ITERUM PUGNA XVI K. JUN. VENAT. VELA
« La troupe de gladiateurs de N.Festus Ampliatus combattra à outrance le 16 des calendes de juin. Il y aura une chasse et l'on tendra des voiles »
(le velarium, V, plus loin : Grand Théâtre.)
Tribunaux et serarium (1817). — Ces trois petits édifices faisant face sur le Forum au Temple de Jupiter, et terminés par un hémicycle, sont considérés : celui du milieu, comme le trésor public, à cause de la quantité de monnaies d'or, d'argent et de cuivre qu'on y a trouvées, et les deux autres comme des tribunaux. [N« 68 du plan.] — Au S. 0. et longeant la basilique sont les :
Maisons découvertes par le général Championnet (1799), — dans une situation agréable d'où la vue s'étend sur Sorrente et la mer. Ces maisons contenaient des peintures remarquables qui ont été enlevées. Les bijoux trouvés sur quatre squelettes de femmes ont été portés à Paris.
École publique (?)— Bâtiment carré faisant face à la basilique. Suivant une inscription en lettres rouges, illisible aujourd'hui,lemaîti»e Verpa (rogat) [?]
le duumvir Capella, ainsi que ses élèves (cum discent). On lisait une inscription analogue sur un des albums (panneau de muraille blanchi sur lequel on peignait les actes publics ou les annonces particulières de l'édifice d'Eumachia, situé ime des Orfé" vres, en face de l'école même de Verna). Valenlinus écrit : cum discentes suos pour cum discentibus suis.
Édifice d*Eumachia (1821), Portiens concordiœ Augusiœ (Fiorelli).
Vaste édifice dans la forme des basiliques, entouré de trois côtés d'une galerie intérieure, éclairée par dix ouvertures {cryptoporlicus) . Il avait un péristyle à quatre portiques, formé de quarante-huit colonnes en marbre de rares, d'un beau travail.
Ces colonnes ont été presque toutes enlevées par les habitants, sans doute après l'éruption, dans l'intention de les utiliser pour des constructions nouvelles. A. l'extérieur est une vaste cour (impluvium) avec une citerne.
Suivant une inscription conservée au musée de Naples, la prêtresse publique Eumachia construisit ici, à ses fiais, en son nom et en celui de son fils, un chalcidique (mot dont l'interprétation est obscure et qui paraît désigner une sorte de porche en avant de l'édifice), une crypte et des portiqueSy et les consacra à la Concorde et à la Piété auguste. On a trouvé la statue que lui avaient élevée les foulons avec l'inscription : eumachia l.
F. SACERD. PUBL. FULLONES. Une COpic
de cette statue (qui a été portée à Naples) se voit encore dans l'édifice
3ue Ton suppose avoir été une bourse es marchands de laine.
Temple de Mercure ou de Quirinus (1817-18). — Édifice de plan trèsirrégulier, en façade sur le Forum, à côté du précédent (PI. 69). Dans les chambres contiguës de» prêtres, on a trouvé beaucoup d'amphores. Le temple sert de dépôt pour les objets provenant des fomlles. M. E. Breton y fit
lever un renard. Les renards et les lièvres sont aujourd'hui, dit-il, les seuls habitants des ruines dePompéi.
— A côté est une :
Curie (??) (1 81 8) , petite salle carrée et terminée par une abside. D'après une inscription trouvée près du Théâtre , M. Fiorelli, pense que c'était un atrium, au milieu duquel s'élevait un autel pour le salut de l'empereur Tibère (Caesaris Augusti) et de ses enfants.
Temple d' Auguste, Augusteum (Fiorelli), appelé aussi Panthéon (1818) (M. 70). Au milieu d'une cour ouverte s'élevait un autel entouré de douze piédestaux, destinés, à ce que Ton croit, aux douze grands dieux. Au fond de Fédifice on a trouvé les statues de Livie en prêtresse et de son fils Drusus. Un bras portant un globe devait appartenir à une statue d'Auguste. Un des côtés de la cour est occupé par des chambres que l'on suppose être celles des Augustals, ou prêtres d'Auguste. Si ces diverses interprétations sont justes, il faut conclure des peintures représentant des comestibles de toute nature ainsi que des arêtes de poisson et autres débris trouvés dans
l'égout, qu'on donnait là des banquets publics. On y a trouvé un grand nombre de peintures mythologiques, de
paysages, de marines, de grotesques, etc. C'est de là que provient la femme peintre tenant sa palette et ses pinceaux qui est au Musée de Naples.
