‹ Italie; itinéraire descriptifChapitre 298 sur 422 · SICILE. — APERÇU GÉNÉRAL. — HISTOIRE DE L*ART · texte numérisé non relu

SICILE. — APERÇU GÉNÉRAL. — HISTOIRE DE L*ART

Arti^tMP •fciUana, «— Les deux noms les plus célèbres de la peinture sicilieiine soRt ceux d'Antonello de Messine et du Moorealese. — Anionelîo d'Antonio, ou degli Antonio surnommé Antonello da i/iessina, naquit, dit-on» vers 1414, et mourut vers 14d3 ou 1496. Les Italiens ont vainement essayé de revendiquer en sa faveur rinvention, ou pour parler plus exactement, le perfectionnement delà peinture à Thuile, invention généralement attribuée au Flamand Jean Yan Eyek, dit Jean de Bruges (1390? — 1441).

Antonello de Messine fit beaucoup de portraits. Ses œuvres sont excessivement rares, et on les a souvent conibndues avec celles de différents artistes. Le musée du Belvédère de Vienne a un Christ porté par les Anges ; celui de Berlin possède une Madone et l'Enfant; un saint Sébastien, un portmit de jeune homme... Ob cite de lui à Messine de petits tableaux entourant une ancienne mosaïque de U Madone au monastère de San Gregorio ; à Utrecht, un Crucifiement appartenant à M. Ërtbom, signé : Antonelhis Messaneus (ailleurs Messanensis) me 6o (sans doute oleo] pinxit 1475. La collection de M. Pourtalès, à Paris, possédait un portrait également signé du nom de cet artiste. Cette admirable peinture a été acquise par le musée du Louvre au prix de 113,000 francs.

Le chevalier Pietro Novelli, surnommé il Uonrealese ou Morrealese, du lieu de sa naissance (1603-1647) (F. Eloggio storico di Pietro Novelli, piUore, architettoed indsore^ par Agostino Gallo), est le plus grand peintre qu*ait produit la Sicàle. N'ayant jamais travaillé hors de son île, qui était très-rarement visitée, il est resté presque inconnu et a été privé de la grande renommée qui aurait dô s*altacher à son nom. Il a décoré de nombreux ouvraîres à fresque et è Thuile les édifices de sa patrie. Il vécut longtemps à Palerme. Il y mourut des suites d'une blessure qui lui fut faite par une troupe de séditieux (F. Egl. S' Chiara à Palcrmc). L'ouvrage le plus considérable qu'il y exécuta entièrement de sa main est la peinture de la voûte de l'église des Pères conventuels. « Novelli a un pinceau large, une couleur agréable, et parlois vigoureuse lorsqu'il s'élève à la hauteur de l'Espagnolet. Sa manière tient aussi de celle de Van Dyck, qu'il avait beaucoup connu. Les ouvrages de cet artiste jouissent avec raison de la plus haute faveur en Sicile. » Il y a plusieurs bons portraits de lui à Rome. — On voit aussi quelques bonnes peintures de sa fille Rosalia Novelli.

Voici encore les noms de quelques autres artistes dont on trouve les œuvres dans différentes villes de la Sicile : Alfonso Franco, né à Messine, 1466, mort de la peste, 1524. On conserve de lui, à Messine, une Déposition de croix à San Francesco di Paola, et une Dispute de Jésus avec les docteurs à Sant' Agostino. — Girolamo Alibrandij né à Messine, 1470, mort de la peste en 1524, imita les maîtres italiens. Élevé à l'école des Antoni, il devint à Venise l'élève de Giorgion et son compagnon de plaisir. Musicien coVnme Giorgion, il allait avec lui le soir, donner des sérénades sous les fenêtres des belles Vénitiennes. Après la mort de Giorgion, il étudiait les œuvres des grands maîtres et retournait à Messine, en 1514, en compagnie de Cesare da Sesto. Son grand tableau de la Présentation au temple, dans l'église de San Niccolo, passe pour un des chefs-d'œuvre de la peinture messinoise. Polydore deCaravage, qui avait établi une école à Messine, admirait tellen^ent ce tableau, qu'il peignit à la détrempe une Déposition de croix

Page 1