‹ Italie; itinéraire descriptifChapitre 302 sur 422 · SICILE. — APERÇU GENERAL. — DU VOYAGE EN SICILE · texte numérisé non relu

SICILE. — APERÇU GENERAL. — DU VOYAGE EN SICILE

sur les bordonari [ou plutôt ; maraguni], espèce de pilotes cantonniers appostés là pour diriger les voyageurs dans les passages à gué. Les voyageurs sont-ils à cheval, le bordonaro prend la bride du cheval et le dirige par les bons endroits. Sont- ils en voiture, les bordonari, armés de longues perches, flanquent le véhicule pour l'empêcher de verser. Ces passages à gué, inévitables faute de ponts, sont des obstacles aux voyages en Sicile pendant les mois pluvieux d'hiver, précisément quand le degré de température les rendrait plus agréables. Alors les communications, pour les Siciliens, sont littéralement interrompues dans toute 111e, et même l'arrivée des courriers, habitués à tout braver pour le transport des dépêches, en est singulièrement retardée. » Le défaut de communications faciles contribue à maintenir l'état arriéré de la civilisation dans cette île.

Hoy^Bs d*aMar«r la «écurlté des routes. — Si les voyages dans les États de Rome et de Naples ont souvent fourni bien des faits sinistres 'à enregistrer dans les annales du brigandage italien ; si la Calabre, rarement visitée, est encore suspecte aujourd'hui, la Sicile, sans routes ou avec des routes incomplètes et pleines de dilticultés, était plus mal famée encore. Depuis Tantiquité, le brigandage y est endémique. Le malandrinaggio, forme particulière du brigandage, désole les quatre provinces occidentales de l'île (Païenne, Girgenti, Trapani et Galtanisetta]. Sous le nom de malandrins il faut entendre des hommes qui de fait ou en apparence exercent une profession, et qui, à l'occasion, se réunissent pour faire un coup. En 4849, le général Filangieri, gouverneur de Palerme, pour combattre le brigandage et établir la sûreté de la circulation, eut recours à l'organisation singulière des compagni d'armi, sorte de gendarmes (ou de bravi à la solde du gouvernement) parfaitement appropriés au pays, sur lesquels l'ingénieur Sala a publié des renseignements curieux dans la Revue contemporaine du 15 juillet 1854. — Fort de son prestige, Garibaldi osa ce qu'un gouvernement révolutionnaire, purement italien, n'avait jamais pu faire : il prononça le licenciement des bataillons et congédia ces bandits. Repoussés par le parti d'action, ils s'adressèrent aux réactionnaires. Ils furent le bras droit de la coalition, dont le clergé était la tête. En 1866 ils prirent ouvertement les armes et engagèrent la guerre des rues. Durant sept jours, Palerme connut les horreurs d'une ville prise d'assaut.L'entrée à Palerme des troupes italiennes marqua la Hn des corporations religieuses, dont la participation à la révolte avait été trop évidente. La coalition a survécu; elle a repris l'arme du idcilianisme et elle contrarie raclion régulière du gouvernement italien. La nouvelle loi sur la conscription a soulevé de la résistance. En 1875, un rapport officiel signalait plus de 7000 réfractaires sur 90,000 inscrits.

I>u voyage en Sicile. — Les personnes qui redoutent la mer devront se résigner au long voyage de Naples à travers la Galabre, jusqu'à Reggio (F. R. 00).

— Si l'on vient par mer de Naples (ou d'un autre port), on fera bien, avant de s'embarquer, de lire les diverses annonces de départ des bateaux à vapeur, afin de régler (surtout si l'on a peu de temps à soi) son voyage avec les occasions de retour.

— On le combinera selon qu'on entrera en Sicile par Palerme ou par Messine. {V.

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