‹ Italie; itinéraire descriptifChapitre 285 sur 422 · ROUTE 60. — DE NAPLES A REGGIO · texte numérisé non relu

ROUTE 60. — DE NAPLES A REGGIO

action avec le plus d'activité, ^'ous placerons ici quelques détails sur cette catastrophe terrible, empruntée en partie à la Géologie de Lyell.

Tremblement de terre de 1783 en Calabre.

Les secousses commencèrent en février 1783 et durèrent près de quatre ans. Pour la seule année 1783. on a enregistré 949 secousses. Quelle qu'ait été la gravité des phénomènes, l'importance de ce tremblement de terre tient surtout à ce qu'il a pu être étudié, pendant et après les commotions, par des pei sonnes ayant les connaissances scientifiques nécessaires. Par uoe circonstance singulière, les commotions par lesquelles la surface de la Calabre se trouva si souvent modifiée, sont limitées à une région où il n'existe aucune roche d'origine volcanique ou trappéenne. La commotion se lit sentir depuis iHaples jusqu'à la Sicile; mais l'étendue de la surface où l'action fut le plus violente n'excéda pas 66 lieues carrées (1056 kil. carrés).

Le village é'Oppido peut être considéré comme le point central d'où émanèrent les mouvements les plus violents; la terre s'entrouvit, puis se referma immédiatement et engloutit plusieurs maisons. Si autour de ce point central on trace un cercle de 32 kil. de rayon, cet espace comprendra la surface du pays qui éprouva le plus d'altération, et où toutes les villes et tous les villages furent détruits. La première secousse (5 février 1783) renversa en 2 minutes la plus grande partie des maisons des cités et bou- Jeversa la surface du pays. Un autre choc presque aussi violent eut lieu le 28 mars. La chaîne appennine granitique, de près de deux raille met. de hauteur, qui traverse la Calabre du N. au S., ne fut que légèrement ébranlée des premières secousses; mais par suite des chocs postérieurs, les terrains stratiformes glissèrent, à leur point de contact avec le noyau granitique, en laissant entre eux une solution de continuité. — Quand la terre se souleva, de grandes maisons, des arbres, du bétail et des hommes se trouvèrent engloutis en un instant dans les crevasses; c^uand le sol s'abaissait, la terre f>e refermait sur eux de manière qu'on n'en pouvait retrouver le moindre vestige à la surface. Quelquefois des individus engloutis étaient rejetés vivants avec de grandes colonnes d'eau par la secousse qui suivait immédiatement la première. A Jerocarme, les fissures du sol s'étendirent en tout sens comme les fentes d'un carreau de ▼itre cassé, et une grande partie de ces fissures restèrent ouvertes après les secousses. Les gouf&es, après s'être entr'ouverts, se refermaient avec une telle violence, que les édifices qui y étaient engloutis à une pro-

fondeur accessible ne formaient plus qu'une mas^e compacte : des villes entières n'ont laissé à leur place qu'un étang. Entre les lacs nouveaux il se forma sur divers points, entre autres dans la plaine de Rosarno, des cavités circulaires qui se remplirent d'eau. Il y eut aussi de grands courants de boue.

L'histoire nous apprend que depuis que les premières colonies grecques s'établirent en Calabre, cette région a été exposée, par suite des tremblements de terre, ài d'effroyables ravages. Le nombre des individus qui périrent pendant le tremblement de terre de 1783, dans les deux Calabres et en Sicile, est estimé par flamilton à 40,000 à peu près; 20,000 autres succombèrent à la suite d'épidémies occasionnées par l'insuflisance des aliments, le défaut d'abri, et par la maV aria engendrée par les eaux sta-

f:nantes. Un plus grand nombre de victimes urent ensevelies sous les ruines de leurs maisons ; beaucoup périrent aussi dans les incendies qui sévirent avec fureur dans quelques villes, telles qu'Oppido, à cause des immenses magasins d huile qui s'y trouvaient. — Le prince de Scilla ( V. plus bas) s'était réfugie avec uoe grande partie de ses vassaux sur des bateaux de pêche. La nuit du 5 février, la mer, s'élevant subitement de plus de 6 met., se précipita sur une plaine basse du littoral, entraînant tous ceux qui s'y trouvaient. Elle se retira ensuite, mais pour revenir avec plus de violence. Tous les bateaux coulèrent à fond, ou se brisèrent contre le rivage, et plusieurs d'entre eux furent emportés au loin dans les terres. Le prince et 1430 de ses sujets périrent.

Palmiou Palme*, — 10,000 hab. Dans une très-belle situation sur une colline dominant la mer, au milieu de jardins et de plantations d'oliviers et d'orangers. EHe jouit d'une admirable vue, sur la mer, les côtes de Sicile et l'Etna. C'est un des points pittoresques les plus remarquables de ce littoral méditerranéen, ^ trop peu visité. Magnifiques forêts d'oliviers.

Seminara,—A0OOhoh., détruite par les Sarrasins au ix« siècle, renversée par le tremblement de terre de 1 783. D^ubigné, général commandant les troupes de Charles VIII, y remporta sur les troupes de Ferdinand II, commandées par Gonzalve de Cordoue, une victoire qui porte le nom de cette ville. Au delà on traverse une forêt de châtaigniers. La route descend en zigzags jusqirà :

Bagnara^—mOO hab.— Ville d'aspect pittoresque, en amphithéâtre accident*^; célèbre par la beauté extraordinaire des

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