ROUTE 55. — DE NAPLES A BÉNEVENT ET A FOGGIA
ces particuliers jusqu'au xi* s., que les riormands s'y étabUrent. Les habitants opprimés portèrent leurs plaintes au pape Léon IV. Le pape alla exposer leur situation à l'empereur Henri A, qui, en 1053, céda ce duché au pape en échange de quelques droits féodaux que celuici possédait en Franconie. Depuis lors, lespapes s'en sont considérés comme les légitimes propriétaires. — C'est près de Benévent, sur les bords du Calore, dans la plaine de Grandella, qu'eut lieu (26 février 1266) la bataille entre Charles d'Anjou et Manfred, dans laquelle ce dernier trouva la mort en se jetant au milieu des ennemis. — Le roi de Naples s'empara de Benévent en 1769. — En 1806, Napoléon, mettant fin aux réclamations des deux souverains, érigea Benévent en principauté et le confêra à Talleyrand, qui le garda jusqu'en 1815. Le coupures de Vienne le rendit aux Etats de l'Eglise. — La ville de Benévent est sur le penchant d'une colline qui domine deux vallons arrosés par le Calore et par le Sabbato. Le territoire est montueux. 11 se fait à Benévent un grand commerce de bestiaux. Le soir, la ville est déserte de bonne heure. Dans l'été, à 3 h. du matin, le corso Yittorio s'anime : c'est l'heure où les propriétaires viennent engager les garçons et les filles pour les travaux de la campagne. A 4 h. tout est fini.
Antiquités. — A l'est de la ville est la porta Aurea, arc de triomphe en marbre de Paros, érigé à Trajan, avec une inscription conservée et des bas-reliefs re- S résentant les exploits de l'empereur ans la guerre sur le Danube. Les sculptures sont malheureusement très-frustes. Un certain nombre de personnages n'ont plus de tête. Une grande prtie de la corniche supérieure est tombée. Les colonnes, sont cannelées et surmontées de chapiteaux corinthiens courts et peu fouillés. Après l'arc d'Ancône, c'est le mieux conservé que possède l'Italie. — Restes d'un amphithéâtre, dit: i grottoni di Mappa, — Fragments antiques dans la cour du palais du cardinal légat, entre autres un bas-relief de l'Enlèvement des Sa bines.
Cathédrale. — Architecture gothique intéressante, altérée au xvii« siècle. On croit que la porte centrale en bronze a été exécutée à Constantinople en 1150. Dans Fintérieur, les colonnes antiques de la
grande nef ont été remaniées. Au centre du plafond plat, Assomption de la Vierge par Castellani. — L'éghse possède un riche trésor. — Sur la place est un petit obélisque égyptien. — Sur un côté de la place, PALAIS Orsini.
La BASiLiCA DI Santa Sofia (dont on visitera le beau cloître) a aussi des colonnes antiques.
Le corso Garibaldi aboutit au Château, construit au xii« siècle. Les murs d'enceinte ont été détruits. Il est réduit h un donjon servant de prison pour les femmes. — Le palais de la Préfecture y est adossé.
De Benévent à Foggia.
104 kil. — Chein. de fer. -- Trajet en 4 h* 30 m. — Prix : Il fr. 40 c. ; 8 fr.; 5 fr. 70 c; 4 fr. 55 c.
Après les stations de Ponte Valentino et a'Apice, on atteint (125 kil.) MotUe CalvOf au pied de la cliaine des Apennins.
Entre Montecalvo et Âriano, traversée de l'Apennin, le sol est très-tourmenté et les ouvrages d'arts principaux sont : tunnel de 194 met. de longueur; — tunnel de la Cristina, 1461 mèl.; ~ tunnel Star/a. 2665 ; — tunnel, 503 met. ; tunnel d'Ariano, 3715 met. — Auprès de Savignano de' Greci, deux tunnels, 158 etl8i met. ~ Au delà de Hontaguto et Panni, deux tunnels, 167 et 199 met., — cl, un peu avant Bovino, tunnel deLamia, 640 met.
136 kil. Ariano'—{Ara /am), 14,500 hab., ville située dans un territoire fertile. Elle a été souvent ravagée par les tremblements de terre. Le duc de Guise la livra au pillage en 1648. Elle est assise sur une triple colline escarpée. Des caves creusées dans le rocher servent de demeures aux habitants pauvres. Les femmes sont renommées pour leur beauté.
Le chemin de fer, remontant les pentes, s'engage, à quelque distance de cette ville et à 506 mètres au-dessus de la mer, dans le tunnel d^Ariano, long de 3715 met. Il atteint une élévation de 628 met. au-dessus de la mer. 11 commence de là à descendre vers l'Adriatique, dans le sauvage val de Bovino.
