LÉGENDE DU PLAN DE LA MAISON DE PANSA
a. Cubîcula, petites chambres composant Vergastulum, logement des esclaves.
(?), ou plutôt pour Vusage de la famille OU la réception des hôtes. — h. alœ, pièces d'audience pour recevoir les clients., c. bibliothèque. •— d. fauces, passages menant aux appartements intérieurs. — 0. cubiculUf chambres à coucher. — f. posticum, sortie dérobée. — ç. oflice(?) à côté de la salle à manger (trtclinium). — h. tabularium, où on conservait les titres et les objets précieux. — jj. cuisine. — • k. petit cabinets donnant sur le
ROUTE 39. — ENVIROMS DE HAPLES.
parterre. — 11. pergtda, galerie couTerte, a deux étages. — N» 1 , boutique où se vendaient sans doute les produits du propriétaire. — 2, boulangerie avec les dépendances. — 3, 4, 5, boutiques avec des escaliers menant à un premier étage. — 6, 7, 8, boutiques [tcibemœ), — 9, 10, appartements occupés sans doute par des locataires (inquiltni), — 11, autre appartement, où on a trouvé des squelettes de femmes avec des bijoux.
Au fond, la maison se termine par un portique à double étage sur le jardm, dont on a encore trouvé les plates-bandes indiquées. Dans la cuisine [culina), il y a une curieuse peinture représentant un autel à Fornax, la divinité des fourneaux : au-dessous d'un sacrifice aux Dieux Lares, on voit deux vastes serpents qui viennent manger des offrandes sur un autel. — Un peu plus loin sont les :
Maison de Modestus (1808). — [N» 25 du plan] :
Maison des fleurs (1809) (PI. 26).
— Ainsi nommée d'après les peintures représentant des nymphes portant des fleurs.
Nous passons maintenant à une autre rangée a'îles parallèles à la précédente et comprise entre la rangée où est la maison de Pansa et la rue de Mercure. Nous visiterons d'abord une île comprenant la maison du poète tragique, la maison du Teinturier, et celle de la Grande et de la Petite Fontaine.
Maison du poète tragique^ (1824- 26) (PI. 27). — Type précieux des maisons privées, petites et très-élégantes. Sa découverte fit sensation en Europe, à cause des belles peintures qu'on y trouva et qui ont été presque toutes transportées au musée de Naples : Achille livrant Briséis; le Sacrifice d'Iphigénie ; Léda et Tyndare ; Junon et Thétis conduites par Iris devant Jupiter, etc..., ainsi que la curieuse mosaïque du chorége instruisant les
* Y. ia belle publication de Baoul Rochette : la Maison dupoëte tragique (Paris), in-^.
acteurs. A l'entrée du vestibule était la célèbre mosaïque représentant un chien enchaîné, avec ces mots : Gave CAMEM. Le nom donné à cette maison provient d'une peinture représentant un honune lisant un rouleau. Le grand nombre de bijoux, de ba^es, de bracelets qu'on y a trouvé fait plutôt présumer que c'était la demeure d'un bijoutier. Au fond de la maison est une petite chapelle (Murartum). Lors de ta découverte de cette maison, on trouva des traces attestant qu'dle aTait été fouillée précédenunent, sans doute peu de temps après l'éruption.
FulUnùca^ maison du foulon (1826)
(PI. 30) On y a trouvé tous les
ustensiles nécessaires à l'industrie da teinturier dégraisseur. Ils ont été portés au musée de Naples. Il y avait des peintures représentant des hommes, des femmes, des enfants plongeant, séchant, foulant, cardant les étoffes, ainsi que la machine à mettre en presse.
Maison de la Grande Fontaine (1826) (PI. 31). — Grotte en mosaïque. L'eau de la fontaine coulait par le bec d'une oie en bronze tenue par un Amour. Les peintures ont péri. — La maison de la Petite Fontaine a offert des peintures curieuses de
Saysages, entre autres la vue intérieure 'une ferme.
