ASPECT
sur ce qi.ai sont les marchands d'huîtres, de fniitidimare, etc. — La ligne des (juais est interrompue par les constuctions de Tarsenal de la marine, par la darse, le port militaire et le Castel NuoYo. — Au delà du Mole, elle recommence à la sirada del Filiero, quai longeant le port marchand ; eUe se continue ainsi par - la strada Nuova et la Marinella jusqu'au pont de la MadeleinQ« au delà duquel commence la route de Portici. — La longue ligne de larges quais qui doit s'étendre au bord de cette mer si riche en beaux aspects pittoresques, depuis Chiaiamone et le Castel dell Ovo, nous semble destinée à devenir le
fdus beau parcours de promenade de 'Europe.
Lignes de tramways concédés. — Toute ceUe ligne de quais pourra bientôt être parcourue en tramway, parlant de la station eu chemin de fer, deM^endant, par le Corso Garibaldi^ au quai, où elle se bifurquera : à g. pour ailler à Poriici, à dr. pour suivre le quai jusqu'à la strada del Molo, d'où (après* avoir envoyé un embriinchcmeut jusqu'à la Poste (strada Montoliveto) elle traversera la place del Municipio, passera devant le théfttre S. Carlo, et, par U place del Plebiscito et la strada del Gigante, descendra au quai di Santa Lucia, puis, par Chiatamone et le largo délia Yittoria, elle gagnera la riviera di Chiaja et la suivra ins(}u'à la grotte de Pausilippe, sous la^ qnéiU elle s'engagera. — Quelques autres lignes (entre autres : une du Musée à l'aU bergo de' Poveri) sont tracées dans d'autreci directions.
Aspect. — [Naples, assise au bord de la mer, sur le yersant de plusieurs collines, au sud et au levant, est dans une situation délicieuse, à laquelle on nepeut comparer peut-être que celle de (ionslantinople. Cette situation est si belle qu'elle a inspiré ces paroles enthousiastes : — « Voir Naples et mourir I » Un de ses poètes, Sannazar, a dit que c'était un morceau du ciel tombé sur la teiTe. — Elle est disposée en amphithéâtre sur des collines ^tii Tabritent des vents du nord, au milieu d'un panorama varié dont on ne se lasse jamais. A Torient, s'élève le Vésuve ; la vue embrasse le golfe, la mer azurée et ses îles au relief
Sittoresque. Le long de la côte, à partir e la ville, s'étendent de nombreux vil-
lages, Portici, Résina, Torre del Greco»
l'Annunziata : d'un autre côté est la colline et la grotte de Pausilippe. Au delà du Pausilippe, on trouve Pouzzoles, les lacs d'Agnano et Lncrin, Baja, le cap Misène.... Au N. du lac d'Agnano est le sommet couronné par le couvent des Camaldules, d*où on a une si admirable vue. Au S. et au delà de Torre dell' Annunziata se voient au loin Castellamare, Vico, Sorrentc et le cap Gampanella, séparé par un bras de mer de Tile de Gapri.
Entre tous les beaux points de vue de U ville que présentent les collines environnantes, celui que Ton a du haut du fort S'-Elme et de la Chartreuf e de S^Martin est un des plus remarquables.
Naples est la ville la plus populeuse et la plus bruyante de 1 Italie. Un des caractères propres à Naples, c'est lé mouvement, la vie qui y rèp^ne, l'animation de sa population gesticulatrice et criarde, naturellement gaie et portée à la bouffonnerie. Le Napolitain est une sorte de Grec dégénéré, présentant un singulier contraste avee le Romain, qui semble conserver une certaine tenue grave, une certaine dignité, comme s'il avait toujours présente à l'esprit la grandeur passée de sa ville et de ses ancêtres. Un climat heureux {V. au commencement du volume] et une riante nature, ainsi que la vie en plein air, doivent contribuer à entretenir cette joyeuse humeur, surtout dans la basse classe. Un trait des mœurs populaires qui nous a particulièrement frappé, c'est, dans une population méridionale, si inflammable, 1 apparente facilité de caractère et la tolérance des habitants entre eux. On pourra s'en convaincre en voyant patiemment circuler la fouie à travers mille obstacles se poussant, se heurtant, secognant, sepiétmant, et conservant sadébonnairelé et sa bonne humeur. Pour avoir d'une manière complète ce spectacle, il faut, « après avoir préalablement rois à l'abri sa montre et son mouchoir » *, aller, le soir, se promener dans la strada di Porto, avec sa double rangée de petites boutiques illuminées et couvertes de montagnes de fruits, de léffumes, de victuailles de toutes sortes. Lesgargotiersdu voisinage, envahissant la rue, y établissent en pleân vent leur fourneau, où, sur un
' U n'est que trop vrai que, si l'on ne fait pas continuellement attention à ses poches, on est journellement exposéà être volé.