‹ Italie; itinéraire descriptifChapitre 32 sur 422 · L ORIGINES DE L ART EN ITALIE · texte numérisé non relu

L ORIGINES DE L ART EN ITALIE

qui vont suivre. Un instant, il est vrai, les efforts se ralentissent et le mouvement demeure comme suspendu. On dirait que l'art italien se recueille dans Tattente de ses destinées prochaines.

Avec les trois peintres Jean Bellin, Pérugin et Francia se ferme la première grande période de la peinture italienne. Derrière ces grands hommes, voici les géants qui s'avancent. Quelques progrès qu'aient fait faire à Tart les peintres de Florence, d'Ombrie, de Venise, ils vont être effacés par six artistes, qui, nés vers la fin du XV» siècle, portent les plus grands noms de l'art de la peinture : Léonard de Vinci (1452-1519), Michel-Ange Buonarroti (1474-1564), Corrége (1494-1534), Giorgion (1477-1511), Titien (1477-1576), et celui a en qui se résumèrent toutes les qualités spéciales des cinq autres, Raphaël )) (1483-1520). La lumière éclate partout à la fois. Complètement dégagé de l'art traditionnel, chaque peintre manifeste son originalité propre. Eu même temps se prononcent les grandes individualités désignées sous le nom d'écoles. — Michel-Ange et Titien survivent presque jusque vers la fin du siècle, comme pour' confirmer la splendeur de l'art italien, l'un par le dessin, l'autre par la couleur, à cette période de son développement où déjà se prépare ou s'annonce sa décadence.

L'Italie unitaire, centralisée, sans frontières intérieure.^, n'aurait jamais, dit M. \itet, produit cette variété d'écoles qui a fait sa gloire. Elle n'aurait eu qu'un seul art, l'art de sa capitale, et çà et là, dans ses provinces, quelques serviles et plates imitations.

Nous ne pousserons pas plus loin ici ce rapide aperçu sur l'histoire de la peinture. On trouvera des détails sur TÉgole d'Ombrie (Pérouse, p. 66] ; I'École romaihe (Rome, p. 135] ; PÉgole nàpoutaihe (Naples, p. 386). ~ Gomme complément de ces indications diverses, nous donnons ci-après, p. lv, une liste des principaux peiktres, rangés chronologiquement.

11 nous reste, pour compléter cette exposition des développements de Part en Italie, à jeter un coup d'œil sur les progrès accomplis dans les deux autres branches: l'architecture et la sculpture.

Architecture. — « Que voyons-nous en Italie pendant la période comprise entre le xm» et le xv« siècle? D'abord une grande mdécision ; un art, ou plutôt des arts qui s'essayent, qui subissent des influences très-diverses. Nul principe arrêté ; nul i-apport entre la structure et la décoration; im amour pour le luxe, pour \c paraître et une exécution barbare sentant la décadence : ce n'est plus la sculpture antique; ce n'est pas, comme en France, l'imitation franche de la flore locale ; c'est une composition sans style, sans caractère, entre les traditions romaines et byzantines et les influences des arts du Nord. Ce n'est guère qu'au commencement du xv* siècle que ritahe voit naître, non une architecture, mais des architectes. Il semble que du jour où cette contrée a été arrachée à l'empire de Rome, elle est devenue l'image du morcellement.... Les Italiens du moyen âge n'ayant pu former un art pas plus qu'ils n'avaient pu former une nation, devaient revenir naturellement à l'imitation des arts romains ; c'est ce qu'ils firent un siècle avant nous. Si nous nous occupons de la Renaissance italienne, de laquelle parlerons-nous ? Est-ce de la Re-

Page 1