FOUILLES DE LA VOIE LATINE
Au 2« millf*, la voie liatine traverse diagonalement la voie Appicniie, en passant sous une arcade en blocs de travertin sans ciment. De ce point un sentier conduit* à g., dans un ci ampoù M. Lorenzo Fortunali a tait d'intéressantes découvertes de 1857 à 1858. Les traces de la voie Latine ont été reironvées. Les tombeaux qui la boriaienl ont été mis à découvert. A pou de dislnncc de la voie antique, à g., sont deux chambres sépulcrales, dont i une surtout mérite qu'on fasse exprès Icxciirsion pour voir les cbarmanlcs arabesques de l.i voûte et le.» bas-ielieis en siuc, d'une élégance de style remarquable, qui la décoient ei représeiit'nt diverses siènes mythologiques ou du cycle Iroyen. Pans le commenceoient de la découverte on a pu y
* helaxione générale deali Scavi e Sco-
Cte fatte lungo la via Latinat da Lor. Uioati (Ronu 1899) iii-4*.
— FRÂ8GÂT1. 339
admirer aussi des paysages traités avec habileté, mais ^ui ^e sunt altérés depuis au contact de I air.'Divcrs loniheaux ont été trouves dan» ces sillcs où l'on descenl par un rscalicr; un gnmd s.ircol'h-ige, divisé en deux parties, occupe le centre *.e celle adiniiable cbaml re sépulcrale etpir la grossièret»'' de l'exécution semble appartenir aux temps barbares. — La découverte la plus imf ortante de la voie Latine est celle des restes dune vaste basilique de S^ -Etienne (à quelqne> pasde- chambres sépuli raies), fondée au V» siècle et rebâtie entre le VIII* et le ix« siècle. Pour conserver ces restes on les a entourés d'un mur.
L'aqueduc de Taïqua Felice traverse la route de Fr.iscati, près du 3" mil. A g. est un mon icule sur lequel on a semé longtemps du blé monte del Grano), C'est un vaste tombeau appelé, sans londemeiit, Uimbeau d'Alex. Sévère et ayai.t ^ la base ()5 met. de diamètre 1 On y pénétra par la votite. Au xvi" siècle on en rrtira le magnifique sarcophage, aujoiird hui au musée du Capitole, dans lequel on d«'couvrit le célèbre vase de Portland (vendu par les Barleiini au duc de Pot tland, oui en lit don au llu.«ée brilanitiqiie). Ce beau va>e a été brisé, il y a quelques années par un insensé.
A dr.,sur l'anc ennc voie Latine, est le Casale di Borna Vecchia, où l'on croit que lut élevé le temple de la Fortuna Muliebris, en l'honneur de la mère et de la femme de Corioian. — Au delà du 5" mil., à dr., ruines d'une villa d'Adrien. — Quand on arrive au pied des montagnes de Tusculum, on quitte le déseit, et l'on commence à monter au milieu de bois d'oliviers, de vignes et de champs cultivés.
Frasoati',— 5000 hab.— Cette petite ville, agréablement située sur une des basses éiuinences des monts Albains, fut fondée au xiu' siècle, après la ruine de la ville voisine de Tusculum. l)ans l'église S.-Pietro (1700) est linscription sépulcrale du prétendant Charles-Edouard, mort à Frascati en 1788. — Un tombeau à Tenirée de Frascati, vers la Ruffiuella, passe pour être celui de Lucullus. Ce point des environs de Rome est renommé pour sa salubrité» pour le nomtnre et
la beauté de ses villas, qui datent en partie du xvi* siècle. — La plus célè- Dre est la villa A-ldobrandini, appartenant à la maison Borffhèse ; construite par le neveu de Clément VIII, sur les dessins de Giac. délia Porta.
Dans le Casino, fresques du chevalier d'Arpino. Vis-à-vis, adossée à la montagne, construction monumentale, ornée de cascades, rappelant en petit la disposition de celles de b*-Cloud ; jeux d'orgues hydrauliques, puérilités dont s'est moqué le spirituel de Brosses.
