SICILE. — ROUTE 72. — SYRACUSE
indique des ruines désignées sous le nom de :
Maison des soixante lits. — Les ruines de ce prétendu palais d'Agathocle consistent en trois salles délabrées qui faisaient partie de l>ains de construction sans doute romaine. Le vaste et magnifique palais d'Agathecle se trouvait dans l'intérieur d'Ortygie* — En inclinant à l'E. on arrive au :
Couvent de Santa Lucia. — L'église conserve quelques détails d'architecture normande, et une peinture du CaravagCy représentant la découverte du corps de la Sainte. Une Chapelle octogone est située à une petite distance en avant de la façade. — Plus loin, au S.-E. s'élève le:
Couvent des Capucins. — Construit dans le style d'un château fort. N'offrant de curieux que ses profondes latomies * : Lalomie dei Cappuccini, pleines d'arbustes et de fleurs aujourd'hui et où furent emprisonnés des milliers d'Athéniens ; et ses momies de capucins, triste spectacle si commun en Sicile. Tout à côté les falaises de la mer sont percées de fort belles grottes. — De là, se dirigeant au N.-O., on passe devant la petite église Santa Maria di Gesù et non loin de là on arrive à la vieille :
Eglise de San Giovanni, — à demi ruinée ; ayant des rosaces pittoresques. Au-aessous se trouve la Crypte DE San Mabziano, église primitive de la Sicile, bâtie sur le lieu où, selon la tradition. S* Paul aurait prêché pendant son passage à Syracuse ; où les évangélistes Marc et Luc auraient été reçus par S* Martian. — On va visiter de là les :
Catacombes, — ou Grotte di San Giovanni. Leur origine est inconnue.
Elles forment sous les quartiers de Tycha et de l'Âchradine, une sorte de
* Nom donné à des excavations assez nom» breuses ù Syracuse, et qui dans le [)rincipe étaient des carrières d*où l'on tirait la pierre employée pour les constructions.
ville souterraine creusée dans un tuf coquillier. Les rues sont bordées de columbaria ou niches destinées à ensevelir les morts ; elles aboutissent à des carrefours. De belles voûtes qui s'arrondissent au-dessus de Fentrecroisement des rues sont percées d'ouvertures destinées à laisser passer la lumière. Les galeries sont larges de 5 met. et hautes de 2 met. environ.
Quant à leur étendue, ainsi qu'on Ta fait pour les catacombes de Rome, on l'exagère singulièrement. On croit qu'il en reste beaucoup à découvrir.
Ces souterrains (qui, dans le principe, furent sans doute des carrières de pierre qui fournirent aux constructions de la ville) sont considérés comme une nécropole antique, qui a servi également aux premiers chrétiens.
On y voit des peintures grossières, les monogrammes du Chnst et divers symboles familiers aux chrétiens. — A peu de distance on ira visiter la :
Latomie du marquis de Casale ou DEI Grbgi, appelée aussi I'Intagliatella. Cette excavation, une des choses les plus curieuses de Syracuse, n'est pas aussi profonde que la latomie des Capucins, mais elle est plus étendue; et combien plus belle par son admirable végétation ! Quelques piliers isolés portent encore des ruines à lem' sommet. Une partie de celte latomie, dont le plafond presque parfaitement régulier s'élève à une hauteiur de 15 mètres, et dont l'étroite entrée est en partie masquée par le tronc et les branchages de magnifiques orangers, a certainement servi de prison, car on voit encore dans les pierres les trous où Ton passait les anneaux de fer pour y attacher les prisonniers et la marque des barres de fer qui servaient d'escaliers aux gardiens.
De la latomie de l'Intagliatella on se dirige vers celle dite I'Oreille de Dents, en passant devant les ruines du BAIN DE Vénus.
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Néapolîf.
N. B, On peut visiter Tamphithéâtre et le théâtre sans être accompagné par le cicérone. Quant à l'autel de Hiéron et à la latomie de Denys, il faut s'adresser au custode qui a les clefs des bamères.
Ampbitbéatre. — Situé sur une pente du terrain et en partie taillé dans le roc. Rien ne subsiste des parties supérieures ou extérieures. L appareil dénote une constiniction romaine; on le croit de l'époque d'Auguste, «Il est un peu moins grand que celui de Gapoue, et plus grand que celui de Vérone. » Il a été débarrassé en 1839-40 des débris qui le cachaient en partie. On a de ces ruines une très-belle vue sur Syracuse. A côté de l'Amphithéâtre, près de la voie antique qui conduisait au théâtre, on voit les restes d'un :
Autel, — constmit par Hiéron II, t]^*an de Sicile, et qui avait, selon Diodore, un stade (184 met.) de longueur. C'était un des plus grands ou'il y eût en Grèce. On y sacrifiait aes centaines de bœufs à la fois. Diodore de Sicile (1. XI) nous apprend 3u'après s'être délivrés de la tyrannie e Thrasybule, les Syracusains instituèrent les fêtes des Elcuthéries, où on sacrifiait à Jupiter 450 bœufs, que mangeaient du reste les citoyens, à la plus grande gloire du dieu. C'est le duc de Serra di Falco qui a mis à découvert cet énorme autel. De l'autre côté du chemin se trouve l'entrée de la Lalomia dél Paradiso :
Latomie du Paradis. -^ Elle est à ciel ouvert. Un énorme pilier isolé et portant à son sommet des fragments de ruines du moyen 'âge est debout au milieu. Au fond, à un des angles, est l'entrée d'une caverne célèbre sous le nom d'Orecchio di Dionisio.