Maison d'ÀdonU (1836) (PI. 32).
-— Ainsi nommée des peintures du jardin, représentant Adonis mourant entre Vénus et les amours. Cette peinture a beaucoup souffert.
Maison d'Apollon (1838), Domns Auli Herenulei, d'après son cachet trouvé en 1830 (Fiorelli) près des murs de la viUe (PL 35). — On y a trouvé deux mosaïques représentant la querelle d'Agamemnon et d'Achille à Scyros. A l'angle d'un xyste est une chambre à coucher à deux alcôves, exemple presque unique.
AOUTE 39. — POMPÉI.
Nous entrons maintenant dans la rue de Mercure, et allons Tisiter une nouvelle rangée d'îles.
Maison (Tlnachus et lo (1829)
iPl. 34). — Le plan dressé par M. Ern. »retoa la place dans File précédente, entre les maisons d* Adonis et d'Apollon.
MaisondeMéléagre(UZO) (PI. 55).
— Ainsi nommée d'une pemture ae lléléagre et d'Atalante, transportée au musée de Naples. Le jardin, maintenant encombré, conserrait encore Quelques arbustes au moment de la découYerte. — Cette maison semble formée de deux maisons réunies, et on la confond avec la suivante : Mai-son des Néréides, Ainsi nonunée des Néréides, monstres marins, répétés en plusieurs endroits. Elle avait été endommagée par le tremblement de terre et était en voie de réparation, ainsi que la précédente, lors de l'éruption. Ses décorations étaient également très-fraîches. Beau péristyle de 24 colonnes ; une fontaine faisait cascade dans le bassin de l'impluvium ; derrière la fontaine était une table de marbre portée par des griffons. Cette disj^itionse reproduit dans plusieurs ]^éri8tyles de Pompéi. Une salle, en face au péristyle, présente une particularité architecturale : les colonnes à chapiteaux dans le style corinthien étaient surmontées d'une galerie à laquelle on arrivait par un escalier.
Au lieu déporter directement Tarchitrave, elles donnent naissance à des commencements d*arcade. C'est une sorte de transition à l'emploi de l'arcade pleine, à laquelle les architectes avaient été conduits par le besoin d'élargir les entre-colonnements. On a trouvé dans cette habitation 14 vases d'argent dont plusieurs d'un poids considérable.
Maison du Centaure. — Petite maison entre les' précédentes et celle qui suit. Elle était en voie de réparation au moment de l'éruption. Les
peintures ont été transportées à Nar pies.
Maison du Questeur ou de Cast(^ et Pollux (1829-50) (PI. 36). — D'abord nonunée la maison des Dioscures. Le nom de maison du Questeur ne s'appuie que sur une supposition tirée ae deux grands coffres de bois doublés en bronze et garnis de fer extérieurement, où, pense^t-on, étaient déposées les ^onmaes levées par l'impôt, quoiqu'il soit douteux
Su'il y eût un questeur à Pompéi. Ces eux coffres étaient à Tangle d'une petite chambre à gauche du péristyle ; et c'est là une singularité à remarquer, quecet emplacementdes coffresforts dans un lieu ouvert et de passage, tel que le péristyle. On y trouva une cinquantaine de pièces d'or et d'argent; mais ces coffres avaient déjà été fouillés par le propriétaire, sans doute, connaissant les localités, et qui perça un mur pour y arriver.
Les traces de ces dégâts subsistent encore. — L'entrée prmcipale est sur la rue de Mercure. Cette maison est une des belles maisons privées de Pompéi : romementation en est aussi riche que variée. Mous citerons, parmi la quantité de ses peintures mythologiques : Persée et Andromède ; Médée et ses enfants ; Castor et Pollux, peints sur le mur du vestibule, et d'où est venu le premier nom de la maison ; ainsi que la mosaïque représentant un lion couronné de fleurs par des amours , et qui est au palais de Capodimonte. Une cour, dite de la piscine, est une des choses remarquanles de Pompéi.