« Si les brim'iorions fragiles de ces parcs y tombent en poussière, les longues terrasses d'où Ton domine Timmense tableau de la plaine et de In mer ; les gigantesques perrons de marbre et de lave, qui soutiennent les ressauts du terrain ont un grand caractère. » (G. Sand). — Villa Falco- NiERt, datant de 1548 (platanes séculaires ; plafond de C. Maratta), — Sur la hauteur est la Rufplnella, ayant appartenu à Lucien Bonaparte; aujourd hui au roi d'Italie. On prétend que le Casino, bâti par Vanvitelli, est sur l'emplacement de lAcademia, nom du gymnase de la villa de Cicéron. (Sur les hauteurs qui dominent la Ruffinella sont les ruines de Tusculum.) — Une magnifique allée de chênes verts conduit à la villa Mandra- GONE, vaste palais appartenant au prince Borghèse. Le Casino compte 374 fenêtres. 11 fut dévasté au commencement du siècle par les Autrichiens, et il est resté dans un état d'abandon déplorable. Sur un parterre intérieur, on voit un beau portique de Vignole
id'un style très-ferme ; les proportions lien entendues ; l'ornementation des chapiteaux et les sculptures des tympans ne répondent pas au goût sévère de l'ensemble]. On voit aussi des cuisines remarquables par leur dimension. — Près de la villa Mandragone est la VILLA Taverna. — On cite encore les VILLAS CoNTi (Torlonia) ; Muti ; Pallavicini; Odescalchi (appartenant au collège de la Propagande). — Delà
Ruffinella ou de la villa Mandragone, on monte en une demi-heure à :
Tusculum^ — ville antique qui, grâce à ses murailles pélasgiques, résista aux attaques d'Ânnibal. Lieu de naissance de Caton. Au moyen âge (1 191), elle fut rasée par les troupes romaines ; on y trouve les ruines d un petit amphithéâtre, d'un théâtre, d'une villa de Tibère sur l'emplacement d'une villa de Cicéron. etc... L'emplacement de la citadelle, sur une colline abrupte, est intéressant à visiter et domine une admirable vue. Au bas de la montagne volcanique, où était la citadelle, s'étend la valle Albana, entre les montagnes de Tusculuin et les monts Albains. Elle était traversée par la voie Latine. On signale près d'une fontaine un réservoir dont la voûte en arc aigu, formée d'assises de pieiTes convergentes, serait d'une haute antiquité et antérieure à l'emploi du plein cintre. — Le couvent des Camaldules, situé au-dessus de Tusculum. mérite une visite à cause de sa belle situation.
A l'E. de Tusculum est Monte Porzio, — 1400 hab. (3 mil. de Frascati), dont le nom rappelle la famille des Catons (Portii); petit villafre sur uno cime isolée. — Au N. de Monte Porzio est un ancien cratère appelé Pantnno Secco.
C'est là que certams antiquaires pl-icent le lac Résille, prc3 duquel se livra la bataille léfrendaire gapnée par Roiie sur les Latins. H fut desséché par la famille Borglièse. Ce bassin fourmille de vipères.
Une route à travers une belle forêt conduit (4 kil. environ de Frascali) à :
Grotta Ferrata — petit village de 800 hab. — Couvents de moines grecs de l'ordre de S*-Basile. La chapelle, dédiée aux fondateurs, est ornée de fresques intéressantes, par le Dominiqmn dans sa 29° année. Dans Tune on voit un jeune démoniaque qu'un saint guérit en lui appliquant sur les lèvres de l'huile prise dans la lampe de l'autel (il y a une copie de ce tableau au palais des Beaux-Arts à Pa-
ROUTE 51. — LAC D*ALBàMO.
ris) ; dans celle qui représente l'entre- Yue de S* Nil avecOlhon IH. le Domimc|uin a placé son portrait (l'homme qui tient le cheval ae Tempereur) et les portraits du Guide et du Guerchin.
Ces fresques ont été restaurées par Gamucciiii. Le tableau d'autel. Madone avec les saints fondateurs, est d'Annibal Carrache — Le cardinal de Retz, pendant son exil à Rome, passa un mois à Grotta Ferrata : « C elait, dit-il, autrefois le Tusculum de Cicéron. Le lieu est extrêmement agréable, et il ne me parait pas même flatté en ce que son ancien seigneur en dit dans ses épitres. Je m'y divertissais par la vue de ce qui y par ît encore de ce grand homme : les colonnes de marbre blanc qu il fit apporter de Grèce pour son vestibule, y soutiennent 1 église des religieux... » - Les foires du 25 jmars et du 8 s ptembre offrent aux étrangers une intéressante réunion de costumes nationaux.
