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Tautre à queue d'aronde. On n'a pas retrouvé de murs du côté 0., qui regarde la mer, soit qu'ils aient été détruits par Sylla ou Auguste, ou que la pente rapide doucette partie de la ville du côté de la mer les rendit inutiles. Ces murs ne devaient guère, à cette époque, servir que de promenade.
Les porte! étaipnt au nombre de 8. Celles d'Herculanum et de Stabies sont en partie conservées .
Ruei. — Elles sont droites en général et très-éti'oites, afin de les
! rendre moins accessibles au soleil ;
I un grand nombre le sont tellement, qu'on peut les franchir d'une seule enjambée. Un seul char pouvait y circuler; on voit encore les traces des ornières. Elles sont irrégulièrement pavées en laves, comme la voie Appienne, et bordées de trottoirs élevés.
Quelquefois un dé en pierre est placé au milieu de la rue pour faciliter le passage d'un trottoir à Tautre en temps de pluie. Il y a aussi des marches en pieiTe pour monter à cheval.
— On a découvert récemment une source d'eau vive au fond d'un puits de 25 met. 20 de profondeur. Indépendamment des puits et des citernes, Un aqueduc, aujourd'hui disparu, fournissait sans doute de l'eau à la ville de Pompéi fort élevée au-dessus de la rivière. La plupart des rues étaient ornées de fontaines, alimentées par l'eau cpi'amenaient des canaux en maçonnerie, qui se distribuaient dans les édifices publics ou les maisons particulières au moyen de conduits en plomb. — On retrouve aussi dans
I certaines rues des inscriptions rappelant notre : Défense de déposer aucune ordure. Mais le latin, qui, dans les mots, brave l'honnêteté, est plus explicite; telle est cette inscription dans une petite rue près du Forum :
Duodecim deos et Dianam et Jovem Optimum maximum habeat iratos Quisquis hic minxerit aut cacavcrit.
Ilaîtoiit. — L'architecture qui règne
à Pompéi dans les édifices publics est une corruption de l'architecture grecque. — Les habitations particulières n ont que deux étages. Ces maisons, bâties presque toutes sur un même plan, sont remarquables par la petitesse des pièces, amsi que par les décorations. Les pièces étant groupées autour de deux cours, s'ouvrant l'une derrière l'autre, la façade était peu développée, compai*ativement à la profondeur de la maison. Il faut se rappeler que la ville de Pompéi, bien qu ensevelie depuis 18 siècles, est une ville neuve et rebâtie peu de temps avant l'éniption qui Fa engloutie ; elle avait été ruinée par les tremblements de terre qui précédèrent ce dernier cataclysme. Cette circonstance lui a enlevé son caractère archaïque, et a contribué à la monotonie de ses constructions refaites à la hâte. Des colonnes primitivement doriques ont été rhaniUées à la corinthienne au moyen d'un replâtrage de stuc. On pourrait dire que Pompéi est une ville de stuc, tant le revêtement des édifices y tient de place. Les maisons, qui ne réalisent aucune de nos idées modernes de confort, accusent dès l'abord la différence entre nos habitudes et celles des anciens : La vie, tout extérieure, se passait au forum, sous les portiques, dans les basiliques, les palestres, le gymnase, les bains....
La disposition principale des maisons de Pompéi (F. le plan de la maison de Pansa, au plan de Pompéi) consiste en deux cours intérieures environnées de portiques et d'appartements : l'une, V atrium, espèce de forum destiné à recevoir les visiteiu^s et les étrangers ; l'autre, le perUty^ lum, approprié à la vie privée et domestique. C'est là le type de la maison romaine correspondant à la double vie privée et publique des citoyens.
Les dispositions variaient d'étendue et d'importance selon la fortune des propriétaires Les principales étaient
les suivantes : — le prothyrum ou Testibule, ayant une porte d'entrée sur la rue (quelquefois sur un portique où attendaient les clients), et une seconde porte ouvrant à Tiutérieur sur Tatrium. Vatrium était une salle carrée, dont le plafond laissait au centre une ouverture (compluvitsm) donnant du jour à la cour et livrant passage aux eaux pluviales, c^ étaient reçues dans un bassin carre (impluvium) situé au milieu. Le portique autour de la cour était désigné sous le nom de cavcedium. Autour de Tatrium étaient distribuées des chambres k coucher (cubicula) éclairées par la porte et remarquables par leur petitesse. Au fond de Fatrium était le tahlinum, salle d'audience où Ton conservait les images des ancêtres et les archives de la famille. De chaque côté deux pièces appelées ailes, atœ, avaient en partie la même destination.
