‹ Italie; itinéraire descriptifChapitre 141 sur 422 · ROUTE 39. — ROUE, — ÉGLISES · texte numérisé non relu

ROUTE 39. — ROUE, — ÉGLISES

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Gozzoli]. A dr., tombeau de la princesse Lante, par Tenerani; kg., tombeau d^Urbam Yll, par Buanvicino.

— Chapelle suiTante (Aldobrandini) :

Cène, ae Baroccio [peinture noire et médiocre] . — 5" chapelle, tombeaux du père et de la mère de Clément VIII.

— Transsept de dr., chapelle de S'- Thomas d*Aquin, fresques de Filippim lÀppi : tableau d*autel représentant la Vierçe, S* Thomas d'Aquin et le cardinal Oliv. Garaffa ; à droite de Tautel, Dispute de S* Thomas. A la Toûte, Sibylles et Anges, par Raffaellino deî darbo ; ces diverses peintures ont été endommagées par les restaurations, A ^., tombeau de Paul lY, de la famille Caraffa, dessiné par Pirro Ligorio, — Chap. Altieii (2» à dr. du chœur) :

sur Tautel, tableau de C. Maratta :

S» Pierre présentant des Saints à la Vierge ; à la lunette, fresques [nulles] du Baciccio. — Enti'e cette chapelle et la suivante, tombeau gothique de Guill.

Durand, évéque de Mende (auteur du Bationale divinorum Officiorum), remarquable par ses mosaïques et ses sculptures, par Giov. Cosimati. — Chap. du Rosaire (1'* àdr. du chœur) : peintures de la voûte [en petits com^ partiments, peu visibles], par MaruUo Venustt ; peintures murales, relatives à S** Catherine de Sienne, par Giov. dé' Vecchi: sur l'autel : Madone attribuée à tort à frà Angelico.

— Haitre-autel moderne. Sous Tautel sont les restes de S** Catherine de Sienne. — Fenêtres à verrières de couleurs, modernes. — Derrière le maître-autel : tombeaux de Léon X et de Clément YII, uar Baccio Bandi-nelli; les statues ae ces papes soatde

Raf. da Montelupo et de NannidiBac^ cio Biqio. — Près de Léon X, pierre tombale du cardinal Bembo, consacrée

{)ar son fils naturel, qu'il avait eu de a Morosina. — Dans un corridor à g.

du chœur (conduisant à une porte et faisant pendant à la chapelle du Rosaire située à droite) : tombeaux du cardinal Alessandrino, par Giac. délia Porta; du cardinal Pimentel, par le Bemin; du cardinal Bonelli, par C.

Rainaldi, On s'y arrêtera particulièrement devant le tombeau d'un humble moine qui fut un grand artiste, de frà Angelico. Il est représenté revêtu de son costume de dominicain, la tête posée sur un coussin ; les mains croisées sur la poitrine. L'inscription porte : Hic Jacet Yen. Pictor Fr. Io.

DE Flor. Ord. p. (ordinis Prœdicatorum). MCCCLV. Voici les deux pre* miers vers de son épitaphe attribuée à Nicolas Y :

Non mihi sit laudi quod 6ram velut aller

(Apellfîs

Sed quod lucra tuis omnia, Cbritte, dabaœ.

— Sacristie : sur l'autel. Christ en croix et saints, ipsiv Andréa Sacchi, — « Derrière cet autel est une chapelle ornée de peintures du Pérugin dégradées et d'ailleurs invisibles à cause de l'obscurité du lieu, et formée des parois de la chambre où mourut S^* Catherine de Sienne. » — En rentrant dans Téglise, on voit, dans la chapelle de S*-Dominique (!'• à droite., dans le transsept), le tombeau de Benoit XUI, les statues par Bracci. Sur le dernier pilier, tombeau de l'anti^aire Fabretti, sculpté par Ruscont; dans la 3' chapelle, à g. de la porte d'entrée, une petite statue de S* Sébastien, par Mino da Fiesole; du mêmej près de l'entrée, le tombeau de Tomabuoni, marchand florentin, parent des Médicis ; et au-dessus celui du cardinal Tebaldi, par And. Yerrocchio (?). — Le COUVENT attaché k cettp é^hse est le siéçe principal des donânicaiiis et la résidence du général de Tordre. (C'est

ROUTR 29.

ROME. — ÂGLI8E8.

dans une des salles de ce couvent, qa'k la honte éternelle de l'ignorance et de la superstition du tribunal ecclésiastique qui le condamnait, Fillustre Galilée, septuagénaire, était obligé de se rétracter à genoux, et de déclarer contre sa conTiction que la terre ne tournait pas autour du soleil.) C'est là aussi au'est la célèbre

BIBLIOTHÈQUE DE LÀ MINERVE. (F. pluS

loin : Bibliothèques.)

Santâ Maria dei Miragou — etSAMTA Maria di Monte Santo — (PI. 39 et 40, E, 1), deux églises sur la place du Peuple, à dr. et à g. de l'entrée du Corso. La 1" par Rainaldi et C. Fontana. La 2* par Rainaldi et Bernini.

Un tableau de C. Maraita : S* François et S* Jacques devant la Vierge.

Santa Maria dell' Orto — (Traste- ▼ere. — PI. 41 D, 6). Église ainsi nommée d'une image de la Vierge, ceinte sur le mur d'un^arrfin. Construite en 1512, par Jules Romain; façade de Martino Lunghi. — Intérieur richement décoré. l"chap. à dr., Annonciation, fresque de Taddeo Zucchero; les peintures de la chap. suivante sont de son frère Fedetigo. Transsept, peinture, par Nicole aa Pesaro. Sur le maitre-autel, l'image miraculeuse de la Vierge, qui était sur le mur du jardin.

a Cette église appartient à phtsieurs corporations ; chacune a sa tombe devant sa propre chapelle, et sur le couvercle sont gravées ses armes particulières : un coq sur la tombe des marchands de volailles, une pantoufle sur celle des savetiers, des artichauts sur celle des jardiniers, » etc. (Uobello.)