On peut aller ( .vpc un guide) en 1 h. 50 min. à Rocca di Papa (p. 5i2), et monter de là au Monte Cavo. — A 6 kil. de Grotta Ferrata, est situé :
Marino, près de remplacement delà ville de Gastrimœnium. — Dans une situation élevée et jouissant d'un bon air. — Cath.drole : un S* Barthélémy (£ati^é), du Guerchin; église de la Trimté, un tableau par Guido Reni, — « Au pied de la ville de Marino, à TE., est une vallée solitaire toute boisée, aujourd'hui comprise dans le Parc Colonna ; c^esl là qu'était le bois Fereiitinus dt'S Latins, où les peuples confédérés du Lalium tenaient leurs assemblées nation .les. — Une route des plus pittoresques, franchissant une petite vallée sur un viaduc, contourne, à quelque distance, les bords du cratère au fond duquel est le lac d'Albano ; elle offre de beaux points de vue sur la campagne de Rome, et monte à travers une belle forêt, rappelant celle de Fontainebleau. De Marine à :
CmÉUl Oandolfo. — 1500 hab. ->
Dans une situation pittoresoue et salubre, qui domine le lac d'Albano. Son nom provient des Gandolû, qui le possédaient au moyen âge. Cette ville appartint ensuite aux Savelli, qui, par suite de la diminution de leur fortune, la vendirent au gouvernement papal, ainsi qu'Albano. C'est là qu'est la maison de campagne des papes ; ils ne l'habitaient que trois ou quatre semaines au plus dans l'année. Le palais fut construit en 1629 par Carie Mademe, et l'église, qui est du Berniuy contient un S* Thomas, de Pietro da Corlona, et une Assomption de C. Maratla, — On peut d ici gagner Albano par une avenue ombragée de chênes verts, riche en beaux aspects, ou par le chemin en terrasse, au-dessus du lac d'Albano, appelé galleria di sopra, on passe devant un couvent de Franciscains ; la petite place qui le précède est abritée par un chêne vert taille en immense parasol. La vue, de l'autre côté du lac, se porte sur le Monte Cavo(\. p. 542).
Lao d^Albano.
Ce lac de 9 kil. de tour, de 100 met. de profondeur, et dont tous les bords sont ombragés d'arbres, est connu comme un des plus beaux sites de ritalie. 11 était entouré d'une forêt. De Castel Gandolfo on descend en quelques instants au bord du lac. Les eaux occu{)ant, un cralère éteint, ayant des crues subites, inondaient les campagnes. Lors de la guerre de Véies [V. p. 43), un oracle annonça aux Romains qu'ils ne prendnieiit cette ville que lorsi^u'ils auraient creusé' un émissaire pour récoulcinent des eaux. Ils se mir'Ut alors (594 ans avant J. G.) à creuser {'émissaire, canal i-outerrain de 2 met de liant, taillé dans le tuf pemianl plus de '2 kil., qu'on va visiter encore au ourd'liui ; un custode qu'il faut demander à Castel Gandolfo, fournit de )>eliles lK)u<;ies aii'il abandonne au courant sur des planchettes, pour en faire apprécier la lon.:ucur. 11 passe un peu au S. Ë. de Castel Gandolfo, et va déboucher dans la plaine, du côté
d'Albano; les eaux sont recueillies par on ruisseau qui va se jeter dans le Tibre.
Alba longa. — Cette ville bâtie, selon les récits poétiques, par Ascayne, fils d'Enée, et dont il ne reste plus de traces, était le chef-lieu de la Confédération latine ; elle fut détruite par Tullus Hostilius. Elle s'éiendait depuis Palazzuola (dont le couvent de Franciscains possède dans son jardin un tombeau éirusque) le long de la crèle qui domine le lai* et qui est dominée elle-même par le Monte Cavo. — De Palazzuola on peiit monter à travers les forêts jusqu'à :
Rocca ai Papa^ — village de 2600 hab., situé sur une des éminences volcaniques du monte Albano. Son élévation le met à Tabri de la inaFaria. « C'est un cône volcanique, couvert de maisons superposées ji^squ'au faite.
