés d'albâtre oriental, d un poli td* mirable, présent de Mehemet-AU, pacha d'Egvpte ; les bases sont en malachite, don de l'empereur de Russie, Nicolas !•'. On j conserve la moitié des corps de samt Paul et de saint Pierre. L'autre moitié est à S^-Pierre du Vatican. Les têtes sont à Saint* Jean de Latran. — A côté du maitreautel se dresse le magnifique cierge pascal, orné de sculptures, conservé de l'ancienne basilique. — Au-dessous de fresques modernes, relatives à S*-Paul, une suite de médaillons contenant les portraits de 258 papes, exécutés en mosaïque à la manufacture pontificale, court au-dessus de l'entablement autour des cinq nefs.
Quelques-unes de ces mosaïques ont été sauvées de l'incendie. — Les mosaïques de l'abside (xni* • siècle) ont été considérablement restaurées.
Au fond est le siège pontifical, surmonté d'une fade peinture de Comuccini : Apothéose de saint Paul. — Le TRANSSEFT ost décoré avec un luxe peu en rapport avec le style sévère des nasiliques ; aux deux extrémités, autels en malachite, présent de l'empereur de Russie ; à la chapelle du nord. Corversion de saint Paul, par CamwcinL — Quatre chapelles s'ouvrent dans le transsept, à dr. et à g. de l'abside. — On demandera au custode de l'église à voir les fameuses portes de bronze du xi* siècle, commandées par Grégoire Vil, et qui, endommagées par rincendie, ont été retrouvées tout récemment. — Le nouveau clocher, élevé à côté de l'église et surmonté d'une rotonde à colonnes, donne plutôt l'idée d'un phare que de la tour d'une église. On a une très-belle vue du haut. — Conligu à la basilique, un beaucLoiiRE, de 1220, charmant spécimen de l'architecture monastique du xin* siècle. Les colonnettes sont de formes très-variées, quelques-unes sont couvertes de mosaïques; les arcs sont cintrés. Ce cloître contient
des fragments et des inscriptions antiques*
Remontant, un peu au-dessus de la basi- Hque de Saint-Paul, la via Ostiense, on trouve bieniôt à g. la via Ardeatina qui s'en détache {V. le Plan de la Campagne de Rome) et on ne tarde pas à arriver a l'endroit, d'aspect mélancolique, nommé les Trots-Fontaines; oTi aperçoit sur la gauche les églises suivantes :
1* San Paolo allé Tre-Fontane, bâtie en 1590 par Giac. délia Porta, sur le lieu où saint Paul reçut le martyre. Selon la légende, sa tête en tombant fit trois bonds, et trois sources jaillirent de terre. Ces fontaines sont renfermées dans l'intérieur de l'église. Le pavement est une mosaïque provenant d'Ostie. Crucifiement de S* Pierre, copié de celui de Guide au Vatican-.
2* Santa Maria Scala Cœli. — Rebâtie en 4582, sur les dessins de Vignole, teiminée par Giac, délia Porta, simple chapelle de forme octogone et couronnée d'un dôme. A l'abside, belle mosaïque du xvi» siècle par le Florentin Zucca, sur le carton de de' Yecchi.
3* San Vincenzo ed Anastasio. — Fondée en 625, restaurée en 1221.
De style mélangé, roman, gothique, à trois nefs. Sur les pilastres sont peints à fresque les apôtres, exécutés, diton, sur les cartons de Raphaël.
Basilique de Saint-Laurent hors les MiTis (San Lorenzo fuori délie mura) .
— (Environ 1 kil. hors de la porte San Lorenzo, sur la route de Tivoli, à droite.) — En 1862-1865, la basilique de Saint-Laurent fut démolie en partie pour de grands travaux de restauration qui durèrent jusqu'en 1870.
Elle fut d abord construite par Constantin, ou plutôt par Galla Placidia, au V siècle, et implantée dans les catacombes autour du tombeau de saint Laurent. Pelage H la rebâtit en
578. L'orientation en fut changée au xiu* siècle par le pape Honorfus III (1216-1227) qui ajouta la grande nef.
C'est ce- qui explique la disposition, unique dans les églises de Rome, d'un chœur se terminant, sans abside, sur un plan carré, et la position inaccoutumée des mosaïques du grand arc (vi' siècle), ne faisant pas face à l'entrée actuelle ; l'autre côté a été couvert de fresques par FracassinL — C'est derrière le chœur qu'était l'entrée primitive, s'ouvrant dans un narthex encore conservé. — Honorius fit aussi bâtir le portique actuel, dont les fresques du xiii* s., relatives aux légendes de saint Hippolyte et de saint Laurent, ont été restaurées. Le portique est soutenu par 6 colonnes de diamètres différents, au-dessus desquelles s'étend une architrave en mosaïque.
On y a placé quatre tombeaux, dont un, antique, orné de bas-reliefs, représente des génies qui vendangent.