Santa Maria deïxa Page, — S**- Marie de la Paix (au N.-O. de la place Navone. — PI. 42 D, 3. — Il y a une entrée par le cloitre, qui fut dessiné par Bramante). Construite en 1478, sur le dessin de Baccio Pinlelli, par Sixte IV, en actions de grâces pour la paix entre les princes chrétiens. La façade théâtrale, avec son portique

semi-circulaire, est de Piètre de CoT" tone, — Eglise à une seule nef; coupole octogone. — Auniessus de la 1'* chap. , à dr., que le banquier Agostino Chigi ( V. Pauis de la Farnésine) fit décorer à ses frais, on admire la célèbre fresque de Raphaël : les Sibylles. Elles ne furent pas exécutées avant 1514. Cette fresque, un peu éraillée par partie, est couverte aun rideau qu'il faut faire tirer.

[On a dit que dans ce bel ouvrage Raphaël parait avoir voulu se mesurer, dans un sujet semblable, avec Michel-Ange.

Cependant ici il ne cherche pas, comme dans son Isaïe, de l'église S*-Augustin, à imiter le peintre de lu chapelle Sixtine. Il semble plutôt avoir en vue d'établir, par la grâce, la beauté de ses figures, la différence de son goût d'avec celui de son rival, qui virilise lessienneset leur donne cette charpente grandiose, inconnue avant lui, et dont il n a laissé le secret à aucun de ses nombreux imitateurs. La seule figure qui pourrait peut-être se prêter à ce rapprochement serait la figure de dr.» la vieille sibylle Tiburtine.] — Passavant signale une autre erreur accréditée ( V. p. 78), savoir, que Raphaël ait imit**. les sibylles de Téglise d'Assise, attribuées fau^sement à Vlngegno et qui sont d*i4done Boni, contemporain de Vasari. — Raphaël fut aidé dans ses travaux par Timoteo délia Vite, qui peignit les Prophètes sur ses dessins. Les fresques de Raphaël, déjà restaurées de 1656 à 1661 , l'ont encore été de nos jours par Palmaroli. — Les peintures sur l'entablement sont du Rosso.

La chapelle suivante, h g., a été dessinée par Michel-Ange; les arabesques en marbre qui en décorent l'extérieur sont de Sim. Mosca. Les statues de S* Pierre et S* Paul, et les tombeaux, sont du sculpteur Vincenzo de* Rossi, de Fiesole. — Les tableaux au-dessous de la Coupole sont : Visitation, par C. Maraita; Présentation au temple, une des meilleures peintures du célèbre architecte Baltnazar Peruzzi [œuvre importante, mais mal conçue : on voit une place publique, des cavaliers, etc... ; ce que l'on peut

RODlif 29. — ROME* — EGLISES.

k Mme discerner dans cette peinture eittoinée, c'est la petite Vierge] ; NaliTité de la Vierge, parFr. Vanni; Mort de la Vierge, de Morandi. — La voûte et les lunettes au-dessus du maîtreautel sont peintes ^2o^YAlbane, dans sa jeunesse ; TAdoration des mages, par l^iutignani. — 1'* chap. à g., en entrant, fircsque estimée de B. Peruzzi :

la V., S»- Brigitte, S** Catherine et le fcMidateur de la chapelle. Dans la même chapelle, tombeau élégant de deux i'^unes filles mortes le même jour de la peste, en 1505 ; Letarouilly le croit de Bramante.

Sauta Maria delPopolo — S*'-Marie du Peuple (b. côté de la porte du Peuple. — PI. E, 1). Cette église est, par ses peintures et surtout par ses sculptures et ses ciselures des xv» et xvi' siècles, une des plus intéressantes de Rome. Selon la tradition, une chapelle fiit d'abord construite, en 1099, pour purger cet endroit des démons établis autour du tombeau de Néron ; elle lut remj^acée, en 1227, par une église bâtie à l'aide d'aumônes offertes par le peuple romain ; de là son nom. — Sixte IV la fit rebâtir par Baccio Pintellij vers 1475. Elle a été modernisée par le Bemin. — Elle fut embellie par Jules If, par Aug. Chigi, etc. — r* chap. à dr. : Nativité de J.-C, œuvre très-estimée du Piniuricchio.

Les peintures des cinq lunettes, égalanent de lui, sont altérées. Tombeau du cardinal Cristoforo délia Rovere fbdle production du xv* siècle) et de tiov. ai Castro. — 2' chap., richement décorée, due à l'arcnitecte C. Fonlana : sur l'autel , Conception , peinte à l'huile sur mur par Carlo maraila. — 5* chap. : on y reconnaît rarchilecture de Baccio Pintelli. Fresoues du Piniuricchio, restaurées par Lamuccini; à g., iigure en bronze d'un évèque, couchée sur un tombeau Id'unde^in élégant] ; à dr., tombeau de Je«i de la Rovère, neveu de Sixte IV. — Au-dessus, le Christ montant, entre deux anges [compor.0 avec senti-

ment]. — 4" chap. : bas-relief (S»' Catherine entre S* Antoine de Padoue et S* Vincent, martjr), bel ouvrage de sculpture du xv* siècle. Deux tombeaux remarquables. — Au maîtreautel, une de ces images vénérées de la Vierge, attribuées à S* Luc. (Le pape venait s'y prosterner le 8 septembre et dire la messe.) — Cbœur : aerrière le maître-autel, fresques de la voûte, par le Pinturicchio. Fenêtres à vitraux de couleurs, par Claude et Guillaume Marsillac (et non de Marseille, comme l'ont écrit tant de critiques). C'étaient des dominicains de Limoges, que Léon X avait appelés pour pemdre les veiTières, art où la France était sans rivale au moyen âge (Fr. Wey), et genre de décoration presque inconnu à Rome. Tombeaux des cardinaux Ascanio Sforza et Uieronimo fiasse, par Andréa Contucdda San Savino, regardés comme les meilleiu's modèles d'ornements modernes que possède Rome, tant pour la pureté du dessin que pour le fini de l'exécution. — Chapelle à g. du chœur, sur l'autel :

