ANTRE DE LA SIBYLLE. — ARGOFELICE. —> GROTTE DE DE SÉ/AN. — LITERNUII
En partant de très-bonne heure, oo peut faire cette excursion en une journée (en exceptant Literaum, qui demande une excursion spéciale). Une calèche coûte 20 à 15 fr. pour la journée, un cabriolet coûte 10 Ir. un corricolo 8 fr., et
ROUTE 42. — CHAMPS PflLÉGRÉENS.
il peut aller jusqu'à Bacoli. (U faut avoir le soin de bien lixer d'avance avec le cocher les divers points que l'on dèïire visiter). — Un cicérone* pris à Naçles, pour éviter les poursuites importunes des guides locaux, coûte 5 fr. pour la journée. On trouve du reste à Pouzzoles des guides qui Tiennent s'offrir même pour 2 fr. 50 c. — On donne 50 c. à chaque custode des diverses localités à visiter. Si l'on a un cocher connaissant bien les localités on peut se passer de guide pour la plupart des points à visiter. — On pourrait prendre à Pouzzoles une voiture a un cheval (4 fr.) pour Yarco Fetice, le l<ic Aveme, Baja et Bacoli (aller et retour).
Pour Cumes, il est indispensable de prendre un guide avant d'arriver :à l'endroit où la voiture s'arrête, parce que le pays est tout à fait désert.
Itinéraire. — Nous conseillons de faire l'excur&ion dans l'ordre suivant : ou traverse la grotte de Pausilippe (on pourrait, avant de s^y engager, s'arrêter pour visiter le tombeau de Virgile [?]. — Au delà de Fuori di Grotta^ prendre la route d'embranchement qui conduit au lac d'Agnano. De là on va a Pouzzoles, soit en revenant sur ses pas en voiture, soit à pied par la Solfatare \V. p. 490). Visiter ramphithéâtre et le temple de Sérapis. — Prendre la roule neuve au-dessus du lac Averne, passer sous VArco Felice (p. 498) ; redescendre la route jusqu'à l'entrée de la grotte de la Sibylle. Si Fou veut visiter Cumes, il faut descendre plus bas avec la voiture et gravir à pied les hauteurs où était située la ville. On
t»eut gagner Baja directement, en suivant a route, et longeant le lac Fusaro (p. 497) ; mais il est plus intéressant de revenir à rentrée de la Grotte de la Sibylle et de traverser ce long tunnel (si le temps est clair, on jpeut le faire sans allumer de torche; il fait très-sombre au milieu, mais on se dirige sur le jour qu'on aperçoit à l'autre extrémité). — A l'issue de la crotte on se trouve sur le lac Aveme. Si l'on tient à voir la grotte de la Sibylle il faut aller chercher le guide, mais alors ce serait une perte de temps d'un quart d'heure. Pour visiter cette grotte, d'ailleurs plus célèbre que cu-
* L'afiluence des étrangers, est une source de richesse pour fiaples. Depuis longtemps on prend leur argent sans s'occuper le moius du monde de leur procurer les facilités nécessaires à l'agrément de leur voyage. Le nouveau gouvernement a déjà moralisé les employés des collections publiques. L'administration ne devrait-elle pas songer à établir une compagnie de guides, admis après avoir justifié de connaissances suffisantes et qui, moyennant un tarif fixé, conduiraient les étrangers? Ceux-ci, de la sorte, ne seraient plus exposés à entendre les indications fausses des guides ignares de la localité.
rieuse, il vaudrait mieux faire la course dans le sens inverse, c'est-à-dire n'aller au lac Averne, à la grotte de la Sibylle et à Cumes, qu'au retour de Baja.) — Visiter Baja^ la Piscina Mirabile; les Cento Camerelle; le Cap Misène.
[La région qui fait Tobjet de celte excursion est connue sous le nom de champs phlégréens [cam^i Phlegrœi, campagnes ar(ïentes], district volcanique présentant encore ça et là divers phénomènes plutoniques d'une activité limitée, et où abondent des cratères éteints. Outre les phénomènes géologiques, d'antiques travaux donnent à ces lieux une ^ célébrité classique. On y retrouve des' traditions locales transportées tour à tour de la Macédoine dans la Thessalie, dans l'Arcadie, dans l'Epire; puis en Canipanie, en suivant la marche de la civilisation de l'orient à l'occident. Les légendes d'Homère, amalgamées dans l'Enéide avec les légendes locales, ont reçu du génie de Virgile une telle célébrité, aue les antiquaires, sans tenir compte ae la part d'incertitude à faire à la fantaisie poétique, ont pris au sérieux la description des lieux par le divin poète, et ont voulu restituer sur le sol, jusque dans ses moindres détails, toute cette topographie, en partie idéale. Guidé par eux, le voyageur peut, sur les pas d'Énée, aller sur les bords dix Styx et de VAchéron (l' Averne), qui communique avec le Cocyte (le Lucrin), gagner les champs Élmées (entre la mer morte de Misène et le lac Fusaro), jeter un coup d'œil sur le Tartare (mare Morto), et penser aux âmes errantes pendant mille ans sur les bords du Léthé (lac de Fusaro), ou aux Cimmériens vivant dans l'obscurité des cavernes (à Cumes). — Pendant que les antiquaires cédaient à la folle imagination d'expliquer les légendes mythologiaues, d'autres savants, à grand renfort d'érudition, embrouillaient les questions relatives aux origines. Les savAots Mazzocchi et Martorelli, trèsversés dans la langue hébraïque, ont voulu, à l'exemple de Bochart, voir partout des étymoiogies sémitiques. Suivant eux, les Phéniciens auraient été les premiers colons de la Campanie, et, partant de l'identité du phénicien et de l'hébreu, ils font venir Averne , non du grec Aornorit dépourvu d'oiseaux, mais do l'hébreu JSvorort, obscurité; Cum^, de I Komok, place élevée; Bai^, de Boiah,
ROUTE 42. — ENVUONS DE MAPLES.