La basilique subit depuis Hcnorius quelques restaurations qui n'en altérèrent plus le caractère. Pie IX Vu isolée de la colline. — L'iwréRîEUiî est à 3 nefs, divisées par 22 colonnes ioniques de granit et de cipolin*. Au côté dr. de la porte principale, un sarcophage antique avec bas-relief représentant un mariage romain, sert de tombeau au cardinal Fieschi, neveu d'Innocent IV. — Dans la nef du milieu sont deux ambons de marbre (on remarquera, à dr., Félégant ambon des évangiles) et une colonne pour le cierge pascal. — Le chœur, exhaussé par Honorius lll au-dessus de la nef, a un pavé en mosaïque à dessin géométrique (opus Alexandrinum), situé à peu près à moitié hauteur des 12 co-
* Dans la volute de la huitième colonne, à dr., on remarque une grenouille et un lé zard, en grec, batrachos et sauras^ rappelant les noms des deux artistes lacédémoniens cités par Pline, qui, après avoir élevé les temples du portique d'Octavie, ne purent obtenir d'y inscrire leurs noms, et sculptèrent ces figures d'animaux sur les spirm des colonnes.Pline a-t-il donné au molspira le sens de volute?
ROUTB
— ROME. — 8AIMTE-A6MÂS.
lonnes antiques qui le bordent à dr.
et à g. Ces colonnes cannelées, de marbre Yiolel, posent à une grande profondeur sur le pavé de l'ancienne église de Pelage II (578). Elles ont été dégagées récemment par des fouilles. Les chapiteaux sont corinthiens ; deux sont composites. Elles sont richementarchitraYées avec divers fragments d'entablements antiques, qui se raccordent inégalement. Elles portent un second rang de colonnes diverses, supportant elles-mêmes les arcades
Slein cintre des galeries qui étaient estinées aux femmes. — En avant du chœur un escalier descend à la Confession où Pelage plaça le corps de saint Laurent. — Au fond du chœur est un ancien siège épiscopal. — On remarquera sur le grand arc, outre la mosaïque du Ti* siècle (restaurée J, des fenêtres anciennes garnies de plaques de marbre, percées de petits disques vitrés (certaines églises d'Athènes offrent aussi des échantillons de ce mode de vitrage). Les murs de la nef audessus de l'entablement sont couverts de peintures modernes, par Fracas- «m, représentant les actes de saint Etienne et de saint Laurent [compositions qui ne sont pas sans mérite, mais dont l'effet n'est pas en harmonie avec le caractère archaïque de la basilique]. Le plafond en bois et les poutres transversales sont décorés de peintures. Les travaux de décoration ayant été interrompus , les murs et le plafond du cnœur sont restés nus. — Dans la nef, à g., près du chœur, im escalier descend à une chapelle souterraine et à la porte des catacombes, appelées, le cimetière de ^inte-Ctjriaque (riche matrone chrétienne, qui donna un domaine qu'elle avait sur la route de Tibur pour y ensevelir saint Laurent et les chrétiens) ; on n'y entre pas. — De l'autre côté du cbœur est un cloitre du xi* s. où on a placé sur les murs de nombreuses inscriptions anciennes. (Il faut demander à le visiter.)
Sur la place est une colonne surmontée de la statue de saint Laurent.
Près de là est le nouveau ctiiKTiÊBc public, agrandi par Pie H, sous la d'rertion de l'architecte Vespignani^et précéda d'une entrée monumentale à trou portes cintrées Termées de grilles.
Basilique de SAnrr-SéBASTiEN hors LFS MURS ( V. Excursions aux environs OE RoiiB, hors de la porte San Sebas-
TIAMO).
BaSIUQUE de SAlNTE-ÂGNis HORS LES
MURS (Santa Agnese fuori délie mura).
— (Sur la voie Nomentane, kg. et à une demi-heure de la porte Pia. — On suit une route resserrée entre les murs des villas.) Le dehors de l'église est peu remarquable. (Dans une cour carrée précédant l'église, on voit à travers un vitrage une peinture à fresque représentant Pie IX échappant, en 1854, au danger, lors de l'écrou»
lementd'im plancner). Cette église fut construite, en 524, par Constantin, à la prière de sa fille Constance, au fond (l'un étage de catacombes, à l'endroit où avait été déposé le con»^ de la sainte, martyrisée sous Dioclétien.
Elle fut rebâtie par Honorius I", modifiée en 1490, et plusieurs fois restaurée. A partir de 1854, Pie IX la fil entièrement restaurer dans son caractère primitif. L'éçlise étant sur l'ancien niveau du sol, on y descend par un escalier de 45 marches (des inscriptions curieuses sont placées sur les murs). De la voie Nomentane on arrive de plain-pied à la galerie supérieure (gynécée). L'intérieur, que Pie IX a fait richement décorer, est divisé en 5 nefs; il offre le modèle qui se rapproche le plus des basiliques civiles des Romains. A l'entrée est un esonarthex ou vestibule intérieur, comme il y en a un à Sainte- Sophie de Constantinople. Le baldaqum du maitre-autel est porté par 4 colonnes de porphyre. Au-dessous de l'autel est le corps de sainte Agnès.