Assomption [presque invisible], à'Annihal Carrache; à dr. et à g., Crucifiement de S* Pien'e et Conversion de S* Paul, de Michel- An^e de Caravage. — Chapelle Chigi, sunmontée d'une coupole (la 2* à g., en entrant], une des plus intéressantes ; le dessm en est attribué à Raphaël. (La galerie, de Florence conserve un dessin de sa main avec des notes manuscrites relatives à la construction de cette chapelle. Malgré ce document positif, la composition et les détails en sont si habiles, que Letarouilly, y retrouvant des traces visibles d'études plus sérieuses et plus profondes que celles qu'on pourrait supposer dans Raphaël, pense que probablement Baldassare Peruzzi, compatriote du riche banquier Chigi et ayant toute sa confiance, fiit appelé à travailler ici de concert avec Raphaël, comme à la Famésine.

Du resto, Raphaël ne put terminer cette chapelle, étant mort, en 1520,

ROUTE 29. — ROME. — éGUSES*

un peu avant Ghig^, qui, en 1519, avait pris dans son testament des dispositions pour la faire achever.) Cette chapelle présente un singulier mélange païen et sacré dans les mosaï- Saes ae la coupole : Jupiter, Diane, ercui'e... figurant les planètes, autour de Jéhovah! [Le paganisme y triomphe, non-seulement par la mythologie, mais par des nudités plus grecques que chrétiennes.] Rapnaël en fit, dit-on, les dessins. Enfin, on croit qu'il fit le modèle de la statue de Jonas, exécutée sous ses yeux et dans sa maison par Lorenzo LottOy ou plutôt, comme le dit Vasari, par LorenzettOj Florentin. Quelques-uns pensent même qu'il y mit la main. [La tête du Jonas semble être une réminiscence de celle de l'Antinous, un des plus déplorables souvenirs de l'antiquité qui aient pu trouver place dans une église.] La statue d'Elie, par le même sculpteur, aurait aussi été dessinée par Raphaël, qui se montra, dans la chapelle Chigi, à la fois peintre, sculpteur et architecte. L'infériorité de cette seconde statue semble démontrer qu'une fois Raphaël mort, Lorenzetto ne fut pas capable d'arriver à la peifection qu'on trouve dans la première. Le devant d'autel a un beau tas-relief en bronze de Loren;50 Lotto.

Sur l'autel. Nativité de la V., peinture [toute noire] commencée par Sébastien del PiombOy terminée par Fr.

Salviati. Les autres peintures sont de Saîviati, Les statues de Daniel et d'Habacuc sont du Berniriy de même que les tombeaux d'Agostino et Sigismondo Chigi . — On remarquera encore plusieurs tombeaux, entre autres celui du cardinal Pallavicini, dans la 1'* chapelle à g., et quelques ouvrages de sculpture dans la sacristie : trois tombeaux, œuvres admirables du XV* s. Celui de Guill. Rocca, archevêque de* Palerme, peut être attribué à Bened. da Majano. Dans le vestibule qui précède la sacristie on remarquera daus uq ewoto trois fi^

gures de 1597, sculptées par des Pisans. On arrive au vestibule par une petite porte à dr. dans le transsept.

Santa Bïaria della Scala — (PI. C D, 5), bâtie en 1592 pour y conserver une image miraculeuse de la Y., qui était sur l'escalier d'une masure construite sur l'emplacement actuel de l'église. — Façade par Ottav. Masdherino; 1" chajp. à dr., Décollation de S* Jean, par ùherardo délie Notti.

Santa Maria in Trastevere —

iPl. D, 5). Une des belles églises de lome, érigée en 224, sur remplacement d'une ancienne taherna meritoria, ou dépôt de soldats invalides ; puis d'un oratoire construit en 222, sous Alexandre Sévère, par le pape S* Calixte, et qui fut la première église publique de Rome. Cette église fut rebâtie et restaurée plusieurs fois. Reconstruite depuis les fondations au XVII* s. — Mosaïques de la façade, commencées en 1159 : La Vierge, et à sa dr. cinq Vierges sages, à sa g. cinq Vierffes folles*. Au xv*^ siècle, Nicolas Y restaura l'église sur les dessins de Bern. Rossellini, — Le portique, rebâti par Fontana, est du xviii» siècle. On y a l'assemblé des fragments de sculpture, des inscriptions des catacombes et des tombes. — Intérieur :

3 nefs, 21 colonnes de granit, diverses, ioniques, et corinthiennes; ces dernières provenant d'un temple d'Isis et de Sérapis ; on y voit leurs têtes et celle d'IIarpocrate. — Pavement en opus Alexanarinum de porphyre vert et de marbres précieux. D a été récemment exhaussé. — Au milieu du beau plafond à caissons dorés, dessiné par le Dominiquin, est une Assomption de la V., petite peinture sur cm— vre du même artiste. — Maître-autel

* Dans rinscription latine qui accompagne la mosaïque, ces mots : Tokc oucm plv<», sont une allusion à un fait raototé par £a* sèbe de Césarée : une source de pétrole jaillit de la montagne, Tan de Rome "75$ , phénomônft nalurel conftidéiré Comme vn miracle ; de là le nom nncien de font ol^i donné ft çe\\e égUs^t

nocTË 29. — komë. ^^ kclises.

à|baldaquin, soutenu par 4 colonnes de porphyre. Au pied des degrés de porphyre de dr., qui montent au sanctuaire, on lit au-dessus d'une ouverture circulaire revêtue de marbre blanc : Fons olei. — Dans la Confessiom, au-dessous du maitre-autel, sont les restes de S^ Galixte et d'autres papes. — Mosaïques de r.ibside et du grand arc, de 1145 ; celles du bas de ht (rllmne, par P. Cavallini (1351).