Ce souvemr reli^eux de la famille, propre à Tantiquité et aux peuples de rOrient, contraste avec notre insouciance et notre oubli rapide des ancêtres au delà de la seconde génération. Le tabUnum servait quelquefois de pièce de communication entre Tatrium et le péristyle ; cette communication s^effectuait ordinairement par un corridor appelé fauces. — Le peristyhrni étaut une cour ouverte à Tair au milieu, et entourée d'un portique à colonne, servant d'abri pendant la pluie. Au centre était un petit parterre orné de fleurs. Un mur à tiauteur d'appui, pluUuSy s'étendait entre les colonnes. C'est autour du péristyle qu'étaient les appartements intérieurs ; entre autres la salle à manger, désignée sous le nom de tnc/tntum, d'après les trois lits placés autour de la table et sur lesquels les convives se couchaient pour prendre leurs repas. Il v avait des tnclinia pour l'été et pour 1 hiver. Des chambres à coucher étaient distribuées autour du péristyle, comme autour de l'atrium. Au fond du péristyle était Yœcut, salle élégante, ou-
ROUTB 59. — BmnAOMS OB MAPLfiS.
vrant souvent sur le jardin, et où se tenaient les femmes. 11 y avait encore Vexedra, salle avec des bancs en hémicycle pour la conversation ; la bibliotiièque; la pinacoiheca ou galerie de tableaux ; le lararium ou chapelle des dieux domestiques; la salle de bains. Tout au fond était un petit espace libre, planté de fleurs et d'aroustes, nommé xysitu. On y voyait des fontaines (beaucoup sont en rocailles et en coquillages) et des statuettes. C'est là qu'était sous des treilles le triclinium d'été. — Enfin une petite pièce de dégagement, au fond de la maison,posttcum, permettait de sortir dans la rue et de se dérober aux importuns. La séparation entre l'appartement des hommes, andronitiij et celui des femmes, gynecœum, était plus ou moins complète.
Dans quelques maisons, comme dans la maison de Sallusle, les appartements des femmes occupaient à part une partie de l'habitation, à la manière d'un harem. Là se trouvait le vene^ reum, mot dont l'analogue serait chez nous le mot boudoir, qui ne le traduit nullement. L'entrée des appartements était gardée par des esclaves, qui habitaient de petites chambres contiguës. — Les pièces du premier étage, désignées aussi sous le nom de cœnacula, servaient à loger les provisions et les esclaves. Cet étage avait seul des fenêtres sur la rue. D présentait quelquefois des terrasses ombragées de treilles. Des conduits en plomb (nous nous rappelons en avoir vu à un 1" étage) y conduisaient l'eau, sans doute pour l'agrément de ces jardins aériens. — On a trouvé du charbon dans des chambres de quel-
3ues maisons, mais point de traces e cheminée ni à Pompéi ni à Herculanum ; il existe toutefois des espèces de fours avec des tuyaux. — L'absence d'écuries et d'étables n'est pas moins remarquable : même dans les auberges, les squelettes des chevaux gisaient dans les cours. — On a fait
ROUTE. 39. — poxpéi.
la remarque que dans la partie jusqu'ici découverte de la ville, il n y a 5 oint de maisons pouvant être consiérées comme appartenant à la classe pauvre. Les fouilles de l'avenir feront connaître si un quartier particulier de Pompéi était affecté à la classe inférieure. Il nous semble toutefois que les petites boutiques et les maisonnettes qui avoisinent la porte de Nola (F. plus loin) semblent indiquer un quartier qui devait répondre en partie à ces nécessités. — Les noms inscrits en lettres routes ou noires sur les maisons n'indiquent pas, comme on l'a cru d'abord, les noms des propriétaires : — D'autres inscriptions remplaçaient nos écriteaux de location.
Voîcî une de ces inscriptions, trouvée sur un édifice près l'amphithéâtre : In nurons Jdu£ sp. f. felicis locantur bal-
NBUN VEHERimi ET SONGEKTUM TABERNiB PER-
GULJi CŒITACULA EX IDIBUS AU6. PRIMIS IN
, IDDS AUO. SEXTAS ANNOS CONTINUOS QUlNQUE.
