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son corps entier sans blessure.... Son attitude était celle du sommeil plutôt que de la mort. » — Pline le Jeuue, alors âgé de 18 ans, retenu pm ses études, avait refusé d'accompagner si>n oncle. Sa mère, éveillée pendant la nuit par la violence du tremblement de terre, se précipita dans sa chambre. Ils s'assirent dans la cour, et il se mit à lice Tite-Live et i en faire des extraits. Mais, craignant d'être écrasés par la chute des murs, ils s'enfuirent dans la campagne. « Le rivage s'était étendu ; beaucoup de poissons demeuraient à sec sur le sable, une nuée noire et horrible s'ouvrait, déchirée par des sillons de flammes semblables à des éclairs.... Elle s'abaisse sur la terre, couvre la mer, dérobe à nos yeux l'ile de Caprée et nous cache la vue du promontoire de Mi<>ène.... J'étais soutenu par cette pensée triste et consolante à la rois, que tout l'univers périssait avec moi. » (Liv. YI, 20.)
La roche qui compose la Somma diffère des laves du Vésuve. C'est une lave porpb3frique d'amphiarène et de pyroxélne à strates épaisses, placées les unes au-dessus des autres et traversées p-ir de nombreux filons de la même matière. Les cristaux d'ampliigène sont au contraire très-rares dans les laves modernes du Yésnvej en général beaucoup plus scoriacées. Les strates de la Somma se relèvent régulièrement vers le centre du cône sous un angle de 25 à 30 degrés, et les flancs sont recouverts par des couches de tuf ponceux, présentant quelques coquillages fossiles des terrains tertinires, qui semblent attester qu'à une certaine époque géologique le volcan du Yésuve était sous-marin.
En 472, une éruption dont parlent Âmmien Marcellin et Procope, transporta les cendres du Vésuve jusqu'à Constanti- Dople. — On trouve dans Procope et dans Cassiodore des indications de laves coulant dans l'éruption de 512. C'est donc à tort que le P. délia Torre et d'autres écrivains après lui ont cru une le Yésuve n'avait commencé à vomir aes laves qu'en 1036. lie Yésuve resta en repos entre l'éruption de 1500 et celle de 1631. (Dans cet intervalle, en 15/^8, fut soulevé le Monte Nuovo, près Pouzzoles ; le mont Etna, au contraire, fut en activité pendant celte période.) — Il parait que le cratère se trouvait alors dans Pétat où est aujourd'hui le volcan éteint à^Âstroni, parc entouré de murs, ré-^ serve à la chasse royale. Braccini, gui visita le Yésuve un peu avant l'éruption de 1Ô31, dont il fut l'historien, en donne
l'intéressante description que voici : « Le volcan avait (7 à 8 kilomètres) de circonférence et environ 1,000 pas de profondeur; ses flancs étaient couverts de broussailles, et au fond se trouvait une plaine dans laquelle paissait le bétail. Les parties boisées servaient souvent de rel'uge aux sangliers. » Le 16 décembre 1631, sept courants de lave sortirent à la fois et inondèrent plusieurs villages situés au bas de la montagne. Résina, en partie construite sur l'emplacement d'flerculanimi, fut consumée par le torrent de feu. Les inondations de boue ne furent pas moins destructives oue celles de la lave. Car telle est l'abonaance des pluies dues à la masse de vapeurs lancées dans l'atmosphère, qu'il se précipite le long des flancs du cône de véritables torrents, qui se charp:ent d'une poussière volcanique impal|>able, et, entraînant avec eux des cendres incohérentes, acquièrent une consistance suffisante pour justifier le nom de a laves aqueuses ». (Ljell.) On prétend que 4,000 personnes penrent dans cette catastrophe. — Voici la liste des éruptions postérieures jusqu'à nos jours:
— Au commencement du mois de juis 1^58, une nouvelle éruption ayant eu lieu, le cratère supérieur du Yésuve s'est affaissé d'environ 60 met. — Dans l'éruption de 1861 , qui a commencé le 8 décembre par une série de fimieroles, l'acide carboni'^ue qui se dé^age<iit du fond de la mer a tué un grand nombre de poissons. Le sol de Torre del Greco, détruit en
rrtie par l'éruption, s'est soulevé de met. 12 cent. ~ En février 1865, non* velle éruption du Vésuve et de l'Etna. — Une autre éruption commença dans la nuit du 12 au 13 novembre 1867; elle durait encore, mais entrée dans sa période de décroissance, au mois de février 1868. Le Vésuve a commencé à lancer des cendres à la hauteur de 250 mètres. Un nouveau cône formé sur la cime a atteint 120 mètres. Il a été couvert six fois de neige pendant la durée des éruptions. — La violente éruption de 1872 a laissé de terribles souvenirs. .Une vingtaine de
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personnes, surprises dans l'atrio del Cavallo par une coulée de lave, y périrent; des pierres et des matières embrassées furent lancées à une hauteur de 1,300 met.; des cendres furent transportées jusqu'à Cosenza (225 kil.). La lave rejetée avait 4 met. d'épaisseur. De fortes détonations continues jetaient l'épouvante. 40,000 personnes, dit-on, quittèrent Naples. — Il y avait encore, au commencement de 1876, des menaces d'éruption imminente.
