ORIGINES DE L ART EN ITALIE. XLI
des tableaux et des bronzes se répand chez les Romains, à la suite de leurs pillages dans la Grèce. Soixante ans plus tard, Sylla dépouille à son tour Athènes de ses slatues. Les progrès durent être rapides; Auguste se vantait d'avoir laissé une Rome de marbre à la place d'une Rome de briques. On regarde son époque comme l'âge d'or de l'architecture romaine.
A partir d'Auguste, les âmes se détendent ; les citoyens de la ville deviennent des sujets servilement adulateurs. Indignes désormais de la liberté, ils se réfugient dans un égoîsme épicurien. Les saturnales de l'empire commencent. Derrière l'hypocrite Auguste viennent, à de rares exceptions près, des monstres, des fous, des
imbéciles Ce sont là les maîtres du monde, qui, en présence d'une servilité
extrême, poussent aux derniers excès les vices qui dégradent l'homme et le despotisme qui dégrade les nations. L'art continue à produire et à être employé, mais il cesse d'être une révélation ; il perd le chemin du ciel. Le nouvel Olympe pour lequel l'artiste travaille est celui des apothéoses impériales ; les dieux qu'il y introduit sont Caligula, Domitien ou l'impure Faustine. Sous un des empereurs, sous Adrien, il se fait une restauration grecque. C'est alors que le ciseau gréco-romain multiplie une image, parée au moins de la beauté extérieure; encore un nouveau dieu.... Antinous! L'impureté de ces créations semblait justifier d'avance les destructions qu'exerceraient bientôt les chrétiens.
Le goût fastueux, la pompe, la richesse caractérisent l'art romain. Mais l'écorce seule s'embellit, la corruption régnait dans les doctrines, et l'art grec se corrompit aussi pour leur plaire. Si la nature seule pouvait inspirer, le sol de l'Italie valait celui de la Grèce. Les Romains, ainsi que les Grecs, voyaient le nu. Au dire de saint Jean Chrysostome, sous Théodose, les athlètes se tenaient encore tout nus dans les gymnases, et on exigeait d'eux des preuves publiques de bonnes mœurs.
A toutes ses grandes époques, Fart est national ; mais à la fin de l'empire il n'y a plus de nationalité. A cette époque de dissolution, l'art romain s'avance de plus en plus dans la décadence, jusqu'à ce qu'il tombe dans la barbarie complète. Il avait jeté un certain éclat sous les Antonins; mais, comme l'observe "Winckelmann, il touchait déjà à son déclin. Peu d'années après eux, l'arc de Septime Sévère (F. p. 157) atteste encore de nos jours les progrès de cette décadence. Si la pureté du goût s'évanouit, l'architecture romaine conserve longtemps encore un caractère de grandeur. On le retrouve, près d'un siècle après Septime Sévère, dans les Thermes qui portent le nom de Dioclétien. Vingt années après ce dernier, nous touchons au règne de Constantin et à la fin de l'art antique (F. p. 165, Arc de Constantin).
Le vieux monde romain allait disparaître sous les invasions des barbares : des races neuves allaient descendre des steppes et des forêts du Nord pour retremper des populations corrompues, avilies- et désormais impuissantes, sans foi religieuse ou politique. Une destruction générale suivit l'invasion des barbares. L'usage introduit par la détresse et l'ignorance d'employer à des constmctions nouvelles des matériaux enlevés aux monuments antiques, sans s'inquiéter des proportions et des convenances de ces fragments, accéléra la ruine de l'architecture, t La nuit se fait pour l'art italien, vers les dernières années du rv« siècle. »
De la barbarie allait sortir un nouvel ordre social, s'appuyant sur une religion nouvelle. Le paganbme allait céder la place au christianisme. Au milieu de ces