8. <2. o. L. E. N. c. : A louer, dans les domaines de Julia Félix, fille de Spurius, du i*» au 6 des ides d'août, un bain, un venereum, 900 boutiques et étaux (ou échoppes), et pièces au i*' élage (sans doute pour le logement du xnarchand], pour cinq années consécutives. On avait interprété les lettres s. q. D. L. E. N. c, par : si quis domi lenoci-
NIDU EXERCEAT NON CONDUCITO, C'CSt-à-
dire (avec la condition d'usage (|ue) si l*on y établit un lieu de prostitution, le bail sera résilié; clause intéressant la moralité dans cette annonce de location, où Je mot Venereum appelle une interprétation 1 Comme nous exprimions à cet égard nos doutes à H. Fiorelli, dans un
f)récédent voyage, il voulut bien nous aire connaître l'interprétation très-probable, de ces lettres, publiée par lui dans le Bulletin de Minervini : si
QUINQUENNIDH DECURRENT LOCATIO ERH* NUDO
coNSENsn : après les cinq années écoulées la location continuera par simple consentement. Dans sa description de Pompéi, publiée en 1875, M. Fiorelli passe toute cette question sous silence.
Les maisons, même des riches propriétaires, étaient entourées de iou-
tiqueiy dans lesquelles ceux-ci faisaient vendre leurs denrées (usage encore subsistant aujourd'hui dans certaines parties de l'Italie), ou qu'ils louaient et dont ils tiraient un bon revenu. Ces boutiques, très-petites, s'ouvraient sur la rue, dans laquelle se tenaient les acheteurs. Un fort jjetit nombre avaient des pièces de derrière ou au 1*' étage. Elles se fermaient la nuitavec des volets à coulisse. Le nom du marchand était en lettres rouges audessus de la boutique. Parmi les peintures servant d'enseigne, on signale 2 hommes portant une amphore, pour un marchand de vin ; 2 hommes combattant, pour une école de gladiateurs ; un maître d'école avait pour enseigne, peu engageante , la représentation d'un pédagogue fouettant un jeune garçon hissé sur les épaules d'un autre.
Les plus petites boutiques, aussi bien que les maisons, sont ornées de mosaïques et de peintures, et c'est là un des traits singuliers de la physionomie de Pompéi, que cette profusion de décorations régnant partout.
Malheureusement ces peintures, qui avaient conservé toute leur fraîcheur, s'allèrent une fois exposées à l'air,, et un certain nombre a péri. On a essavé de recouvrir d'un verre celles crue l'on veut laisser sur place; mais 1 éclat que leur avait conservé le Vésuve, le soleil ne tarde pas à l'enlever. Quelle que soit la profusion des peintures décoratives de Pompéi, M. Marc Monnier a pu dire avec raison qu'il n'y a ni style pompéien, ni artistes de l'endroit portant un nom connu; en revanche, il signale un éclectisme facile, trahissant la décadence ou la stérilité du temps. Mais il faut se rappeler que cette localité était un simple municipe, une bourgade sans importance par rapport & Naples; quelque chose comme S*-Denis, Sceaux ou S*-Cloud, par rapport k Paris. Si les maisons de ces dernières villes venaient à être ensevelies par un
RODTE 39. — ENVraONS DB NAPLES.
cataclysme, quelles rares et mesquines trouvailles en fait d'objets d'art elles réserveraient aux découvreurs futurs !
Quelle triste infériorité, sous ce rapport, de notre civilisation moderne mise en regard de l'antiquité! — Si les découvertes ont été d une grande valeur au point de vue de l'art, elles ont été nulles jusqu'ici au point de vue de la littérature et des livres.
\prc's CCS renseignements préliminaire ^,nous allons procéder à l'indication oes principaux édifices, avec l'année de leur découverte. Les noms par lesquels on les désigne sont empruntés pour la plupart aux objets d'art qu'on y a détouverts.
Notre description de Pompéi commence par la villa Diomède, la rue des Tombeattx, et en entrant dans la ville par la porte d' fferculanum. — L'on fera bien, avant d'aller visiter Pompéi, d'étudier le plan, en fi'aidant de la description, de manière à arnver sur les lieux déjà faroiliarisQ avec la topographie.
N. B. — Notre plan de Pompéi ne contient pas le tracé des découvertes tout ù fait récentes. Chaque année en amenant de nouvelles, on trouvera probablement à acheter à Pompéi même des plans mis au courant.
