SICILE. — HOUTE G9. — DE GIRGENTI A SYRACUSE
antiquaires pensent que c'est là que Nicias se rendit au général lacédémonien ; et selon la tradition ce monument aurait été élevé par les Syracusains en mémoire de leur victoire. — Parvenu sur le théâtre de ce désastre de l'armée athénienne, un des plus grands revers arrivés jamais à une armée hellénique, comme l'appelle Thucydide, le voyageur parcourant les mêmes lieux lira avec un vif intérêt le récit de cette défaite emprunté à l'habile et éloquent historien grec que nous venons de ciler.
Désastre des Athéniens en Sicile.
— Les Ségestéens ayant demandé à Athènes des secours contre Syracuse, l'ambitieux Alcibiade fit décider l'expédition de Sicile, contre Tavis de Nicias, qui l'accusait de vouloir tirer profit de son commandement pour ah'menter ses dépenses et son luxe. Alcibiade est rappelé a Athènes et le commandement reste à Nicias, qui conduit timidement la guerre. Sparte envoie le général Gylippos au secours de Syracuse. Athènes envoie à l'aide de Nicias le général Démoslhènc avec une flotte nouvelle. Les deux généraux perdent deux batailles navales. Ils tentent d'opérer par terre leur retraite. Démosthènc, poursuivi, harcelé, enveloppé dans un déiilé un peu au delà du fleuve Cacyparis, aujourd hui Cassibili, par les Syracusains, est obligé de se rendre. Voici maintenant le récit de Thucydide : <( Gylippos et les Syracusains eniourèrent ne toutes parts les Athéniens et tirèrent contre eux jusqu'au soir. Ces troupes ne bouffraicnt pas moins que celles de Démoslhène du manque de pain et d'autres munitions. Dès qu'il fit jour, Nicias parlit à la tête de ses troupes; les Syracusains et leurs alliés les harcelèrent en tirant sur elles de toutes parts et en les accablant de traits. Les Athéniens se hâtèrent de gagner la rivière Assinaros. Dès qu'ils furent sur les bords, ils s'y précipitèrent pele-méle, chacun voulant traverser le premier; mais les ennemis, qui les avaient suivis à la pist^, rendirent le passage très-difficile. Rangés sur la rive opposée, dont la pente était rapide, les Syracusains tiraient d'en haut sur les Athéniens, qui satisfaisjicnt le besoin de ^»oire... Kicias se rendit à Gylippos, se
fiant plus à lui qu'aux Syracusains. Il laissait les Lacédémoniens libres de disposer à leur gré de sa personne ; il priait seulement d'arrêter le carnage de ses soldats... Les Syracusains et les alliés, après s'être réunis, rassemblèrent le plus possible d'hommes et de dépouilles et retournèrent à la ville. Ils descendirent dans les carrières tous les prisonniers faits sur les Athéniens et leurs alliés. Quant à Nicias et à Démosthène, ils les égorgèrent contre la volonté de Gylippos. » (Thucydide, liv. Vil.)
Noto* — (en sicil. Nolu\ petite ville de 14,529 hab., qui donne son nom à une des sept provinces de la Sicile. Elle est à près de 6.kil. de la mer. »Elle est bien bâtie, a des rues régulières et un grand nombre d'éghses et de couvents. La ville ancienne située à 7 kil. N. -0., dans les montagnes, fut détruite en 1695 par un tremblement de terre.
De Note à Ragusa, par le Courrier de Syracuse, 5 fr. 80; ~ à Spaccaforno, 1 fr. 80; — à Modica, 2 fr. 40.
La route suit le littoral à travers un pays bien cultivé jusqu'à :
Avola*, — 10,754 hab. ViUe d'aspect régulier, située sur une colline boisée. — La canne à sucre croit sur ce territoire, qui produit du vin et de l'huile. Plus loin on passe le Cassibili {Cacyparis)^ sur les rives duquel, mais moins près de son embouchure, fut défait le général athénien Démosthène.
Avant d'arriver à l'Anapo, on voit sur une petite hauteur deux colonnes, seuls restes du temple de Jupiter Olympien^ où elles faisaient partie du pronaos. Il restait encore sept colonnes il y a 250 ans. On a reconnu que ce temple était hexastyle-périptèi^.
On pense qu'il fut construit cinq ou six siècles avant l'ère chrétienne. De peur qu'il ne fût saccagé, le religieux Nicias différa d'occuper ce poste, et cela contribua beaucoup, dit-on, à l'issue malheureuse de Texpédition.
On a certaine raison de croire, mal-