SICILE. — APERÇU GÉNÉRAL. — DU VOYAGE EN SICILE
l'un en avant, l'autre en arrière. « La mule de l'avant, dit Bourquelot, est précédée par une troisième mule qui aide les autres à traîner la voiture, et qui porte, outre les bagages, le lettichiero. Un muletier, à pied, armé d'un long bâton, r^le la marche des bêtes et les anime de ses cris. » — Pour les petites excursions en dehors des routes, le moyen de transport le plus usité est le cheval ou plus souvent le mulet (faisant environ 40 kil. par jour, et qu'on paye de 6 à 10 fr. au plus). Outre le mulet du voyageur, il en faut un pour le muletier, et quelquefois un pour le bagage. Il faut stipuler que les jours de repos le prix sera diminué de moitié. — Il est bon de s'arranger avec un même vetturino pour un long trajet ; et on rédige alors un traité anologue au contrat dont nous donnons le modèle (F. les Renseignements au commencement du volume), par lequel le guide, ou le muletier, s'engage à fournir le nombre de mulets fixé, à les remplacer si cela devient nécessaire, etc.. — On peut, pour une tournée, trouver chez M. Ragusa, propriétaire de la Trinacria à Palerme, à s'arranger avec un vetturino qui se charge de tout : logement, nourriture et pourboires. Le prix de la journée avec 2 mulets peut être de 40 fr. — Les personnes habituées à voyager et parlant italien pourront traverser la Sicile d'une manière plus économique, en employant tour à tour les divers moyens de transport qu*oflre chaque localité, sans se mettre dans la dépendance d'un muletier pour tout le voyage.
Quelle que soit, du reste, la manière de voyager, il est nécessaire d'emporter avec soi (dans des confies tressées en feuilles de palmier comme celles des Arabes) ses vivres, et de les renouveler aux villes principales. La plupart des auberges qu'on rencontre sur la route ne présentant que quatre murs bien sales et des lits remplis d'insectes, on s'arrête ainsi partout où l'on veut, pour prendre ses repas, à une masseria ou ferme isolée, à quelque fondaco (de l'arabe fundik ou fundouk, magasin ou hôtellerie), au bord d'un ruisseau, à l'ombre d'un arbre.
Avant les changements politiques qui ont amené la suppression des ordres religieux, on était presque toujours sûr de trouver l'hospitalité dans les couvents, si nombreux en Sicile. Les Siciliens ont la réputation d'être très-hospitaliers et trèsobligeants. Les voyageurs en Sicile doivent chercher à se munir de lettres de recommandation. — Ceux qui ne reculent pas devant la dépense pour assurer leur bienêtre emportent avec eux des matelas et des couvertures. Une couverture mise, ainsi que le bagage, dans une sacoche, peut être d'un grand secours pour s'envelopper la nuit, dans les auberges qui n'offrent pas de ressources pour coucher. — Les personnes qui voyagent pendant les saisons chaudes devront prendre des précautions pour se garantir contre l'ardeur extrême des rayons solaires. Elles feront bien d'avoir 2 mètres de mousseline blanche, qui sert de moustiquaire pendant la nuit, et qu'on roule, durant la journée, autour du chapeau, ainsi qu'un turban, pour préserver la tête de l'ardeur du soleil. — Pour faire l'ascension de TEtna, on emporte ordinairement des couvertures, des gants, des bonnets de laine, pour se garantir du froid très-vif qu'on éprouve près du sommet.
N, B. V ascension de l'Etna entre pour beaucoup de voyageurs dans leur projet d'itinéraire ; et, par suite de l'idée faussement répandue que cette ascension n'est faisable que lorsque la chaleur de l'été a fondu en grande partie la neige des hauteurs de cette montagne volcanique, on s'expose h ne voir la Sicile que sous un