La principale entrée de Pompéi est située dans un de ses faubourgs, déblayé de 1812 à 1814 et nommé par erreur Augustuê Félix, de la colonie fondée par Auguste et Sylla. Les tombeaux qui bordent la route lui ont fait donner le nom de rue dea Tombeaux. Dans cette rue, un ricbe Pompéien avait sa maison de plaisance, improprement désignée aujourd'hui sous le nom de :
- Ff7/arfeZ>tomé<fe — (1771-75), une des plus vastes habitations de Pompéi, elle offre un rare exemple d'une maison à trois étages non superposés, mais à différents niveaux, sur la déclivité de la collinCé C'est un spécimen unique de villa suburbaine. Son nom lui a été arbitrairement donné d'après un tombeau de M. Arrius Diomedes,
un des affranchis de Tibère et maire du faubourg, trouvé à côté ( F. l'alinéa suivant). On arrive à la porte d'entrée par 7 marches flanquées de 2 colonnes, et on entre dans un péristyle, sorte de cloître soutenu par 14 colonnes revêtues de stuc, et ayant un impluvium qui alimentait ime citerne.
A g., une antichambre (procœton)^ avec une sorte de cabinet pour l'esclave de service (cuhicularius), mène à une chambre à coucher elliptique à alcôve (zotheca). On y a trouvé des anneaux qui probablement soutenaient les rideaux. Les fenêtres du mur circulaire donnaient sur un jardin et étaient éclairées par le soleil depuis son lever jusqu'à son coucher. (Jn a trouvé des restes de carreaux de vitre*. Dans l'angle formé entre le portique et sa façade sont les diverses salles destinées aux bains froids et aux bains de vapeur, introduits pr le luxe dans les demeures des riches. Ces pièces et toutes les autres distribuées autour du péristyle sont remarquables par leiu* petitesse, et im certain nombre par leurs élégantes décorations. A l'extrémité est un jardin entouré de portiques et ayant une piscine avec un jet d'eau et une treille. Sous les portiques s'étendaient des celliers dans lesquels on peut voir encore des amphores (on V a trouvé les restes du vin desséche par le temps), rangées et à moitié ensevelies dans les cendres. On suppose que l'on rentrait la ven-
* On ignorait par quels procédé.s les anciens pouvaient obtenir des plaques rectangulaires dont plusieurs mesurent 72 centimètres sur 54. Un habile manufacturier, M. Bontemps, a pu reconnaître, à la présence des bulles d'air et d'après quelques autras particularités décisives, que ces vitres sont le résultat d'un simple coulage. « L'analyse chimique a démontré un fait très-curieux, c'est la presque identité de composition de ces vitres et de nos vitres actuelles. Un chimiste a trouvé le verre des carreaux de Pompéi ainsi composé : silice, 69; chaux, 7; boude, 17; alumine, 3. Or, l'analyse du verre à vitre faite par M. Dumas et citée dans son ouvrage, donne : silice, 68; chaux, 9; soude, 17; alumine, 4. » r^^^^T^
RODTE 39. ** POMPél.
dange lors de Téniption. C'est dans ces celliers que l'on trouva les squelettes de i 7 personnes qui y cherchèrent un refuge et y furent prooablement suffoquées. Elles furent recouvertes d'une cendre fine qui se moula parfaitement sur leurs corps et les ditféreptes parties de leurs vêtements. Malheureusement, lors de la découverte, on s'aperçut trop tard de la perfection de ces empreintes. Un de ces moulages, conservé au musée de Naples, porte l'empreinte admirable du sein aune jeune femme. Ces squelettes, d'après les bijoux trouvés (F. p. 424) , semblent avoir appartenu principalement à des femmes. Deux squelettes d'enfant avaient encore des restes de blonde chevelure. Près de la porte du jardin on trouva deux squelettes, dont l'un, tenant une clef et ayant près de lui une centaine de pièces d'or et d'argent et des vases précieux, a été supposé être le maître de la maison, qui abandonnait sa famille dans ce terrible désastre et cherchait à fuir vers la mer.
Tombeaux. — Dans la rue en face de la villa précédente est le tombeau de la famille de M. Arriuê Diomedes (1774) (n" 1 du plan), affranchi de Livia (?) et magistrat du faubourg ainsi que Tmdiquent les faisceaux. Ils sont représentés renversés en signe de sa mort. — Tombeaux de Gratus, de Salvhis et de Servilia; de Ceius Menomachuê, et du duumvir Lahéon; de deux Libella^ élevé par Âlleïa Decimilla, prêtresse de Cérès, à son fils et à son mari. — A l'embranchement des routes, tombeau sotUerrain (n* 3), remarquable par sa porte en marbre sur pivots de bronze. Le caveau voûté, éclairé par une lucarne, contenait des vases remplis de cendres.
