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ORIGINES DE L ART EN ITALIE. LI

naissance de Brunelleschi, de celle de Michelozzo, de L. Battisla Alberti, de Bramante, de Balthazar Peruzzi, de Sansovino? Les œuvres de ces maîtres, quel que soit leur mérite particulier, sont des œuvres individuelles qui n'ont point entre elles ces rapports, cette Gliation que l'on aime à trouver dans les productions d'art d'un pays; rapports qui sont si frappants en France, de la Garonne à la Manche, pendant le cours du xiv« siècle. » (Yiollet-le-Duc : Entretiens, p. 241.) —t Qui donc, en Italie, à la fin du xi« siècle, construisait un monumentcomme l'église de Yézelay, dont les profils sont si larges et le style si pur? »

« En dehors du style byzantin et de l'art de la Renaissance, dit M. Charles de lîcmusat {Revue des Deux Mondes, 1857), le style antérieur des édifices religieux en Italie n'offre guère d'échantillons du gothique orné et flamboyant, ni généralement de cette combinaison systématique du haut avec l'étroit, du solide avec le mince, de cet assemblage d'arceaux en ogive, de colonnettes longues et engagées en faisceau, de flèches dentelées, de tous les détails d'une ornementation aussi variée dans ses formes que le règne végétal. Le gothique italien est en général plus simple d*aspect.... Il proportionne davantage la hauteur et la largeur; il complique moins les moyens d'effet et ne craint pas les vastes surfaces massives et planes. » Pour plusieurs de ces édifices gothiques Tlialie emprunta ses architectes au Nord, à l'Allemagne et a la France {V. église d'Assise, au milieu du xni* siècle ; Dôme de Milan). Mais, traitée par les artistes nationaux, Tarchitccturc gothique subit des modifications particulières ; elle se ressentit toujours plus ou moins de Tinfluence des traditions classiques. Go gothique italien a produit des monuments d'un style très-remarquable et d'un caractère parfaitement distinct de celui des édifices contemporains élevés au delà des Alpes. On en trouvera des exemples dans les églises de Sienne, d'Orvieto, d'Arezzo, de Gortone, de Bologne, etc. Peut-être, quoique cet art ne soit pas très-original, y a-t-il lieu de modifier, dans ce qu'elle a de trop sévère, l'appréciation de M. Viollet-le-Duc.

Pour la majeure partie des constructions de ces temps^ reculés, les noms des architectes ne sont pas parvenus jusqu'à nous. Avant la Renaissance, les maîtres de Côme jouissent collectivement d'une réputation de grande habileté. Parmi les noms des anciens architectes les plus célèbres, il faut citer : le problématique Buschetlo, architecte du Dôme dePise, commencé en 1063; Diotisalvi (Baptistère de Pise, 1155); Bonanno {Tom penchée, 1174); Calandario (?&lm ducal de Venise); Marchione XlIIf d'Arezzo; le Napolitain Masuccio I" (1228-1305); Agostino et Agnolo, de Sienne ; Jean, de Pise ( V. tome II, Toscane : Histoire de l'art) ; ces six derniers, architectes et sculpteurs.

G'est, du reste, un fait presque général à Torigme de l'art italien que l'harmonieuse association des aptitudes diverses chez le même artiste. On est orfèvre et statuaire, architecte et sculpteur, peintre et architecte ; et même, lorsque l'art a atteint sou apogée, lorsqu'il touche à sa décadence, cette double ou triple réunion de talents se retrouve fréquemment encore. Nous citerons au hasard Michel-Ange, Raphaël, Jules Romain, Bramante, Peruzzi, Sansovino, Ammanati, Vasari, Piètre de Cortone, leBemin, etc.... Aux premiers âges, il faudrait citer parmi les architectes presque tous les peintres : Magaritone, Giotto (Gampanile de Florence) ; Taddeo Gaddi ; Orcagna, etc.

