TON
ROUTE 59. — EinriRONS DE NAPLES.
Ton mettait Bans doute auslsi du linge de bain, les strigiies, les onguents, tout ce bel ensemble décoratif fait de cette salle une des plus intéressantes curiosités de Pompéi. Elle est éclairée par le haut. Une fenêtre vitrée, à châssis de bronze, permettait de rafraîchir la température delà salle à volonté. Au milieu était un grand brasier en bronze, avec trois bancs en bronze.
Du tepidarium une porte conduisait au bam chaud (caldaritmi). Un bassin en marbre blanc était à une des extrémités; et à l'autre, au milieu d'un hémicycle, un vase destiné à Peau bouillante d'où s'échappait la vapeur. Les murs autour de la salle, ainsi que le pavé, étaient creux et communiquaient avec les fourneaux. — L'autre partie des bains, séparée et
Îilus petite, destinée aux femmes quelques antiquaires plus galants leur ont attribué cependant la partie la plus grande et la mieux décorée), répète à peu près les mêmes dispositions. Les mêmes réservoirs et le même feu servaient aux deux établissements. On a trouvé dans les bains de Pompéi 1548 petites lampes de terre cuite. — 11 est inutile de dire que les bains publics de Pompéi, malgré la beauté de leur décoration, manquaient de plusieurs autres salles que le développement du luxe avait déjà introduites à Rome.
École de gladiateurs, sur la rue des Augustals (PI. 28), -— ainsi nommée légèrement d'après une peinture murale représentant un combat de gladiateurs. On lit au-dessous cette inscription curieuse adressée aux gamins de Pompéi, et tenant lieu de notre Défense de... sous peine d'amende : Abiat Venere Pompeiiana iradam (habeat Yenerem Pompeianam iratam) qui hoc Iseserit. « Qu'il soit en butte à la colère de Vénus, protectrice de Pompéi, celui qui endommagera cette enseigne. » — On voit, éi\M. F. Breton, que les peintres d'enseignes de Fantiquité n'étaient
guère plus forts sur l'orthographe (ou la grammaire) que les nôtres.
Quartier du Forum.
Arcs de triomphe (1823) (PI. 29), à l'entrée du Forum et à l'extrémité de la rue de Mercure. Ils sont bâtis en briques et en lave, recouvertes de marbre. — Un autre arc moins im-
Îortant est sur le côté du temple de upiter.
Forum civile (1816). Chaque ville avait au moins deux forums : le forum civile, affecté aux tribunaux, aux réunions politiques, et le forum vénale, servant de marché. — Le forum de Pompéi, pavé de marbre, était entouré sur trois côtés de portiques à colonnes doriques de marbre blanc. Au-dessus de ces portiques étaient des terrasses auxquelles on arrivait par des escaliers étroits et roi des, s'ouvrant en dehors de l'enceinte. Les rues qui y aboutissaient étaient fermées pendant la nuit sans doute, par des grilles de fer. Cette place était décorée de statues; plusieurs piédestaux subsistent encore. Le forum, ruiné par le tremblement de terre de 6o, était en pleine restauration au moment de l'éruption. — Nous allons passer en revue les divers édifices autour du Forum.
Temple de Jupiter (1816-17) (PI.
66). Il occupe l'extrémité du Forum, et est élevé sur un soubassement (podium) ; ce qui est un des caractères propres aux temples de Pompéi. On y montait par une suite de gradins flanqués de statues. Le portique, d'où on a une belle vue, avait 12 colonnes corinthiennes (6 en façade). Il paraît que ce temple était en réparation au moment de la catasti'ophe. L'intérieur de la cella avait un double rang de colonnes ioniques. Les murs étaient peints ; le roujçe et le noir étaient les couleurs dominantes. On y a trouvé une t^te oolossak de Jupiter avec les
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cheyeux et la barbe coloriés en rouge.
Latrine publique spacieuse, des conduites d'eau servaient au nettovage (1816) (PI. 67), à rO. du temple de Jupiter.
Grenier public (1816). Construction étroite bordant la place, entre les prisons et le temple de Vénus. Son nom lui vient des poids et mesures qu'on y a trouvés et qui sont au Musée de Naples. Quelques archéologues y reconnaissent un pœcile ou portique destiné à la promenade.
Temple de Vénus (1817). — Ce temple, le plus vaste de Pompéi, était consacré à la déesse protectrice de la ville, dont on retrouve le nom dans de nombreuses inscriptions, avec les surnoms deP%«tcael de Pompeiana.
(Les Samnites lui avaient déjà élevé là un temple). 11 était entouré sur ses 4 côtés de portiques soutenus par 48 colonnes doriques, maladroitement converties en corinthiennes au moyen du stuc, sans doute à la suite du tremblement de terre de l'an 63. On y a trouvé les statues en marbre de Vénus et d'Hermaphrodite. Les peintures des portiques représentaient des sujets tirés de l'Iliade, Dircé, Persée, des paysages, des grotesques, etc. Aux angles du portique, faisant face à la basilique, étaient des bassins d'eau lustrale.
Basilique (1817) — (F. sur les basiliques , p. 1 25) . Ce monument, un des plus grands de Pompéi, était précédé d'un vestibule aligné sur le Forum.
On montait quelques degrés pour entrer dans l'intérieur de la basilique.
Au centre la nef était à ciel ouvert ; elle était entourée de péristyles formés de 28 colonnes ioniques, a La construction de ces colonnes {V. le plan) est très-remarquable. Elles sont composées d'un noyau de briques rondes de 0"',054 d'épaisseur, entourées de 10 briques pentagonales superposées, pleins sur joints. Les angles extérieurs de ces pentagones forment les arêtes d'autant de cannehires, et
le nombre de celles-ci est doublé par dix autres arêtes prises dans le stuc, dont la colonne est revêtue. » — Une autre singularité à noter, ce sont les colonnes accouplées aux angles à la manière des piliers gothiques. — Au fond de la basilique, la tribune des duumvirs ou juges était élevée audessus du pavé de la nef ; il n'y a pas de traces de marches pour y monter.
Sous la tribune était un caveau à fenêtres grillées. — La basilique conserve des traces de dégradation qui attestent qu'elle a été fouillée après l'éruption. Les murs portaient un grand nombre d'inscriptions tracées par les plaideurs et les avocats entre les heures d'audience. — On y inscrivait aussi l'annonce des spectacles.
Voici une de ces annonces : N. Festi Ampliati, familu gladiatoria pugna