HERCULANUM. — POMPÉI
Les environs de Naples ofTrent au voy«geur une suite d'enchantements, par la singularité grandiose des phénomènes naturels, la beauté des aspects, la merveilleuse curiosité des ruines et la made des souvenirs antiques. Avant de Tes décrire, nous signalerons à l'attention quelques localitâ remarquables attenant à Naples ou dans son voisinage im^ médiat.
que hau
Nous avons déjà parlé de la belle vue ^ue l'on a sur Naples et la baie du daut de la colline de S'-Ëime et de la Chartreuse de San Martino (p 41 IJ; on y monte du museo Borbonico, par la strada delV Infrascata, qui, contournant au nord la base du furl S*-Ëlme, va aboutir à d'autres rues, qui mènent au village d*Antignano, à celui du Vornero et aux villas groupées autour de ce dernier. — De ce point on peut descendre sur le quai de Chiaja par la salita del Vomero; ou bien, continuant à se diriger vers l'ouest, chercher quelque
F oint sur le revers de Pausilippe d où on puisse jouir de l'admirable vue sur Fuori di Grotta, le lac Agnano, la mer, Nisita, le cap Misène et les montagnes pyramidales aischia, etc., et rejoindre la strada Nuova de Pausilippe vers Bagnoli.
Promenade (en voiture) sur les haatears de PaasiUppe (K. R. 42). — On peut partir du Musée, monter par la strada aeir Infrascata, jusqu^au nouveau Corso Vittorio EmanueUy que l'on suit i travers les pentes des collines derrière la riviera di Chiaja, jusqu'à Pausilippe.
Pour la grotte de Pausilippe et le tombeau de Virgile; MergeUina; le lac Agnano, etc. F. R. 4'^.
Daus une direction opposée, en dehors de In porta Capuana, la strada nuova di Poggio Rcalp, bordée de jardins maraîchers, est un lieu de promenade fréquenté du peuple. La villa des princes d'Anjou et d'Aragon, d'où le site avait pris son nom, et dont on vantait encore les délices au XVII» s., n'exisle plus.
Une excursion à peu de distance de Naples (au nord-ouest du fort S*-Elme), qui ne saurait être trop recommandée aux voyageurs, à cause ae la vue admirable dont on y jouit, est celle des Camaldoli. [On trouve à louer des ânes ('2 fr.) au bas de la strada dell' Infrascata, près le musée.) Les femmes, qui n'y étaient pas admises, y entrent depuis la suppression des ordres monastiques. Trois frères seulement restent à la garde du couvent. — On pourrait visiter le même jour la Chartreuse de San Martino (p. 410), y monter en voiture et, après la visite, monter sur l'âne qu'on aurait loué et qui attendrait à la porte du couvent
Sour vous mener ensuite aux Camalules à travers les détours de la route.
Couvent dei Gamaldules — (altitude 450 met.), situé à l'extrémité orientale la plus élevée de la chaîne des collines entourant au N. les champs Phlégréens. De la belle terrasse plantée de lauriers et d'arbres divers, on a une vue étendue sur le golfe de Naples, les iles, les montagnes de Sorrente et de Gastellamare, Capri, Ischia, Baja, etc., toute la région si intéressante, déente dans la R. 42, qu'on domine et dont on embrasse d'un seul regard le relief pittoresque et les soulèvements volcaniques. — L'église fut fondée en partie par le marquis de Pescaire, mari de Vittoria Colonna. — On pourrait, du couvent des Gamaldules, descendre à travers des collines arides, gagner le village de Soccavo et les bords du lac desséché d'Agnano.
De Naples à Gastellamare, chem. de fer. (K R. 40.)
Le Vésave, Hercnlannm, Pompéf.
L'importance relative des excursions an sud-est coirimande la priorilé. Aprps avoir vu Naple:», le premier but offert à l'impatiente < uiio>ité du voyageur n'est-ce pas le Vésuve et l'ompéif
On peut se rendre de Naples à Pompéi en voiture par une excellente route,^ ou par le chemin de fer :
D.' iNapli'S à Pompéi, 5 convois dans Tété (par le eh m. de fer de Naples à la Gava et a Saleine). — Trajet en 15 min. jusqu'à Partiel; — 52 min. jusqu'à Pompéi.
!'• cl. 2« cl. 3* cK
kil. tapies fr. c. fr. c. fr. c.
8 Portici » 95 » 6i » 40
n Terre del Greco.... 140 «95 » 55 20 Terre 'nnuuziaU.. 2 50 160 » 95 24 Pompéi 2 75 190 110
(Il y a des billets d'aller et retour.)
Do la place S. Ferdinando, omnibus jusqu'à Portici, 40 cent, (trajet : 1 h.).
Le ctiem de fèr ne tarde pas à côtoyer le bord de la mer, U est longtemps resserré entre des murailles et des ma)^ons. comme dans une me. Il laisse à dr. le çrand édrfice des Granili, greniei*s à céréales construits sous Charles lil, aujourd'hui caserne.