Taverne et lupanar (t) (1832) (PL 37). — Cette maison communiquait par une porte avec la maison voisine, dite des Cinq-Squelettes (entre les n*' 37 et 58), dont le propriétaire faisait sans doute débiter ici ses denrées ; et il était peut-être encore le leno de cette maison de prostitution. On y a trouvé un grand nombre de vases de cuisine. Les murs d'une
des pièces étaient couverts de peintures obscènes.
•Deux peintures curieuses représentent, lapremière : un chariot à 4 roues, avec deiix chevaux dételés; deux hommes remplissent des amphores de vin qu'ils font couler d'une outre placée sur le chariot; la seconde :
quatre buveurs autour d'une table, au milieu de laquelle est un bol contenant le liquide. Us se servent de cornets en guise de verres. Deux des buveurs ont la tête couverte de capuchons à la manière des cabans de pécheurs. On retrouve les comptes du tavernier et les écots des consonunateurs encore tracés sur les murs. Audessus de la première peinture était représentée une fenêtre d'où sort un panier suspendu au bout d'un bâton :
c'est encore aujourd'hui à Naples le procédé des ménagères pour recevoir les provisions sans descendre dans la rue.
Maison de VAncre (1826-30) (PL 38).. — Ainsi nommée d une mosaïque représentant une ancre, à l'entrée du vestibule. — Elle est aussi désignée sous le nom de Manon d'Amymone et Neptune, — La dernière maison à l'angle de la rue de Mercure et de la rue de la Fortune est la :
Maison de Zéphyre et Flore (1827) (PL 40). — On l'a confondue avec une maison décrite sous les noms de :
maison de Cérès, des BacchanteSy du Navire. On ^ a trouvé des objets d'art. Une pemture représentant Zéphyre et Flore ou Bacchus et Ariane a été transportée au musée de Naples.
Tournant ici dans la rue du Faunes nous visitons, dans la dernière île decouverte de ce côté, les deux maisons suivantes :
Maison du F aune ^ dite aussi : de la Grande mosaïque (1829-51) (PL 42).
— Une des plus grandes et des plus somptueuses de Pompéi. Au lieu de
peintures , la décoration consistait principalement en mosaïques. C'est ici qu était la célèbre mot alque de la bataille d'Ittuf , la plus grande qui ait été découverte (V. p. 421); le Faune dansant (V. p. 422), et beaucoup d'objets mobiliers, d^ustensiles en bronze d'un travail précieux, d'ustensiles de cuisine en argent, et de bijoux de femme en or massif, qui sont actuellement au musée de ISzr pies. Une des chambres contenait des squelettes.
Maison du Labyrinthe (\%7îfS) (PL 45). — Ainsi nommée d*une mosaïque de Thésée tuant le Minotaure, ?ui formait le pavé ^d'une des pièces, ar sa grandeur, son architecture et l'élégance de ses bains, elle mérite d'être citée immédiatement après la précédente.
Ici se termine l'examen des principales maisons des six rangées à*Ùes comprises entre les murailles et la porte d'HercuIanum au N., les rues des Thermes et de la Fortune au S., la rue d'HercuIanum à ro., et à TE., la rue allant de la porte du Vésuve au théâtre. La ''^* rangée d'iles (sur la rue de la Fortune) n'a été encore fouillée qu'au commencement. — Si l'on entre dans la rue qui h sépare de l'île suivante, dont les fouilles sont très-peu avancées, on trouve dans cette dernière le :
Grand Lupanar (PL 48), découvert en 1845 devant les savants da 7* congrès italien. — Singulière coïncidence que ce lieu de prostitution exhumé pour une si grave visite!