— A dr. dePabside, chapelle dessinée par le Dominiquin; il y a peint une johe figure d'enfant répandant des fleurs. — Dans un yestibule, menant k la sacristie, à l'extrémité de la nef g., joli tabernacle en marbre, sculpté par Mino da Fkêole. — Tombeaux de cardinaux, par Pao/o, célèbre sculpteur romain du xiv« siècle. — Le peintre Lanfranc est enterré dans cette église.

Santa Maria in Vallicella, plus généralement appelée : Ohiesa Nuova — (à rO. de la place Navone. — PI. D, 5), une des grandes et belles églises de Rome. S* Philip |>e de Néri la lit reconstruire, en 1575, pour l'ordre des Oratoriens, sur les dessins deifar- Uno Lunghi le vieux. L'intérieur, à 5 nefs, fut richement décoré par l'infatigable Pietroda Cortowa, qui peignit la voûte, la coupole et la tribune.

— !'• chap., à dr., Jésus en croix, par Scip. Gaetani. — 2* chap., copie dn tableau de la Mise au tombeau de Michel-Ange de Caravage (qui est au musée du Vatican). — Transsept de dr. : Couronnement de la Vierge, par le cavalière d'Arpino. Statues des deux S» Jean, par Flam. Vacca, — A dr.

du choeur, la riche chapelle (Spada) a sur l'autel un tableau de C. Maratta : la Vi»ge, S' Ignace et S* Charles Borromée. — Au maitre-autel : trois peintures de la jeunesse de Rubem [?] . ~ A g. du chœur, belle chapelle (toute illuminée par des lampes et des cierges) de b^-Hhilippe de Néri : tableau du saint, exécuté en mosaïque d'après le taUeau du Gvide^ conservé dans le coaveot. — Transsept de g. , Présenta^

tion de la Vierge au temple, par Bar occio, — Sacristie : fresque de la voûte, pai* Pietro da Cortona, Statue de S* Phil. de Néri, par IM/grarrfé;. — (Dans les chambres qu'habitait le saint, on conserve différents objets lui ayant appartenu, son masque moulé après sa mort, son portrait attribué au (^uerchin, et le tableau original du Guide.) — Rentrant dans l'église, on voit (2»

chap., à partir du transsept) : une Visitation, peinte par Baroccw; et les deux tombeaux de Baronius et du cardinal Maury. — La première chapelle, à g. (près de l'entrée), a une lurification peinte par le cavalière dAr-

Sino, — Le Couvent de S»-Phiuppe de ÉRi, contigu, est un des meilleurs ouvrages du Borromini; les plans en sont habilement entendus, mais la façade est déparée paç d'çxtravaganîes nouveautés* — (Toiis les^ dimanches, pendant TAvent et le Carême, on exécutait à l'Oratoire d'excellente musique religieuse. La grande , salle est aujourd'hui la salle de la Cour-d'as-^ sises.) — Riche bibliothèquk (uiie Bible du viii» siècle, attribuée à Alc^irà.

Santa Makia in Via Lata — (au Corso, jprès le Collège Romain. —PI. 45 E, 5). On la croit édifice dans le lieu où demeurait le centurion îfaitial chargé de la garde de saint Paul. L eglise fut reconstruite en 1 062. La façade est à^ Piètre de Corlone. 3 nefs divisées par 12 colonnes. — Tombeau de la fille de Joseph Bonaparte (f 1854); son buste par Tenerani.— Dans le porche, à g. , entrée de l'escaher menant à l'église souterraine ; il y a une source où, suivant la légende, saint Paul baptisa son geôlier.

Saint Paul et saint Luc prêchèrent là l'Evangile. D'ardents disciples s'y réunissaient autour de saint Paul.

Samta Maisia dilla Vittoisia

(près les thermes de Dioclétien. — l'I.

G, 2). Eevecen 1 1)05 par Paul V. Son nom lui fut donné en vertu de plusieurs victoires sur les liereliques et les Turcs (plusieurs drapeaux turcs

— ROMB. — ÉGLISES.

sont suspendus à la voûte), par Tintercession d'une image de la Vierge, consumée, avec le maitre-autel, dans un incendie, en 1853. — Façade par /. B. Soria ; le cardinal Scipion Borghèse voulut supporter seul cette dépense, en reconnaissance du présent que les religieux de l'église lui avaient lait de la statue de rUermaphrodite, trouvée dans les fondations ; statue actuellement au musée du Louvre. — L'intérieur de cette église, une des plus riches de Rome comme ornementation, est de Carlo Maderno» — Côté droit: 2* chap., Dominiguin, la Vierge, l'Enfant Jésus et saint François. Les peintures latérales sont aussi du même artiste. — Dans une cha-

Selle du transsept, un groupe, consiéré comme le chef-d'œuvre du Bernin [chef-d'œuvre mondain et plein d'afféterie], rej)résente S*' Thérèse, aux yeux languissants, dans une attitude de voluptueuse extase, tandis qu'un ange (au nez retroussé), armé d'une flèche, est sur le point de lui percer le cœur, et sourit d'une manière peu édifiante. Sur les côtés, deux Anges assistent à ce spectacle. « On n'a jamais fait, dit M. Taine, de roman si séduisant et si tendre. » Les peintures do la voûte sont à' Ubaldo Abalini. — 5' chap., à g., la Trinité, peinture du Guercnin; Crucifiement, copie d'après le Guide.

Santa Martina — Sainte-Martine et Saint-Luc (au Forum, à l'angle de la rue BoneUa. H. U F, 4). Sixte V la donna à l'Àcadémîc des peintres (de Saint-Luc). Ancienne église reconstruite entièrement sous Urbain VIII par Pietro da Coriona, qui fit à ses irais la chapelle souterraine, et lé^a en mourant 100,000 scudià l'église.

On V voit son buste. On voit aussi le modèle en plâtre de la statue colossale de J.-€., par Thorwaldsen; et une Assomption, bon ouvrage de Seb.

Conca, — Deux escaliers à dr. et à g. du chœur descendent dans la chapelle souterraine, d'un plan ccm-

Îiliqué, et qui mérite d'être visitée.

S'adresser à la sacristie.)