Dieu en lui ; Hisbmdm, de Meshen, ro> cher aigu ; Eltsium, à'EleB, joie ; Acué- Roif t aAchor, trouble ; Soriiciite, de Shir nehim, le chant de lamentation; Capbi, de Cephorim, les villages ; Pro- CHiTA, de Perochothf éruption ; Epomée, d*Epechom, charbon brûlant; le Yésuvb, de Vo Seveav, place de flamme ; Pom- Mu, de Pum reah, la bouche d'une fournaise.... Malgré les rapprochements ingénieux et les etymolo^es spécieuses, les théories oui tendaient à chercher dans la race sémitique les origines des Pélasges, les plus anciens colons de ritalie, sont aujourd'hui abandonnées.]
Le QUAI DE Ghiaja, à son extrémité, se divise en deux branches : 1° celle du bas, suivant la plage, va au quaœtier des pêcheurs de Mergellina, oui s'étend entre Ghiaja et Sannazaro (le poète Sannazar a habité et chanté cet endroit), et qui, nouvellement bordée de constructions élégantes ,est une belle promenade à parcourir en voiture; (on pourra visiter la petite église S** Maria del Parto. F.n. 410).— 2« la route (strada Nuova) commencée en 1812 et continuée en 1850 jusqu'à Bagnoli, s'élève sur le promontoire de Pansilippe et en suit la crête en passant devant les villas modernes qui occupent cette délicieuse situation, et sont plantées de cactus, de palmiers, d'orangers, d'agaves.... C'est par cette partie de la route que nous conseillons de revenir le soir, pour jouir de l'admirable vue du golfe et des îles. Cette belle route est tous les soirs le but de promenade des équipages. Elle communique avec la route, nouvellement ouverte qui ramène à mi-cote, dans l'intérieur de la ville et va aboutir, si on en suit tout le développement, près du Musée. — 5* Enfin une branche, (]ui continue larivieradiChiaja, conduit sous le nom destradadi PietUgrottay à la grotte de Pausilippe.
Pausiuppe. — (PoiilipOy que l'on fait venir du grec naJjvtç rHç Xuinac, cessation de la tristesse [Sans Souci], nom d'une villa de Pollion). C'est un promontoire s*avançant dans la merl
entre les golfes de Naples et dePouzzoles. On a de là une admirable Tue.
Toutes les gloires du monde romain ont passé par ici. L'aristocratie de Rome s'y disputait de petites portions de terre pour y élever des villas, parmi lesquelles les auteurs sinciens citent celles de Virgile, de Cicéron, de Marins, de Pompée, de Pollion
Idans l'anse dite Marechiano, à TO.
le la Scuola di Virgilio; V. p. 489), de Pollion, cet affranchi qui faisait jeter ses esclaves aux murènes, dans des viviers mii sont encore visibles; celle de Lucullus, à l'extrémité du promontoire, et qui s'étendait jusqu'à Nisita.
Il faut suivre la côte en barque pour voir les substructions énormes de ces villas élevées avec les dépouilles du monde. On pourrait faire un petit livre intéressant pour les amateurs de la littérature ancienne visitant ces lieux, composé des nombreuses citations relatives à ces poétioues rivages, depuis Kaples jusqu'à Misène. — Parmi les villa» modernes qui appellent sur la route neuve de Pausilippe rattention du voyageur, il faut citer les suivantes : Angri Doria ; — à g. au bord de la mer les ruines improprement nommées : Palais de la retne Jeanne.
La nièce de Paul lY, la belle et orgueilleuse Anna Caraffa, épouse du duc de Médina, vice-roi ae Philippe III, le fit construire. Cette constiiiction resta interrompue. Une compagnie anglaise entreprit, en 1865, de convertir ce palais en établissement de bains. — La Rocca Romana, villa où ont été réunis des plantes et des animaux des quatre parties du monde ; la Rocca Matilda, luxueuse curiosité d'une Anglaise; la villa Minutolo; la villa Gerace; au sommet du coteau, la villa Thalberg, autrefois villa Lablache, où sont morts ces deux grands artistes. — Au cap de Pausilippe, on trouve des barques pour retourner à Naples. Au delà sur le penchant, apparaissent au milieu des myrtes et des genêts les ruines des villas de Luou^