Oreille de Dents. — Cette dénomination fut, dit-on, mise en crédit par Michel-Ange de Caravage. On a fait la remarque que cette ouverture
ressemblait plutôt à une oreille d'âne qu'à une oreille d'homme. Cette caverne est haute d'environ 25 met. et longue de 58. Les moindres bruits y acquièrent une résonnance extraordiriane. Elle communique avec une cellule creusée dans le rocher au-dessus de l'entrée de la grotte, et d'où l'on suppose, fort ridiculement, que Denys venait écouter les plaintes des victimes enfermées dans cette caverne. On y parvient à l'aide d'un siège suspendu, que l'on élève au moyen d'une corde. Cette carrière à voûte triangulaire a ses parois soigneusement piquées, à la différence des autres latomies. On a mis en avant différentes hypothèses pour en expliquer l'usage :
suivant l'une d'elles, fondée sur une communication avec le théâtre dont on pense avoir retrouvé les traces, cette grotte aurait été une annexe des représentations, auxquelles sa sonorité aurait fourni des échos formidables. C'est dans ces latomies que furent emprisonnés pendant huit mois, après la déf.ute de Nicias, les Athéniens en proie à la faim, à la soif, à une chaleur étouffante et à une révoltante malpropreté. Cicéron reproche à Verres (V. 55) « d'avoir fait enfermer des citoyens romains dans ces carrières, destinées à servir de prison «aux étrangers et aux scélérats. » On voit sur les parois quelques anneaux de pierre élevés, qui servaient sans doute à suspendre les prisonniers pour les torturer. Dans un étroit canal qui termine la voûte on a trouvé un squelette d'homme et un long clou. — Au voisinage de cette caverne est la latomia de' Cordari ainsi nommée parce qu'on y travaille le chanvre.
Théâtre grec. — Creusé en partie dans le roc ; c'était, suivant Diodore, le plus beau de la Sicile. Cet édifice, dont Cicéron signale la grandeur, est probablement des premiers temps de Syracuse. On a calculé qu'il pouvait contenir 24,000 spectateurs. On peut compter une quarantaine^de^radins,
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assez bien conservés. — On monte de la galerie supérieure à la via Sépulcrale (voie des tombeaux), bordée à dr. et à g, de grottes sépulcrales. La scène a dispam au xvi" siècle par ordre de Charles-Quint, qui en a fait enlever les matériaux pour des constinictions militaires. « Les eaux de Taqueduc descendent encore en partie sur les gradins du théâtre et contribuent à le détériorer.» (Reclus.) Sur le mur de la première précinction, on lit des inscriptions grecques contenant entre autres les noms des deux reines : Néréis, qu'on croit fille de Pyrrhus et femme de Gélon, et Philistis, qui parait avoir été la femme de Iliéron II . Des souvenirs historiques se rattachent à ce monument antique. Gélon y réunit le peuple et vint seul désarmé rendre compte de son administration.
Agathocle y assembla les Syracusains après le meurtre des hommes les plus notables de la ville. Un souvenir bien plus intéressant nous a été laissé par Plutarque : « Quand il survenait des affaires importantes, les Syracusains appelaient Timoléon( devenu aveugle).
Chi le vayait sur un char à deux chevaux traverser la place publique et se rendre au théâtre, où u entrait assis sur son char. A son arrivée le çeuple le saluait tout d'une voix ; il lui rendait le salut, et, après avoir accordé quelques moments à ces élans d'acclamations et de louanges, on discutait l'affaire : il donnait son avis, que le peuple confirmait toujours par son suffrage; après quoi... les citoyens le reconduisaient avec des acclamations.»
Parmi les curiosités à signaler encore dans Néapolis, il faut visiter la voie des tombeaux, dont il est parlé ci-dessus. On y monte du théâtre; et on retrouve encore les ornières ti*acées par les chars antiques. — Deux tombeaux sont faussement indi qués comme ceux d'Archimède et de Timoléon.
Tombeau d'Archuièoe. — Cicéron
raconte (Tusc, Y. 23) qu'il retrouva le tombeau du savant illustre, dont les Syracusains avaient déjà oublie l'emplacement, 157 ans seulement après qu'il avait été élevé. Chose smgulière ! Il le retrouva dans un lieu couvert de tombeaux, près de la porte d'Agrigente (portae Acragian». Agrigenle était nommée Acragas par les Siciliens, chez qui la langue pjrecquc était en usage) — Le tombeau qn'on montre aujourd'hui, à peu de distance de l'Oreille de Denys, comme étant celui d'Archimède, ne correspond nullement à celui décrit par Ci-
Épipoles.
Pour se rendre au fortEuryale onn'a^u'à monter par la voie sépulcrale et à suivre l'aqueduc, de près ou de loin, tantôt par un sentier tracé sur le plateau, tantôt le long des murailles de l'enclos. En moins de i heure:! on peut facilement monter au fort Euryale, et cela sans courir risque de s'égarer. On peut revenir par le bord du plateau et par la belle villa Tremiglia (de Timoléon ?).
Le nom d'Epipoles (Epipolœ) est formé de deux mots grecs (èwl ttoXiç) signifiant au-dessus de la ville, la partie haute ; c'était la partie supérieure du triangle que dessinait la ville entière.
Villa Tremiglia. — Ainsi nommée à cause de sa distance (3 milles) des portes de Syracuse). On suppose que c'est dans cette belle situation qu'était la Villa de Timoléon, qui lui avait été donnée par les Syracusains en récompense des services qu'il Vivait rendus à l'Etat. — Plus loin vers l'O. est une chaîne de monticules appelée Colle Buffalaro, et près de là est une lalomie ou carrière, d'où on tira sans doute la pierre pour la construction des murailles, cette carrière est designée sous le nom de :
Latonia DEL FiLOSOPO — (Latomic du philosophe (Philoxène) ou de Buffalaro). On sait que Denys y fit emprisonner le po^te Philoxène parce
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