Sam Martino a' Morti — appelée aussi S. Silvestro e S. Martino (près et au N. des thermes de Tilus. PL II, 4). Une des plus belles églises de Rome, bâtie par le pape S^ Symmaque, l'an 500 : reconstniite par les Carmes en 1650, sur les dessins de Pietro ia Cortona, — 3 nefs ; 24 colonnes corinthiennes antiques, de différents marbres. Le beau plafond fut donné par Charles Borromée. — La disposition du MAÎTRE-ADTEL, pyramidaot d'une manière élégante au-dessus d'une plate-forme élevée sur un doable escalier, est d'après les dessins de Pietro da Cortona, — Nefs latérales :

Saysages à fresque [à moitié efifoeés], e Gaspard Dughet (dit Gaspard Poussin ou le Guaspre), — Nm de gauche : deux fresques représentant :

l'intérieur de la basilique de S*-Pierre, et (près de la porte d'entrée) l'intérieur de S*-Jean de Latran, avant leur reconstruction. — La chapelle souterraine, par Pietro da Cortona, présente de belles perspectives. Elle conserve les restes des papes S* Sylvestre et S* Martin*

Santi Nereo ed Agbilleo — (près des thermes de Caracalla. — PI. G, 7). L'Eglise des SS»' Nérée et Achillee fut reconstruite au ix* siècle et en 1596 par le cardinal Baronius, qoi lui conserva sa forme primitive*. Les deux saints auxquels elle est consacrée étaient des eunuques au service de Flavia Domitilla, nièce du consul Flavius Clemens, cousin de Domitien ; ils l'engagèrent à rester vierge, et furent martyrisés ainsi qu'elle. — Trois nefs. — Ambons ; clôtures du :

chœur en marbre ; le chandelier pas-

' La découverte récente faite par M. de i Rossj de la basilique des Saints ^érée et Acbillée eoierrés dans lus catacombes de Domiiilia, près du tombeau de &*" l'étro- | nille, a servi à rectifier les idées admise:» jusque-là. L'église, reconstruite par Baronius, n'a pas été la première consacrée a leur mémoire*

RODYB ^. ^ lONB. — iOUSKS.

cal, énorme candélabre antique, tout fouillé d'arabesques; autel orné de mosaïques, les plus somptueux ouvrages de ce genre à Rome. — Siège pontifical, sur le dossier duquel a été gravée une partie de la 28' homélie, prononcée par Grégoire le Grand (mais on sait aujourd'hui qu'elle a été prononcée dans la basilique de S*'-Pétronille). — A l'arc de la tribune, MOSAÏQUE du IX* s. ct frosquo représentant un concile. — Dans les nefs latérales, peintures de Roncalli :

S*' Domitille et martyre des Saints Apôtres. (Cette église est fermée de bonne heure.)

Sakt' OifOFftio — S^-Onuphre (sur le Janicule. — PI. C, 4) *. Eglise et couvent immortalisés par la mort du Tasse. L'église, desservie par des moines hiéronymites, est précédée d'un portique formé de colonnes antiques. Elle fut construite au xv* s. — Sous le portique ; trois peintures relatives à S^ Jérôme, paf* le Dominiqtdn. La Vierge avec l'Enf. J., audessus de la porte, est aussi de lui.

Ces peintures sont très-altérées. — Près de la porte, une inscription indique l'emplacement où furent d'abord déposés les restes du Tasse. Ils ont été transportés, le 25 avrill857, dans une chapelle à g., où on lui a élevé un monument dessiné par Fabris, La statue est détestable. — Il y a oicore dans l'église les tombeaux du poète Alex. Gmdi ; et du célèbre polyglotte Mezzofanti (f 1848), dernière chapelle à g. — Le tombeau de Barclay, Fauteur de l'Argenis, a été repris, dit-on, par sa femme, pour en faure un plus beau^ -^ A la tribune, fresques endommagées par les restaurations : elles sont de Bald, Pe-

* A l'ertrémité delà via Lon^a on monte u couTent par la ramp« droUe (via di S. Onofrio) qui part de 1| porte S. Spirito ; ou far une rneHe qui est en face du pont de 1er. — PI. c, À. — Si l'église est fermée, Mnier à dr. soub le portique/. — Les fem mes sont maiutaiant admises à visiter le couvenu

ruzM et du Pinturicchio (?). — 2* chapelle à dr., sur l'autel, N.-Dame de Lorette, par Ann. Carrache, — Dans un corridor supérieur du couvent, Vierge peinte à fresque par Léonard de Vinci ; elle est encadrée d'une faïence d'un délia Robbia, — Au bout de ce corridor (d'où la vue est admirable^, on montre aux visiteurs la chanmre où expira le Tasse ; on voit en face, en entrant, son portrait en pied, peint sm* la muraille, il y a quelques années, par FiL BaWi, de mples [ridicule essai de trompel'œil, où le poëte est figuré conune accueillant lui-même les visiteurs] . On Toit le cercueil où ses restes avaient été déposés d'abord ; le masque pris sur le cadavre, et dont les surmoulages sont si répandus aujourd'hui ; sa table, son encrier, un petit cabinet en ébène, un miroir, une loupe, un sablier, un crucifix, une ceinture, trois vieilles chaises..., derniers objets en la possession du po^te, qui « s'éteignit dans la misère, en lésant à l'Italie les trésors de son géme. »

Dans le jardin, le chêne séculaire près duquel le Tasse aimait à se reposer a été renversé par un ouragan en 184''2, mais plusieurs rejetons ont repoussé. Au mois de mai 1875 c'était un arbre tout verdoyant. — Du haut des jardins du couvent, on a une admirable vue de Rome et des environs jusqu'à la mer ; c'était un lieu bien choisi pour venir y mourir.