Parmi les peintures restées en place on remarque la chaste figure de Pénélope debout devant Ulysse. La disf position d'une salle (marquée -f- dans e plan), entourée d une grande table de pierre, et le voisinage d'une petite porte, feraient penser que « ce lieu était destiné au débit de la chair des victimes que les prêtres vendaient au peuple. » Dans une caisse garnie de sa serrure, à côté de la porte, on a trouvé 1056 pièces de monnaie de bronze et 41 d'argent, produit présumé de cette vente. — A dr. et à g.
des portes d'entrée sont des boutiques
que l'on croit avoir été des boutiques de changeurs.
Le côté N. du Panthéon est bordé de boutiques, où on a trouvé une quantité de raisins secs, de prunes, de châtaignes..., ce qui a fait donner à la rue sur laquelle elles s'ouvrent le nom de tme des Fimils-Secs, Ce nom est remplacé aujourd'hui par celui de rue des Augustals,
Dans la l'uelle d'Eumachia on trouve les maisons suivantes : — celle où était la peinture représentant un Amour et une Femme qui pèchent (PI. 72); — celle de Vénus et de Mars (1820) ou d'Hercule initié par une prêtresse (PL 74). On y voit un puits bien conservé et dont l eau minérale a tari en 1849. — Au coin de la rue d'Eumachia et de la rue de l'Abondance est la maison de Ganymède (PI. 73). — Un peu plus loin est la maison du Changeur (?) ou de la reine d'Angleterre, découverte en 1838, en présence de la veuve de Guillaume iV.
Entre la ruelle d'Eumachia et le Vlco Storto (K. le plan) d'une part et la rue de Stabies de l'autre, il y a tout un massif, formant plusieurs ilôts, dont les constructions n'ont éternises au jour que dans les dernières années. Disons d'abord un mot des fouilles plus anciennes du Vico Storto, ruelle étroite et tortueuse dont les maisons avaient la plupart à l'entrée un phallus et des lanternes en terre cuite. La multiplicité des f)eintures obscènes dans les boutiques et es maisons a fait supposer aux antiquaires que c'était le Quartier des courtisanes (?) On voit ici la :
Maison de V Amour puni (1844) (PL 59). — Peinture de l'amour fait prisonnier par deux jeunes filles (au musée de Naples). — Maison des Quadriges (1844) (PL 60). — Maison de Mercure (1845) (PL 61). — Maison des Savants (degli Scienziatï) (PL 62), fouillée en 1845, en présence des membres du septième congrès italien. — Maison de VEmpe-
reur de Russie, déblayée en 1845 devant Nicolas P' (PL 63). — Revenant un peu sur ses pas, on trouve au coin de la ruelle d'Eumachia, une fabrique de savon (PL 64), et en face : la maison du roi de Prusse (1822) PL 65).
Dans les îlots de maisons entre la rue de Stabies et le Yico Storto, à partir de la rue de la Fortune, on a trouvé les maisons suivantes :
Maison du marchand de marbres ou du puits (1864) PL 90). EUe renfermait des pièces de marbres de différentes couleurs. Dans une des chambres souterraines au-dessous de la cour, est un puits profond fournissant encore de l'eau fraiche ; seul exemple de ce genre à citer jusqu'ici dans Pompéi. Une petite statue do Silène, deux beaux candélabres, deux vases d'argent ont été portés au musée. On a trouvé le reste d'un char et les squelettes de deux chevaux. Près de cette maison on a découvert, en 1868, la:
Maison des Lits de bronze. — Elle était en voie de réparation, les murs sont dépourvus de stuc. Trois lits ornés de sculptures en bronze et marquetés d'argent, ainsi que différents objets en bronze ont été transportés au musée de Naples.
La maison des sept squelettes, — Celle de la fontaine en mosaïque (1865).
Dans les îlots, au sud des précédents et compris entre la ruelle d'Eumachia et la rue de Stabies, nous signalerons les maisons suivantes:
Boulangerie i Maison des 82 pains (1862) (Plan 92). Près la rue de Stabies, dans une cour, une citerne, avec les tuyaux et les robinets bien conservés. Plusieurs chambres contenant des meules. On a trouvé dans le four une fournée /de^85j)|dn8 car-
bonisés (une partie est au Musée de Naples).
Maison du Trident. — Ainsi nommée d'après une peinture. Elle est située au coin de la rue du Lupanar.
