‹ Italie; itinéraire descriptifChapitre 28 sur 422 · XLIV ORIGINES DE L ART EN ITALIE · texte numérisé non relu

XLIV ORIGINES DE L ART EN ITALIE

droits par le milieu, de manière que l'intérieur du monument ressemblât à une^ croix grecque, c'est-à-dire à une croix dont les quatre branches sont égales. Ils perfectionnèrent encore la construction de ces dômes, en les élevant au-dessus de 4 grands arcs disposés sur un plan carré. On comprend qu'en adaptant un périmètre circulaire à un périmètre quadrangulaire on avait en surplus 4 angles. Chacun de ces angles fut alors racheté par une petite voûte en encorbellement, qu'on ne peut mieux comparer qu'à une niche. Les dômes ainsi disposés sont dits en pendentifs. Tel est le plan de Sainte-Sophie de Constantinople, qui devint le type d'après lequel furent bâties les basiliques grecques pendant une longue série de siècles. On renonça presque complètement aux ordres antiques. Le chapiteau des colonnes fut modifié : de circulaire qu'il était, il devint cubique; la feuille d'acanthe fut remplacée par d'autres feuillages.... » (Batissier, Histoire de Vart monumental.) L'influence byzantine s'étendit aussitôt à l'Occident. Constantin et Justinieny bâtirent des temples imités de ceux de l'empire grec; mais le rit latin lui opposa delà résistance, et l'art byzantin laissa peu d'édifices complets en Italie.

Art plastique. — Le mouvement créé dans l'architeclure devait se communiquer à la sculpture et à la pemture, ces deux arts qui lui sont complètement subordonnés à toutes les périodes artistiques primitives et fondamentales. Hais dans le principe, la nouvelle religion qui se levait sur le monde ne fut pas favorable aux arts plastiques. Sortie de l'école du Mosaîsme, opposée aux représentations figurées des choses divines, elle condanma l'emploi des images, comme devaient plus tard le faire les réformateurs du xvi« siècle. Voici à cet égard un passage expressif de S* Augustin : — a Execratur apostoluseos qui commuta veruntgloriamincorruptibi lis Dei in shnilitudinem corruptibilis hominis ; taie enim simulacrum Dei nefas est christiano in templo collocare, multo magis in corde, ubi vere esttemplum. » — Cette aversion que les premiers chrétiens manifestaient pour les images fit place, aux m* et iv* siècles, à un sentiment moins répulsif. On n'exécuta pas encore d'images proprement dites, mais on se servit de représentations symboliques appropriées à l'enseignement spiritualiste des disciples de l'Évangile. « Tant que le christianisme compta un nombre assez limité de prosélytes pour que presque tous pussent avoir une intelligence suffisante des Écritures, aux allégories desquelles la majorité des symboles avait été empruntée, ce système de représentation put atteindre le but que l'Église s'était proposé; mais, quand des peuples barbares tout entiers embrassèrent la foi, il fallut que les représentations figurées se rapprochassent davantage de l'esprit inculte, ignorant et grossier du barbare. L'iconographie devint un moyen d'enseignement et de persuasion. D'ailleurs les habitudes idolâtriques étaient si invétérées, qu'on ne pouvait déraciner le polythéisme qu'en substituant à la vénération des populations superstitieuses de nouvelles idoles à la place d'anciennes. Les statues de Jupiter, de Mercure, de Gérés, de Junon furent métamorphosées souvent en images de Dieu, du Christ, de la Vierge. L'effet des images fut réellement merveilleux. Â

pendentifs. Les premières sont celles reposant sur un assez grand nombre de piliers pour avoir un support sensiblement circulaire (S. Vitale, de Ravenne) ; les autres sont celles dans lesquelles l'édiûce, pour passer du plan carré ou barlong, formé par quatre piliers, au plan circulaire de la coupole, est obligé d'emprunter des encorbellements triangulaires qui ont pris le nom de pendentifs.

Page 1