Le Tasse se fit transporter à S. Onofrio le 1*' avril 1595. 11 tombait une pluie épaisse ; le vent soufflait avec violence. Les religieux s'étonnèrent d'entrevoir le carrosse du cardinal Cintbio monter vers leur monastère au milieu d'une telle tempête. Plusieurs s'avancèrent avec le prieur sur le seuil : ils virent le Tasse qui en descendait avec peine. — « Je me suis fait conduire, écrit-il quelques jours après à son fidèle ami Gostantini, au monastère de S. Onofrio... pour commencer en quelque sorte dans ce lieu élevé et au milieu de ces fidèles religieux, la conversation suprême que je continuerai

nA

ÉGLISES

dans le ciel. » Il mourut le ^5 aTril 1505, âgé de 51 ans. [V. le Lettere di Tarq. fassOf 4 vol., Firenze, 1854.)

SAiHT-PiUL, basilique (V. p. 212).

Saint-Paul aux trois Fontalnes (K.

San Pibtro in Montorio — (sur le Janicule. On y monte par la via Garibaldi, qui, se continuant à g. de réglise, en contournant un jardin nouTellement créé à cette hauteur, avec pelouses gazonnées, fleurs, fontaines et bancs de repos, atteint, plus haut, la terrasse où s'élève la fontaine Pauline. — Plan C, 5). On la croit érigée par Constantin sur le lieu où l'on suppose que S* Pierre reçut le martyre. (Selon d'autres récits, c'est le Vatican qui aurait été le théâtre de son martyre.) Ferdinand et Isabelle d'Espagne la firent reconstruire à la fin du j.y* siècle pai' Baccio Pintelli, l** chap. à dr. , fresques de Sebastiano del P^iombOj d'après les dessins de Michel-Ange, Le principal sujet est la Flagellation, peinte à l'huile sur pierre et qui a noirci. Ces peintures coûtèrent au maître six années de travail. — 4» chapelle (aorès la porte qui conduit au jdoitre), conversion de S* Paul, par Vasari, qui y a rais son portrait ; es tombeaux de la famille del Monte, et les statues de la Religion et de la Justice sont de VAmmanato, — En face de cette chapelle (côté g.) : S* Jean baptisant, attribue à Daniel de Volterre (?). — 1" chapelle à ^., près l'entrée, S* François recevant les stigmates, fresque de Giov. de* Yeochi, d'après un dessin^ de Michel- Xnge (?) . — Au maître-ilùtel, cooie du Crucifiement de S* Pierre, du Guide.

On y admirait autrefois la Transfiguration de Raphaël, qui avait été commandée pour cette église par le cardinal Jules de Médicis. £lle est actuellement au Vatican. — Philippe III fit faire la place devant l'église, et ses murs de soutènement. De cette esplanade on a un des plus admirables

le

panoramas de Rome et de sa campagne.

L'église de S. Pietro in Montorio, siluée près de la ))orte S.-Pancrace, id centre des opérations militaires donot le siège de 1849, a été fortement eodotnmagée. Elle a été réparée depuis et le clocher rebâti. Plusieurs objets d'art, des statues de VAmmanato, des peintures, furent en partie détruits ; mais l'oeaTre de Sébastien del Piombo et le petit leoh ple circulaire de Bramante furent laissé; mtacts par les boulets; cet attentat de lèse-majesté contre l'art fut henrcusement évité.

Petit temple cuiculauœ de Bbaiaiti

— (dans le cloître du couvent cootigu.

Une porte située à dr.,vers le milieade réglise, y conduit. Il faut ouvrir une seconde porte en face de la première Ce petit monument, pour lequel les irchitectes professent une admiration tnditionnelle, que le nom de Bramantt contribue à entretenir, fut construit lul frais de Ferdinand et d'^belle d'Espagne. Il a un péristyle de seize colonnes doriques, en granit gris, bases et chapiteau) en marbre blanc ; le reste est en travertin. Si l'impression ne répond pas complètement a ce que Ton attendrait d( cette petite merveille [vulgarisée d'aii leurs par d'innombrables et puériles inutations], il faut se rappeler que, selon II projet de Bramante, qui n*a pis reçi son exécution, le cloître devait former autour, une enceinte circulaire en por tiques soutenus par des colonnes isolées ensemble harmonieux oui serait veoi compléter le petit temple par une dis position analogue. — a La correction < la finesse des détails attestent, dit Leta rouilly, combien Bramante sut mettre profit les études profondes qu'il aya faites sur les monuments de 1 antiquité La décoration de la chapelle souterrain est visiblement d'une époque postérieui à Bramante, et date sans doute soit é laresUuralion de 1605, soit de celle ^ 1628. Le couronnement de la coupo appartiendrait à la môme époque. »

San Pibtro ik Vikcou — S»-Pien es Liens (au N. du Coliséc, pr des thermes de Titus. — Plan G, *

— ouverte le matin iusgu'à 11 h., aoir après 3 h.). Eudone, femme <

— ROME. — 66U8BS.

Yalentinien m, fonda cette basilique, en 442, pour y conserver les chaînes avec lesquelles S* Pierre Ait attaché dans sa prison à Jérusalem. Ces chaînes lui avaient été envoyées par sa mère Eudoxie, fenune de Théodose le Jeune. De là le nom donné à cette église de Basilique Eudoxienne. Jules II la fit reconstruire par Baccio Pintelliy qui éleva le portique extérieur de la façade. En 1705 elle fut mise dans Tétat actuel par Fr. Fortiana. — Les trois nefis sont divisées par 20 colonnes antiques cannelées, de marbre grec et d ordre dorique.

Cette ^lise est un but de pèlerinage pour tous les voyageurs. C*est ici qu'est le Moïse de Michel-Ange (dans le transsept de droite).