La statue de la sainte est formée du torse d'une statue antique en albàt» v
ROUTE 20. — r.OME. — ÉGLISES.
«jrienlal. Les additions en bronze doré sont modernes. — La mosaïque de la tribune date du pape Honorius 1" (626-628). qui réédifia l'église. (Le costume oriental de la sainte est celui dune impératrice.) Dans la 1" chapelle, à dr., têle du Sauveur faussement attribuée à Michel-Ange. On remarquera aussi un beau candélabre antique en marbre blanc. — .11 y a une entrée des Catacombes à peu de distance. Le cimetière remonte aux premiers temps du Christianisme à Kome.
Le custode de la basilique de Sainte-Agnès a les clefs de l'église suivante , située à peu de distance :
Sainte-Constance. — Constantin fit élever cet édifice de forme ronde pour y baptiser les deux Constance , sa sœur et sa fille. 24 colonnes accouplées, de granit, supportent la cou- Sole. Par la suite, ce baptislère servit e tombeau à la famille de Constantin. On y voyait l'énorme sarcophage en porphyre rouge de sainte Constance, que Pie VI fit transporter au Vatican et placer en face de celui tout pareil de sainte Hélène. En 1256, Alexandre IV convertit ce lieu en une église dédiée à sainte Constance. — (Les décorations en mosaïque, du IV* siècle, représentant des gônics cueillant des raisins, ont fait supposer à tort à des antiquaires que ce monument était un temple dédié à Bacchus. Les exemples ne ces décorations empruntées au paganisme sont fréquents dans les églises primitives. — il y a dans l'aspect intérieur de cette église un caractère particulier qui s'éloigne de l'antique. Elle est comme un de< premiers points de départ de Tarchitecture transplantée par Constantin de Byzance à Rome.
Églises.
On compte à Rome 3c$9 églises. Nous allons stgnolor les plus remarquables et celles qui peuvent offrir quelque intérêt
au voyageur. J^a description qui suit eoibrassc 75 églises, sans compter les basi^ liqiics. — a Presque toutes les église?, peuvent être divisées en deux groupes prmcipaux : les basiliques antiques et le.< ej,'lises modernes. Les édifices du xn* au XV* siècle semblent faire défaut. La plupart des églises modernes sont dans le style qu'on a appelé en Fiance le style ji'suitc. » — Parlicnlièrcment préociu^^é du côté arlistique de cette des^ci iptioii, nous nous sommes moins arrêté à ia partie légendaire, qui, à elle seule, exigerait de longs développements. Le trésor des reliques accumulées à Rome est inépuisable : il semble pue rien n'ait élé perdu, ou que tout ait été retrouvé. On conserve la baguette de Moïse ià Saint-Joan de Latran) ; la crèche de .-C. (à Sainte-Marie -Majeure); on a quelques brins de paille et des langes ; on !i un portrait de J.-C. à 12 ans ; un autre donné à saint Pudent par saint Pierre ; des portraits de la Viersçe, pcr saint Luc. à en faire une galerie ; on a la margelle du puits oii J.-G. s*assit quand il demanda à boire à la Samaritaine (à Saint-Jean de Latran) ; la table sur laquelle il fit la cène avec ses disciples (ibidem); la colonne à lacjuclle il tut attaché pour être flairello (a Santa Praiisede) ; la pierre sur laquelle les soldats jouèrent ses vêtements (à Saiot-Je;^n de Latran). À la basilique de Saint- l'icrrc on conserve le sudarium ou saint suaire, linge oii est empreinte la face du Ciirist. 11 est placé au-dessus de la slnlue de sainte Véronique, sans donte à cause de l'HlIinité des noms : Véronique et vera iconica, vraie image (on trouve iconica pour icon dans Grégoire de Tours) ; la lance avec laquelle le Christ fut frappé au côte [au-dessus de la statue (le saint Longin). Elle fut envoyée nu pape par le sultan Bajazet, qui espérait, en relonr, être délivré de son frère Zizint (Rio, II, 105) ; enfin on conserve à Té- «rlise de Santa Crpce in Gerusalomme une bouteille du san^ de J.-C; la planche en bois portant la fameuse inscription : Jbscs NAZAREtus REX JuDEORUM ; un des 30 deniers d'argent di- Judas ; les osselets du doigt de fîaint Thomas, emblômc du doute, offert à son u>iir a une cn'dulité qui d'ailleurs n'intéresse pas la loi.
Les églises de Rome sont généralement fermées de midi à deux heures; les basiii-