ROUTE 60. — DE NAPLES A REGGIO
AU delà de Rogliano, on gravit un contre-fort de l'Apennin et, après une lons^ue montée, on arrive au village de Carpenzano; on laisse à dr. celui de Scigliatio, 4000 hab. — Après avoir dépassé les relais d'Acrifoglio et de Goraci, on peut prendre la route royale nouvelle de Tiriolo *, — 4000 hab. (station des voiturins' le 7* jour depuis iNaples). Tiriolo est situé, comme l'aire d'un aigle, sur une crête de l'Apennin; on aperçoit de la roule les deux mers.
La nouvelle route va de Rogliano à Catanzaro* (V. p. 537), en passant par Soveritty bourç de 1000 hab., au fond d'un défilé, Tiriolo et Marcellinara. Elle va rejoindre l'ancienne route à Fondaco del Fico, relais de poste [V. ci-dessous).
Au lieu de prendre la route par Tiriolo, nous continuons à suivre l'ancienne route et nous arrivons à :
Nicaslro, — 7000 hab. Ville située à 11 kil. de la mer, sur une hauteur, d'où la vue s'étend sur le golfe de Santa Eufemia,
De Nicastro, une route se dirigeant à rO. vers la côte, va par San Biagio, où sont des bains sulfureux, à Santa Eufemia — 3000 hab., qui a donné son nom au golfe, et où était un monastère de bénédictins, fondé par Robert Guiscard. Le monastère et la ville furent détruits dans le tremblement déterre de 1638.
Au N. de Monteleone, du côté de la mer, le village de San Fietro di Vibona est sur remplacement d'Hipponium {Sibonem, comme l'écrit Cicéron^Attic. III, 2), qui s'y réfugia pendant quelque temps, lorsqu'il fut condamné à l'exil, dans une propriété de son ami Sica). Il y avait là un temple de Proserpine, auquel le comte Roger de Sicile enleva ses colonnes, pour enrichir l'abbaye de la S*» Trinité, à Mileto.
De Monteleone on peut aller, par finaticoy 5000 hab., petite ville à moitié détruite par le tremblement de terre de 1783, à (26 kil.) Tropea, — 5000 hab.; les bateaux à vapeur napolitains entre Naples et la Sicile y touchent à de certains intervalles. — Toute cette ligne de côtes est d'un aspect très-pittoresque. — De Tropea on pourrait regagner la grande route en passant par Nicolera^ 5000 h., ville qui eut beaucoup à souffrir du tremblement de terre de 1783.
Après avoir franchi le Lamato, les relais de poste de Fondaco del Fico et de Torre Masdea (c'est ici la partie la plus étroite de cette extrémité de la Galabre), on laisse à dr. PizzOy 6000 hab. ville du littoral, en pente rapide, témoin des derniers moments de Murât (F. p. 381).
Le sol est riche en granit et en marbre, —y Le bateau à vapeur postal touche à Pizzo plusieurs fois par mois. — Suivant la route de poste entre la mer et l'Apennin, on arrive à :
Monteleone*, 7500 hab. (station des voiturins le 8« jour depuis Naples), ville florissante autrefois, mais qui a beaucoup souffert du tremblement de terre de 1783. Le château fort a été fondé par Frédéric II. — On a d'ici une belle vue sur l'Etna et les îles Lipari.
Mileto, — 2000 hab., « misérable bourg d'aspect sinistre. » Il eut de l'importance sous les princes normands et fut détruit par le tremblement de terre de 1783, dont les ravages se sont particulièrement exercés sur la contrée d'alentour. — On trouve ici dans le voisinage une assez grande quantité de villages dont les noms attestent une origine grecque; ce sont des colonies du Bas- Êmpire.
Hosarnoy — 3000 hab., dans une situation pittoresque sur les bords de la Mesima. Ce village a la réputation d'avoir servi de lieu d'habitation aux brigands.
Dans le voisinage, on voit des ravins, des gouffres, des fissures, des puits, des entonnoirs produits par le tremblement de terre de 1783.
Gioja^ (Metaurum), 1300 hab. Ville déserte et malsaine, qui a donné le nom au golfe au fond duquel elle est située. Au S. de Gioja est l'embouchure du Marro {Metaurus, en patois Metramo), qu'il ne^ faut pas confondre avec la rivière du même nom, dans l'Ombrie, près de laquelle fut défait Asdrubal.
A plusieurs milles au S.-E. de Gioja, au pied de i'ÂspromotUe, est la petite ville dVppido, où le tremblement de terre de 1783 paraît avoir exercjé son