[Celte statue, d'un style si grandiose et si original, a en dépit de bizarreries qu'il n*est à propos ni de défendre, ni de nier. j> devait élre placée en haut du mausolée du pape Jules II. Ce monument, qui ne fut pas achevé, devait être isolé et avoir une quarantaine de statues. Sur chacune de $es 4 faces se trouvaient 4 Esclaves debout, et dans des niches, entre ces groupes, 2 Victoires, ayant à leurs pieds des prisonniers enchaînés. Au-dessus de la cofniche, 8 figures assises représentaient des Prophètes et des Vertus (Condivi). Selon Vasari, Tentablement ne devait supporter que 4 figures: la Vie active, la Vie contemplative, S» Paul et Moïse. Michel-Ange n acheva que la statue du Moïse et une des deux statues d'esclaves, qu'on voit au musée du Louvre. Il fit aussi {V. Vasari, édition de Florence, 1 856, p. 922) les deux statues : de Lia, femme de Jacob, ou la vie active, et de Rachel, sœur de Lia, ou la vie contemplative!?), h'autres figures sont restées à Tétat d'ébauches à Florence et ont été réunies au Miisi^e National (Palais du Podestà). — Jules II n'a pas été enterré (V. S*-Pierre, p. 188) dans le tombeau situé derrière la statue du Moïse; ce tombeau, qui n'est. qu'une des Quatre faces du monument projeté, fut placé ici, de même que le Moïse, par ordre de Paul III.

Le iloïso, au lieu d'être un accessoire du monument, en est aujourd'hui la fi-

gure principale et dominante, non-seulement à cause de son puissant aspect, mais encore par ses proportions. Cette figure qui devait être vue à 7 mètres de hauteur n'est qu'à 60 et quelques centimètres au-dessus du sol. Le monument tout entier n'est qu'un cadre médiocre, et d'un goût contestable, pour une œuvre, grandiose. La vigueur étrange, l'aspect saisissant est plutôt dans l'ensemble de la figure que dans les traits du visage : malgré la fixité du regard, la douceur s'y allie à l'austérité. Le front est bas et étroit pour la face. — L'œil est un peu fouillé. Les veines sont très-indiquées sur les mains. Une main s'appuie sur les Tables de la Loi. L'autre est malheureusement placée.] ff Dans le profond mépris od était tombée cette statue, avec sa physionomie de bouc ( V. Azara, Falconnet, Milizia, etc.), dit Beyle, l'Angleterre a été la première à en demander une copie. A la fin de 1816, le prince régent la fit mouler. Pour l'opâration des mouleurs en plâtre, on a été ol^ligc de la sortir de sa niche. Les artistes ont trouvé que cette position convenait mieux, et elle y est restée. » Les trois médiocres statues de la Vierge et de l'Enf. J., d'un prophète et d'une sibylle, sont de Baphaël de Monlelttpo, élève de Michel-Ange ; quelques-uns attri^ huent celle de la Vierge à Scherano da Seiiignano ; la statue de Jules II est de Maso dal Bosco, « Mal couché sur ce tombeau vide, le buste presque dressé, en homme qui ne se reposait guère, le pape Jules II, accoudé, essaye de dormir au-dessus de Moïse. » (F. Wey.)

Jules II commanda, en 1505, son tombeau à Michel-Ange, qui demeura à Carare pendant 13 mois, pour l'extraction des marbres. La brouille survenue entre le pape et Tartiste [V. p. 135) suspendit les travaux. Après la mort de .Iules H, Léon X employa Michel-Ange a San Lorenzo de Florence. La cessation des travaux sous Adrien VI lui permit de reprendre le tomlteau. Mais Clément VII et surtout son Fuccesseur Paul III le chargèrent d'entreprises (]ui l'en détournèrent tout à fait. Ce dernier pontife mit fin par un arrangement aux plaintes pour violation d'engagements dirigées contre l'artiste par le duc d'Urbin. On trouvera sur toute cette affaire, au t. XII, p. .^12, de Vasari (édit. de Florence, 1856), des détails étendus et

'-- ROME. — i6U8B8.

deux lettres justificatives de Michel- Ange qui voyait attaquer sa probité. Dans l'une il accuse Bramante (et, injustement sahs doute, Raphaël) d'avoir, pour le ruiner, détourné Jules II d*achever son tombeau de son vivant. Il ajoute au sujet de Raphaël, un peu pré&omptueusement :

« Avevane hene cagione Baffaello, che cià che haveva delV arte, V haveva da me,% (F. SanV Agoslino, p. 217.)

Plafond dessiné par C. Fontana.

— i" autel à dr. : S* Augustin [peinture médiocre], du Guerchin; — transsept de dr., tombeau de Jules II.

Dans la petite abside à dr. du chœur : S** Marguerite, un des ouvrages les plus soignés du même peintre. — A côté, est la porte d'entrée de la Sacristie. On y voit la Délivrance de S* Pierre, du Dominiquin. L'Espérance, tête célèbre du Guide [peinture sentimentale, qui a noirci], a été vendue en Angleterre. Les chaînes de S* Pierre y sont conservées dans un tabernacle en bronze, de Pollajuollo.

— Tribune, peinte par J. Coppi (xvi* siècle). — Côté g., 3* autel (à partir de l'entrée) : mosaïque de l'an 680, représentant S* Sébastien. — A g. de la porte d'entrée, tombeaux des frères Pollajuollo, artistes du xv* s.

— Le couvent et le cloitre ont été bâtis par Giul. da San Gallo. De la porte de la sacristie un escalier descend au cloître au milieu duquel est un puits élégant.

Sur la place, de l'autre côté de l'église, on remarquera un beau palmier.

Au sortir de l'église de S. P. in Vincoli, si l'on prend la rue San Francesco di Paola, elle conduit à la place Suburra, qui a retenu le nom antique de ce quartier populeux et mal famé, où claient les boutiques des barbiers, des cordonniers, des marchands de fouets à châtier les esclaves, et les réduits où des femmes esclaves s'exposaient aux passants au profit de leurs maîtres.

Santa Prassede — S** Praxède (près de S**-Marie-Majeure. — Plan

H, 4). La prhicipale entrée, par la via S. Martino, a heu par un vestibule étroit montant à une petite cour cnii précède l'église ; il y a une entrée latérale sur la rue Santa Prassede. — Cette église fut reconstruite en 822, et restaurée par Charles Borromée. — Il y a trois nefs, divisées par 16 colonnes corinthiennes en granit. Les murs, peints à la détrempe, sont décorés avec mauvais goût. — Le grand arc et l'abside sont ornés de mosaïques du IX* siècle. On monte à l'abside par un escalier à deux rampes, dont les degrés sont en rouge antique ; ce sont les plus gros blocs que l'on connaisse de ce marbre fort rare, après les deux Faunes des Musées du Capitole et du Vatican, et les deux colonnes du jardin Rospigliosi. — Le maître-autel isolé a un baldaquin soutenu par 4 colonnes de porphyre. — 3* cnapelle à dr., toute décorée de mosaïques du ix* s.