Portici*, — H, 300 hab., est pour ainsi dire un faubourg de Naples. On y voit de nombreuses maisons de
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RODn 59. -» LE TÉSUV8.
campagne. Le nom de Portici provient I de VHerculii porticum, situé ici et dont parle Pétrone. — Le Palais, commencé en 1736 par ordre de Charles III, a perdu de son importance depuis qu on a enlevé les antiquités trouvées à Pompéi et à Herculanum pour les transporter au musée de Naples. La cour, de forme octogone, est traversée par la grande route de Naples à Salem e. La façade
{principale du palais est tournée vers a mer. On y voit des portraits de la famille Napoléon, de Masséna, par Gérard et Wicar, les Capucins de Granetj etc.
Reiîna^, — 12,500 hab. (Retina, ancien port d'Herculanum), est contiguë à Portici et renferme également un grand nombre de villas. La principale est la Favorita, au dernier prince de Saleme ; construite sur un courant de lave de 1 631 . Herculanum (F. p. 445) est enseveli sous Retina. — On part ordinairement d'ici pour faire l'ascension du Vésuve. Le bureau des guides pour le Vésuve est dans la grande rue. Un cheval, 5 fr. aller et retour; un guide (indispensable;, 4 à 5 fr. Demander à voir le tarif.
Torre dclGreco*, —10,000 hab., fondée au xui* siècle (?) ; plusieurs fois détruite par les éruptions du Vé suve et les torrents délave brûlante qui coulaient jusque dans les rues de la ville, et firent périr chaque fois des milliers de personnes. La route passe sur les coulées de 1737 et 1734. On voit le long du chemin de fer quel-
Îues restes de villas antiques. — oute cette partie du littoral depuis Portici jusqu'à Torrc dell' Annunziala a été ravagée par les courants de lave du Vésuve, et cependant les pentes du volcan, bien que sans cesse menacées de destruction, sont excessivement peuplées, à cause de leur grande fertilité. — Torre del Greco arme au mois de février des barques pour la pèche du corail. — Entre ferre del Greco et Torre dell* Annun-
ziata, un couvent de Camaldules, situé au pied du Vésuve sur un cône de lave isolé, jouissait d'une admirable vue sur le golfe.
Torre dell' Annuiunata^.^ 16,000 hab. — Fabrique de poudre, d'armes à feu ; nombreuses fabriques de macaroni. — Après avoir contourné les bases occidentales du Vésuve, nous allons porter notre attention sur ce volcan célèbre.
Le Vésnve.
On y monte de Besina (on peut aussi monter de Pompéi). On y trouve des guides, des porteurs et des montures.
Un donne au guide 5 fr. On paye à peu près autant pour un cheval ou un mulet j et 10 ou 15 fr. pour une voiture jusqu'à l'ermitage oan Salvatore, où les voyageurs ne manquent pas de s'arrêter pour goûter le vin (rouge ou blanc] si connu sous le nom de lacryma Christi, nom que le poète Chiabrera trouve bien lamentable pour désigner un vin SI propre à éveiller la joie. I a montée demande environ 2 h. depuis He^ina jusqu'à Termitap^e, où les voitures arrivent par une belle route neuve : les piétons peuvent abréger en coupant les détours de la route. l>e l'ermitage on peut aller à cheval jusqu'à un point si'ué entre la Somma et le cône du Vésuve, à une demi-heure plus loin. Mais le cône du Vésuve ne peut être gravi qu'à pied ou au moyen de porteurs : il en faut 8 qui se relayent à la litière (portantinal, et le prix est de 30 fr. depuis le pied du cône, 60 depuis Résinai L'ascension dos pentes de cendre, prt^sentant une inclinaison de 50 degrés, est excessivement fatigante, parce que la cendre cède sous les pas; nous conseillons de gravir plutôt par les scories, sur les duri's aspérités desquelles la chaussure, qu'il est bon de choisir solide, trouve un point d'nppui résistant. L'ascension du cône demande environ 3/4 d'heure. Nous conseillons également de faire cette excursion de manière à se trouver au haut du Vésuve pour le coucher du soleil, afin d'y jouir du spiendide spectacle du golfe et du vaste horizon étincelant des dernières clartés du jour.
Un peu au-dessus de l'ermitage San
ROUTE 59. — ENTIROIfS DE NAPLES.
Stlvatore s'élève un édifice dont Tappirence excite la surprise au milieu d un site si désolé: c'est un observatoire météorologique, établi en 1844. Il fut d'abord sous la direction du célèbre Melloni. Son directeur actuel est BL Palmieri. On y trouve une collection géolo- -Inique des produits volcaniques du Vésuve. A laide d'un instrument électromagnétique, M . Palmieri peut déterminer exactement les moindres mouvements du sol et la durée des secousses.
