XL ORIGINES D£ L ART EN ITALIE
Les monuments les plus anciens que l'on découvre sur le sol de l'antique Tyrrhénie ont été évidemment exécutés sous une influence directement asiatique. U y a des inscriptions en langue et en caractères étrusques sur un très-petit nombre de vases fabriqués à Tépoque de la décadence de l'art. — Gomme règle générale, on peut dire que les vases ont été fabriqués dans les pays mêmes où on les trouve habituellement; il faut toutefois faire une assez large part à l'importation par le commerce.
— Les peintures qui décorent les vases représentent presque toutes des scènes mythologiques empruntées aux croyances religieuses des Grecs ; même sur les vases fabriqués par les Étrusques, qui ont imité les artistes grecs.
Les vases peints de style primitif, de couleur blanchâtre ou jaune clair, n'ont pour toute décoration que des zones noires ou brunes, des méandres, des chevrons. Viennent ensuite ceux qui ont des zones superposées d'animaux naturels ou fantastiques. — Les vases les plus anciens où paraissent des figures humaines appartiennent au vn* siècle avant notre ère. Après les premiers essais de ce genre, où les figures noires se dessinent sur un fond clair, cet art se perfectionne, et bientôt viennent les vases où, sur un fond rouge, se détachent des figures de l'émail noir le plus ï>rillant. On possède un nombre considérable de ces vases, et la période de leur fabrication semble s'étendre du \*auiv" siècle avant J. G. (490 environ a 340).
— La classe des vases à figures rouges sur fond noir est infiniment plus considérable que celle des vases à figures noires sur fond clair. Il est difficile de fixer l'époque à laquelle ils parurent pour la première fois. On en a trouvé à l'acropole d'Athènes, panèi des débris charbonnés provenant des dévastations des Perses (484 ans avant J. G.). Dans ces vases l'art se perfectionne et s'élève à une plus grande pureté de lignes.
Rome, placée entre l'Étrurieau N. et la Grande-Grèce au S., paraît n'avoir rien emprunté à cette dernière, tandis qu'elle entra de bonne heure en rapport avec l'Étrurie et lui emprunta d'abord son architecture et ses arts. Le goût de construction simple des Toscans était approprié à ses mœurs austères et belliqueuses.
Ge n'est pas aux Romains qu'il faut attribuer le premier emploi de la voûte, mais ils l'ont perfectionnée et en ont singulièrement étendu l'emploi. S'ils ne conservent pas la simplicité des Grecs, s'ils ne s'élèvent pas comme eux à la pei-fection artistique, ils se montrent plus savants en mécanique. L'architecture prend chez eux un développoment inusité jusque-là dans la sphère de la vie privée. (F., sur l'architecture antique à Rome, Rome, p. ^21 : Histoire de l'art).
Les Romains, même à l'époque où le luxe des arts fut le plus répandu chez eux, ne comptent ni sculpteurs ni peintres. Les artistes qu'ils employèrent furent presque tous des Grecs. S'ils les payèrent richement, ils ne purent leur rendre l'inspiration féconde, car celle-ci ne puise ses forces que dans la foi et dans la liberté. Nous sommes, pour notre part, disposé à douter un peu de la délicatesse et du goût de ces patriciens amateurs, de ces hommes du glaive, de la charrue, du droit et de l'usure ; si les Grecs nous avaient transmis à cet égard leur appréciation, nous y trouverions probablement des révélations curieuses. G'est seulement à dater de la prise de Gorinthe, moins de cent cinquante ans avant l'ère chrétienne, que le goût