[L'entrée en est interdite aux femmes, sous peine d'excommunication. Elles

S eu vent regarder à travers une grille.] m y voit dans une niche, au milieu d'Anges disposés en gloire, une colonne, d'un marbre précieux, transportée de Jérusalem (1225) par le cardinal Colonna, celle où l'on croit pieusement que Jésus-Christ fut attaché pour être flagellé. — En face, est la chapelle Olgiati(3* à g.), dont la disposition régulière par Mart, Lunghi contraste avec les incorrections de style de l'église. Sur l'autel est un Portement de croix [assez bon tableau] de Fed, Zucchero ; la voûte est peinte parle chevalier d'Arpino, — On Toit, près de là, les tombeaux des cardinaux français Ancher (1286) et de Cœtivy (1474). — On dit que le Puits au milieu de la nef est celui où la sainte recueillait le sang des martyrs. — Sacristie : Christ à ia colonne, attribué à J. Romain. On y conserve un portrait que l'on suppose être celui de J.- Christ donné par S* Pierre au sénateur Pudens, père de S** Piaxède et de S** Pudentienne^et dont la femme

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ROUTE 29. — ROME. — ioUSBS,

Claudia était fille du roi breton Ganctacus.

Sauta Pudenzuma, — S**-Pudentienne (N.-O. de S**-Marie-Majeure. — PI. G, 3) . Celte église (ouverte le matin seulement jusqu'à 9 b.) passe pour une des plus anciennement fondées à Rome et pour avoir été construite sur remplacement de la maison du sénateur Pudens, où S* Pierre aurait logé sept ans. Il convertit Pudens et toute sa famille. — Cette église primitive, consacrée d*abord par Praxède à sa sœur Pudentiana martyrisée, fut restaurée plusieurs fois et rebâtie en 1598 * . Elle est divisée en 3 nefs. — Â Tabside, mosaïque lapins ancienne de Rome, du iv* s. selon Vitet ; c'est une œuvre de l'art romano-chrétien.

Poussin l'admirait. « Elle est, dit Vitet, un vrai tableau où toutes les conditions du style pittoresque sont fidèlement conservées. . . Attitudes variées, accent individuel,... d'austères et chastes expressions.» — « S** Praxède, dit M. Barbet, est remarquablement belle ; la tête de S* Pierre est d'un grand style. » Cette mosaïque a été un peu mutilée dans les restaurations. — Le pavement conserve des fragments de mosaïques antiques, que Ton suppose avoir appartenu à la maison de Pudens. La peinture du maitre-autel est de Nocchi, et celle de la coupole du Pomerancio. Dans une chapelle longue et étroite à g. du maitre-autel, groupe du Cbrist et de S* Pierre, par Giov. Batt, délia Porta. — A g., grande chapelle des Gaetani, richement décorée : à la

* Le prince Bonaparte, nommé cardinal (mars4K68), a fait exécuter d'importantes restaurations à l'égliae de S*'-Pudentienne, dout il Bbt titulaire : un riche escalier en pierre à double rampe, terminé en 1875, desrend dans la petite cour qui précède l'^^Use. Cet escalier est fermé par une belle enlle sur la rue. U fuçade a élé refaite à neuf et décorée de peintures imitant la mosaïque. Les portes neuves de l'église sont encadrée:» dans de> pieds-droits en m:irbre, couverts d'arabesque». Elles sont flanquées de deux colonnes torses antiques.

voûte, des mosaïques d'après les cartons de Fed. Zucchero ; à Tautel, Adoration des mages, bas-relief, par P.

Olivieri, — On voit aussi la margelle d'un puits où, suivant la tradition, la sainte déposa le sang de pliu de 5,000 martyn (sk) enterrés sous cette église. — Clocher du xin* s.

Des restes de la maison de Pudens sont non-.<eu1ement engagés dans les fondation» de l'église, mai^ sont encore signalés derrière son vaisseau par les arcbéolojrues italiens. Le cardinal Wiseman. avant-dernier titulaire de S* Pudenziana. avait aUiré t>ur ce point l'attention dans son roman de Kaliiola. Il est regrettable que ces restes n'aieot pas été exhomés.

SaNTI QUATTRO CORONATI. — Les

Quatre saints couronnés (4 soldats martyrs). — (PI. H, 5.) Eglise du IV* s., précédée de 2 cours. Forme des anciennes basiliques. Trois nefs, séoarées par 8 colonnes de granit.

Galerie destinée aux femmes. A Tabside, fresques de Giovanni da S. Giovanni.

Santa Sabina — (Mont Aventin. — PI Ë, 6), bâtie au v* siècle dans la maison de la sainte; plusieurs fois restaurée. Dôcorée d*une curieuse marqueterie de marbres. 3 nefs, séparées par 24 colonnes corinthiennes en marbre blanc. — Cbapelle ati fond de la nef à dr. , la Vierge du Rosaire, S* Dominique et S'* Catherine, belle peinture de Sasso Ferrato. On voit aussi des fresques des frères Zacchéri. — Cloitre intéressant du xiii*s.

Dans le couvent, occupé par des dominicains, on conserve la cellule qui fut habitée par S* Dominique. Une porte de Téglise, donnant dans le portique servant de vestibule au couvent, est en racine de vigne et toute sculptée.

Il y a quelques années, on a découvert au-dessous du cloitre, sur les pentes du mont Aventin, plusieurs chambres antiques décorées de peintures, des chambres habitées par des esclaves (on peut déchiffrer leurs noms sur les murs)*; des galeries souterraines et des frag-

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