Les rues, à peu près verticales, finissent par des escaliers qui finissent eux-mêmes par des blocs de lave sup-
Çartant une ruine difficile à aborder, out celi est vieux, déjeté et noir comme la lave dont est sorti ce réceptacle de misère et de malpropreté.
Mais tout cela est superbe pour un peintre. » (G. Sand). — Les chemins qui y mènent à travers de magnifi-
2ues forêts (soit de Marine, soit de rotta Ferrati) sont des plus pittoresques. — De ce village on monte pir une masrni fi que forêt de châtaigniers, et en passant par un nrélendu camp d^Annibal, au Monte Lavo. 11 y a des sentiers par lesquels on peut abréger l'ascension, si on a un guide.
On peut louer à Albano un cheval (4 fr., le guide A fr.), nnur monter au Monte Cavo et àNemi. — D'Albano il faut 2 h pour monter par Palazzuola au Monte Cavo.
Honte Cavo ou Cavi — (nnons Alba^ nus), M51 met. au-dessus du niveau de la nier. En le jjravissant, on retrouve sous les grands cl)«*'ncs lc< dalles d* la voie triomphale antique. De ce point culm<nant des monts volcaniques Atbains, où était le Temple de Jupiter Lalialis, bâti par Tarquin le Superbe, et oîi se
célébrai>>nt les féeries de la Confédération lutine, on a une admirable vue sur touti^ la contrée qui est le ihéâtre des six demi Ts livres de V Enéide, et oii se passèrent les luttes «|ui fondèrent la
fmissance de R >nie. On voit à ses pieds es lacs d'Aliiano et de Ncmi, au loin Rome et toute sa cnnipngne les côtes de la mer avec leur vasie et sombre liyne de forêts, le lac di' Bracci.mo, les mimlsCiniino et Soracte. Pir un temps clair on at er;oit niome les montagnes de la Sardaigne. C'est de ce s<»mmel que Virîrile l'ait coiitemplet' à Junon les deux armées ^u^ le point d'en venir aux mains [Enéide, XII, 134) :
At Juno è summo, qui nunc Albanus ha-
hctur, (Tune neque nomen erat, nec honos, aat
gloria nionli).
Les restes précieux de ce temple de Jup'ler ont ('té d'truits en 1783 par le cardinal d'York, pour rel»âtir Téglise d'un couvent de mo nés Passiouis^tes, dont on aperyoit de Rome les inuis blancs* dominant la montagne.
TiToU.
Cette excursion, si intéressante et que ne néglige aucun voyageur, peut se faire (^ kil. de Rome) en une journée, en parlant de lionne heure; mais c'e^t accotitplir à la hâte sa tâche <ie curieux Si l'on veut jouir des beaux abp'its de Tivoli, il faut au moins y séjourner une journée entière ; et il faudrait y re>ter quelques jours, si l'on voulait visiter le» environs.
Voilure publique partant tous les jour* (piazz.i dcila Pignn,53. Départs : 6 h. met., arrivée à iU h. 30; midi 1/12, arr. à ;> b. 30 soin. - 11 vaut mieux prendre une voilure varticuli re, de manière à >'iirrèl«'r, à sa volonté, et à visiter la villa Adriana avait de monter à Tivoli Voiture à 1 cheval. 20 fr.; à 2 clieviux. fô fr;; 2 ou 3 fr. de pourboire. Fixer d'avance qu'on s'arrêtera à la villa Adriana.
On sort de Rome par la porte San Lorenzo, et Ton prend la voie Tibiu*tine. A peu de dislance on laisse à dr. la basilique de i)*-Laurent; on traverse la ligne du chejmin de fer d'Ai icône, et un ruisseau à odeur sulfhydrique (acqua Bollicanle). — A 7* kil., on franchit le Teverone {Anio) sur le pont Mammolo, tirant son nom de celui de Manunae;!, mère
ROUTE 51. — TIVOU.
d^Alexandre Séyère, qui le fit réparer.