Le Vésave, dont le cône isolé et fumant forme le point de vue le plus intétressant de la contrée, a une hauteur de 1,200 met. environ. Bien qu'il soit un •des volcans les moins élevés, c'est le plus célèbre, celui qui a été le mieux étudié; et, par une particularité bien singulière, ce point si peu étendu contient une plus grande variété d'espèces minéralogiques (une quarantaine) qu'aucun autre point de la surface du globe d'une étendue pareille. (Le mica, les pyroxènes, les épidates, l'ausrite, l'amphibole, la breislakite, l'amphigène, la néphéline, ridocrase, les grenats, lastilbite, le lapis- 4azuU,ete-..)
Le cône de cendres est à l'élévation totale de la montagne comme 1 : 3, tan^ dis que pour le Pichincha, au Pérou, il est comme 1 : 10. et pour le pic de Ténérifife comme 1 : 22. Le cône de cendres {proportionnellement plus élevé du Vésuve provient, selon ae Humboldt, de ce qu'étant un volcan bas, l'action s'est con- •centrée principalement dans le sommet.
^ Les écrivains antiques, Diodore de Sicile, Vitruve, Plutarque, Strabon, parlent du Vésuve comme d'un volcan éteint 4epuis des siècles. Spartacus (152 ans ■avant l'éruption qui coûta la vie à Pline) fit camper son armée de 10,000 gladiateurs dans le cratère. Selon l'exact Strabon, il présentait alors un seul cône tronqué, au lieu des deux parties dans lesquelles il se divise aujourd'hui : 1* le cône volcanique, ou Vésuve proprement dit ; 2** la Samma^ formant au fT. et à l'E. du premier une ceinture semi-circulaire, â parois abruptes du côté intérieur et à pnentes médiocrement inclinées à l'extérieur. Entre la Somma et le Vésuve est une vallée de 500 met. de large [Alrio del Cavallo). On pense généralement que la Somma est une portion du cône unique constituant la montagne du temps de Strabon, et qui fut en fMirtie détruit
lors de la terrible éruption de 79, où périt Pline le Naturaliste. C'est alors que se serait produit le cône du Vésuve, et que furent ensevelies Stabiœ^ Herculanum et Pompéi, non sous des torrents de lave, car il paraît que cette éruption n'en produisit pas, mais sous des masses de débris ponceux, identi({ues au tuf de la Somma, et qui existaient auparavant, là comme dans toute la Gampanie; car a le Vésuve, dit Beudant, n'en a jamais produit un atome. ï> Ainsi se trouverait confirmée la justesse de l'expression ruina montis de la lettre écrite à Tacite par Pline le Jeune, lettre qu'on aimera à se rappeler en visitant le^ théâtre du désastre, et dont k cette intention nous reproduisons ici en partie la trsr duction.
Pline le Nataraliste était alors à Hisène, où il commaodait la flotte. Sa sœur, mère de Pline le Jeune, appela son attention sur un nuHge de forme extraordinaire qui s'élevait au-dessus du Vésuve. Pline fit préparer un navire pour aller étudier de plus près le phénomène, et porter à des amis, habitant le pied de la montagne, un secours qu'ils réclamaient. Malgré le:» cendres et les pierres calcinées qiii tombaient sur son na- . vire, il aborde à Stabi», rassure son ami Pomponianus, se fait porter an bain et soupe avec Tapparence de la gaieté. « Ensuite, oit Pline le Jeune (1. IV, 16), il se coucha et dormit profondément, car on entendait de la porte lejbruit de sa respiration... Cependant la cour par où on entrait dans son appartement commençait à se remplir de ceodres et de pierres, et, pour peu qu'il y fût re^té plus longtemps, il ne lui eût plus été possible de sortir. On l'éveille; il sort et va rejoindre Pomponianus et les autres, qui avaient veillé. Ils délibèrent s'ils se renfermeront duns la maison ou s'ils erreront dans la campagne; car les maisons étnieot ébranlées par de violents et fréquents tremblements de terre... Ils attachent des oreillers sur leurs têtes, comme un rempart contre les pierres qui tombaient. Le jour se levaitaillenrs, mais autour dV.ux régnait la plus sombre et la plus épaisse des nuits, interrompue par différentes clartés. On s'approcha duriva^; la mer était toujours orageuse et contraire. Là, mon oncle se coucha sur un drap étendu, demanda de l'eau froide et en but deux fois. Bientôt les flammes et une odeur de souAre qui en annonçait l'approche mettent tout le monde en fuite et forcent mon oncle à se lever. Il »e lève, appuyé sur deux jeunes esclaves, et au même mstant il tombe mort, suffoqué, comme je l'imagine, par cette épaisse fumée. Il avait naturellement la poitrine faible, étroite et haletante. Lorsque la lumière reparut (3 jours après le dernier qui avait lui pour mon onde), on xetrouft