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ORIGINES DE L ART £N ITALIE. XLIX

siècle, l'église Saint-François d'Assise et le Gampo Santo de Pise. Les plus illustr<>$ peintres de la Toscane et del'Ombrie y travaillèrent tour à tour. Ce furent Roselli, IHetro di Cosimo, son élève, BoUicelli, Dom, Ghirlandajo, Filippino Lippi, Ati' tonio Bpllajuolo, un des prenaiers graveurs, sculpteur et peintre, Luca SignorelUt le Pérugin, etc.

Nous réunirons ici trois peintres qui nous semblent marquer une époque solennelle de l'art, et dont la valeur corrélative de position dans l'histoire de la peinture n'a peut-être pas été assez appréciée : le Vénitien Jean Bellin (Giovanni Bellini ) (1426-1516), — le Pérugin (1446-1524), — Francesco Francia do Bologne (1460-1517). Ce triumvirat contemporain est placé sur l'extrôroe limite de deux systèmes pittoresques tout à fait opposés : d'un côté, ils sont l'expression dernière, la plus belle et la plus élevée, de l'ancienne école encore primitive. S'ils n'ont plus la sévérité liturgique, le froid symbolisme de l'ancien style religieux ; s'ils allient aux représentations pieuses la grâce et le sentiment ; s'ils sont déjà avancés au point de vue pratique de leur art, ils conservent encore une sérénité, une candeur pure du contact de l'imitation du style antique et païen qui commence à régner dans Tart. Ils conservent plus ou moins la tendance spiritualiste au milieu de l'invasion du naturalisme. D'un autre côté, ils ne manifestent pas encore, excepté Bellini pour le coloris, le caractère pittoresque qui ressort déjà des conquêtes successives et des progrès de la peinture, et qui va aller se développant de jour en jour, lisse tiennent dans une région à l'écart, dédaigneux des innovations modernes, sans se préoccuper de-la science anatomique, de celle des raccourcis, et même, en exceptant Bellini, de la perspective aérienne, des effets delà lumière et de la couleur. Ces trois artistes, qui meurent à cinq ou six années de distance, ont dans leur manière une affinité de calme et de suavité. Bellini et le Pérugin retiennent du formalisme byzantin l'habitude fréquente de disposer leur composition suivant une symétrie parallèle. Le Pérugin et Francia se confondent presque parle sentiment et le style. Tous irois ils sont comme l'aurore qui annonce le soleil, et dont le charme, plein de quiétude et de douceur, disparaît dans l'éclat fulgurant de ses rayons. Ils sont effaces par la splendeur de ceux qui les suivent : — Bellini, qui ouvre l'école vénitienne ( V. Venise : Hist. de l'art), y fait régner le spiritualisme, qui devait bientôt s'évanouir et être remplacé par des qualités brillantes et purement extérieures. 11 est bientôt effacé par Giorgion, Titien, Paul Véronèse; — Pérugin, qui est le couronnement de l'ÉcoLE OMBRIENNE, disparaît dans la gloire de son élève Raphaël; — Francia est le plus grand nom de la première école de Bologne. Derrière lui, mais après un laps de temps, se lève la brillante école des Carrache.

« Le Pérugin, malgré ses redites et la monotonie de sa pratique; le Pinturicchio, malgré l'élégance un peu grêle de son style, continuent ou plutôt reprennent à leur manière l'œuvre commencée déjà par Geulile da Fabriano et Pietro délia Francesca. Partout des artistes spontanément ou studieusement inspirés» fondent, accroissent ou renouvellent l'honneur de l'art dans leur pays. Il n'est pas jusqu'à Naples, la moins favorisée en ce sens des grandes villes de l'Italie, qui n'ait, avant la deuxième moitié du siècle, son moment de ferveur pittoresque dans le Zingaro son peintre national. Et cependant cette période de perfectionnement et de fécondité universelle n'est pour ainsi dire que la préface des étonnants chefs-d'œuvre

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