Celte rivière sôpare la Sabine au Laliuin. — Plus avant on retrouve de temps en temps le pavé antique de la voie Tibuiline. — un peut aller visiter dans le voisinage, à la g. de l'An o, les grottes de Ceiiara, carrières rendues pittoi'esques par le ternes, qui les a couvertes d'une vigoureuse végétation.
— A environ 18 kil. de Rome, on laisse à g. le petit lac de' Tartari, dont les eaux sont incrustantes. Plus loin une ancienne voie qui se bifurque à g., passe à côté de trois petits lacs très-profonds et dont les bords ont été se rétrécissant par suite des incrustations ; Tun est nommé le lac des îles flottantes. — On traverse le pont de la Solfatara, sous lecpiel passent les eaux minérales, célèbres chez les anciens, sous le nom d'aqux Albulœ (aspect d*eau de savon; acide carbonique et hydrogène sulfuré) ; elles vont se jeter dans TAnio, par un canal construit par le cardinal Hippohte d'Esté, gouverneur de Tivoli Agrippa y construisit des thermes où venait se baigner Auguste. Ils furent embellis par la reine Zénobie. On est averti de leur voisinage par la mauvaise odeur qui s'en exhale. — 2 mil. plus loin, on traverse une seconde fois l'Anio, au ponieLticano; site pittoresque. — Près de ce pont, est le Tomkkad i>e la FAMILLE PLADTtA (de Tau 752 de Rome) en forme de tour ronde. — A dr. de la rou:e, anciennes carrières de travertin (lapis Tiburtinus) si employé pour les conslruciions de la Rome antique et de la Rome moderne. — Après 5 kil. un sentier à dr. conduit à la :
vma Adriana.
CeUe TÎIla ayant été achetée par le ff^uyerriPineni italien, on est mantenant admis sao-» piM-ini>sion part culi<T - ù ta vi>iirr. On donne 50 c. à I fr. — llarn rpp»orhe « M. Rusa d'avoir Héliarrassé ces ru ne» dos
{>lantt^s griinpunte.s ei des :irbrisâ*'«iui qui enr dotinaicni un asp.>ct pittoresaue et de les avoir coDverlies en une carrière ae pierres dans un tile nu et aride.
« Adrien, après avoir pareooru la phh> part des pruvnces de son empim, i son retour, la tôle pleine de souvenirs, tract lui-inémc le périmètre d'une villa ayant X à lu mil. de to ir, et fit con^lruirr des monuments exiictcment imiiés de ceux qu'il avait adniir(^s dans se^ voyii^rcs. On y voyait le Lyc^e, l'Acndéiiàe, le Pry- Innée, le Piecile d'Alliènes, le Sérapéon de Cai ope ; le Tnriarc des (Ihiimps Elysces, In vallée de Tempe, des liiermes, des théâtres, des temples, et au milieu de la villa un n»agnifiqne palais inipéritl auquel étaiciit réunies de vasics casernes pour les prétoriens. » On croit que cette villa fut luin'e p^r Toiila. Pendant des siècles elle ne cessa d'élre pillée par les Momnins ; on fit de la clinux :> vcc les marbres. Ces ruines s<*nt atjonrdhui, par leur étendue, un sujet a étonne ment ; elles ont été longlcmis une mine d*oi>jels d'art pour Ufus l-s musées de l'Europe, niiie dont des fouillts bien dirigées feraient s ns doute encore sortir des trésori. — I es u.onuments dont on C'oit retrou er les traces pont: un théAtre iircc, le PoBciic, des bainn, une salle de Philosoplios, des temples de Diane et de Venu-, le pnlais impérial (?), les casernes des prétoriens (cenio CamercI c), un cirque ou iiaumnc ie, le >énipéon de Ganope, TAcadémie (?). le Tarlire, la vallée de Tempe, avec un ruisseau pour Péuée.