— En avant de ce tombeau est une construction qu'on regarde comme rmustrinum (n''4), lieu où l'on brûlait les corps. — De l'autre côté de la rue, à dr. en allant vers la porte de la ville, sont des monuments fu-
néraires mieux conservés et plus inté^ ressauts. -- A côté de l'entrée de la villa de Diomède est un triclinium, où se célébrait le repas funèbre (silicernium). Il est entouré sur trois côtés d'un mur décoré d'arabesques., — Tombeau de Nœvoleia Tyché :
cette affranchie de Naevoleius le fit faire de son vivant (comme le dit l'inscription mieux interprétée), pour elle et son mari le magis* trat G. Munatius et pour ses affranchis et affranchies. Ce tombeau remarquable a des bas-reliefs intéressants ; entre autres, tm navire avec les matelots carguant la voile. L'inscription indique que le bisellium, ou siéçe d'honneur et- distinction municipale, a été accordé par les décurions à Munatius. — Tombeau de Nistacidius et de sa famille. — Tom^ beau de Calventius Quietua Augustal, (1815) ; monument d'un beau style ; bas-relief. On y voit le bisellium. — Tombeau rond (1812) ; tour élevée sur une base carrée, dans laquelle s'ouvre une petite porte menant au caveau. Les petites pyramides aux angles du mur sont décorées de basreliefs en stuc. Un des sujets représente une jeune femme déposant un filet sur le squelette d'un enfant.
Mazois suppose que cette , touchante composition se rapporte à la découverte du corps d'un enfant qui avait péri dans le tremblement de terre. — Tombeau d'Aulus UmbriciusScauruê^ le plus beau monument de la rue, après ceux de Naevoleia et de Calventius ; curieux par les bas-reliefs (auj. disparus) représentant des scènes de chasse et des combats de gladiateurs, qui ont fourni des renseignements précieux sur ces jeux cruels, si en vogue chez les Romains. Une figure de gladiateur combattant un ours avec une épée d'une main et un voile de l'autre, à la manière des combats de taureaux qui ont lieu de nos jours en Espagne, fournit une date pour ce I monument; car PlÎQe (YIU, 16) dit
ROUTE 39. — ENVmOMS DB NAPLES.
qne le voile ne fut pas employé dans les combats contre les animaux ayant le règne de Claude.
Près de là (n" 2 du plan), une tête en marbre avec Tinscription suivante :
Junoni Tyches Juliœ Augwtiœ Vener. , a donné heu à de longues dissertations. Junoni signifie sans doute au Génie protecteur de Tyché. (C'était une sorte d*ange gardien qui veillait sur l'individu, naissait et mourait avec lui. Sénèque, ép. 110; TibuUe YI, 6, 1.) Le mot venerea soulève de plus grandes difficultés. On veut que cette Tyché ait été l'entremetteuse des plaisirs de Julie, fille d'Auguste. [Quel qu'ait été le laisser aller des mœurs antiques, nous pensons qu'il y a là une fausse interprétation. Les souillures de la vie ne sont pas des titres à inscrire sur un tombeau placé à la porte d'une ville. La difficulté disparaît si, comme le pense M. FioreUi, le mot venerea est un nom de femme, nom qui pouvait être fréquent à Pompéi, dont la patrone était Vénus, comme celui de Gennaro est très-répandu à Naples, qui a pour patron san Gennaro (saint Janvier).]
De l'autre côté de la rue, en face des tombeaux précédents, sont les restes d'une grande construction que Ton croit avoir été une hôtellerie. On y a trouvé 4 squelettes avec quelque argent, et le squelette d'un âne. — Traversant de nouveau la rue, on trouve les restes d'un vaste enclos qu'on a appelé légèrement la :
Villa de Cicéron — (1764). On sait en effet (Attic. XV, 16, et Académ,y II, 25) qu'il avait une villa à Pompéi. On a trouvé dans cette villa, plus belle encore que celle de Diomède, des peintui^s et des mosaïques remarquables (p. 417). On l'a recouverte de nouveau après en avoir tiré les principales curiosités. D'après une inscription, M. FioreUi dit que ce domaine est le PRiEDiuir M. CrassiFrugi.