L'obscénité des nombreuses inscriptions gravées à la pointe sur toutes les murailles, et qui sont prescpie toutes illisibles aujourd'hui, ne laisse aucun doute sur les mœurs de ceux qui fréquentaient cette maison, qui pouvait bien être simplement une auberge. — A côté est la :
Maison de Vimperairice de Russie (PL 49), découverte en 1S46 en sa présence.
Revenant dans la rue de la Fortune (prolongement de la rue des Thermes), et la suivant jusqu'à celle de Nota (autre prolongement de la même rue), on ne trouve rien de remarquable, si ce n*est, à l'entrée de la rue de Nola, la :
Maison du Taureau de bronze (PL 50), fouillée en 1837, et ainsi nommée d*un petit bronze qu'on y a trouvé. La disposition de rentrée, consistant en une porte principale et une petite porte latérale donnant accès par un étroit couloir, est un exemple unique dans les maisons particulières. Au delà et en approchant de la porte de Nola, la rue est bordée d'une suite de petites boutiques et de maisons qu'on n'a pas dégagées et dont les fouilles ont été abandonnées.
Pofie de Nola (1812) ou (T/m.
D'après une tête d'Isis, sculptée sur la clef de l'arcade. On y avait encastré, du côté de la ville, une inscription, osque ou samnite, écrite de droite à gauche (fî^ée dans la description de Pompéi, par M. Em.
Breton). Elle signifierait que : Gaïus Popidius Meddixtucticus (premier magistrat municipal chez les Osques) a rétabli cette porte et l'a consacrée à Isis.
Revenant en arrière au carrefour (guadrivium) formé par le croisement de la rue allant à la porte de Ngla avec celle allant de la porte du Vésuve au théâtre, nous entrerons à gauche dans la me du quadrivio délia Fortuna, Sur le côté
Î;auche de la rue (limite où s'arrêtaient es fouilles de ces dernières années), nous trouvons :
Fabrique de produits chimiques (PL 51). — Désignation bien moderne pour une officine antique. A droite de l'atrium est un triple fourneau destiné à recevoir des chaudières à des niveaux différents.
Maison de Marcus LucretiuSf dite des Suonatrici (1847) (PI. 52). — c La plus iix portante qui ait été dé-
couverte à Pompéi depuis celle du Faune. Les peintures qu'on y a trouvées, les sculptures qui y sont restées en place , sont d'un mérite très-inégal. » Les musiciennes (suonatrici) peintes dans le prothyrum, et parmi lesquelles est une femme jouant de la douDle flûte, expliquent un des noms donnés à cette na))itation. La princi-
{)ale curiosité est la disposition singuière du xyste en terrasse, élevé de près d'un mètre au-dessus du sol, et formant au fond du tablinum une sorte de petit théâtre de marionnettes, dont les acteurs sont figurés par une foule de petites statuettes de personnages et d'animaux, sans proportion entre elles. Au fond est une fontaine avec une niche en mosaïque et en co^ quiUages, et sa jolie statuette, appuyée sur une outre, d'où s'échappait l'eau qui retombait en cascade sur des degrés de marbre. Tout cela forme un ensemble rococo antique très-curieux.
— On a retrouvé à côté de tablettes à écrire, figurées dans une peinture qui a été transportée au musée,
I adresse d'une lettre au nom de l'heureux propriétaire de ces joujoux.
II était flamine de Mars et décurion de Pompéi. — Le corridor (fauces), à la gauche du tablinum, par une disposition tout exceptionnelle, a un escalier de huit marches. On y a trouvé un squelette. Un tuyau de plomb, destiné à Pirrigation du jardin, y est encore en place. Ce n'est pas sans étonnement que nous avons remarqué son état de conservation, quoique sa position au-dessus du niveau du sol ait dû l'exposer davantage à l'action de la chaleur des matières incandescentes de l'éruption.