Si les éruptions modernes n'ont pas donné lieu à des phénomènes d'une intensité aussi redoutable que ceux de l'éruption de 79, qui engloutit Heiculanum et Pompéi, néanmoins elles entraînèrent plusieurs fois la destruction partielle des villages bâtis au pied du Vésuve. Des torrents de lave ont plusieurs fois traversé Torre del Greco. >ous avons parlé des désastres de l'éruption de 1631. En 1737, la lave traversa Torre del Greco et atteignit la mer. En 1 794, ce village fut traversé par un autre courant de lave qui y fit périr plus de 490 personnes. Elle enveloppa les maisons d'une masse de 4 à 13 met. d'épaisseur, et s'avança, sur une largeur de près de 320 met., de 114 met. dans la mer. le courant de lave, qu'on peut encore examiner sur les lieux, ne mit que 6 h. pour descendre du cratère à la n er. En vain a-t-on voulu engager les habitants à ne pas rebâtir dans une locilité si menacée.
La beauté du site et la fertilité du sol, qiii ne tarde pas à se recouvrir d'une riche végétation, destinée à être incendiée de nouveau quelques années après, explique seule cette insouciance de l'homme sous les menaces de la nature. Cette insouciance est telle, qu'il y a même une poudrière à ToiTe deli' Annunziata.
Les sources et les puits, qui tarissent subitement, sont considérés comme des indices précurseurs d'une éruption. On prétend que l'^s reptiles sortent de terre et aue les animaux témoignent de Tinquieludc. La fumée, s'il en sortait do cratère, augmente considérablement, elle s'épaissit et se mêle de cendres; elle s'é- .lève du cratère sous la forme d'une colonne perpendiculaire jusqu'à une hauteur de 3,000 met., et s élargit à son extrémité supérieure, d'une façon qui l'a fait compi^rer à un pin. Les pluies de cendres et de petits fragments de pierres ponces, dits lapilli ou rapilli, durent
quelquefois plusieurs jours. Elles durèrent douze jours dans l'éruption de 1822, observée par de Humboldt. La vapeur d'e.iU chaude, lancée à la hauteur de 3,000 met., se condense dan!« une atmosphère plus froide, et cette brusque condensation augmente la tension électrique; des éclairs sillonuent en tout sens la colonne de cendres, et ou entend le roulement du tonnerre, distinct du bruit du volcan. Outre les cendres et les lapilli, le Vésuve lance encore des pierres mesurant 1 m. cube jusqu à la hauteur de 1,200 met. Quelquefois les éruptions se bornent à ces phenoniènes. Ordinairement la lave s'élève dans l'intérieur du cratère, «téborde par-d^ssns et se répand en nippes brûlantes sur les flancs de la montagne. Parfois aussi, sous l'influence de la pression intérieure, la montagne se crevasse et la lave coule par des Itouches ouvertes bien plus bas que le cratère.
La lave conserve sa chaleur interne quelguefois pendant des années entières, étant recouverte à sa sui face de scories, qui sont de mauvais conducteurs de la chaleur. On a observa eu 1819, à l'Etna, un courant qui, trois mois après st sorte du cratère, s'avançait encore sur une pente considérable en parcourant un mètre environ par heure. On e>time la vitesse ordinaire de la lave à sa sortie du Vésuve à 1,000 met. par heure. La chaleur est variable : on a trouvé dans la lave des arbres à peine carbonisés. Â la suite des éruptions, il y a parfois aussi un^dégagement d'acidu carbonique de dessous les anciennes laves, et dans les souterrains et les caves; ce phénomène est désgné sous le nom du mofettes [moffitte). En 1822 il se manifesta quarante jours après l'érupt on. En 1794 il fit périr beaucoup de personnes qui furent asphyxiées. La durée des pnénomènes volcaniaues est variable. Tantôt ils conservent leur activité» et se reproduisent pendant dos années entières, tantôt ils s'apaisent rapidement. Lorsque nous visitâmes le Vésuve quelques mois seulement après la violente éruption de février 1850, qui avait entièrement bouleversé la fornrier du sommet, après avoir traversé le plateau, hérissé de petits cônes fumants, où était auparavant l'ancien cratère, nous contournâmes les bords du nouveau cratère aux parois intérieures tapissées de soufre, et d'où s'échappaient une quantité de fume-
RODTB 59. — HUCUUHUlf*
rôles. Du fond dn gouffre s'élevait une légère colonne de fumée, faible indice du feu souterrain qui quelques mois avant avait causé de si terribles ravages. Il semblait qu'on eût pu descendre au fond du sombre entonnoir. Mais sns cendres, refroidies en apparence, enflammaient un bâton qu'on y plon^^eait à moins d'un mètre au-dessous du bord où les pieds posaient.