— En continuant à aller vers la porte de la ville, on trouve le ;
Tombeau de Porcius et celui de la prêtresse Mamia, sur un terrain accordé par les décurions. — Vaste banc semi-circulaire. De l'autre côté du tombeau, autre exèdre servant de lieu de repos, à la porte de la ville, -r Enfin, avant d'arriver à la porte, il ne reste plus à signaler de ce côté qu'une niche voûtée désignée vulgairement sous le nom de guérite, parce qu'on y a trouvé un squelette de soldat, qui y chercha un refuge pendant Téruption. Il avait la visière de son casque baissée et sa main de squelette serrait encore sa lance. Selon Mazois, cette niche serait une chapelle ; d'après l'inscription, on la considère aujourd'hui comme un tombeau de Mar^ eus Cerrinius Augustal (1763). [N» 5 du plan.] — Retournant un peu en arrière, on trouve de l'autre côté de la rue et en face de la villa de Cicéron, un:
Hémicycle couvert (1811), avec exèdre ou siège semi-circulaire abrité sous une voûte. On a trouvé près de là les squelettes rapprochés et unis ensemble d'une femme avant des bijoux de prix et de trois enfants. — En suivant le côté gauche de la rue, on trouve encore quelques ruines de monuments ^éraires sans importance. Le dernier et le plus rapproché de la porte est une base de statue.
Porte d'Heroulanum , — entrée principale de la cité, consistant en trois arcades bâties en briques et en lave ; les deux latérales, pour les piétons, sont petites et étroites. Elle se fermait extérieurement, à la manière des donjons du moyen âge, par une porte en bois ou herse (cataracta) suspendue avec des chaînes de fer, et descendant dans des rainures profondes, encore visibles ; et, à l'intérieur, par une seconde porte.
Une ouverture située entre ces deux portes permettait de lancer des projectiles sur les assaillants qui s'étaient laissé enfermer là. Cette construction était recouverte de stuc blanc, sur
ROUTE 59. — POMPAI.
lequel on a retrouTé des annonces de combats de gladiateurs en lettres rouge : (20 paires de gladiateurs combattront AUX NoNEs, etc..) — En dedans de la porte, à g., sont les rampes qui mènent sur les remparts.
Rne d'Herculannm *,
Auberge d'Aïbinus (1770) première maison à dr. près de la porte. (N* 7 du plan). On y a trouvé des squelettes de chevaux, des mors, des brides, des fragments de roues de char. Plusieurs appartements^ une cuisine, une vaste cave. Sur un pilastre est sculpté un phallus : ce signe obcène était-u destiné, comme queiques-unsPont avancé, à conjurer le mauvais œil? On avait conclu d'abord de cette enseigne que c'était un lieu de prostitution. D'après le nombre de petits Priapes en or, en argent, en bronze, en corail, qu'on y a U*ouvés, il est probable qu'il y avait là un marchand de ce genre d'amulettes. — En face est (un café, comme on l'appellerait de nos jours) un :
Thet-mopolium (1769). — On y vendait, comme le nom l'indique, des boissons chaudes. Fourneau, étagères.
Les verres, fondus par la chaleur, ont laissé des traces sur une table de marbre. (N» 7.)
Maison des Vestales (1769) (N» 8 du plan). — La double maison à laquelle on a donné ce nom était décorée de mosaïques et de peintures remarquables, mais peu conformes à l'idée qu'une pareille dénomination éveille. Une partie a été transportée au Musée de fiaples. On lit encore le moi, salve sur le pavé du vestibule. On trouva un squelette d'homme dans
* Pour faciliter l'intelligence du texte, nous empruntons au plan de M. E. Breton les noms, proposés par lui, de rues : de Narcisse, de modestus, de Fortunata, du Faune, et de ruelle d'Eumachia. Il est à désirer que l'on arrête d'une manière précise la nomenclature topographique de Pompéi ; car la synonymie qui s'y introduit menace de jeter de la confusion dans les descriptions.
une chambre, celui d'un chien dans une autre, ainsi que des ornements de femme et des provisions dans la cuisine.
Maison du Chirurgien (1771) (N" 9 du plan). — Ainsi nommée d'après les instruments de chirurgie (F. p. 430) qu'on y a trouvés.
Maison du pesage (4788) (PI. 10).
— M. FioreUi dit que c'est par erreur qu'on a prétendu y avoir trouvé beaucoup de poids en marbre, en basalte, en plomb. Dans la cour étaient les squelettes de deux chevaux avec trois sonnettes de bronze chacun.
Fabrique de savon (1786) (PI. 11).
