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ROUTE 61. — DE TARENTE A RBGGIO

Garibaldi, et dans laquelle il fut blessé le 29 août 1862.Cette montagne forme Textrémité S. de la chaîne apennine.

Un des points culminants de TAspromonte (monte Alto) s'élève à 1900 met. au-dessus de la mer. Ces montagnes ;5ont couvertes de forêts de chênes et de hêtres sur les flancs, et couronnées de pins au sommet.

DE TARENTE A REGQIO

Cranda-Orèce.

47S kil. -- Chcm. de fer. — 2 trains par jour. — Trajet en 14 h. 5 min. et 17 h. 5 min. —Prix : 53 fr. 45 c; 57 fr. 45 c; 21 fr. 40 c

Cette extrémité de l'Italie, infréquentée par les touristes, ne pouvait être parcourue par quelque curieux qu'en voyageant presque toujours à cheval, en emportant ses provisions avec soi. en traversant des torrents qui, grossis, interrompaient quelquefois la communication, en se résignant à tous les inconvénients des plus mauvais gîtes, et en bravant les dangers du brigandage et ceux de la mal' aria qui règne sur ces rivages déserts. —Aujourd'hui toute la longue ligne accidentée du littoral qui s'étend de Tarente à Reggio peut être parcourue en chemin de fer. JLes mois d'avril et de mai sont les plus favorables.

Les bateaux à vapeur d'Ancône passent à Tarente tous les 15 jours (le mercredi) ; les voyageurs qui voudraient prendre cette voie, devront s'informer à l'avance, afin de combiner leur arrivée à Tarente avec le départ du vapeur. — L'embarquement coûte 1 fr. !20 c. Le bateau part de Tarente le mercredi soir à minuit. 11 arrive le jeudi matin à 6 h. à Rossano (1 h. d'arrêt), et à Gotrone à midi.

Il faudra encore du temps pour que la civilisation pénètre dans celte contrée abandonnée, pour qu'elle y triomphe des habitudes de malpropreté, et pour que les voya- ' geurs reviennent visiter avec intérêt ce littoral du golfe de Tarente, sur leauel étaient situées les principales villes de la Grande- Grèce.

Grande-Grèce.

Lorsque Rome, luttant autour de son berceau, disputait à ses voisins quelques chétives bourgades du Latium et de la iSabine, l'Italie méridionale était partagée

entre des populations indigènes et barbares, et des colonies grecques oai avaient apporté sur ces rivages la civilisation de leur pays. Ces colonies, établies au S. de l'Ilalie, lui firent donner le nom de Grande-Grèce, à cause de leur puissance et de leur splendeur. L*époque de leur établissement tombe entre 650 et 450 avant l'ère chrétienne. Le plus grand nombre de ces colonies et les plus considérables étaient situées sur le golfe de Tarente. Elles étaient d'origine soit dorienne, soit achéenne, soit ionienne, et cette diversité d'origine, dit Heeren, se retrouvait dans le caractère de leurs constitutions politiques : le régime aristocratique prédominait ordinairement dans les colonies doriennes, et le régime démocratique dans les autres. Ainsi Tarente et ses colonies, Héraclée et Brundusium, étaient d'origine dorienne; Sybaris et Crotone d'origine achéenne, etc. Cette partie de l'Italie méridionale, où, relativement, la civilisation est si arriérée aujourd'hui, était alors une terre {>rivilégiée, où brillaient les arts, la ittérature et la philosophie. Ce qui contribua également à la célébrité des villes de la Grande-Grèce, ce fut le mérite de leurs l(^islateurs. Parmi les plus anciens, on compte Zaleucus, qui promulgua ses lois à Locres, 66i ans avant l'ère chrétienne, et Charondas, oui donna les siennes à Rhegium. Un aes génies les plus illustres de l'antiquité grecque, Pythagore, entreprit d'arracher Crotone à son extrême corruption, et de la ramener à la vertu; il y réussit momentanément par la puissante influence de sa parole et de son enseignement. Vers 540, il forma dans celte ville une assodation secrète, dans le but de réformer les mœurs et les constitutions. Après 1* ruine de Sybaris par Crotone (510), celte association religieuse et politiqoe, qui s'était étendue dans la Grandcj^rèce, lut renversée par les factions démocratiques et supprimée. Il s'ensuivit une anarchie générale, d'où sortit le despotisme. Chaque cité eut son tyran. « La mollesse de Sybaris et de Tarente, qui était passée en proverbe, çagna successivement les autres villes de la Grande- Grèce. Incapables de défendre ellesmêmes leur indépendance, elles confié^ rent le soin de combattre pour elles à des étrangers qui les asservirent, jusqu'à ce qu'elles passassent, de la do-

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