A côté de la maison précédente, l'étoile * marque les fouilles faites en 1849 devant Pie IX. Un peu plus loin, est la :
Maison de Varchiduc de Toscane (1851) (PI. 53). — Trois boutiques occupées par un marchand de coule ars ; moulins pour les broyer^ plus
ROUTE 39. — BMViaQMS PB XAPUS8.
petits, mais de la même forme que les moulins à farine. « Par Tanalyse, on a reconnu, dit M. £m. Breton, qu'elles contenaient une quantité noûble de résine destinée à les fixer à l'aide du feu ; ainsi a été connu le procédé employé par les anciens, et que jusqu'alors on aiait cru être l'encaustique. » On y a trouvé quatorze squelettes. — A côté est la :
Maison de la Fontaine de V Amour (1850) (PI. 54).— Sur un des piHers, image phallique. Dans la cour, un puits et un bassin, entouré d'une caisse à fleurs.
Maison des grand$^uc$ de Russie (PI. 57), fouillée en 1851, en présence des fils du czar. Un portique du xyste conserve son toit de tuiles intact. — Au delà du n* 54 à l'angle d'une rue aboutissant à la rue du Quadrivio de la Fortune, l'étoile marquée sur le plan indique un autel, au-dessous dune peinture de deux serpents, emblèmes des lares des carrefours (compitales). Cette représentation, placée sur un édifice, était une pronibition de souiller le mur.
Cet wsage est attesté par ces vers de Perse t
Pinge duos angues; puer, saccr est locus;
exlri Mejite.
Si l'on continue à suivre la rue de Stables en se dirigeant vers la porte, on trouve (presqu'en face de la maison de Cornélius Rufus, V. p. 471) les maisons suivantes :
Maison d'Epidius Sabinus (1866).
— Ce nom est inscrit sur le laraire à lui élevé par deux de ses affranchis nommés iJiadumenii. Une autre inscription le qualifie de judex sanctissimus. A l'étage supéneur sont des chambres dont les étroites croisées étaient fermées avec du verre. On a trouvé trois squelettes dans cette maison.
Maison d* Apollon Citharède , (1864), Domus Popidi Secundi Aur
gusHani (Fiorelli). Entrée princi-
§ale sur la rue de Stabies. On y a écouvert une belle statue de bronze d'Apollon (au musée de Naples), et quelques bonnes peintures murales représentant Mars et Vénus, Xerxès devant sa tente. Cette maison communique avec une autre donnant sur la rue de l'amphithéâtre. Parmi les sujets peints on remarque Bacchus et Ariane, Oreste et Pylade devant Iphigénie. — Un peu plus avant dans la rue de Stabies, près du grand Théâtre est un:
Atelier d^un statuaire (1798) (PI.
88). On y a tromé des blocs de marbre, des statues en marbre, quelquesunes dégrossies seulement ; les instruments propres à l'exercice de cet art : des maillets, des compas droits ou courbes, des ciseaux de différentes espèces, quelques-uns ayant le taillant en bon état ; des leviers en fer pour remuer les grosses masses ; des scies, dont une engagée dans le bloc de marbre. Tous ces objets sont au musée de Naples.
Pour la description des édifices publics de ce Quartier des Théâtres (V. p. 472).
Redescendant la rue de Stabies jusqu'à la rue de la Fortune et tournant a g. dans cette rue, on trouve les maisons suivantes :
Maison de la Chasse (1832) (PI.
47), — ainsi nommée d'après une
FBinture représentant une chasse à amphithéâtre. Une peinture obscène a été enlevée. Cette maison avait été fouillée par les Pompéiens. On y a trouvé une grande quantité d'œufs.
Maison d'Ariane (PI. 46). — Ayant un vestibule et un atrium sur deux rues : de la Fortune et des Augustals. Maison du Grand-Duc de Toscane (1832). — On y a trouvé une peinture représentant Antiope, Dircé et le Taureau (V, p. 418) (Pi. 45).— Moiso». des chaptieaux à figures (PI. 44).