— Petite boutique. Un peu plus loin sont deux autres thermopoles ou bou^ tiques de cuisiniers. — A l'angle du carrefour est une citerne (N" 12 du plan).
Tournant à gauche dans la rue de Narcisse, située derrière Vile (insula), ou massif de maisons précédentes, on voit à droite :
Maison des Danseuses (1811) (PI.
15), ainsi nommée d'après les peintures de (^atre danseuses qui décoraient l'atrium.
Maison de Narcisse, d'abord d'Apollon (1811) (PI. 14), d'après la célèbre statue en bronze actuellement au Musée de Naples ; le nom nouveau provient d'une gracieuse peinture de Narcisse. On a trouvé dans une chambre des instruments de chirurgie, de la charpie et des onguents.
Maisons dlsis et dVsiris (1813)
iPI. 13). — Autel domestique; figure 'Harpocrate commandant le silence.
Peintures. — Au fond de la rue, au pied des remparts, on trouva dix squelettes avec des bagues, des bracelets, une lanterne de bronze.
De l'extrémité de la rue de Narcisse, revenant sur ses pas dans la rue d'Herculanum, on voit a gauche :
Une boulangerie (1800) (PL ,16),
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située à Tangle de la maison de Salluste, contenant trois moulins et un quatrième plus petit; le four, elc.
yuand on découvrit cette boutique, le blé, la farine dans les amphores, les vases pour Feau.... tout était encore en place ; il n'y avait qu'à allumer le feu et chauffer le four pour reprendre la fabrication interrompue depuis dixhuit siècles.
Dans une autre boulangerie, découverte en 1862 (PI. 92). M. Fiorelli trouva la fournée tout entière dans le four, dont la bouche était fermée par une porte en fer munie de deux poignées. Cette fournée se composait de 82 pains ronds, chacun de 500 grammes environ ; un peu rassis, comme on peut croire, mais in»
tacts. Le pauvre boulanger, qui s'attendait à les livrer à ses pratiques, ne se doutait guère qu'il travaillait pour la postérité la plus reculée et que ses petits pains, dix-huit cents ans après lui, prendraient place, comme curiosité, dans un musée splendide.
Maison de C, Salluslius, d'abord à'Adéon (1809) (PI. 15). — Domus Coês, Libani (Fiorelli). — C'est une des plus élégantes maisons privées de Pompéi, et qui a été décrite longuement dans les ouvrages sur cette ville ; son atrium passe pour le mieux conservé. Elle donne sur trois rues et est entourée de boutiques et de tavernes.
Une de ces boutiques communiquait à l'appartement ; les plus riches patriciens ne dédaignaient pas de venare en détail le vin, l'huile et les denrées de leurs terres. Au fond, et bordant la rue de derrière, était un jardin avec un triclinium d'été et une fontaine. — A dr. de l'atrium est la portion la plus curieuse de l'habitation, le venereum^ séparé du reste des appartements et ne communiquant avec eux que par une seule entrée gardée par un esclave, ayant sa chambre à côté. Les pièces de ce réduit prenaient le jour sur un portique à colonnes octogones peintes en rouge, et consistent en deux très-petites
chambres à coucher, ayant des fenêtres garnies de verre; un triclinium, une petite cuisine, séparés des lieux d'aisance par un escalier conduisant à la terrasse au-dessus du portique. — Les peintures représentaient : Europe, Phryxus et Hellé, Mars, Vénus et Cupidon, et l'histoire de Diane et d'Actéon. — Dans la ruelle auprès de la maison, on a trouvé un squelette de femme (peut-être la sultane de ce harem de Pompéi), ayant quatre bagues à un doigt, et près d'elle de l'argent monnayé, un miroir en argent, cinq bracelets.... et trois autres squelettes de femmes, peut-^tre des esclaves.