HéronlaBum.
Valéry conseille avec raison de ne visiter les restes de celle ville enfouie sous terre qu'après s'être familiarisé, en visitant les ruines de Pompéi, avec la dislriliution des monuments antiques. C'est à Résina {V.
p. 441) qu'on v des.«*nd ; une Inscription en mdique l'entrée. On donne 2 fr. auK iruides qui rou mirent des torches. Entrée libre le dimanche. On desc nd par un Ions escalier, à 27 met. de profondeur, sur l'emplacement du théâtre (oi-dessous) ; puis on va visiter, un peu plus loin, dans le vico melo, les autres parties découvertes (fcavi nuovi).
Bercnlaiiam (Ercolano) est, a;rec Fompéi et 'Stabiaa, une des villes englouties par réruption de Tan 79 {V.
p. 442). Ces trois villes étaient situées a peu près à égale distance. Celle d'Uerculanum, recouverte aujourd'tiui par Portici et Résina, et bâtie sur une coulée de lave trachytique, probablement contemporaine de la Somma, fut ensevelie sous une masse de cendres embrasées qui ont calciné les objets sur certains points, ou qui, entraînées par des torrents d'iau descendant des flancs du Vésuve, formèrent un tuf d'une telle dureté, ou on l'a pris longtemps pour de la lave. Toute la matière qui y remplit l'intérieur des édilices y a ét^ évidemment introduite à l'état de limon. Mais les couches supérieures des dépôts ont été recouvertes de coulées de lave à des époques postérieures. Le nom d'Herculanum a disparu depuis l'éruption de Tan 472. Hamilton y a compté six couches superposées provenant de différentes émulions et -séparées par des lits de terre végétale dans lesquels on a, diton, recueilli une quantité considérable de coquilles terrestres. Toute cette masse accumulée a une épaisseur de 21 à 34 met. Herculanum , ainsi que Pompéi, était un port de mer. « L'accroissement de la terre ferme est dû
au comblement du lit de la mer par des matières volcaniques et non à un e&haussement du sol, car on n'y observe aucun changement dans le niveau relatif du sol et de la mer. A Herculanum, aussi bien qu'à Pompéi, le petit nombre de squelettes qu'on a trouves prouve que la plupart des habitants eurent le temps de s'enfuir et purent emporter ou revenir chercher en partie leurs effets. > Herculanum [nom dont l'étymologie la plus probable se rattache à celui d'Hercule; — Ovide l'appelle Herculea urbs) remontait à une naute aniiquité.
Colonie pc'lasgienne, il appartint d'abord aux Osques ; les Étrusques les en chassèrent 600 ans avant Jésus -Christ.
Ceux-ci furent à leur tour soumis, vers 420, par les . Sanmiles ; enfin il devint colonie romaine et l'une des villes les plus florissantes de la Campanie. H paraît avoir été une ville plus artistique que Pompéi, Hvrée au commerce. Les grands de Rome y avaient des viUas. Son port s'appelait Retina, nom conservé dans le nom moderne de Résina: Pendant des siècles Herculanum était resté presque oublié, lorsque en 1711 Emmanuel de Lorraine, prince d'Elbeuf, ayant besoin de marbres pour orner une maison qu'il faisait construire à Portici, apprit que dans un puits creusé à Résina par un boulanger on en avait trouvé en abondance ; il'ordonna de continuer à creuser dans ce lieu, de manière qu'il découvrit le théâtre d'Herculanuni par la partie postérieure de la scène. Pendant environ cinq ans il y recueillit des marbi'es, des colonnes et des statues, dont il fut ensuite obligé de rendre une partie au gouvernement. Charles III interdit aux particuliers la continuation des fouilles, et ordonna, en 1738, que l'on reprit les travaux en diverses directions dans le voisinage du puits. Les fouilles furent poursmvies jusqu'en 1770, et dirigées d'une manière peu intelligente. Comme Kesina et une partie de Portici s'étendent au-dessus d' Herculanum, on remplit une des excavations, après y avoir fait des recherches. Les fouilles, poussées activement sous le gouvernement français, puis, longtemps interrompues, ont été reprises de 1828 à 1837, et de nouvt au en 1868.