— Ainsi nommée d'après les belles têtes de Faunes et de Bacchantes sculptées sur les chapiteaux des pilas> très de la porte d entrée. Derrière cette maison, sur la rue des Au^ustals, est une boutique de pâtissier, çivec un four à réverbère. On y a trouvé une sorte de couronne et de brioche, qui sont au musée de Naples.
Rue du Forum, nom préférable à celui de rue de la Fortune donné par quelques-uns, et qui est déjà celui de la rue voisine, prolongement de la rue de Mercure (commençant aux murailles).
Elle va au Forum. Les deux choses principalement remarquables de cette rue sont, outre Tare de triomphe qui en mar-
3uait l'entrée et correspondait avec celui e l'entrée du Forum, le temple de la Fortune, d'où lui vient son nom, et les bains publics, dont les portiques la bordent à droite. Dans les boutiques de cette rue on vendait des objets en verre et en bronze, des vases d'argile, des pesons, des sonnettes, des lanternes, etc. On a trouvé deux squelettes dans la rue et un troisième dans l'attitude de s'échapper par une fenêtre, emportant de la monnaie et des plats d'argent. — Jusqu'ici, dans le quartier que nous avons parcouru, nous n'avons rencontré que des maisons privées; celui où nous allons pénétrer contient des édiiices publics.
Temple de la Fortune (1843) au coin de deux rues (PI. 41). — Petit temple corinthien, élevé sur plusieurs degrés, et bâti par Marcus Tullius, le duunàvir, parent, ancêtre peut-être de l'orateur. On y a trouvé une statue avec la toge, qui avait été entièrement peinte avec un mélange de pourpre et de violet, et qu'on croit être celle de Cicéron. Les nombreuses inscriptions offrent de singulières fautes de syntaxe.
Thei-mes ou hains publies (1824).
— Quelques maisons privées de Pompéi possèdent des bains. Mais l'usage des bains, comme moyen d'hygiène publique, si répandu chez les Romains, en cela bien supérieurs à notre époque
ITAT.re DU SUD.
de civilisation, devait faire supposer qu'on trouverait à Pompéi un pareil établissement d'utilité publique. C'est ce qui arriva en effet : ces bains, situés près du forum dans le quar^ tier le plus fréquenté de la ville (il y en avait déjà là à l'époque sam^ nitej, sont peu étendus, et entourés de ooutiques K Ils sont divisés en deux parties séparées, l'une plus grande pour les honunes, l'autre pour les femmes. Les entrées donnaient sur trois rues. Ces entrées aboutissaient, directement ou au moyen de corridors, à un atrium à portique ou arribulacrum, autour duquel étaient des sièges pour les baigneurs et les esclaves qui accompagnaient leurs maîtres. De 1 atrium un corridor (à plafond bleu avec des étoiles d'or) menait au vestiaire {apodyterium), garni de trois rangées de bancs et présentant dans le mur des cavités pour les porte-^ manteaux. « Dans cette salle se tenaient les capsarii, qui gardaient les effets précieux des baigneurs moyennant une modique rétribution. » De là on passait dans une petite salle ronde, bien conservée, éclairée par en haut (on a trouvé des fragments de verre des fenêtres). C'était la salle du bain froid (frigidarium). Sur la corniche fond rouge se détachaient des Amours à che^ val ou conduisant des chars modelés en stuc. ,0n pouvait également passer directement dans la chambre tiède (tepidariumj, dont la température douce servait d'mtermédiaire entre les bains de vapeur et les bains froids. Cette salle, voûtée et richement décorée de médaillons à ornements et à figures en stuc, est bien conservée. Sa belle frise à rinceaux, les nombreuses figures de Télamons en terre cuite et coloriées qui supportent l'entablement et laissent entre elles des niches, où
^ « Les 4 boutiques sur la rue des Thermes ont présenté une particularité sans autre exemple à Pompéi. Elles étaient, ainsi que leurs irottoirs, pavées en asphalte dont il reste encore quelques traces. » (Erw. Bbs-