Four pvhlic (1810| (PI. 18), déterré en présence de Mazois. Il contient quatre moulins à bras^. On a
' Ces moulins consistent en deux pierres de lave : rinférieure solidement établie sur le sol, conique et s'adaptant à un cône creusé dans la pierre supérieure ; celle-d ayant la forme d'un sablier, étranglée an milieu, présente deui cavités coniques op* posées par leur commet : la cavité supérieure était destinée à recevoir le grain ^ai, rsant à travers quatre trous pratiques à partie la plus étroite de la pierre, était écrasé entre la pierre inférieure et la pierre supérieure. Pour diminuer le frottement, celle-ci portait sur un pivot de fer placé au sommet de la pierre isférieure. On pouvait, au moyen d'une tige en fer et d'un ap- Fareil de coins, opérer le rapprochement ou écartement entre les deux pierres, b pierre supérieure était cerclée au milieu et recevait dans des cavités des leviers de bois, au moyen desquels elle était mise en mouvement par des esclaves et par des ânes. (V. l'inscription de la note de la page 447.) Lorsqu'on voit l'admirable perfection avec laquelle les anciens travaillaient les métaux, l'élégance et le luxe des meubles et des objets d'art, on s'étonne de trouver l'industrie des arts utiles si arriérée. Nous pensons que le travail esclave était le principal obstacle aux perfectionnements des méthodes industrielles. Les objets de luxe étaient recherchés avec passion par les gens riches; mais -en quoi se seraient-ils intéressés au perfectionnement de l'industrie de moudre le blé, lorsque ce travail tombait sur les esclaves? — Un fait odieux, arrivé à la lia du VI* s., nous semble fournir la preute que cette industrie resta stationnaire : des entrepreneurs de la fabrication du pain pour le peuple, afin de se procurer des bras pour tourner les meules, établirent à côte de
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ROUTB 39. -- POMPil.
trouvé dans une des nièces les fragments d'un squelette uâne.
Académie de musique ou maison du Chorége (1810) (Pi. 20). — Ainsi nommée à cause des peintures d'instruments et des scènes tragiques qui la décoraient. — De l'autre côté delà rue et en face de la maison de Salluste est la :
Maison à trois étages (1775-80) (PL 19). — Vaste construction élevée sur les anciennes murailles de la ville. Les salles étaient décorées de mosaïques et de peintures.
Maison de Polyhius (1808-17), contigué à la précédente et ayant aussi trois étages (PI. 22). — On croit
2ue ces maisons étadent des hôtelleries, eurs terrasses descendaient en amphithéâtre sur le rivage. Là les tables servies sous des treilles permettaient d*y prendre les repas en jouissant de la vue et de la brise de la mer.
Ici la rue se divise en deux branches; dans celle de dr., à un angle du carrefour, est ce qu'on a appelé erronéraent une:
Pharmacie; un serpent, image laraire peinte à l'angle externe de la maison i a fait donner par Romanelli cette désignation répétée depuis. — Au carrefour voisin sont la taverne de Fortunata et une fontaine.
Il y avait des fontaines placées h presque tous les angles des carrefours. Par la position élevée de Pompéi sur un monticule volcanique, ces fontaines ne pouvaient recevoir d'eau qu'au moyen d'un aqueduc. Le trop-, plein des fontaines et les eaux de pluie étaient conduits hors de la ville par des égoûts pratiqués sous les trottoirs.
leurs vastes édifices des cabarets, où des femmes perdues attiraient les passants qui tombaient par une trappe dans les souterrains où ils restaient captifs. I3n soldat à l'aide de son poignard, parvint à s'échapper et informa Tempereur Théodose qui détruisit ce repaire.
On arrive ici à la rue des Thermes, qui, continuée sous deux noms différents, traverse Pompéi de l'Ë. à TO. et aboutit à la porte de Nola. C'est sur cette rue qu'a son entrée la ;
Maison de Pansa (1 81 1-14) , Domus Allei Nigidi Mai (Fiorelli) (Plan 24 et plan développé), une des plus grandes et des plus belles de Pompéi, qui forme une île à elle seule. Elle est entourée de boutiques (tabemœ) sur trois rues. Une seule, communiquant avec l'intérieur, servait sans doute à la vente des produits appartenant aupro* piiétaire. D'autres boutiques forment une boulangerie. Au-dessus du four est sculpté un phallus avec l'inscription : Htc habitat félicitas, (Ce signe obscène et cette inscription répétée à une maison près de la porte dllerculanum ont fait prendre à tort cet endroit pour un lieu de prostitution.^ Près de la porte d'entrée, on a trouve l'inscription en lettres routes : pansam jED. PARATus R06AT. Cette mscription, dont la formule est si fréquente à Pompéi, a été d'abord traduite par :
«Paratus demande Panza (pourédtle,)^ Ce serait un bulletin de vote. C'est donc
bien légèrement qu'on a pris le nom de Pansa pour celui du propriétaire.
C'est d'après ime inscription relevée par Romanelli, et contenant une affiche de location que M. Fiorelli croit devoir substituer au nom erroné de Pansa celui de Nigidius Maius.