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ROUTE 60. — DE NAPLES A REG6I

femmes, non la beauté grecç^ue, froide, imposante, mais une beauté farouche, basanée inquiète. (Maxime Ducamp.) — (9« station des voiturins depuis Naples.) Dans un territoire moritueux qui produit de bon vin. Bajoiara fut presque entièrement détruite par le tremblement de terre de 1783. — La route côtoie en corniche le bord de la mer et on y jouit d*uue belle vue sur la mer et la Sicile.

— La végétation est splendide. Près de Bagnara, les aloès et les nopals se mê* lent aux palmiers.

La route, en zigzags, descend jusqu'à : Scilla (Scilleo et Sciglio), —7000 hab., petite ville située sur la pente d'un rocher vis-à-vis du cap del Faro, extrême point N.-E. de la Sicile. — Ses rues en terrasses ont de belles maisons, construites après le tremblement de terre de 1783. Elle est renommée par ses manufactures de soie. Les vins du territoire sont estimés. Le fort qui la protège a été disputé, au commencement du siècle, entre tes Français et les Anglais.

— Ses habitants se livrent avec avantage, pendant le mois de juillet, août et septembre, à la pêche de l'espadon {pesce 8]}ada).

Charyhde et Scylla. — C'est ici qu'étaient en regard l'un de l'autre les deux écueils de ce nom, célèbres dans l'antiquité, et dont la proximité donna lieu à ce proverbe :

Incidit in Scyllam qui vult vitare Charyb-

[dim.

Les marins traversent aujourd'hui sans effroi ce danal, où la rapidité des courants produit quelquefois des remoi^s, sensibles pour les petites barques, mais qui n'ont aucun caractère menaçant. Les nombreux tremblements de ten'e qui ont bouleversé ces côtés ont dû sans doute modifier ces écueils, sous lesquels la mer ne s'engouffre plus avec ces bruits que l'on avait comparés aux aboiements des chiens. Il paraît que l'action du courant a augmenté la largeur du canal.

Une belle route, construite après la restauration des Bourbons, suit les bords de la côte, en vue d'un admirable panorama, et traverse plusieurs villages parmi lescjuels il faut citer

Villa San Giovanni, 5000 hab., dans une situation salubre et des plus pittoresques, oiî prospère l'industrie de la soie. C'est le point d'embar(juement le plus rapproché pour Messme.

Reegio*— (Megfmm) 16,000 hab., capitde de la provmce de la Calabre ultérieure première. Cette ville, presque entièrement détruite par le tremblement de terre de 1785, et rebâtie sur un nouveau plan, a des rues spacieuses et de belles constructions.

Elle est assise au milieu d'une contrée fertile, abondante en fruits, en oranges, qui sont l'objet d'un grand commerce ; où le palmier atteint un grand développement et produit des fruits ; où les routes sont bordées de cactus et d'agaves. Son climat est très-salubre.

Les admirables points de vue sur la mer et les côtes de la Sicile ajoutent encore à l'intérêt et au charme de sa situation.

La ville de Rhegium fut fondée par les Chalcidiens, vers 668 avant J.-C.

Des familles messéniennes s'y établirent en 723. Elle devint une des républiques les plus florissantes de la Grande-Grèce. En 281, une légion romaine, qui y était envoyée en garnison, s'en empara et massacra le& habitants. Les soldais furent punis de mort dix ans après; mais Bhegium resta dans la dépendance des Romains.

Cette ville fut relevée par Jules César, à la suite d'un tremblement de terre, sous le nom de Rhegium Julii, pour la distinguer de Rhegium Lepidi (Reggio, duché de Modène ). Des Romains elle passa aux Goths, aux Sarrasins, aux Normands. Gonzalve de Cordoue s'en empara. Barberousse la réduisit en cendres en 1544 ; Mustapha-Pacha en 1558. En 1841, elle a eu à souffi'ir des treml)lemcnts de terre, et des secousses s'y sont encore fait sentir en 1851.

A quelques milles au N.-E. s'élève YAspromonte^ dont le nom est devenu célènre depuis la lutte qu'y soutint

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