Une montée de près de 3 kil. à travers une belle forêt d^oliviers, en laissant à dr. la villa de Gassius (dont les ruines sont très-étendues et ont fourni beaucoup d'objets d'art aux musées de lEurope), condiidtà :
TîvoU (Tibur)*, 7000 hab. — (fréquentée parles artistes.) Cette antique ville des Sicules, fondée quatre siècles avant Rome, devint un lieu de délices pour les Romains ; une foule de per^r sonnages illustres y eur* nt des villas. On s'y trouve au milieu df*s souvenir^ lie Mécène, d'Horice, de Pro[)erce, de Catulle, etc. Zénobie, la célèbre reine de Palm\re, y passa sa captivité, et son nom est resté attaché aux bains des aquœ Albulœ^ embellis par elle (Bagni di Regina), Le nom poétique
de Tibur est dans presque tous les poètes latins. Horace le préfère à tous les lieux célèbres et vantés :
Landabunt alii daram Rhodon, aut Mity-
lenen,
Me nec tam patiens Lacedaemoa, Nec tam Larissae percua»it campus opirnse, Quam domus Albunese resonautis, Et praect'ps Anio, ac Tiburiii lucus et uda Mouilibus pomaria rivis.
De nos jours la ville n'offre point d'intérêt par elle-même ; son climat pluvieux et malsain a donné lieu au distique populaire suivant :
Tivoli, di mal confoilo, 0 piove, 0 lira venio» o suona a morte.
Outre les beautés naturelles de son site, Tivoli attire la curiosité par ses restes antiques :
Temple dk la Sibylle. — Monument célèbre et connu de tout le monde, au moins par les gravures et les vignettes, qui l'ont tant de fois reproduit. Ce Setit édifice circulaire, ( faussement ésigné), placé au bord du gouffre creusé par l'Anio, a conservé dix de ses dix-nuit colonnes corinthiennes, revêtues de stuc. On a voulu y voir un TEMPLE DE Ve8Ta, et Nibbj un temple d'Hercule. — A côté est un autre tem-
Êe (de Yesta, de la Sibylle, ou de iisiUe, sœur de Galigula), mais que l'on croit plus généralement être le
TEMPLE DE LA S BYLLE. Il CSt OU tra-
verlin ; carré long et orné de 4 colonnes ioniques. C'est aujourd'hui l'église S n Giorgio. De ce temple on descendait dans la grotte de Neptune, qui s'écroula en 1834. Il y a, à coté, une porte en fer par laquelle on peut y descendre (20 cent, au portier).
Du temple de la ^»ibylle, on a une belle vue des cascades. — Un sentier fait par le général MioUis, et amélioré depuis (prendre le côté droit), conduit au fond d'un entonnoir creusé dans le travertin, à la groUe de Neptune par où passait jadis le bras principal de l'Ânio. Revenant sur ses pas, on tra-
verse une galerie creusée dans le roc et on descend à la gratte des Sirènes, gouffie qui engloutit une partie des eaux de TÀnio qui tombent dans la vallée en bouillonnant à travers les rochers. — Des éboulements survenus à la suite de Tinondation de 1S26 ont changé l'aspect pittoresque des chutes de l'Anio, et enlevé en partie à ces grottes leur intérêt. — Pour obvier à de nouveaux éboulements, on ouvrit un nouvel émissaire aux eaux de l'Anio, en creusant dans le mont Catillo deux tunnels, longs de 274 et de 300 met. L'Anio y fut dirigé, en 1834, en présence de Grégoire XVI; et depuis lors, il forme à l'issue de c-e canal, en se précipitant dans la vallée, une nouvelle cascade d'une seule masse, de près de 100 met. de hauteur. — En remontant de la grotte des sirènes et prenant le sentier à dr., on va voir les :
Cascatelles. — Les eaux de l'Anio, détournées pour l'usage de ({uelques fabriques, viennent se précipiter dans le fond de la vallée, en formant plusieurs chutes. Trois de ces cascatelles sortent de la maison de Mécène ( F.
ci-dessous), et tombeot d'une hauteur de plus de 45 mètres. Ces cascades, intérieures à une foule de cascades de la Suisse, beaucoup moins célèbres, forment un acciaent très-pittoresque dans cette vallée resserrée, mais ouverte du côté de la plaine de Rome. Leurs filets argentés étincellent au soleil et ^e détachent par un vif contraste sur les roches et les mousses d'un ton vigoureux.
