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ORIGINES DE L ART EN ITALIE. XLV

Nicopolis, en Bulgarie, le Romain Hethodias fit embrasser le christianisme au roi Bogoris et à sa sœur, en peignant sur les murs du palais de ce prince la scène effrayante du jugement dernier.... Au xn« siècle le même sujet décora le portail de presque toutes les églises, afin de ramener à la croyance de la résurrection dernière et de la fin du monde une population ébranlée dans sa foi parle non-accomplissemeni de la prq)hétie qui attribuait mille ans d'existence au monde, à partir de la naissance du Christ. > Plus tard on y plaça une image du paradis, d'où viendrait, par corruption, le mot de a parvisium, parvis, o donné à l'aire du portail. L'usage s'établit de revêtir entièrement l'intérieur des églises de peintures et de mosaïques. Les images se répandirent à profusion sous le règne de Théodose et d'Arcadius. Elles engendrèrent de déplorables superstitions, qui rappelèrent celles du paganisme, et proToquèrent, sous Léon l'Isaurien, au yiii« siècle, la réaction des iconoclastes, soutenue par l'Église d'Orient, tandis que celle d'Occident maintenait la vénération des images. Les iconoclastes, du reste, ne proscrivaient pas les beaux-arts; ils ne proscrivaient que les représentations des personnages sacrés. L'art devint aloi-s une religion pour laquelle on souffrit le martyre. Les moines artistes de l'Orient, fuyant devant les persécutions, étaient accueillis par les papes, qui leur ouvraient des monastères et s'empressaient de les occuper.

Cependant l'art chrétien dut subir une sorte de loi canonique ; il entra pleinement dans sa période sacebdotale, et, en renonçant à la libre inspiration, il s'immobilisa et s'interdit le progrès. La crainte, dit M. Ëmeric David, que conçurent les autorités ecclésiastiques de voir les ennemis des images y découvrir des objets de scandale rendit plus sévères les lois qui pesaient depuis longtemps sur les artistes. Le concile de I)icée, de 787, où les iconocl-istes furent condamnés, nous donne une preuve authentique de la servitude où l'art était retenu. « Comment, disent les Pères, pourrait-on accuser les peintres d'erreurs? L'artiste n'invente rien; c'est par les antiques traditions qu'on le dirige. Sa main ne fait qu'exécuter. Il est notoire que l'invention et la composition des tableaux appartiennent aux Pères, qui les consacrent. A] proprement parler, ce sont eux qui les font. » Telle était la domination que les prêtres égyptiens exerçaient sur les peintres et Us sculpteurs. Aussi, tandis qu'en Occident l'art va bientôt prendre un nouvel essor au souffle de la liberté; dans l'Orient, au contraire, il s'immobilise; il ne lui est pas permis de s'affranchir du code hiératique dans lequel tous les détails de la représentation sont prévus et prescrits. Le Manuel d'iconographie chrétienne, publié en 1845 par Didron, et qui contient le guide de la peinture, traduit du manuscrit grec du moine Denys, a été toute une révélation à cet égai*d ; ainsi s'expliquaient la constance et l'identité des types figurés dans tous les édifices religieux de la Grèce. Depuis douze siècles les Byzantins ne se sont jamais écartés des mêmes types. Aujourd'hui encore, au mont Athos, un seul nom surnage, celui de Manuel Pansclinos, dont les figures présentent un dessin plein de noblesse et d'élégance.

8calptiir«. — Elle participe nécessairement à la dépendance ecclésiastique de l'art de cette époque, a Dans toutes les statues et dans les Las-reliefs qui ornent les églises du xi* au xiii* siècle, ouvrages qui annoncent un art encore au berceau, quelque chose frappe plus encore que l'imperfection du dessin, c'est aussi l'uniformité constante des types. Ces grandes figures raides, immobiles, inarticulées sont

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