Théâtre, — C'est le premier monument et le plus grand qu'on ait dé< ou- ¥ert. Il pouvait contenir environ 10,000
ROUTB 39. — ENTIROlfS DE NAFLES.
spectateurs, et il est composé de 16 rangs de gradins en travertin et de 3 rangs à l'amphithéâtre supérieur. L'orchestre, pavé de marbres africains, est d'un tiers plus grand que celui du théâtre Saint- Charles. Ce théâtre était enrichi de colonnes et de statues en marbre et en bronze, parmi lesquelles quatre statues é(|uestres en bronze doré. — Cette visite, faite à la lueur des flambeaux au fond d'une cave, n'a d'ailleurs qu'un médiocre intérêt aujourd'hui. L'emplacement du théâtre est obstrué par des piliers massifs destinés à étayer les terres supérieures, et qui empêchent de saisir de Fœil la disposition du monument. Il faut le reconstruire par Li pensée. — Une des galeries aboutit au puits moderne par lequel pénètre la lumière. Sur l'arcnitrave d'une des portes on lisait que L. An. Mammianus Rufus, juge et censeur, avait construit le théâtre à ses frais; et sur l'autre, que Numisius,
gis de Publius, en était Varchitecte. — n voit â une voûte l'empreinte d'un masque humain, qu'Hamilton a comparé pour la netteté aux moulages obtenus avec le plâtre de Paris.
Basilique. — Cet édifice, long de 74 mètres et large de 43, avec un portique de 42 colonnes, était orné de statues en marbre et en bronze, et de peintures ï fresque. Sur la place, devant la basH liqae, se trouvaient les deux statues équestres, aujourd'hui au Musée national, de M. Nomus Balbus, et de son fils M. Nonius, proconsul, qui, selon une inscription, éleva à ses frais la basilique.
Outre le théâtre et la basilique, on découvrit plusieurs autres monuments publics qui furent ensuite recouverts.
De 1750 à 1760 on découvrit l'importante :
Villa €P Aristide ou des Papyrus. — On y trouva le Faune ivre, les 6 célèbres Danseuses, le Faune dormant, le Mercure, l'Aristide, l'Homère, la Minerve étrusque, une quantité de bustes, le croupe du Satyre et de^ la Chèvre (Musée secret) et une bibliothèque de papjrus {V. p. 433). — Les nouvelles fouilles, reprises en 1828, mirent â déeouvert la
Maison dite d'Argus [d'après une peinture d'Io giirdée par Argus). Elle fournit au musée de Naples un grand nombre d'objets curieux, entre autres des comes-
tibles ; mais cet emplacement atait déjà été fouillé 100 ans auparavant par le prince d'Ëlbeuf. — Une petite plante semée, du temps de Titus, dans le jardin de cette villa poussa de nouveau et se couvrit de fleurs.
Les rues d'Herculanum sont droites, pavées de dalles de laves et bordées de trottoirs. Les maisons particulières, distribuées comme à Pompéi, s(mt i un seul étage.
Pompéi.
On s'y rend de Naples par le chemin de fer de Salernc et d'Kboli, avec lequel, à Torre dell' Annunziata, s'embranche celui de Castellamare. On descend à la station de Pompéi*. -> Â moins d'une autorisation spéciale, on ne peut visiter Pompéi sans être accompagné d'un des guides établis par l'autorité pour conduire les voyageurs. — Depuis le commencement ae l'année 1863, on a établi, à l'entrée de Pompéi, un tourniquet pour compter les visiteurs ; on paye 2 fr.
d'entrée par personne, et on est accompagné par un gardien. Il y a défense absolue de rien donner aux guides (il y en a une trentaine; plusieurs parlent français) et menace de destitution pour ceux oui accepteraient une rétribution.
Cette défense est affichée partout dans toutes les langues. — Le dimanche, l'entrée est libre et gratuite.
On entre par la porta Marina, près de r hôtel Diomède, ou du côté de la viUa Diomède, de la voie des tombeaux et par la porte d'Herculanum; c'est cette dernière voie que nous suivons. — Une demi-journée suffit pour visiter Pompéi, si, en présence de ces ruines si étendues et si intéressantes, on veut se conten» ter seulement d'un premier et rapide examen.