La t*ue du Lupanar, ainsi nommée d'après la maison particulière (PI. 90) qui y est établie, va de la rue des Augustals àla rue de l'Abondance. La rue des Théâtres en est le prolongement. — De Tautre côté de la rue et presque en face de la maison du Trident est la :
Petite maison de la statue de Narcisse (1862), à cause de la ravissante petite statue de bronze, qui a été portée au musée. Du même côté et un peu plus haut est le :
Lupanar (1864), maison de prostitution située (PI. 90) dans le voisinage de l'auberge (n** 91) et à Tangle de deux rues, avec une double entrée. L'intérieur est divisé en petites chambres ayant chacune un lit en
Sierre, la tète plus élevée en guise 'oreiÛer. Dès l'entrée, des peintures obscènes et d'une exécution ^ossière, révèlent la destination du lieu et de nombreuses inscriptions sur les murs la confirment. Le guide en a la clef.
— Le lupanar est séparé de l'auberge par une ruelle dite ; vico del balcone pensile, à cause de la :
Maison du balcon (PI. 89). On y voit conmient l'étage supérieur de certaines maisons était en saillie sur le rez-de-chaussée et s'avançait sur la rue. Trois chambres du premier étage ont pu être conservées en remplaçant les poutres carbonisées par des neuves.
Au coin du vico del balcone pensile et de la rue du Lupanar, est la Caupona ou :
Auberge (1864) (PI. 91) presque en face de la maison Salve lucru (n* 55). Outre les serpents, peints extérieurement sm* les murs comme défense de faire des ordures (V. p. 464), l'inscription suivante invite les flâneurs à ne pas encombrer celte rue étroite :
OTIOSIS LOCUS HIC NON EST, DISGEOE MORÂTOR.
La rue de V Abondance était d'abord nommée rue des Orfèvres, à cause de la quantité de bijoux trouvés dans les boutiques qui en bordaient le côté S.
Le nouveau nom de cette rue, menant du Forum au quartier des théâtres» lui vient d'une statue de l'Abondance qui était à son point de jonction avec la rue du théâtre. On la désigne aussi sous le nom de rue d'Holconius, à cause de la statue de ce personnage au carrefour formé par cette rue et celle de Stabies.
Les murs conservent encore les noms des propriétaires en caractères grossiers, peints en rouge; quelquefois l'inscription recouvre le nom d'un précédent j)ropriétaire, imparfaitement effacé. Plusieurs de ces marchands, suivant une coutume dont les exemples sont si multipliéK à Pompéi, se mettent sous le patronage de l'édile.
Voici une de ces inscriptions : M. Cirritiium Yatiam œdilem orat ut faveat scribus Issus : dignus est, « Le scribe Issus se recommande à l'édile; il est digne de son patronage. » Un autre scribe, Faventius, pa Ironisé par le même édile, ajoute à côte de l'inscription un portrait avec la plume à Toreille.
Nouveaux Thermes. —ThermœSta' bianœ (1858-61) (PI. 56). — Au coin de la rue de TAbondance, sur laquelle est la principale entrée, et de celle de Stabies. On entre dans une cour entourée de colonnes doriques. Plus loin un couloir sert pour la sortie. Les salles principales sont couvertes de peintures, d'arabesques et de figures en stuc d'un dessin très-élégant. Ces salles sont assez compliquées. On y voit : des vestiaires ; cnaque vestiaire {apodyterium), avec des cases est entouré de bancs de marbre ; le frigidarium, ou salle du bain d^eau froide ; le tepidarium ou salle tiède ; le caldarium, étuve, les salles où Ton prenait des bains d'eau chaude, les bains de vapeur ; des cabinets de bains particuliers. On retrouve, des bassins en marbre bien conservés; et dans le
ROUTE 59. — POMpél.
haut des murailles des conduits en leiTe cuite où circulait l'air chaud. — Vis-à-vis de l'entrée principale des Thermes est la :
Maison de Cornélius Rufus. — (1861). Au coin des rues de Stabies et de l'Abondance (PI. 74). Nous avons vu en place dans l'atrium (nous ne savons si on les a enlevés depuis) des supports de table en marbre blanc, à têtes et à griffes de lion ailé, avec des enroulements de feuillage d'une admirable exécution. On a également conservé le buste en marbre d'un ancêtre du propriétaire. Parmi les peintures murales, il y avait dans une salle à gauche derrière ce buste, deux figures singulières par leur caractère typique et par leur costume; Tune, coiffée d'un bonnet phrygien et ayant un pantalon, l'autre, tête nue, cheveux et barbe frisés, nez aquilin, avec une vieille tunique toute déchirée sur les bords, des ficelles pendantes autour des genoux, ayant 1 air d'un de ces juifs marchands d'habits qui circulent de nos jours dans nos villes. Il porte un objet allongé qu'on peut prendre pour une statuette. On pense que c'est un marchand d'idoles. — Un peu plus avant du côté du forum, sur la rue de l'Abondance et au coin de la rue des Théâtres, est la :
Maison dCHokoniusK — (1861) (PI. 74*). — Peintures dans les diverses chambres donnant sur l'atrium ou le péristyle. Ce nom d'IIolconius appartient à une famille influente de Pompéi.