Entre Ariane et Bovino on traverse 19 fois le torrent Cervaro, sur des ponts métalliques en une seule travée d'une portée
ROUTE 5G. — DZ FOGGIA A GÂMDELA.
variable de 25 à 46 met. et pour la plupart en courbes très-prononcées. Ces ponts dessinés par l'ingénieur napolitain, M. Alf. Oottrau, ont élé exécutés par M. Cail, de Paris.
452 kil. Montaguto.
195 kil. Ponte di Bovino. — A 5 kil.
de là est la ville Je Bovino, 6500 hab„ située sur une hauteur. Cette partie de l'Italie a souvent servi d'asile aux bandits.
« A Ponte di Bovino, on quitte la montagne et on entre dans la monotone et vaste plaine, toute en pâturages, dite tavoliere di Puglia { V. p. 377 : pour la vue, se mettre à or.), par une route aussi désolée que celle de la campagne de Rome. Cette plaine sert de pâturage d'hiver pour les troupeaux, gardés par de magnifiques chiens blancs des Abruzzes. j> — Après les stations de Giardinetto et de Cervaro (190 kil.), le chemm de fer atteint :
198kU. Fosr^ta(F. p. 508).
ROUTE 5a.
DE FOGQIA A CANOELA
Une petite ligne He chemin de fer va de Foggia, par Cervaro, Ordona, Ascoli, à Candela.
59 kil. — Traj. en 1 h. 13. — Prix : 4 fr. 45 c.; 3fr. 10 c; 1 fr. 80 c.
9 kil. au delà de Foggia, on passe le Cervaro sur un pont oblique de 5 arches.
31 kil. Ascoli* — (Asculum \pulum, pour le distinguerdel'Asculum Picenum, près du Tronto ( V p. 506j ; situé dans un territoire riche en grains, en vins et en fruits. Pyrrhus y renfporta une victoire sur les Romains. Cette ville fut détruite par Roger !•' dans l'invasion des Normands. On voit encore des restes de la cité antique. Les habitants ont été souvent exposés à la piqûre de la tarentule (l.ycosa tarentula) , sur laquelle on a publié tant de récils fabuleux. — Ascoli fut la pairie du célèbre Stabili, professeur à Bologne, qui, poursuivi par l'Inquisition, fut brûlé publiquement a Florence en 1327.
39 kil. Candela \ — 6000 hab. Sur le sommet d'une colline, au pied de la
chaîne des Apennins. — On passe de la Capitanate dans la principauté ultérieure.
Cette ligne (de Foggia à Naples par Eboli, dont le projet est ajourné, sinon tout à fait abandonné) devait, après Candela, continuer par Caliiri et Conza. (Après Calitri la traversée de l'Apenoin exigerait des pentes de 18 millim.)
Conza. — Ville d'origine antique ; a été détruite par des tremblements de terre, en 980 et 1694.
Le chemin de fer entre Conza et Coniursi (34 kil.) nécessiterait des travaux importants, entre autres ôOOO met. de galerie.
Contursi. — L'air n'est pas sain. Dans le voisinage, une exhalaison de mofettes, dite Tufara, asphyxie comme les exhalaisons de la grotte du Chien près du lac Agnano.
La section entre Contursi et Eboli (19 kil.). - D'EboU à Naples, 79 kil.
Excnrsion de Candela à et au mont Voiture.
leie
De Candela on peut aller, en diligence (33 kil.), à :
Melfi % — 9900 hab. Situation pittoresque sur une colline isolée, formée de lave, au pied du niant Voiture, Deux petits ruisseaux qui se déroulent autour de cette coltine prennent en se réunissant le nom de Melfi, et se jettent dans ÏOlifanto et avec celui-ci dans VOfanto. L'air n'y est pas sain. Les murailles et les portes de Melfi méritent d'attirer l'attention. Leur solidité du moyen âge a ré>isté aux plus forts tremblements de terre. Les historiens ne sont pas d'accord sur l'origine de cette ville; elle était déjà ûorisfonte à l'apparition des Normands. En 1059, le pape Nicolas Il y conféra à Robert (luiscard le titre de duc d'Apulie et de Calahre. — Rues étroites et sales. Le tremblement déterre de 1851, qui fit i)érir près de 1000 personnes, a détruit la cathédrale, reconstruite en style moderne. Le caractère de l'ancienne construction, datant de 11 15, était moitié normand, moitié byzantin; de nombreuses restaurations l'avaient altéré. On vante surtout ses portes en bronze et le clocher normand. — Le château, bâti sur une hauteur à pic par Robert Guiscard, est un reste intéressant