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On distingue particulièrement parmi les contemporains de cette époque, et antérieurement à Giotto,i4mo//b di Lapo (1232-1310). C'est à lui que les historiens, peu curieux des origines lointaines de l'art, font ordinairement commencer l'histoire de l'architecture en Italie, comme ils commencent celle de la peinture à Cimabuc et àGiotto. Cette célébrité a été acquise à Amolfo di Lapo pour avoir attaché son nom à la construction du Dôme de Florence, commencé par lui en 1298.

Une chose digne de remarque, c'est que la plupart des grands artistes de cette époque, peintres et architectes, ne suivent pas seulement, comme on serait disposé à le croire, leur inspiration pour guide, mais s'appuient sur une étude approfondie des mathématiques, de la perspective, etc. — Une nouvelle source d'instruction allait bientôt leur être ouverte. Vers la fin du xiv« siècle, les savants, les littérateurs et les artistes s'étaient de nouveau dirigés vers l'antiquité classique. L'Italie revint comme à son génie naturel, et, quand elle reprit goût à la savante symétrie des ordres classiques, l'architecture ogivale ne tarda point à disparaître d'un sol où son essor, nous l'avons vu, avait toujours été plus ou moins comprimé. Vitruve devint le nouveau code des artistes du temps.

Âpres les tentatives encore timides des architectes qui l'avaient précédé, Brunelleêchit au commencement du xv« siècle, ouvre l'ère de l'architecture moderne, ï^one Battisla Alberti (1404-1472), profondément versé dans la connaissance de la langue latine, laisse dans l'église San Francesco, à Rimini, un modèle de la pureté et de la sobriété de son goût, et du retour aux principes antiques ; il exerce surtout une influence précieuse sur la direction de l'architecture par ses écrits. A côté de ces éiirments artistes viennent successivement les Florentins : Michelozzo Michelozzi (1396 (?), •{• après*1470) (Florence : Palais de Cosme de Médicis (Riccardi) ; Giuliano da Majano (1432-1490) (Poggio Reale, à ^ïaples, aujourd'hui détruit); — son frère benedeito da Majano (Florence : Palais Strozzi) ;

— Bernardo Rossellini^ qui restaura beaucoup d'églises à Rome, et fit pour le pape Nicolas V les dessins d'un projet immense de palais et d'un nouveau Saint-Pierre;

— Baccio d'Agnolo (Florence : Palais Rartolini) ; Baccio Pintelli, qui florissait en 1475, produisit beaucoup à Rome (Santa Maria del Popolo; Sant'Agostino, San Pietro in Vincoli; hôpital San Spirito, etc.). — Enfin apparaissent les grands maîtres de l'art : Bramante, d'Urbin (1444-1514) ; — le Florentin Antonio da San Gallo (1470-1546); — le Siennois Baldassare Peruzzi (1481-1577); et avec eux, vers la fin du xv" et le commencement du xvi« siècle, l'ARcmTECTnRE de la RenaissAifCE atteint son apogée. (F. sur ces artistes et sur les principaux architectes ayant exercé à Rome, Rome : Hist. de l'art, p. 127-128.)

Rome, après avoir manifesté dans les œuvres de Bramante les modèles du goût le plus pur, dans celle de Balthasar Peruzzi ceux de la plus exquise élégance, devient aussi, au temps des Borromini (1599-1667) et des Bernin (1598-1680), une école de maniérisme, d'innovations fastueuses, d'ornementation tourmentée et de mauvais goût. — Sur cette décadence de l'art au xvii« siècle vient se greffer un style froid et contourné d'architect«re, qui, sans originalité aucune, emprunte cependant un certain caractère de l'ordonnance qu'il affecte, de son étalage ^c luxe mondain, de sa recherche subtile et de son sensualisme mystique; reproduite daus un grand nombre d'édifices élevés par un ordre célèbre, elle forme, en Italie et au

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