Maison Salve Lucru{m) (1862) (PI. 55), — ainsi nommée a'après l'inscription gravée sur le seuil. Elle
^ Le dattmvir Holconius Ruftts était un * des magiiitrats les plus généreux qu'ait eus Pompéi; cependant, au £.orlir des jeux splendides qu'il avait donnés au peuple dans le théâtre construit à ses frais, il ne manquait pas de gens ^ui lui reprochaient son insolence ; ainsi on écrivait sur les murs : « Les Vibius aussi étaient fort riches et
rmrtant ils n'avaient pas toujours le sceptre la main comme toi. »
est aussi désignée sous le nom de Si^ ricuê inscrit sur le mur, et d'après son cachet gravé à son nom. dette maison, située entre la rue de Stabies et celle du Lupanar, à côté des Thei^ m» StabiansB, possède des peintures trèsrremarquables [ime figure de danseuse à moitié nue, retenant d'une main un voile qui voltige autour d'elle, et de l'autre élevant une baguette enrubannée, nous semble comparable, pour l'élégance du dessin, aux célèbres danseuses peintes du musée de Naples. On remarquera dans cette figure le contour marqué à la pointe sur l'enduit frais, comme pour la fresque]. Beau triclinium également décoré de peintures*
U nous reste à signaler quelques maisons dans la rue de V Abondance et dans le voisinage de cette rue et du théâtre : — La maison du Sanglier
(1816) (PL 75). On y a trouvé de belles mosaïques, entre autres une re-
S résentant un sanglier attaqué par eux chiens. — La Maison des Grâces
(1817) (PI. 76), ainsi nommée d'une peinture des Grâces avec Vénus et Adonis. A en juger par les instruments qu'on y a découverts, au nombre de soixante-dix : des cathéters, un spéculum, différentes espèces de forceps, on pense que c'était l'habitation d'un accoucheur. — La ruelle voisine a sur ses murs les peintures des douze grands dieux. La maison d'Héro et Léandre (1838) (PI. 77).
— Près du quadrivimn, où on trouva la statue de rÂbondance, est la maison du Médecin (PL 78) ; et à côté, celle de V Empereur François //, en présence de qui se firent les fouilles en 1819 (PI. 79).— Une autre maison découverte de 1767 à 1769, à un coin du Forum triangulaire, porte le nom de VEmpereur Joseph II. Suivant le procédé barbare suivi alors, elle fut de nouveau enterrée après mi'on en eut retiré les objets cuneux. Un sque-
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lette de femme fut trouvé dans l'hypocauste du bain. — Maison d'Adonis (1813), d'après une belle peinture de Vénus et Adonis (PI. 80).
Elle fut découverte en partie sous Murat, et reçut à cause de cela le nom de Maison de la reine Caroline. Parmi ses curieuses peintures, dont une partie fut détruite par les premières pluies, il faut citer Vatelier d^un
Seintre, qui nous a été conservé par azois. Cette scène, composée de figures de nains, représente Tartiste devant un chevalet, peignant un portrait. Près de lui est une table sur laquelle sont étalées les couleurs, et un pot rempli d'eau pour les délayer en y trempant son pmceau. Un broyeur dans un coin broie les couleurs, ou peut-être prépare l'encaustique à la cire (ou la résine) dans une sorte de bassin placé sur des charbons. Un personnage de distinction, drapé dans sa toge, pose pour son portrait. Deux amateurs dissertent gravement à l'écart, et un troisième, sous la figure d'une cigogne, le cou tendu en avant, contemple de loin le chef-d'œuvre. — On a trouvé près de là sept squelettes avec beaucoup de pièces de monnaie, des bijoux et objets de prix. -^ Maison de Diane (1826) (l'I. 81). On y trouva les squelettes d'une jeune fille et d'un homme ayant une bourse avec 27 pièces d'or et 50 d'argent [PI. 81]. — Maison àa Apollon et Coronis, On suppose que c'était l'habitation d'un médecin.