Pour jouir de la vue des CascateUes, on contourne à l'E. de Tivoli le ravin où elles tombent, en suivant une route en terrasse, d'où la vue s'étend jusque vers Rome. — On ne tarde pas à arriver à l'emplacement de la :
VlLU DE QlUNTILIDS YaRUS — (sUf ICS
pentes S. Ë. du mont Pcschiavatori, en face de la villa de &lécène). Des restes de celte splendide villa, d'où on a exhumé beaucoup d'objets d'art, subsistent en-
ROUTli 51. — TILLA d'AOKAGE.
eore près de Téglise de la Madonna di • QuintUiolo, C'est un des points les plus favorables pour Jouir des beaux aspects de la vallée de Tivoli.
Villa de Mécèxe. — Ces ruines, le.i plus étendues de Tivoli, sont celles d'un vaste bâlinient élevé sur des constructions gi^^antesques. On y voit encore des pièces immenses et des vuiUes d'une hardiesse étonnante. La via Tiburtinj passait au-dcss(ius lie ces vastes i onstructions au moyen d'un tunnel dont une partie existe encore. Un croit qu'une grande salle souterraine, appelée communément les écuries de Mécène, était un grand réservoir d eau. On y a cn-usé un canal dans lequel coule un torrent rapide qui, passant par une arcade, ^e précipiter au tond de la vallée et foi me une cascade d'un effet pittoresque, qumd on la voit de l'autre côié du ravin. — La villa de Mécène a été i ransfonuée par Lucien Bonaparte en usine où on travaill • le Ter. De la terriisse de celte usine on jouit d'une vue étendue sur la campagne de Rome.
Si l'on continue à avancer, on traverse sur un ancien pont un ruisseau (l'A^Morta); puia on passe de nouveau i Anio sur un pont de boib. Le chemin qu'on prend ensuite
Cour retourner à Tivoli e>l l'aiicieDue voie iburtiiie; après avoir marché un kil., on trouve les ruines de l'édilice peut-être faus* sèment appelé : Yiilë de Mécène.
 peu de distance, à dr., on aperçoit (de la route en ter^as^e vers la viîU de Quint. Varus) un petit édifice rond et à dôme ouvert par en haut, comme le Panthéon, du v" ou vi* siècle, appelé le temple de la Toise (la toux). On pense que c'est une dénomination corrompue, et que cet édifice fut un tombeau ae la famille Tuscia.
Les guides de la localité indiquent d'une manière toute conjecturalH l'emplacement de plusieurs autre.^ villas de personnages célèbres, et entre autres celui de la VILLA b'HoBACE, qui n'a pas eu de villa à Tibur (près de Jermiiage de Sant' Antonio, V. ci-dessous).
A l'entrée de Tivoli, du côté de Rome, près de la porte S**-Croce, est la ;
ViLU d'Esté. — Construite à grands frais parle cardinal Uippolyte d'Ëste II, fils d'Alphonse duc deFerrare(1549), sur les dessins de Pirro Ligorio, et jusque dans ces derniers temps dans
un état d'abandon complet. Elle appartient au cardinal Hohenlohe, grand aumônier du pape, à qui elle a été donnée par le duc de Modène. Le Casino est décoré de fresques (altérées) de F. Zuccari eiMuziano, « Le goût, dit Valéry, y a été sacriGé à de bizarres inventions. Le petit simulacre de Rome en mastic et ses nobles monuments en miniature sont tout à fait ridicules. » Mais la vue que l'on a des terrasses sur la campagne de Rome, et à laquelle de grands cyprès séculaires servent de premier plan, mérite au'on vienne visiter cette villa moerne*.
D • Tivoli, comme point de départ, on peut faire des excursions dans les montagnes de la Sabine Les plus intéressantes sont ce. les de la Vallée de la Licenza, de la maison d' Horace et Vascension du monte Gennaro^ puis l'excursion de Subiaco.
De Tivoli â Palestrina, en 3 ou 4 h.
far une route nouvelle. On rt*desci-n'l de ivoli, on passe près de la villa A<triana, et on prend un des sentiers qui lon;;ent le pied des montagnes, et passe par Zagarolo.
De Tivoli à Frascati, en passant par Ponte Lucano, Osa, Finocchio, 18 milles. On peut louer une vuiiure à Tivoli, ou, si Ton ne craint pas la marche, prendre le matin la diligence de Subiaco jusqu'au couvent de Cosimato, et, prenant de là à gauche, remonter à pied le long de la rive dr. de la Licenzat jusqu'au delà de Rocca Giovane.